• Saint Nicolas de Flüe

     

     

     

    Saint Nicolas de Flüe

     

    Miracle Eucharistique Suisse saint Nicholas de Flüeli 1417

     

    Saint Nicolas de Flüe, en allemand : Niklaus von Flüe, né 1417 et mort le 21 mars 1487 à Sachseln est un ascète suisse qui est le saint patron de la Suisse.

    Il est parfois invoqué comme « Frère Nicolas. »

    Les principales caractéristiques attribuées à la pensée de Nicolas de Flüe – esprit de paix, non-intervention dans les affaires étrangères, modération - ont aujourd'hui encore des répercussions sur la manière dont certains Suisses perçoivent leur pays et envisagent sa politique.

    Biographie

     

    Statue à Flüeli-Ranft

     

    Nicolas de Flue est né à Sachseln, dans la municipalité de Flueli dans le canton d'Unterwald.

    Il est le fils de Heinrich von Flue et Hemma von Ruobert, paysans aisés.

    Il mène initialement une vie de modestie, pieusement identique à celle des paysans de sa région.

    Il se distingue ensuite en tant que soldat dans la lutte contre le canton de Zurich, qui s'était rebellé contre la confédération.

    Vers l'âge de 30 ans, il épouse Dorothy Wiss, la fille d'un fermier, avec laquelle il a cinq fils et cinq filles, qu’il entretient avec aisance, grâce à son travail acharné.

    Il continue dans l'armée, et à l'âge de 37 ans il atteint le grade de capitaine.

    Il aurait été connu pour se battre avec une épée dans une main et un chapelet dans l'autre.

    Après avoir servi dans l'armée, il devient conseiller et juge de son canton en 1459 et sert comme juge pendant neuf ans. Il refuse la possibilité de servir comme Landamman (gouverneur) de son canton.

    Un mystique politique

     

    Une illustration de l'Amtliche Luzerner Chronik de 1513 de Diebold Schilling le Jeune, illustrant les événements de la Diète de Stans en 1481

     

    Après avoir reçu une vision mystique d'un lis mangé par un cheval, qu'il reconnut comme indiquant que les soucis de sa vie mondaine (le cheval de trait tirant une charrue) avalait sa vie spirituelle (le lys, symbole de pureté) il décide de se consacrer entièrement à la vie contemplative.

    En 1467, il quitte sa famille avec le consentement de sa femme, et s'installe comme ermite [1] à Ranft en Suisse, tout en établissant une chapelle et un prêtre sur ses fonds propres, afin de pouvoir assister à la messe quotidienne.

    Selon la légende, il a survécu pendant dix-neuf ans, sans autre nourriture, que l'eucharistie.

    La rumeur de son prodigieux jeûne se répercute jusqu'aux oreilles de l'État qui décide de vérifier si l'écho est bien juste, mais en vain car les autorités cèdent après un mois d'observation.

    Les témoignages se rapportant à son absence d'alimentation matérielle ou inédie, sont peu fiables et s'expriment en ces termes : « Dieu seul le sait ».

    « Mon Seigneur et mon Dieu Prends-moi à moi Et donne-moi tout entier à Toi
    Mon Seigneur et mon Dieu Prends-moi tout Ce qui me sépare de Toi
    Mon Seigneur et mon Dieu Donne moi tout Ce qui m'attire à toi »

    — Un bref résumé des pensées de Nicolas par le biais d'une prière préservée dans un manuscrit de la fin XVe siècle.

    Sa réputation de sagesse et de piété était telle que les grands de toute l'Europe sont venus chercher ses conseils. Il était alors connu de tous comme « Frère Nicolas. »

    En 1470, le pape Paul II accorde une indulgence au sanctuaire de Ranft et il devient un lieu de pèlerinage, car il était sur le chemin de Compostelle.

    Nicolas intervient au cours de la diète de Stans en 1481 qui résulte des guerres de Bourgogne et où des conflits apparaissent, notamment concernant l'admission de Fribourg et de Soleure dans la Confédération, entrées redoutées par les cantons ruraux.

    Un des témoins du Convenant, Heini am Grund, va chercher auprès de Nicolas de Flue un message dont le contenu exact demeure inconnu mais qui établit les bases d'un compromis juridique qui règle la situation.

    Des lettres de remerciements qui lui furent adressées par Berne et Soleure ont été conservées.

