• Les sources miraculeuse : La salette

     
     

     

     

    Les sources miraculeuses 
    La salette
     

    Les sources miraculeuse : La salette

     
     

    Il est incontestable que, de tous les lieux capables d'émouvoir profondément l'âme du pèlerin sur la montagne de la Salette, il n'en est pas qui excite plus sa curiosité, son empressement et sa piété, que la source miraculeuse qui, coulant sans interruption depuis le jour fortuné où elle jaillit sous les pieds de la très-sainte Vierge, est perpétuellement le symbole des grâces que Marie répand sur tous les hommes et en particulier sur l'heureux pèlerin de la sainte Montagne.

    Quoi d'étonnant alors que chaque voyageur, à son arrivée sur le plateau, considère comme un devoir d'aller à cette petite fontaine déposer sa première prière, et boire, avant tout autre réconfort, un verre de son eau bienfaisante ?

    Nous aussi, pèlerin de Notre-Dame des Alpes, qui voulons conserver nos souvenirs et les redire à ceux qui un jour participeront au même bonheur, nous sentons le besoin de présenter de nouveau à notre esprit la réalité de ce lieu béni dont la vivante image fera toujours la consolation de notre vie. Mais encore ne faut-il pas qu'en décrivant ces lieux, nous nous rappelions en même temps les avertissements qui nous y furent donnés.

    Lorsqu'au terme de l'ascension, on arrive sur le plateau où depuis on a construit le sanctuaire de Notre-Dame de la Salette, on aperçoit à sa droite, à une distance de vingt-cinq ou trente mètres, un petit monument, surmonté d'une statue de la sainte Vierge, qui est destiné à indiquer le lieu où Marie, après avoir rempli sa mission de bonté et de miséricorde, disparut aux yeux des enfants.

    Ce petit oratoire se trouve sur l'un des côtés du plateau, à l'endroit où le terrain s'affaisse subitement pour former un des bords du ravin au fond duquel coule le petit ruisseau du Sesia.

    Passons le monument de l'Assomption ; transportons-nous à quelques mètres plus haut, en nous dirigeant vers la gauche et au pied de la montagne du Gargas ; plaçons-nous, comme l'indique notre album (Pi. V), là où semble prendre naissance le petit ruisseau dont le lit, en été, est pour ainsi dire complètement desséché (PI. VI).

    Nous avons en face l'église, que la piété des fidèles des diverses parties du monde vient d'élever à la reine des cieux et de la terre; elle est adossée au Planeau, dont le sommet, relativement peu élevé, est surmonté de cette croix que le pèlerin salue d'avance aussitôt qu'il l'aperçoit en arrivant au village de la Salette. 

    L'horizon n'offre que les pics plus ou moins élevés des montagnes des Alpes, dont la vue se développe d'une manière si splendide pour celui qui est placé au sommet du Gargas.

    A nos pieds, le Sesia commence à couler. Quelques pas plus loin, un très-léger filet d'eau, qui parait suinter au fond du ravin, forme ce qu'on appelle la Fontaine des Hommes, pour la distinguer de celle où s'abreuvaient les animaux, et qui n'est autre que la source auprès de laquelle apparut Marie.

    A partir de cette Fontaine des Hommes, le ravin semble s'encaisser plus profondément entre ses deux bords.

    A une distance de dix mètres de la Fontaine des Hommes, au point où le petit ravin acquiert plus de profondeur, et au moment ou le terrain, en s'abaissant subitement suivant la pente de la montagne, va laisser disparaître le Sesia, une sorte de grillage en fer de forme carrée nous indique que, sous son abri protecteur, sort de la base du mamelon qui la surmonte, cette source dont les eaux, en se répandant par tout l'univers, vont y porter, avec l'amour de Marie, avec la confiance en sa maternelle protection, la santé de l'âme et du corps. 

    Le bassin qui recueille les eaux de cette source, est rond et d'un diamètre de cinquante centimètres environ ; un conduit prend les eaux dans le bassin et les apporte en dehors de la cage en fer dont nous venons de parler, et qui n'a été placée sur la fontaine que pour la soustraire à une dévotion quelquefois indiscrète.

    A trois mètres cinquante centimètres de la source, en suivant le cours du ruisseau, se trouve une croix, qui est la première des quatorze plantées sur le parcours du chemin qu'ont touché les pieds de notre Mère.

