• La salette : le vallon de l'apparition

     
     

     

    La salette 

    le vallon de l'apparition

     

    La salette : le vallon de l'apparition

     

     

    A trois mètres cinquante centimètres de la source, en suivant le cours du ruisseau, se trouve une croix, qui est la première des quatorze plantées sur le parcours du chemin qu'ont touché les pieds de notre Mère.

    Nous ne pouvons mieux faire connaître ces lieux qu'en rapportant les circonstances de l'apparition, telles qu'il est possible de les recueillir tous les jours et surplace , de la bouche même des Pères dela Salette, gardiens du sanctuaire.

     

    Le 19 septembre 1846, Maximin et Mélanie étaient arrivés dès le matin sur la montagne, conduisant leur troupeau.

    Vers l'heure de midi, qu'ils reconnurent au son de l'Angélus, après qu'ils eurent fait boire leurs vaches et pris eux-mêmes leur modeste repas, ils descendirent vers l'endroit ou coule aujourd'hui la fontaine miraculeuse, qui, à cette époque de l'année, était tarie.

    Ils avaient laissé leurs vaches sur le plateau ; alors ils se couchèrent et s'endormirent, Mèlanie à droite de la fontaine, Maximin à gauche, un peu au-dessous, à une distance de deux ou trois mètres de l'endroit où devait apparaître la très-sainte Vierge.

     

    Quelque temps après, Mèlanie, réveillée la première, et n'apercevant pas les vaches, appelle Maximin, et lui dit :

    « Viens vite, que nous allions voir nos vaches. »

    Puis, après avoir passé le ruisseau, ils montèrent la pente qu'ils avaient vis-à-vis d'eux, et arrivèrent sur le plateau.

    De là, ils aperçurent sur l'autre côté leurs vaches couchées ; elles n'étaient pas loin, c'est-à-dire qu'elles se trouvaient à une distance de cinquante mètres environ.

    Ils se mirent alors à descendre, Mèlanie la première.

    Lorsqu'elle n'était plus qu'à quinze mètres à peu près dela source, elle aperçut auprès de la petite fontaine, un globe de lumière, éclatant comme le soleil, encore plus brillant, dit-elle, mais pas de la même couleur.

    Elle crie à Maximin : « Viens vite voir une clarté là-bas. »

    Maximin se met à descendre aussitôt, disant : « Où est-elle ? »

    Elle lui indique du doigt la petite fontaine.

    Maximin s'arrête quand il aperçoit cette brillante clarté, et aussitôt le globe de lumière s'entr'ouvre : une dame apparaît au milieu ; elle était assise, la tète dans ses mains, comme plongée dans la plus profonde douleur.

    A cette vue, Mèlanie est saisie de crainte ; elle laisse tomber son bâton ; Maximin lui dit : « Garde ton bâton , s'il nous fait quelque chose, je lui en donnerai un bon coup. »

    Mais la dame, s'étant levée, croisa les bras et dit aux enfants : « Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. »

    Les enfants passèrent alors le ruisseau, et la dame s'étant avancée jusqu'à l'endroit où s'était endormi Maximin, elle se plaça entre eux deux et leur dit en Pleurant, tout le temps qu'elle parla, car, ajoute Mèlanie, J'ai bien vu couler ses larmes :

    « Si mon Peuple ne veut pas se soumettre, je suis bien forcée de laisser aller la main de mon Fils.

    Elle est si forte, si pesante, que je ne puis plus la maintenir.

    Depuis le temps que je souffre pour vous autres !

    Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse.

    Et pour vous autres, vous n'en faites pas cas !

    Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous autres !

    Je vous ai donné six jours pour travailler ; je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder.

    C'est ça qui appesantit tant la main de mon Fils.

    Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas jurer sans y mettre le nom de mon Fils au milieu.

    Ce sont les deux choses qui appesantissent tant la main de mon Fils.

    Si la récolte se gâte, ce n'est rien qu'à cause de vous autres.

    Je vous l'ai fait voir l'année passée par les pommes de terre.

    Vous n'en avez pas fait cas.

    C'est au contraire ; quand vous trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils.

    Elles vont continuer, que cette année pour Noël il n'y en aura plus. »

    Ici, Mélanie ajoute : Je ne comprenais pas bien ce que cela voulait dire des pommes de terre.

    J'allais dire à Maximin ce que ça voulait dire des pommes de terre.