    En dépit de son analphabétisme et de son peu d'expérience du monde, son art de la médiation et son sincère amour de la paix on fait de lui un conciliateur entre cantons ruraux et citadins et un des principaux unificateurs de la Suisse.

    Son culte prend un nouvel essor lors des deux conflits mondiaux qui, au XXe siècle, épargnent la Suisse.

    La ferveur populaire, qui ne se limite pas aux seuls catholiques, trouve un écho lors de la canonisation de l'ermite en 1947, quand bien même la gauche suisse reproche à Nicolas de Flue d'avoir favorisé la classe dominante.

    Canonisation

    Image illustrative de l'article Nicolas de Flue

     

    Peinture représentant Nicolas de Flüe,

    avec l'inscription « Bruder Klaus » (« Frère Nicolas »)

     

    Il a été béatifié en 1669.

     

    Miracle Eucharistique Suisse saint Nicholas de Flüe 1417

     

     

     

    Après sa béatification, la commune de Sachseln construisit une église en son honneur où son corps a été enterré.

    Nicolas de Flue a été canonisé le 15 mai 1947 par le pape Pie XII.

    Il est Saint-patron mondial de la paix depuis cette date.

    Il est également, de même que Saint Martin et Saint Sébastien, le saint-patron de la Garde Suisse Pontificale au Vatican.

    Il est aussi le patron des familles nombreuses, des médiateurs et le protecteur des épouses qui vivent séparées de leur mari.

    Il est fêté le 25 septembre en Suisse et le 21 mars ailleurs.

    Le nouveau Catéchisme de l'Église catholique cite une brève prière personnelle de saint Nicolas de Flue. Cette prière quotidienne de Saint Nicolas de Flue, Mein Herr und Mein Gott, est encore activement utilisée aujourd'hui.

    En sa mémoire, un musée a été fondé dans le village de la commune de Sachseln (OW), où se trouve également l'église de pèlerinage de ce saint.

    Une église à Lausanne est également placée sous son patronat: il s'agit de la paroisse de Saint-Nicolas-de-Flue, à Chailly.

     

    Albergue parroquial San Nicolás de Flue, Ponferrada 

    Albergue parroquial San Nicolás de Flue, Ponferrada

     

    Sur le chemin de St-Jacques-de-Compostelle, à Ponferrada, une auberge de pèlerins est placée sous son patronat.

     

    Source

    Une vocation divine

    Dieu possède sur nous un droit absolu, et il nous conduit à notre destinée par les sentiers qu'il lui plaît.

    Nicolas, époux et père de famille, sentait que Dieu lui avait réservé quelque chose de plus grand que les honneurs de la terre.

    Dès sa plus tendre jeunesse, il avait ressenti un attrait particulier pour la solitude, et à mesure qu'il avança dans la vie, il médita de plus en plus ce genre de vie plus parfait, vers lequel Dieu semblait lui frayer le chemin.

    Un jour qu'il faisait paître son troupeau dans un vallon, il se mit à prier ; son esprit, ravi en extase, eut plusieurs visions.

    Il vit sortir de sa bouche un lis éclatant de beauté et répandant une suave odeur.

    Cette fleur s'éleva jusqu'au ciel.

    Tandis qu'il prenait plaisir au parfum et à la beauté de la fleur, son troupeau vint à lui en bondissant, avec, au milieu, un cheval superbe, qui, s'approchant, lui tira le lis de la bouche.

    Nicolas reconnut par là que son trésor était dans le ciel, mais que les biens et les joies célestes lui seraient enlevés, si son cœur restait attaché aux choses de la terre.

    — Il entendit une autre fois, au milieu d'un pâturage désert, un harmonieux concert de voix, lorsque tout à coup parut un vénérable vieillard, chantant, qui lui demanda l'aumône, puis disparut après l'avoir refusée en remerciant.

    Nicolas étendit ses bras vers Dieu et, soupirant, il s'écria : « Tu ne veux donc pas mon bien, tu me veux moi-même ! »

    Une autre fois, il aperçut un superbe palais avec une fontaine, d'où coulaient le vin, l'huile et le miel.

    Il fut invité à boire, ce qu'il fit avec un indicible plaisir.

    D'autres aussi reçurent la même invitation ; mais comme dans l'Evangile, ils s'excusèrent prétextant leurs affaires ou leur négoce.

