• Sainte Jeanne d'Arc. Vierge († 1431)

     
     

    Sainte Jeanne d'Arc († 1431)

     

    Sainte Jeanne d'Arc. Vierge († 1431)

     

     

    Jeanne d'Arc, née le 6 janvier 1412 à Domrémy, morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, est une figure emblématique de l'histoire de France et une sainte de l'Église catholique.

     

    Au début du XVe siècle, elle mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin Charles au sacre à Reims et contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

     

    Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de dix millelivres, et condamnée à être brulée vive en 1431 après un procès en hérésie.

    Entaché de nombreuses et importantes irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456, et un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l'élève au rang de martyre. Elle est béatifiée en 1909 et canonisée en 1920.

    Elle est l'une des quatre saintes patronnes secondaires de la France.

    Jeunesse

    Famille et enfance

    Jeanne d'Arc est née à Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait la France à l'Angleterre.

    Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, elle faisait partie d'une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre.

    Jeanne (ou Jeannette, comme on l'appelait à Domrémy où elle grandit) fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre, chaque dimanche, à lachapelle de Bermont, près de Greux, pour y prier.

    Les témoignages de ses voisins lors de ses futurs procès rapportent qu'à cette époque, elle fait les travaux de la maison, du filage, aide aux moissons ou garde occasionnellement des animaux, activité loin du mythe de la bergère qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel de Jésus le bon berger.

    Les réponses qu'elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l'esprit de repartie se tempèrent d'une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.

    Aucune source ne permet de déterminer exactement les origines de Jeanne d'Arc, ni ses date et lieu de naissance : les témoignages d'époque sont imprécis, Domrémy ne possédait pas de registre paroissial, et les discussions restent nombreuses sur ces points.

    Jeanne, « la bonne Lorraine »

    Jeanne d’Arc la Lorraine
    Médaille de Jeanne d’Arc, « la bonne Lorraine ».

    L'usage de la particule n'indique rien quant à de possibles origines nobles, une particule pouvant être portée tant par des roturiers que par des nobles. Jacques d'Arc, habituellement considéré comme laboureur, ou pour d'autres historiens ayant rang de collecteur de l'impôt semble aussi avoir été métayer paraît ainsi avoir émigré d'Arc-en-Barrois (en Champagne), avec l'accord de son seigneur.

    Dès lors, il dépend du titulaire des droits sur Domrémy où il a fondé son foyer.

    Au début du XVe, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses.

    Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301.

    Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l'autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d'Arc).

    Enfin, l'église de Domrémy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l'évêque estprince du Saint-Empire germanique.

    Colette Beaune précise que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant (et donc lorrain), dans le bailliage deChaumont-en-Bassigny et la prévôté d'Andelot.

    Toutefois, si les juges de 1431 corroborent cette thèse, de même que Jean Chartier ouPerceval de Cagny, Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu'elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie deVaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291.

    L'âge de la martyre

    On ignore l'âge exact de Jeanne d'Arc lors de son supplice.

    La version officielle, construite à partir du procès qui s'est tenu à Rouen, nous transmet que Jeanne a dit être née à Domrémy, et qu'elle a 18 ou 19 ans au moment de son procès.

    Une source la donne née le jour de l'Épiphanie sans précision sur l'année, le 6 janvier 1412, mais par ailleurs une plaque apposée sur le parvis de la cathédrale de Toul indique que « s'étant présentée seule lors d'un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428 », elle aurait donc été majeure à ce moment-là (20 ans selon le droit local) et émancipée de la responsabilité parentale.

    Jeanne est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

    Contexte politique (1407—1422)

    Territoires contrôlés par les Anglais, leurs alliés bourguignons et les Français en 1435

    Durant la guerre de Cent Ans, la plupart des régions du nord et sud-ouest du territoire français sont contrôlées depuis 1420 par les Anglais.

    Le roi de France Charles VI, dit « Charles le Fol », ne dispose pas de toutes ses facultés mentales.