    Nous ne pouvons mieux faire connaître ces lieux qu'en rapportant les circonstances de l'apparition, telles qu'il est possible de les recueillir tous les jours et sur place , de la bouche même des Pères de la Salette, gardiens du sanctuaire.

    Le 19 septembre 1846, Maximin et Mélanie étaient arrivés dès le matin sur la montagne, conduisant leur troupeau.

    Vers l'heure de midi, qu'ils reconnurent au son de l'Angélus, après qu'ils eurent fait boire leurs vaches et pris eux-mêmes leur modeste repas, ils descendirent vers l'endroit ou coule aujourd'hui la fontaine miraculeuse, qui, à cette époque de l'année, était tarie.

    Ils avaient laissé leurs vaches sur le plateau ; alors ils se couchèrent et s'endormirent, Mèlanie à droite de la fontaine, Maximin à gauche, un peu au-dessous, à une distance de deux ou trois mètres de l'endroit où devait apparaître la très-sainte Vierge.

    Quelque temps après, Mèlanie, réveillée la première, et n'apercevant pas les vaches, appelle Maximin, et lui dit :

    « Viens vite, que nous allions voir nos vaches. »

    Puis, après avoir passé le ruisseau, ils montèrent la pente qu'ils avaient vis-à-vis d'eux, et arrivèrent sur le plateau.

    De là, ils aperçurent sur l'autre côté leurs vaches couchées ; elles n'étaient pas loin, c'est-à-dire qu'elles se trouvaient à une distance de cinquante mètres environ.

    Ils se mirent alors à descendre, Mèlanie la première.

    Lorsqu'elle n'était plus qu'à quinze mètres à peu près de la source, elle aperçut auprès de la petite fontaine, un globe de lumière, éclatant comme le soleil, encore plus brillant, dit-elle, mais pas de la même couleur.

    Elle crie à Maximin : « Viens vite voir une clarté là-bas. »

    Maximin se met à descendre aussitôt, disant : « Où est-elle ? »

    Elle lui indique du doigt la petite fontaine.

    Maximin s'arrête quand il aperçoit cette brillante clarté, et aussitôt le globe de lumière s'entr'ouvre : une dame apparaît au milieu ; elle était assise, la tète dans ses mains, comme plongée dans la plus profonde douleur.

    A cette vue, Mèlanie est saisie de crainte ; elle laisse tomber son bâton ; Maximin lui dit : « Garde ton bâton , s'il nous fait quelque chose, je lui en donnerai un bon coup. »

    Mais la dame, s'étant levée, croisa les bras et dit aux enfants : « Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. »

    Les enfants passèrent alors le ruisseau, et la dame s'étant avancée jusqu'à l'endroit où s'était endormi Maximin, elle se plaça entre eux deux et leur dit en Pleurant, tout le temps qu'elle parla, car, ajoute Mèlanie, J'ai bien vu couler ses larmes :

    « Si mon Peuple ne veut pas se soumettre, je suis bien forcée de laisser aller la main de mon Fils.

    Elle est si forte, si pesante, que je ne puis plus la maintenir.

    Depuis le temps que je souffre pour vous autres !

    Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse.

    Et pour vous autres, vous n'en faites pas cas !

    Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise pour vous autres !

    Je vous ai donné six jours pour travailler ; je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder.

    C'est ça qui appesantit tant la main de mon Fils.

    Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas jurer sans y mettre le nom de mon Fils au milieu.

    Ce sont les deux choses qui appesantissent tant la main de mon Fils.

    Si la récolte se gâte, ce n'est rien qu'à cause de vous autres.

    Je vous l'ai fait voir l'année passée par les pommes de terre.

    Vous n'en avez pas fait cas.

    C'est au contraire ; quand vous trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils.

    Elles vont continuer, que cette année pour Noël il n'y en aura plus. »

    Ici, Mélanie ajoute : Je ne comprenais pas bien ce que cela voulait dire des pommes de terre.

    J'allais dire à Maximin ce que ça voulait dire des pommes de terre.

    Et la Dame nous a dit :

    « Ah ! mes Enfants, vous ne comprenez pas ; je m'en vais le dire autrement. »

    Puis elle a continué (en patois) :

    « Si les pommes de terre se gâtent, ce n'est rien que pour vous autres.