    Cette vision le fit réfléchir ; il vit alors venir à lui trois hommes d'un extérieur pareil et vénérable et dont les manières et les discours ne respiraient que la vertu.

    L'un d'eux commença ainsi à l'interroger : «Dis-nous, Nicolas, veux-tu te remettre corps et âme en notre pouvoir ?

    — je ne me donne à personne d'autre, répondit-il, qu'au Dieu tout-puissant, que j'ai longtemps désiré servir de mon âme et de mon corps. »

    A ces mots, les étrangers se tournèrent l'un vers l'autre en souriant, et le premier reprit : « Puisque tu t'es donné tout entier à Dieu et que tu t'es engagé à lui pour jamais, je te promets que, dans la soixante-dixième année de ton âge, tu seras délivré de toutes les peines de ce monde. Reste donc ferme dans ta résolution et tu porteras dans le ciel une bannière victorieuse au milieu de la milice divine, si tu as porté avec patience la croix que nous te laissons. »

    L'homme de Dieu était à se demander comment il pourrait vaincre les difficultés qui s'opposaient à la réalisation de son dessein, lorsque, dans le courant de l'été, il entendit une voix d'en-haut lui dire :

    « Nicolas, tu cherches avec anxiété comment tu pourrais te donner exclusivement au bon Dieu. Par tes seules forces, tu ne le peux pas ; tourne-toi vers Dieu, car rien ne lui est plus agréable qu'une résignation volontaire. Quitte tout ce qui t'est cher, et tu verras que Dieu aura soin de toi. »

    Dès lors, sa résolution est prise ; il quittera le monde pour s'ensevelir dans la solitude.

    Mais il est père de famille ; il aime ses enfants et ceux-ci lui sont très attachés ; il est époux et les liens du mariage sont indissolubles.

    Ce n'est donc pas sans une grande crainte qu'il communique son pieux projet à son épouse.

    Celle-ci verse d'abord d'abondantes larmes et demande quelques jours pour réfléchir à ce qu'elle vient d'apprendre.

    Reconnaissant alors la volonté de Dieu, elle fait, avec l'héroïsme d'une femme vraiment chrétienne et pour l'amour de Jésus-Christ, le sacrifice qu'on demande d'elle ; elle donne son consentement avec une sainte résignation. Pour les grands sacrifices, Dieu donne de grandes grâces.

    Néanmoins la séparation fut cruelle.

    Nicolas régla ses affaires.

    Libre alors de tous ses liens, le 16 octobre 1467, il réunit les siens et leur fit ses adieux.

    Il se présenta devant eux la tête et les pieds nus, revêtu d'une longue robe de pèlerin, le bâton et le chapelet à la main.

    II les exhorta à vivre toujours dans la crainte de Dieu, dans l'amour et la concorde.

    Il leur demanda pardon et leur promit, en retour du grand sacrifice qu'ils acceptaient, les plus abondantes bénédictions célestes et un éternel revoir auprès de Dieu.

    La petite assemblée pleurait.

    Nicolas embrassa son épouse, ses enfants, son vieux père septuagénaire et quitta sa maison dans laquelle il ne devait plus jamais rentrer. « Quiconque, dit le Sauveur, met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas digne du royaume des cieux. »

    A la recherche d'un ermitage

    Où dois-je aller ? Telle est la question que se pose Nicolas, comme autrefois saint joseph partant pour l'Egypte. A qui fait son devoir, Dieu ne fait jamais défaut.

    Nicolas se mit paisiblement en route ; il ne voulait pas rester dans son pays, craignant de devenir un sujet d'étonnement, de scandale même pour ses compatriotes.

    Il prit donc la direction du jura et de l'Alsace, et arriva ainsi aux limites de la Confédération, sur les hauteurs du Hauenstein, d'où il aperçut la ville de Liestal.

    Il s'en détourna, car cette ville lui apparut comme en flammes.

    Dans une localité voisine, il rencontra un paysan auquel il fit part de sa résolution, en le priant de lui indiquer un lieu retiré où il pûtla mettre à exécution.

    Cet homme de bien trouva le projet bon et louable, mais lui conseilla de rentrer dans sa patrie, pour ce motif que des Confédérés n'étaient pas toujours bien accueillis partout ; on pourrait, ajouta-t-il, le voir de mauvais œil à Bâle ou ailleurs, et troubler sa retraite ; il y avait du reste assez de déserts en Suisse, pour y servir Dieu en paix.