    Et la Dame nous a dit :

    « Ah ! mes Enfants, vous ne comprenez pas ; je m'en vais le dire autrement. »

    Puis elle a continué (en patois) :

    « Si les pommes de terre se gâtent, ce n'est rien que pour vous autres.

    « Je vous l'avais fait voir l'année dernière.

    Vous n'aviez pas voulu en faire cas.

    Que c'était au contraire ; quand vous trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous y mettiez le nom de mon Fils au milieu.

    Et elles vont continuer, que cette année, pour Noël, il n'y en aura plus.

    Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer ; car tout ce que vous sèmerez, les bêtes vous le mangeront, et ce qui viendra, tombera tout en poussière quand vous le battrez.

    Il viendra une grande famine.

    Avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement, mourront entre les mains des personnes qui les tiendront ;

    Et les autres feront pénitence par la famine.

    Les noix deviendront vermoulues : les raisins pourriront.

    Ici, ta sainte Vierge donne un secret à chacun des Enfants, puis Elle continue :

    « S'ils se convertissent, les pierres, les rochers seront des monceaux de blé ; les pommes de terre seront ensemencées par les terres.

    Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? »

    Tous deux nous avons répondu : pas guère, Madame.

    « Il faut bien la faire, mes Enfants, soir et matin ;

    Quand vous ne diriez au moins qu'un Pater et un Ave, Maria, lorsque vous ne pourrez pas plus faire ;

    Et quand vous pourrez plus faire, en dire davantage.

    Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe.

    Les autres travaillent tout l'été le dimanche ;

    Et l'hiver, quand ils ne savent pas que faire, les garçons vont à la messe pour se moquer de la Religion.

    Et le Carême, ils vont à la boucherie comme les chiens.

    N'avez-vous point vu de blé gâté, mes Enfants ? »

    Maximin répondit : 0, non, Madame.

    Moi je ne savais pas à qui Elle demandait cela, et je répondis bien doucement : Non, Madame, je n'en ai point vu.

    « Et vous, mon Enfant, vous devez bien en avoir vu une fois vers le coin, avec votre père,

    Que le maître de la pièce disait à votre père d'aller voir son blé gâté :

    Et puis vous y allâtes tous deux :

    Vous prîtes deux ou trois épis de blé dans vos mains, vous les froissâtes, et tout tomba en poussière,

    Et puis vous vous en retournâtes :

    Quand vous n'étiez plus qu'à demi-heure loin de Corps, votre père vous donna un morceau de pain en vons disant :

    « Tiens, mon Enfant, mange encore du pain cette année ; car je ne sais pas qui en va manger l'année prochaine, si le blé continue comme ça ?

    Maximin a répondu : 0, oui, Madame, je me le rappelle à présent : tout à l'heure, je ne me le rappelais pas.

    Après ce discours aux Enfants, la mission de Marie était terminée, mais elle avait encore à indiquer aux deux petits bergers celle qu'elle leur donnait à eux-mêmes. C'est pourquoi elle ajoute en français :

    « EH BIEN, MES ENFANTS, VOUS LE FEREZ PASSER A TOUT MON PEUPLE. »

    Alors elle traverse le ruisseau ; elle allait monter le ravin, lorsqu'elle se retourna de nouveau vers les Enfants, pour leur dire encore une fois :

    « EH BIEN, MES ENFANTS, VOUS LE FEREZ PASSER A TOUT MON PEUPLE. »

    Puis Elle monta en suivant le chemin indiqué par les croix.

    Elle ne touchait pas l'herbe, dit Mèlanie, Elle marchait à la cime de l'herbe sans la faire plier.

    — Nous la suivions avec Maximin ; je passai devant la dame et Maximin un peu à côté, à deux ou trois pas. Et puis cette belle dame s'est élevée un peu en haut (Mèlanie indique avec la main environ un mètre au-dessus de la terre), puis elle a regardé le ciel, puis la terre ; puis nous n'avons plus vu la tête, plus vu les bras, plus vu les pieds. On n'a plus vu qu'une clarté en l'air. Après, la clarté a disparu.

    Remarquons bien que la très-sainte Vierge avait, pour ainsi dire, pris la précaution de monter sur le plateau, afin de ne laisser dans l'esprit des enfants aucune incertitude sur sa disparition miraculeuse.