    « Je vous l'avais fait voir l'année dernière.

    Vous n'aviez pas voulu en faire cas.

    Que c'était au contraire ; quand vous trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous y mettiez le nom de mon Fils au milieu.

    Et elles vont continuer, que cette année, pour Noël, il n'y en aura plus.

    Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer ; car tout ce que vous sèmerez, les bêtes vous le mangeront, et ce qui viendra, tombera tout en poussière quand vous le battrez.

    Il viendra une grande famine.

    Avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement, mourront entre les mains des personnes qui les tiendront ;

    Et les autres feront pénitence par la famine.

    Les noix deviendront vermoulues : les raisins pourriront.

    Ici, ta sainte Vierge donne un secret à chacun des Enfants, puis Elle continue :

    « S'ils se convertissent, les pierres, les rochers seront des monceaux de blé ; les pommes de terre seront ensemencées par les terres.

    Faites-vous bien votre prière, mes enfants ? »

    Tous deux nous avons répondu : pas guère, Madame.

    « Il faut bien la faire, mes Enfants, soir et matin ;

    Quand vous ne diriez au moins qu'un Pater et un Ave, Maria, lorsque vous ne pourrez pas plus faire ;

    Et quand vous pourrez plus faire, en dire davantage.

    Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe.

    Les autres travaillent tout l'été le dimanche ;

    Et l'hiver, quand ils ne savent pas que faire, les garçons vont à la messe pour se moquer de la Religion.

    Et le Carême, ils vont à la boucherie comme les chiens.

    N'avez-vous point vu de blé gâté, mes Enfants ? »

    Maximin répondit : 0, non, Madame.

    Moi je ne savais pas à qui Elle demandait cela, et je répondis bien doucement : Non, Madame, je n'en ai point vu.

    « Et vous, mon Enfant, vous devez bien en avoir vu une fois vers le coin, avec votre père,

    Que le maître de la pièce disait à votre père d'aller voir son blé gâté :

    Et puis vous y allâtes tous deux :

    Vous prîtes deux ou trois épis de blé dans vos mains, vous les froissâtes, et tout tomba en poussière,

    Et puis vous vous en retournâtes :

    Quand vous n'étiez plus qu'à demi-heure loin de Corps, votre père vous donna un morceau de pain en vons disant :

    « Tiens, mon Enfant, mange encore du pain cette année ; car je ne sais pas qui en va manger l'année prochaine, si le blé continue comme ça ?

    Maximin a répondu : 0, oui, Madame, je me le rappelle à présent : tout à l'heure, je ne me le rappelais pas.

    Après ce discours aux Enfants, la mission de Marie était terminée, mais elle avait encore à indiquer aux deux petits bergers celle qu'elle leur donnait à eux-mêmes. C'est pourquoi elle ajoute en français :

    « EH BIEN, MES ENFANTS, VOUS LE FEREZ PASSER A TOUT MON PEUPLE. »

    Alors elle traverse le ruisseau ; elle allait monter le ravin, lorsqu'elle se retourna de nouveau vers les Enfants, pour leur dire encore une fois :

    « EH BIEN, MES ENFANTS, VOUS LE FEREZ PASSER A TOUT MON PEUPLE. »

    Puis Elle monta en suivant le chemin indiqué par les croix.

    Elle ne touchait pas l'herbe, dit Mèlanie, Elle marchait à la cime de l'herbe sans la faire plier.

    — Nous la suivions avec Maximin ; je passai devant la dame et Maximin un peu à côté, à deux ou trois pas. Et puis cette belle dame s'est élevée un peu en haut (Mèlanie indique avec la main environ un mètre au-dessus de la terre), puis elle a regardé le ciel, puis la terre ; puis nous n'avons plus vu la tête, plus vu les bras, plus vu les pieds. On n'a plus vu qu'une clarté en l'air. Après, la clarté a disparu.

    Remarquons bien que la très-sainte Vierge avait, pour ainsi dire, pris la précaution de monter sur le plateau, afin de ne laisser dans l'esprit des enfants aucune incertitude sur sa disparition miraculeuse.