    La légitimité de son dernier fils survivant, le dauphin Charles, héritier de la couronne, est contestée, du fait des aventures qu'aurait eues sa mère Isabeau de Bavière (en particulier avec Louis d'Orléans).

    Depuis l'assassinat de Louis d'Orléans en novembre 1407, le pays est déchiré par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

    Ceux-ci se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine Isabeau du fait de la folie de son époux.

    Profitant de ce conflit, Henri V, roi d'Angleterre relance les hostilités et débarque en Normandie en 1415.

    La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face aux archersgallois.

    En effet, les Anglais, ayant une maîtrise parfaite du tir à l'arc long (longbow) et, bien abrités des charges par des pieux disposés à l'avance, déciment sous une pluie de flèches la chevalerie française dont les chevaux ne sont pas encore protégés.

    Ils vont ainsi devenir maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique, jusqu'à ce qu'apparaisse l'artillerie de campagne qui donnera l'avantage aux Français en fin de conflit.

    À Domrémy, on apprend que le duc Edouard III, son frère, le seigneur de Puysaye et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat.

    Le duché échoue au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc.

    Lors de l'entrevue de Montereau le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier, pour faire face à l'ennemi.

    Mais malheureusement, au cours de cette rencontre, Jean sans Peur est poignardé par un homme du dauphin, probablement Tanneguy du Chastel.

    En réaction à cet assassinat, le fils de Jean sans Peur, Philippe le Bon, se rallie aux Anglais imité en cela par la puissante Université de Paris.

    Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le Traité de Troyes, qui est signé entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente.

    Selon les termes de ce traité, Henri V se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI ; à la mort de Charles VI, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant les deux royaumes.

    Ce traité, qui spolie le dauphin de son droit de succession (car considéré être enfant illégitime et assassin présumé du duc de Bourgogne), est contesté par la noblesse française.

    À la mort de Charles VI en 1422, la France n'a donc plus de roi ayant été sacré.

    La couronne de France est alors revendiquée par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succéder à son père.

    De Domrémy à Chinon : 1428 - février 1429

    Jeanne d'Arc
    (basilique du Bois-Chenu, Domrémy, 4 avril 2004) Copie de la sculpture faite par la princesse Marie d'Orléans
    Jeanne d'Arc ayant la vision de l'archange saint Michel
    Toile d'Eugène Thirion (1876)

    À treize ans, Jeanne affirme avoir entendu dans le jardin de ses parents les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône.

    Les intrusions anglo-bourguignonnes menacent la Lorraine. Craignant le pillage et les massacres pour son village de Domré, les expériences mystiques se multiplient à mesure que les troubles dans la région augmentent mais, effrayée, elles ne les révèlent qu'à l'âge de 16 ans à son oncle Durand Laxart.

    Après beaucoup d'hésitations, son oncle l'emmenène rencontrer Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy.

    Demandant à s'enrôler dans les troupes du dauphin, elle demande audience à Robert de Baudricourt, seule une lettre de crédit de sa main lui ouvrirait ls portes de la Cour.

    Le seigneur local la prend pour une illuminée et conseille Laxart de ramener sa nièce chez ses parents avec une bonne gifle.

    L'année suivante, les Anglo-bourguignons attaquent Domrémy, elle et sa famille se réfugient à Neufchâteau puis Jeanne acquiert une certaine notoriété lorque le duc malade Charles II de Lorraine lui donne un saufconduit pour lui rendre visite à Nancy.

    Finalement Jeanne s'installe à Vaucouleurs.

    Elle y est adoptée par la population qui la soutient, avide en ces temps troublés de prophéties encourageantes.

    Baudricourt finit par la prendre au sérieux après que la jeune paysanne illettrée lui ait annoncé par avance la journée des Harengs et l'arrivée concomitante de Bertrand de Poulengy, jeune seigneur proche de la maison d'Anjou.