    Au fond du ravin, dans le voisinage du lieu où elle leur parla, il n'eût pas été impossible, peut être, à un imposteur de se soustraire à la vue de ces enfants, qu'une telle apparition avait dû naturellement surprendre ; c'est au moins la pensée qui peut venir à l'esprit, en refléchissant sur les circonstances du miracle.

    Mais au haut du ravin, au lieu indiqué sur le plateau par le monument dit de l'Assomption, toute fraude est impossible ; on ne peut concevoir aucune illusion de la part même de ces enfants, si peu habitués aux ruses et au mensonge.

    Du point où ils se trouvent au versant le plus rapproché, on compte au moins cinquante mètres ; pas un arbre, pas le plus petit buisson ne pouvait s'interposer entre l'apparition et les enfants.

    Arrivée sur le plateau, la belle Dame ne fait pas un pas de plus ; les enfants l'ont suivie.

    Elle ne disparaît pas subitement et comme un éclair, elle s'èlève peu à peu, en sorte que les enfants n'aperçoivent plus la tête, plus les bras, plus les pieds, et lorsque déjà ils ne voient plus rien de la belle Dame, ils voient cependant encore une clarté que Maximin, dans sa simplicité, s'efforce de saisir.

    Mais quelle impression les enfants gardèrent-ils de ce prodige ?

    Elle est bien naturelle ; la voici, toujours d'après le récit de Mèlanie, parfaitement d'accord avec celui de son compagnon :

    « Et j'ai dit à Maximin : « C'est peut-être une grande sainte.

    — Et Maximin m'a dit : Si nous avions su que c'était une grande « sainte, nous lui aurions dit de nous mener avec Elle.

    — Et je lui ai dit : Oh ! si Elle y était encore.

    — « Alors Maximin s'èlança pour attraper un peu de clarté ; mais il n'y eut plus rien. Et nous regardâmes bien pour voir si nous ne la voyions plus. Et je dis : Elle ne veut pas se faire voir pour que nous ne voyions pas où elle va. Ensuite nous fûmes garder nos vaches. »

    Il est une question que s'adressent naturellement tous ceux qui entendent parler de l'apparition de la très-sainte Vierge sur la montagne de la Salette, c'est celle-ci : Quel costume portait-elle ?

    Sur ce point, nous avons les détails les plus précis que l'on puisse désirer, et l'on peut dire que le vêtement de Marie, comme les paroles qu'elle a prononcées, s'est imprimé dans l'esprit de ces enfants d'une manière tellement ineffaçable, qu'ils ont gardé le souvenir même des plus petites particularités.

    C'est donc d'après les indications qu'ils en ont données que nous allons décrire tout ce qui composait le costume et la parure de notre sainte Mère.

    « Elle avait des souliers blancs avec des roses autour de ces souliers, il y en avait de toutes les couleurs ; des bas jaunes, un tablier jaune ; une robe blanche avec des perles partout ; un fichu blanc, des roses autour ; un bonnet haut, un peu courbé en avant ; une couronne autour de son bonnet avec des roses. Elle avait une chaîne très-petite qui tenait une croix avec son Christ ; à droite étaient des tenailles, à gauche un marteau. Aux extrémités de la croix, une autre grande chaîne tombait comme les roses autour de son fichu. Elle avait la figure blanche, allongée. »

    Ce vêtement est-il symbolique dans son ensemble, ou bien quelques parties seulement ont-elles une signification mystique ?

    Nous n'osons sur ce point émettre aucune affirmation, puisque l'Église, dans la personne de l'évêque de Grenoble, ne s'est point prononcée.

    Toutefois, il nous est impossible de ne pas exprimer une pensée. Il nous semble que Marie s'est présentée avec les deux caractères qui la distinguent principalement, celui de Reine et celui de Mère.

    Le diadème qui paraît orner son front, les perles qui décorent sa robe et la font paraître plus brillante, nous rappellent bien celle qui règne dans les cieux et est proclamée la reine des Anges, la reine de tous les Saints.

    Les paroles qu'elle adresse aux enfants nous révèlent plus particulièrement la Mère pleine de bonté, de tendresse et de souffrance.

    C'est bien, en effet, la Mère de douleur, Mater dolorosa. 

    La croix qu'elle porte sur sa poitrine et sur son cœur, nous dit ce qu'il doit y avoir en elle-même de tristesse, d'angoisses et de tribulations au fond de son cœur.