    Au fond du ravin, dans le voisinage du lieu où elle leur parla, il n'eût pas été impossible, peut être, à un imposteur de se soustraire à la vue de ces enfants, qu'une telle apparition avait dû naturellement surprendre ; c'est au moins la pensée qui peut venir à l'esprit, en réfléchissant sur les circonstances du miracle.

    Mais au haut du ravin, au lieu indiqué sur le plateau par le monument dit de l'Assomption, toute fraude est impossible ; on ne peut concevoir aucune illusion de la part même de ces enfants, si peu habitués aux ruses et au mensonge.

    Du point où ils se trouvent au versant le plus rapproché, on compte au moins cinquante mètres ; pas un arbre, pas le plus petit buisson ne pouvait s'interposer entre l'apparition et les enfants.

    Arrivée sur le plateau, la belle Dame ne fait pas un pas de plus ; les enfants l'ont suivie.

    Elle ne disparaît pas subitement et comme un éclair, elle s'élève peu à peu, en sorte que les enfants n'aperçoivent plus la tête, plus les bras, plus les pieds, et lorsque déjà ils ne voient plus rien de la belle Dame, ils voient cependant encore une clarté que Maximin, dans sa simplicité, s'efforce de saisir.

    Mais quelle impression les enfants gardèrent-ils de ce prodige ?

    Elle est bien naturelle ; la voici, toujours d'après le récit de Mèlanie, parfaitement d'accord avec celui de son compagnon :

    « Et j'ai dit à Maximin : « C'est peut-être une grande sainte.

    — Et Maximin m'a dit : Si nous avions su que c'était une grande « sainte, nous lui aurions dit de nous mener avec Elle.

    — Et je lui ai dit : Oh ! si Elle y était encore.

    — « Alors Maximin s'élança pour attraper un peu de clarté ; mais il n'y eut plus rien. Et nous regardâmes bien pour voir si nous ne la voyions plus. Et je dis : Elle ne veut pas se faire voir pour que nous ne voyions pas où elle va. Ensuite nous fûmes garder nos vaches. »

    Il est une question que s'adressent naturellement tous ceux qui entendent parler de l'apparition de la très-sainte Vierge sur la montagne de la Salette, c'est celle-ci : Quel costume portait-elle ?

    Sur ce point, nous avons les détails les plus précis que l'on puisse désirer, et l'on peut dire que le vêtement de Marie, comme les paroles qu'elle a prononcées, s'est imprimé dans l'esprit de ces enfants d'une manière tellement ineffaçable, qu'ils ont gardé le souvenir même des plus petites particularités.

    C'est donc d'après les indications qu'ils en ont données que nous allons décrire tout ce qui composait le costume et la parure de notre sainte Mère.

    « Elle avait des souliers blancs avec des roses autour de ces souliers, il y en avait de toutes les couleurs ; des bas jaunes, un tablier jaune ; une robe blanche avec des perles partout ; un fichu blanc, des roses autour ; un bonnet haut, un peu courbé en avant ; une couronne autour de son bonnet avec des roses. Elle avait une chaîne très-petite qui tenait une croix avec son Christ ; à droite étaient des tenailles, à gauche un marteau. Aux extrémités de la croix, une autre grande chaîne tombait comme les roses autour de son fichu. Elle avait la figure blanche, allongée. »

    Ce vêtement est-il symbolique dans son ensemble, ou bien quelques parties seulement ont-elles une signification mystique ?

    Nous n'osons sur ce point émettre aucune affirmation, puisque l'Église, dans la personne de l'évêque de Grenoble, ne s'est point prononcée.

    Toutefois, il nous est impossible de ne pas exprimer une pensée. Il nous semble que Marie s'est présentée avec les deux caractères qui la distinguent principalement, celui de Reine et celui de Mère.

    Le diadème qui paraît orner son front, les perles qui décorent sa robe et la font paraître plus brillante, nous rappellent bien celle qui règne dans les cieux et est proclamée la reine des Anges, la reine de tous les Saints.

    Les paroles qu'elle adresse aux enfants nous révèlent plus particulièrement la Mère pleine de bonté, de tendresse et de souffrance.

    C'est bien, en effet, la Mère de douleur, Mater dolorosa. 

    La croix qu'elle porte sur sa poitrine et sur son cœur, nous dit ce qu'il doit y avoir en elle-même de tristesse, d'angoisses et de tribulations au fond de son cœur.