    Le frère Nicolas remercia le bon paysan et reprit le même soir le chemin de son pays.

    Il passa la nuit dans un champ, en plein air, et pria Dieu de l'éclairer sur le but de son pèlerinage.

    S'étant endormi, il entrevit une vive clarté partant du Hauenstein et se dirigeant vers les montagnes de l'Unterwald ; il lui semblait qu'une secrète impulsion le ramenait vers sa patrie.

    Cette clarté surnaturelle pénétra tout son intérieur, et le fit souffrir comme s'il avait senti le tranchant d'un glaive dans ses entrailles. Depuis ce jour jusqu'à sa mort, il ne prit plus aucune nourriture.

    Le lendemain, Nicolas se remit en route, guidé par la clarté surnaturelle qui lui était apparue en songe, et se dirigea vers la vallée qu'il avait vue pendant son sommeil et où il avait une propriété, prés de Klysteralp.

    II s'y arrêta et y séjourna quelques jours, priant et méditant les choses divines, ayant pour lit quelques branches de houx, et pour coussin un fragment de rocher.

    Mais voici que des chasseurs découvrirent la demeure de l'ermite.

    Ils en parlèrent à son frère, Pierre de Flue, qui vint le supplier de rentrer dans sa maison, où on lui aménagerait une petite cellule afin qu'il pût suivre l'appel de Dieu.

    Pour n'avoir pas d'air de tenter la Providence, Nicolas fit appeler secrètement un prêtre vénérable, OswaldIsner, curé de Kerns, de qui il prit conseil.

    Lorsque le prêtre vit sa mine de santé conservée malgré ces grandes fatigues et l'abstention de toute nourriture, il comprit que le doigt de Dieu était là et lui conseilla de persister ; dans cette épreuve aussi longtemps qu'il pourrait la supporter sans danger de mort.

    A quelque temps de là, Dieu indiqua à nouveau à l'ermite, par un rayon de lumière surnaturelle, un refuge moins accessible aux hommes, dans une gorge obscure appelée le Ranft.

    Ce fut là que Nicolas se construisit une hutte de branchages qu'il entoura d'épais taillis.

    Mais le lieu de sa nouvelle retraite ne tarda pas à être connu dans la contrée.

    On en parla ; les uns prirent la chose au sérieux ; d'autres parlèrent d'illusion ; quelques-uns émirent des doutes sur les intentions de Nicolas ; en un mot, chacun y alla de sa petite remarque...

    Peu à peu, le doute se changea en admiration pour le saint homme de Dieu.

    Celui-ci ne demeura qu'une année dans sa cabane faite de broussailles.

    Une assemblée générale du canton décida de lui bâtir une habitation avec une chapelle.

    Cet ermitage subsiste encore ; petite et étroite, la chambre ne mesure que six pieds de hauteur ; avec sa haute stature, Nicolas ne pouvait pas s'y tenir debout.

    Trois fenêtres y étaient aménagées : l'une donnant sur l'autel de la chapelle ; la seconde recevant la lumière du jour, et la troisième permettant à l'ermite de s'entretenir avec les visiteurs.

    C'est là, dans cette solitude paisible du Ranft, à un quart d'heure de sa maison, que le solitaire passa les vingt dernières années de sa vie, jeûnant et priant, n'ayant pour lit qu'une planche nue et pour oreiller une pierre du torrent.

    L'endroit qu'il aimait par-dessus tout, c'était la petite chapelle, son paradis sur terre.

    Elle fut consacrée et dotée par l'évêque de Constance.

    Des princes et des rois se plurent ensuite à l'enrichir de fondations, afin d'y  établir une chapellenie pour que le pieux ermite pût entendre la sainte messe chaque jour.

    L'archiduc d'Autriche lui-même, Sigismond, fit un don généreux au sanctuaire.

    En reconnaissance Nicolas lui accorda ses prières, et, la même année, la paix fut conclue entre l'Autriche et la Suisse.

    En l'année 1470, le pape Paul II accorda une indulgence plénière aux visiteurs de la chapelle.

    Le premier chapelain fut Pierre Bachtaler, témoin et admirateur de la sainteté de l'Ermite du Ranft.

    Source

    En savoir plus :

    http://www.therealpresence.org/eucharst/mir/french_pdf/MIRACLE-FR-steensen.pdf