    Il lui donne une escorte de quelques hommes liés à Yolande d'Aragon, les deux écuyers Jean de Metz et Bertrand de Poulengy qui resteront fidèles à Jeanne tout au long de son aventure, ainsi qu'un courrier, le messager royal Colet de Vienne.

    Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne ira se recueillir dans l'ancienne église de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au saint patron du duché de Lorraine.

    Portant des habits masculins (ce qu'elle fera jusqu'à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le dauphin Charles, après réception d'une lettre de Baudricourt.

    La légende de « l'envoyée de Dieu », peu probable, raconte qu'elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, et lui parle de sa mission lors d'une entrevue privée.

    En réalité, arrivée à Chinon le 23 février, elle n'est reçue par le roi que deux jours plus tard, non dans la grande salle de la forteresse mais dans ses appartements privés, la grande réception devant la Cour à l'origine de la légende n'ayant lieu qu'un mois plus tard.

     Par superstition, Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné.

    Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans.

    Après l'avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des docteurs en théologie réaisent son examen de conscience et où des matrones, supervisées par Yolande d'Aragon, constatent sa virginité (exigence pour une une « envoyée de Dieu » ? Vérification qu'elle n'est pas un homme ? Pour ne pas donner prise à ses ennemis qui la qualifient de « putain des Armagnac »), et après avoir fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais, non pas à la tête d'une armée, mais avec un convoi de ravitaillement. Ce sera à Jeanne de faire ses preuves.

    Jeanne la Pucelle, chef de guerre : avril 1429 - mai 1430

    Statue dans la cathédrale deReims
    (mars 2006)

    Ses frères la rejoignent.

    On l'équipe d'une armure et d'une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit Jesus Maria, qui est aussi la devise des ordres mendiants (les dominicains et les franciscains).

    En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques.

    Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit « le Bâtard d'Orléans », futur comte de Dunois.

    Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre sont réservés.

    Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

    Après cette victoire (encore célébrée à Orléans au cours des « Fêtes johanniques », chaque année du 29 avril au 8 mai), on la surnomme la « Pucelle d'Orléans ».

    Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne se rend à Loches et persuade le dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.

    Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement.

    Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraîne la soumission de la ville mais aussi deChâlons-en-Champagne et Reims. Dès lors, la traversée est possible.

    1429     Territoires contrôlés par Henri V     Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne     Territoires contrôlés par le dauphin Charles     Principales batailles

          Raid Anglais de 1415

          Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

    Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc, Charles VII est sacré par l'archevêque Renault de Chartres.

    Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix.

    L'effet politique et psychologique de ce sacre est majeur.

    Reims étant au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, il est interprété par beaucoup à l'époque comme le résultat d'une volonté divine.

    Il légitime Charles VII qui était déshérité par le traité de Troyes et soupçonné d'être en réalité le fils illégitime du duc d'Orléans et d'Isabelle de Bavière.

    Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains voient régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc.

    La découverte miraculeuse de l'épée dite de « Charles Martel » sous l'autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple.

    Le mythe de la chef de guerre commandant les armées de Charles VII en est un autre. C'est le duc de Bedford, pour minimiser la portée de la délivrance d'Orléans et les défaites ultérieures qui lui attribue le rôle de chef de guerre envoyé par le diable.

    Les conseillers du roi se méfiant de son inexpérience et de son prestige, ils la font tenir à l'écart des décisions essentielles tandis que le commandement est successivement confié à Dunois, au duc d'Alençon, Charles d'Albret ou le maréchal de Boussac.

    Dans la foulée, Jeanne d'Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Jeanne mène uneattaque est sur Paris (porte Saint-Honoré), mais doit être rapidement abandonnée.

    Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l'argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C'est une retraite forcée vers la Loire, l'armée est dissoute.

    Vitrail de l'église Saint-Jacques,Compiègne

    Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et donc rien ne la distingue des chefs de guerres indépendants, elle ne représente plus le roi.

    Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, mais sans beaucoup de succès.

    Le 4 novembre 1429, « la Pucelle » et Charles d'Albret s'emparent de Saint-Pierre-le-Moûtier.