    Mais ce qui semble nous parler plus particulièrement de son amour, c'est cette profusion de roses semées sur chacune des parties qui composent le costume qu'elle revêt.

    Suivant le langage de l'Église, la rose n'est-elle pas l'emblème de la charité, et Marie n'est-elle pas aussi désignée sous le nom de Rose mystique, quand il s'agit de nous faire comprendre la vivacité de son amour pour les hommes, qui puise toute sa force et toute son énergie dans l'amour ardent dont elle brûle pour ce Dieu qui fit en elle de si grandes choses ?

    Tout, dans Notre-Dame de la Salette parle donc à notre âme : sa voix, le costume sous lequel elle daigna se manifester, ses larmes nous disent la douleur et les angoisses de son âme, aussi bien que la charité et l'amour ardent de son cœur de Mère.

    Source : Livre "La Salette : album composé de 8 vues dessinées d'après nature et lithographiées" par A. Maugendre

     

     

    Les sources miraculeuse : La salette

     

     

    Mois de Notre-Dame de La Salette, 9ème jour

    La fontaine de La Salette

    Le lendemain de l'apparition, de nombreux visiteurs accouraient sur la montagne ; on n'aperçut aucune trace du récit de Maximin et de Mélanie ; seulement, une source jaillissait de terre, à l'endroit même où la Sainte Vierge se fit voir aux petits bergers : et cette source ne coulait point la veille.

    Les habitants du pays connaissaient l'existence d'une eau intermittente en ce lieu ; mais, scrupuleusement interrogés, ils ont unanimement répondu : « Avant que la Sainte Vierge fût venue ici, la source demeurait à sec, au moins 8 mois de l'année, et ne coulait qu'à la saison des grandes pluies ; depuis ce moment, elle n'a pas cessé un seul jour de couler... »

    Or, pour tout visiteur impartial, il n'y a ici ni calcul ni artifice ; on n'a pas fouillé, on n'a pas détourné, on n'a pas bâti ; la science et ses procédés ingénieux ne sont pas passés par là : l'eau sort naturellement de terre, au bas de la pierre sur laquelle la Vierge était assise, claire, fraîche et jamais interrompue : et tel est le témoin miraculeux et perpétuel de la descente de la Reine des cieux, sur la chaîne des Alpes : fontaine limpide et pure comme la Vierge qui a voulu laisser là la trace ineffaçable de ses pas vénérés ; fontaine intarissable, emblème éloquent du cœur de Celle qui aime le monde d'un amour qui n'a ni trêve ni repos...

    Dévorés par la soif, les Israélites murmuraient au désert ; Dieu commanda à Moïse de toucher le rocher, et l'eau jaillit abondante, sous les yeux étonnés du peuple de Dieu : pourrait-on refuser au pied de la Reine du ciel, qui a fait jaillir l'eau de la pierre de la Salette, la vertu surnaturelle attribuée à la verge de Moïse ?...

    Ne sommes-nous pas, nous aussi, en cette terre, dans un désert aride, où toutes les ardeurs du mal dessèchent les âmes ; et ne fallait-il pas, pour étancher leur soif dévorante, l'eau bienfaisante d'une fontaine miraculeuse ?...

    Nous disons fontaine miraculeuse, car Marie semble avoir communiqué à l'eau de la Salette la double vertu surnaturelle de guérir les corps et les âmes : Santé au corps, elle nous rappelle la piscine de l'Évangile : un ange venait par intervalles en agiter la surface tranquille ; et l'infirme qui pouvait le premier tremper ses blessures dans ces eaux salutaires, était guéri : voici, voici, ouverte au sommet des Alpes, la piscine moderne de l'Évangile ; la Mère de Dieu est venue, de sa main puissante, en agiter les eaux ; Elle a fait mieux, Elle y a laissé couler quelques larmes de ses yeux ; et qu'est-ce qu'une larme de Marie, si ce n'est une effusion de son cœur, une vertu échappée de son corps ; et voilà pourquoi la fontaine est féconde, intarissable, miraculeuse ; voilà pourquoi des aveugles voient, des boiteux marchent, des malades sont guéris, et publient partout les gloires et les bontés de Notre-Dame de la Salette.