    Mais ce qui semble nous parler plus particulièrement de son amour, c'est cette profusion de roses semées sur chacune des parties qui composent le costume qu'elle revêt.

    Suivant le langage de l'Église, la rose n'est-elle pas l'emblème de la charité, et Marie n'est-elle pas aussi désignée sous le nom de Rose mystique, quand il s'agit de nous faire comprendre la vivacité de son amour pour les hommes, qui puise toute sa force et toute son énergie dans l'amour ardent dont elle brûle pour ce Dieu qui fit en elle de si grandes choses ?

    Tout, dans Notre-Dame de la Salette parle donc à notre âme : sa voix, le costume sous lequel elle daigna se manifester, ses larmes nous disent la douleur et les angoisses de son âme, aussi bien que la charité et l'amour ardent de son cœur de Mère.

     

    Source : Livre "La Salette : album composé de 8 vues dessinées d'après nature et lithographiées" par A. Maugendre

     

    La salette : le vallon de l'apparition

     

     

    Mois de Notre-Dame de La Salette, 7ème jour

    Le vallon de l'apparition

    Sous le plateau des Baisses, à la montagne de la Salette, se découvre un ravin peu profond : il est formé par deux éminences légèrement inclinées, et baignées à leur base par le petit ruisseau appelé le Sézia : c'est au fond de ce vallon, sur la rive droite du ruisseau, à l'endroit même où coule aujourd'hui la célèbre fontaine, que fut tout d'abord aperçue la Sainte Vierge, assise et pleurant.

    Quelques mètres plus bas, debout, et les bras reposés sur sa poitrine, Elle parle aux deux bergers, rassurés et invités à s'approcher.

    Enfin, ayant franchi d'un seul pas le petit ruisseau le Sézia, Elle remonte l'éminence opposée, sans faire plier le gazon qu'elle effleure ; là, Elle disparaît peu à peu, aux yeux des enfants étonnés, éloignés de trois pas à peine, lorsqu'elle s'éleva dans les airs, dans un nuage de lumière éblouissante.

    Et de là, ces trois noms, donnés sur la montagne, à ces lieux bénis, qui ont reçu plus particulièrement l'empreinte des pas de Marie : L'apparition, la conversation, l'assomption.

    La pierre et la verdure ont disparu sous les mains avides des pèlerins, tenant pour une sorte de relique tout ce qui a touché à cette terre vénérée ; trois statues en bronze, représentant chacune une des poses de l'apparition de la Vierge, s'élèvent en ces lieux ; elles sont toutes d'une beauté majestueuse, d'une expression saisissante, qui font plier tous les genoux et couler bien des larmes ; quatorze croix de bois sont échelonnées sur le chemin parcouru par Marie ; et les fidèles ne manquent jamais de faire le chemin de la croix, tracé là, non par l'instrument de l'ouvrier, mais par les genoux et les lèvres des pèlerins.

    Telle est la description locale du plateau de l'apparition.

    Et quel sentiment religieux, quelle émotion pieuse éveille dans l'âme l'aspect de ce vallon béni ! peu profond et de courte étendue, il étale au soleil du printemps la plus tendre verdure ; on dirait vraiment que la montagne s'est là doucement inclinée, toute seule et d'elle-même, comme pour y former un berceau à la mère de Dieu.

    Au contraire, sous les frimas de l'hiver, alors que la tête de la Vierge et le front des bergers apparaissent seuls au-dessus d'une épaisse couche de neige, quelle beauté sévère, quel religieux mystère planent sur ces collines !

    On croit voir apparaître, errant au fond de ce vallon, les figures bibliques de Marie ; il semble que ces lèvres de bronze de la Vierge, vont s’entrouvrir, pour dire avec le prophète :

    « Voyez, je suis sévère au-dessus de cette blancheur de neige, mais, je suis belle!... »

    Et l'âme, saisie d'une émotion toute compatissante pour Marie ensevelie sous ces frimas glacés, continuant la figure du prophète, invite l'hiver à se retirer, la Vierge à dépouiller son manteau de neige, pour se montrer à tous, Mère bonne, et Reine radieuse.

    Source : Livre "Mois de Marie de la Salette, ou l'apparition méditée sous forme d'exercices" par Boissin

     

    La salette : le vallon de l'apparition

     

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