    Le 23 novembre, ils mettent le siège devant La Charité-sur-Loirepour en chasser Perrinet Gressart.

    Pour Noël, Jeanne a regagné Jargeau suite à l'échec du siège.

    Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire.

    Quittant le roi sans prendre congé, elle s'échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l'appel à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons.

    Finalement, elle est capturée par les Bourguignons lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430.

    Elle essaie de s'échapper par deux fois, mais échoue.

    Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir.

    Elle est rachetée par les Anglais pour dix mille livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.

    Article détaillé : Capture de Jeanne d'Arc par les Bourguignons.

    Le procès et la condamnation (1431)

    Le procès

    Tour Jeanne-d'Arc, tour du château de Philippe Auguste à Rouen

    Lors de son procès qui dura du 21 février au 23 mai 1431, elle est accusée d'hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen.

    Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste ; seule une tour de la construction est parvenue jusqu'à nous et appelée maintenant « tour Jeanne-d'Arc ».

    Jugée par l'Église, elle reste néanmoins emprisonnée dans les prisons anglaises, au mépris du droit canon.

    Si ses conditions d'emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n'a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture.

    Or à l'époque, la torture était une étape nécessaire à un « bon procès ». Cette surprenante absence de torture a servi d'argument pour une origine « noble » de Jeanne d'Arc. Les bourreaux n'auraient pas osé porter la main sur elle.

    Le procès débute le 21 février 1431.

    Environ cent vingt personnes y participent, dont vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands, dix délégués de l'Université de Paris.

    Leurs membres furent sélectionnés avec soins. Lors du procès de réhabilitation, plusieurs témoignèrent de leur peur.

    Ainsi, Richard de Grouchet déclare que c'est sous la menace et en pleine terreur que nous dûmes prendre part au procès ; nous avions l'intention de déguerpir.

    Pour Jean Massieu, il n'y avait personne au tribunal qui ne tremblât de peur. Pour Jean Lemaître, Je vois que si l'on agit pas selon la volonté des Anglais, c'est la mort qui menace.

    Une dizaine de personnes sont actifs lors du procès, tels Jean d'Estivet, Nicolas Midy ou Nicolas Loyseleur.

    Mais, les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés.

    Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre.

    Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon.

    L'Université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.

    « Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »

    — Jeanne d'Arc à son procès (le 15 mars 1431)

    Condamnation et exécution

    Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen de Rouen, les juges mettent en scène une parodie de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d'une croix (alors qu'elle savait écrire son nom) l'abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l'autorité de l'Église.

    Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme (dans des conditions obscures).

    Déclarée « relapse » (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au « bras séculier ».

    Le 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marchéà Rouen par le bourreau Geoffroy Thérage.

    Elle rend l'âme en criant trois fois « Jésus ». Selon les témoignages, elle est voilée et placée à plus de trois mètres de hauteur.

    Le cardinal de Winchester avait insisté pour qu'il ne reste rien de son corps. Il désirait éviter tout culte posthume de la « pucelle ».

    Il avait donc ordonné trois crémations successives. La première vit mourir Jeanne d'Arc par intoxication au monoxyde de carbone, la seconde laissa au centre du bûcher les organes calcinés, et de la troisième il ne resta que des cendres et des débris osseux qui furent ensuite dispersés par Geoffroy Thérage, le bourreau, dans la Seine (là où a été construit plus tard le Pont Jeanne-d'Arc) afin qu'on ne puisse pas en faire de reliques.

    Reliques

    Jeanne au bûcher par Hermann Anton Stilke

    De prétendues reliques de Jeanne d'Arc sont conservées au musée d'Art et d'Histoire de Chinon.

    Propriété de l'archevêché de Tours, elles ont été mises en dépôt dans ce musée en 1963. Le bocal de verre qui les contient a été découvert à Paris en 1867 dans le grenier d'une pharmacie, située rue du Temple, par un étudiant en pharmacie, M. Noblet.