    Et que dire de la vie spirituelle que cette eau procure quelquefois aux âmes pécheresses ?...

    Une vision d'Ézéchiel rapporte que le prophète vit un jour des eaux sortir du Temple, et qui, s'écoulant dans la mer Morte, en adoucissaient l'amertume, et redonnaient même la vie aux poissons morts !...

    Au rapport de saint Grégoire, le monde est cette mer; et si ses flots soulevés portaient à la surface toutes les âmes mortes qui vivent dans son sein, que de cadavres spirituels, sur les rivages désolés de cette mer immense !...

    Mais voici, au sommet des Alpes, le temple nouveau de la vision d'Ézéchiel ; voici, à la fontaine de la Salette, les eaux prophétiques qui, se répandant par le monde, du haut de ces cimes élevées, porteront vie et régénération aux âmes !...

    Oui, cette bénie fontaine nous paraît être le puits moderne de la Samaritaine ; Marie est assise sur ses bords, comme autrefois Jésus auprès du puits miraculeux ; et nous indiquant de sa main maternelle le creux d'où jaillissent ces eaux salutaires, elle semble dire, Elle aussi, à toutes les âmes samaritaine si nombreuses par le monde : « si vous saviez le don fait à ses eaux par Marie !... »

    10ème jour, la pierre de la fontaine

    Dans nos saints livres, il est souvent fait mention du mot « petra », pierre...

    Plusieurs sont restées particulièrement célèbres : par exemple, celles qui servirent aux patriarches à dresser les premiers autels des sacrifices ; la pierre qui reçut la tète de Jacob, pendant son sommeil mystérieux au désert : mais voici sous la loi nouvelle, une pierre, à laquelle ne sont pas moins acquis désormais, le souvenir et le respect religieux de l'histoire ; c'est la pierre sur laquelle s'est assise la Vierge de la Salette.

    La pierre des sacrifices ne fut touchée que par les seules mains des patriarches ; la pierre de la Salette a reçu le corps très-pur de Marie ; celles du désert n'ont porté que les victimes immolées ; celle de la Salette a porté la vraie Mère du vrai Dieu !...

    Les unes n'ont été arrosées que du sang impur des holocaustes ; l'autre a été arrosée par les larmes virginales de cette même Mère !...

    Et pour la pierre de Jacob, elle fut déposée là, dit une pieuse tradition, par les anges !

    Il me semble aussi que les anges, à la première nouvelle de l'apparition, durent descendre du ciel, et venir préparer sur la montagne, le siège de leur Reine...

    Aussi, la gloire particulière de la pierre de la Salette a-t-elle été comprise ; et elle n'a pas été laissée, confondue au milieu des autres rochers de la montagne : elle dut subir naturellement, au début du pèlerinage, les mutilations de la piété publique, qui emporta les fragments détachés comme autant de reliques ; après peu de jours, elle fut respectueusement recueillie par Monsieur le curé de la Salette : plus tard, l'évêché de Grenoble l'a déposée dans une sorte de châsse provisoire, revêtue de tous sceaux d'authenticité ; et les pèlerins de la sainte Montagne la contemplent aujourd'hui avec une sorte de vénération, sous un chalet de cristal, dans les trésors de la sacristie.

    Elle n'a plus les dimensions qu'elle avait à l'époque de l'apparition : il a bien fallu satisfaire les instances des pèlerins, et détacher en leur faveur des parcelles nombreuses, qui ont servi à opérer bien des merveilles, comme l'eau miraculeuse de la fontaine ; mais depuis plusieurs années, on ne touche plus à la précieuse relique, et les visiteurs sont réduits à jeter sur elle des regards de pieuse convoitise.

    Source : Livre "Mois de Marie de la Salette, ou l'apparition méditée sous forme d'exercices" par Boissin


    La Vierge est apparue à 2 enfants du village de Corps : Mélanie et Maximin.

    A côté du lieu de l'apparition,  se trouve la fontaine de La Salette.

    Les sources miraculeuse : La salette


    Avant l'apparition, cette source ne coulait  qu'occasionnellement (aux dires des gens du lieu) :  les jours de grandes pluies ou à la fonte des neiges. A partir de l'apparition, elle coulera sans interruption.
     
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    La salette

    LA SALETTE

    (Les apparitions de la Vierge)