    Le parchemin qui fermait l'ouverture du bocal portait la mention : « Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, pucelle d'Orléans ».

    Le bocal contient une côte humaine de dix centimètres de long recouverte d'une couche noirâtre, un morceau de tissu de lin d'une quinzaine de centimètres de longueur, un fémur de chat et des fragments de charbons de bois.

    Le médecin-légiste français Philippe Charlier, spécialiste de pathographie, qui a analysé les restes à partir de février 2006 avec son équipe de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), conclut qu'il s'agit de restes de momies, à la fois momie humaine et momie animale, d'origine égyptienne datés de la Basse époque et qui auraient pu faire partie soit de la collection d'un cabinet d'amateur soit de la pharmacopée d'un apothicaire avant d'être employés à la confection de ces pseudo-reliques.

    Une analyse microscopique et chimique du fragment de côte montre qu'il n'a pas été brûlé, mais imprégné d'un produit végétal et minéral de couleur noire. Sa composition s'apparente plus à celle du bitume ou de la poix qu'à celle de résidus organiques d'origine humaine ou animale ayant été réduits à l'état de charbon par crémation.

    Les « nez » de grands parfumeurs (Guerlain et Jean Patou) ont notamment décelé sur le morceau de côte une odeur de vanille. Or ce parfum peut être produit par « la décomposition d'un corps », comme dans le cas d'une momification, pas par sa crémation.

    Le tissu de lin, quant à lui, n'a pas été brûlé, mais teint et a les caractéristiques de celui utilisé par les Égyptiens pour envelopper les momies.

    D'autre part, concernant le pollen, il a été noté une grande richesse de pollens de pin, vraisemblablement en rapport avec l'usage de résine en Égypte au cours de l'embaumement.

    Enfin, une étude au carbone 14 a daté les restes entre le VIe et le IIIe siècle av. J.‑C., et un examen spectrométrique du revêtement à la surface des os a montré qu'il correspondait à ceux de momies égyptiennes de cette période tardive.

    Le procès en réhabilitation : 1455-1456 à Toul

    Jeanne d'Arc par Rubens (1620)

    Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape espagnol Calixte III, casse en1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Brehal.

    Le Pape ordonna à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d'étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d'Arc.

    Son mémoire fut la condition juridique du procès en réhabilitation. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges, il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille.

    Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte.

    La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont morts entre temps. Aubert d'Ourches comparait comme vingt-huitième témoin, voici sa déposition du 14 février 1456 lors de la neuvième séance : « La Pucelle me parut être imbue des meilleures mœurs. Je voudrais bien avoir une fille aussi bonne... Elle parlait moult bien ».

    Jeanne d'Arc et son époque : enjeux et problèmes

    Statue de Jeanne d'Arc à Paris

    Jeanne d'Arc et ses contemporains

    Jeanne d'Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l'étranger.

    Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées.

    On lui demandera son avis sur lequel des papes, alors en concurrence, est le vrai.

    Jeanne se rapproche des ordres mendiants.

    Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu.

    Même si l'objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d'intérêts autour d'elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du dauphin.

    Ainsi l'Université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d'Angleterre » ne la voit pas d'un bon œil, à l'opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l'inverse de l'archevêque d'Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean de Gerson (auparavant chancelier de l'université de Paris), l'Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l'Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l'expulsion ou l'écrasement très juste d'ennemis très obstinés ». Ces gens d'Église, et autres, soutenaient la Pucelle.

    Pour l'éminente autorité religieuse qu'était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l'enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité, notamment à cause du soutien des rivaux de l'Université à Jeanne, et pour ce qu'elle représente dans les luttes d'influence à l'intérieur de l'Église.

    Jeanne n'a pas eu non plus que des amis à la cour du dauphin, le parti du favori La Trémouille (dont Gilles de Rais était) se plaça régulièrement en opposition, au conseil du dauphin, face à ses initiatives.

    Son rôle dans la guerre de Cent Ans

    Jeanne au siège d'Orléans, peinture de Jules Eugène Lenepveu, vers 1886-1890, au Panthéon de Paris

    Jeanne d'Arc n'a ni influé à elle seule sur la phase finale de la guerre, qui s'est achevée en 1453, ni été inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne. 

    Dunois parle d'une personne douée d'un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d'artillerie de l'époque.

    Les faits d'armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieux événements.

    Elle fut en outre un chef indéniablement charismatique.

    Sur le plan géopolitique, le royaume de France, même privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire, bénéficiait de ressources humaines et matérielles bien supérieures à celles de l'Angleterre, quatre fois moins peuplée.

    La stratégie de Charles V, qui misait sur le temps, en évitant les combats et en assiégeant une par une les places fortes, a parfaitement montré les limites de l'invasion anglaise.

    Sainte Jeanne d'Arc. Vierge († 1431)

     

    Cependant, avant l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais bénéficiaient d'un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons :

    1. la réputation d'invincibilité de leurs troupes ;
    2. le traité de Troyes qui déshéritait le dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l'égard du roi Charles VI ;
    3. un état d'abattement et de résignation de la population ;
    4. l'alliance avec la Bourgogne.

    L'avantage numérique du royaume de France pesait peu. Cette situation faisait qu'en 1429 la dynamique était anglaise.

    Jeanne a eu indéniablement le mérite d'inverser l'ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en battant les Anglais.

    Charles VII a eu, lui, l'initiative de se raccommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d'Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son cœur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu'il avait pu y avoir.

    L'enjeu de sa virginité

    Si « pucelle » signifiait à l'époque simplement « fille » et pas particulièrement « vierge », Jeanne mettait aussi en avant sa virginité pour prouver, selon les mœurs de son temps, qu'elle était envoyée de Dieu et non une sorcière et affirmer clairement sa pureté, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques.

    Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l'importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l'amener au sacre.

    Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. 

    Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d'accusation contre elle, en vain.

    Il est en revanche difficile de savoir ce qui s'est passé entre le jugement et le constat de « relapse », période où Jeanne a été durement maltraitée par ses geôliers, défigurée. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain.

    Problèmes des sources historiques

    Statue de Jeanne d'Arc, place du parvis à Reims
    Statue de Jeanne d'Arc à Compiègne

    Les deux sources principales sur l'histoire de Jeanne d'Arc sont le procès en condamnation de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-1456.

    Étant des actes juridiques, elles ont l'immense avantage d'être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions.

    Mais elles ne sont pas les seules : des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la Geste des nobles François, la Chronique de la Pucelle, la Chronique de Perceval de Cagny, ou encore le Journal du siège d'Orléans et du voyage de Reims. Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs.

    C'est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi-exhaustive l'historiographie johannique entre 1841 et 1849, en 5 volumes.

    Entre le XVe siècle et le XIXe siècle, une foule d'écrivains, de politiciens, de religieux se sont appropriés Jeanne d'Arc, et leurs écrits sont nombreux.

    Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines, et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète.

    Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d'avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l'accusée et les témoins ne répondent qu'aux questions posées.

    De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l'insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français.

    Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d'écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne.

    Il remarque également que Jeanne d'Arc fut d'emblée mise en controverse et fit débat par ses contemporains.

    Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l'auteur. Au commencement était le mythe. »

    Il apparaît donc qu'aucun document contemporain de l'époque - hormis les minutes des procès - n'est à l'abri de déformation issue de l'imaginaire collectif.

    Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent d'après des souvenirs vieux de 26 ans.

    L'anoblissement accordé à Jeanne d'Arc par le roi Charles VII pose un autre problème.

    Il ne reste en effet aucune charte originale pour l'attester, mais uniquement des documents attestant de cet anoblissement rédigés postérieurement.

    Ces documents dont nous ne savons s'ils sont faux ou déforment une partie de la vérité historique font apparaître que Jeanne d'Arc avait été anoblie par Charles VII et avec elle ses parents, comme il était d'usage pour assoir la filiation nobiliaire sans contestation, et par conséquent la filiation présente et à venir de ses frères et sœur.

    En 1614, la descendance fort nombreuse de la famille d'Arc montra qu'elle s'établissait uniquement vers la roture, et le roi leur retira leur titre de noblesse.

    Par ailleurs, le trésor y gagna en nombreuses pensions, car chaque membre de la lignée pouvait prétendre à indemnisation de la part du trésor pour le sacrifice de Jeanne d'Arc.

    Une des copies de la charte d'anoblissement qui nous est parvenue dit que le roi Charles VII la fit Jeanne dame du Lys, sans lui concéder un pouce de terre, ni à elle ni à ses frères et sœur, ce qui était contraire à l'usage de l'anoblissement, car le titre visait à assoir la propriété de façon héréditaire.

    En d'autres termes, la faisant dame du Lys, le roi Charles VII la liait au royaume et à la nation mais puisqu'elle s'était vouée à la chasteté et à la pauvreté il ne lui allouait aucun bénéfice terrestre, ce qui privait du même coup sa parentèle de la possibilité d'user convenablement de cet anoblissement puisqu'elle demeurait sans possibilité de s'élever dans la société nobiliaire. Les d'Arc restèrent des roturiers par la force des choses.

    • Lettres d'anoblissement accordées à Jehanne la Pucelle et à sa famille (sur Wikisource)

    Sa reconnaissance

    Statue équestre de Jeanne d'Arc parHippolyte Lefèbvre devant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.
    Article détaillé : Mythes de Jeanne d'Arc.

    Relapse puis héroïne

    Christine de Pisan est un des rares auteurs contemporains à avoir fait l'éloge de Jeanne d'Arc, la nouvelle Judith. Villon mentionne en deux vers, parmi les Dames du temps jadis, « Jeanne la bonne Lorraine / Qu'Anglois brûlèrent à Rouen ».

    Avant le XIXe siècle, l'image de Jeanne d'Arc est défigurée par la littérature.

    Seule la notice d'Edmont Richier, surtout prolifique sur le plan théologique, apporte un volet historique cependant entaché d'inexactitudes.

    Chapelain, poète officiel de Louis XIV, lui consacre une épopée malheureusement très médiocre au plan littéraire.

    Voltaire ne consacre qu'un vers et demi à la gloire de Jeanne d'Arc dans son Henriade, chant VII « ... Et vous, brave amazone, La honte des Anglais, et le soutien du trône. » et en consacra plus de vingt mille à la déshonorer.

    Réhabilitations et exploitations de Jeanne d'Arc

    Depuis le XIXe siècle, les exploits de Jeanne d'Arc sont usurpés pour servir certains desseins politiques au mépris de l'histoire.

    Les arcanes de cette exploitation d'une héroïne qui symbolise la France de façon mythique, voire mystique sont innombrables.

    On retint surtout les thèses évoquées lors de son procès : la mandragore suggérée par Cauchon, l’instrument politique destiné à jeter la terreur dans les troupes anglaises, et la si romanesque main de Dieu (qu’on y voit de l’hérésie ou des desseins monarchiques).

    Jeanne d'Arc a été réhabilitée en 1817, dans le livre de Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes : Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la bibliothèque du roi de la tour de Londres.

    Le travail scrupuleux de cet historien, fondé sur des enquêtes rigoureuses, et l'étude de documents originaux, a souvent été réutilisé comme base de travail par des écrivains français et étrangers, tel Jules Quicherat, qui ont contribué à redonner ses titres de noblesse à la Pucelle d'Orléans.

    Jeanne d'Arc est canonisée en 1920, et Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France en 1922.

    Source

    L'apparition de la Vierge

    Elle aurait vu la Vierge Marie en 1416 à Domrémy puis en 1425.

    En savoir plus :

    http://missel.free.fr/Sanctoral/05/30.php

    http://www.1000questions.net/fr/jeanne/

    http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article203

    http://www.stejeannedarc.net/

     

     

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