• Saint Judicaël, Roi de Bretagne puis moine (+ 658)

     

     

    Saint Judicaël († 658)

    Roi de Bretagne puis moine

     

    Saint Judicaël, Roi de Bretagne puis moine (+ 658)

     

    Judicaël (né vers 590 - mort le 16 ou 17 décembre 658) est un saint breton. Fils du roi Judhaël de Domnonée et de la reine Pritelle, il est roi de Domnonée au VIIe siècle.

    Biographie

    Image illustrative de l'article Judicaël (saint)

     

    Statue de saint Judicaël
    (Abbatiale Notre-Dame de Paimpont)

     

    Il naquit vers l'an 590. Fils aîné de Judaël ou Judhaël, roi de Domnonée et de la reine Prizel, fille d'Ausoch, comte du Léon.

    Il était l'aîné de quinze frères et de cinq sœurs dont plusieurs font partie de la longue liste des saints bretons comme Josse et saint Guinien (saint Guinian ou saint Vignen).

    À la mort de Judaël vers 605, pourtant fils aîné et héritier, il préfère se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël que Saint Méen venait d'ériger à la suite de l'usurpation de l'un de ses puînés Haëloc poussé par son « gouverneur » (latin nutritius) nommé Rethwal.

    La mort en 615 d'Haëloc, converti par Maclou en 610, lui permet d'occuper le trône.

    Judicaël quitte alors son monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée.

    Pendant vingt ans, il gouverna le royaume avec autorité et sagesse. Après s'être marié à Morone vers 630.

    L'évêque Ouen de Rouen dans sa vita d'Eloi de Noyon et le pseudo Frédégaire dans sa « Chronique » relatent qu'en 635/636 sous le règne de Dagobert Ier, les bretons agressaient les frontières des Francs. Menacé de l'intervention de l'armée de Bourgogne qui venait de vaincre les basques de la Soule, leur roi Judicaël accepte de venir rencontrer le roi dans sa villa de Clichy. Judicaël échange des présents avec Dagobert reconnait sa suzeraineté et conclut la paix mais comme il était « un homme très religieux et avait une grande crainte de Dieu », effrayé par la licence qui règne à la cour royale, il refuse son hospitalité et préfère se rendre à la résidence du « référendaire » Dado le futur Saint Ouen qu'il savait « respectueux de la religion  »

    Vers 642, Judicaël se serait de nouveau retiré au monastère de Gaël, certains disent au monastère de Paimpont qu'il avait fondé. Il laisse le trône à son frère Judoc (ou Josse). Ce dernier ayant embrassé à son tour la vie monastique on ignore qui occupe le trône et son héritage semble avoir été partagé6.

    Judicaël serait mort dans la nuit du dimanche 16 au 17 décembre 647/652.

    Il fut enseveli à côté de son maître saint Méen.

    Postérité

    Ses héritiers naturels : Judoc son frère et Winoc son neveu (ou son fils) s'étant eux aussi définitivement désistés du pouvoir pour se retirer dans des monastères, on ne sait pas qui prit ensuite la tête du royaume de Domnonée.

    Dans un acte du Cartulaire de Redon de 869 une noble dame Roiantdreh, disposant d'un important patrimoine foncier, veuve et après la mort de son fils Ewen, adopte et institue comme héritier le roi Salomon de Bretagne. À la fin de l'acte elle détaille sa lignée paternelle sur huit générations : « Jedechael genuit Urbien, Urbien genuit Judon, Judon genuit Custentin, Custentin genuit Argant, Argant genuit Judwal, Judwal genuit Louenan , Louenan genuit Roiantdreh  ». Certains historiens dont encore récemment Alan J. Raude estiment que du fait de la présence de noms issus de la famille des prince de Domnomée dans cette généalogie (Judon, Judwal, Urbien, Jedechael...), l'ancêtre de Roiantrdreh est le roi Judicaël du début du VIIe siècle. Arthur de la Borderie en doutait déjà en son temps du fait de l'absence de mention du « double titre de roi et de saint » encore présent dans toute les mémoires selon lui au IXe siècle, de Judicaël dans le document.

    Dom Morice interprétant sur une vita du roi Judicaël rédigée au XIe siècle par le moine Ingomar dans laquelle ce dernier précise que « tous les princes qui ont régné en Bretagne depuis Judicaël étaient issus de ce roi » en fait un ancêtre d'un pseudo « Erispoë comte de Rennes et de la race des anciens rois de Bretagne » qu'il désigne comme le père de Nominoë !

    Légende

    Alain Bouchart en 1514 dans ses « Grandes Chroniques », complète la liste des « Rois de Bretagne » dont l'origine remonte à Geoffroi de Monmouth en y incluant dans la descendance de Conan Mériadec un 10e roi à qui il attribue le nom du roi historique de Domnonée ; Judicaël. Ce personnage fictif sera maintenu au XVIIIe siècle par Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois dans ses travaux.

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Judica%C3%ABl

     

    LA VIE DE SAINT JUDICAËL, ou GICQUEL 

    Roy de Bretagne Dononée, Confesseur, le 16 de Decembre. 

    Saint Judicaël, fils aisné de Juhaël, Roy de Bretagne Dononée, & de la Reyne Pritelle, fille aisnée d'Ausoche, prince au Comté de Leon, fut élevé, avec ses autres freres Josse & Winoc, au palais de son Pere ; lequel estant decedé, il fut solemnellement couronné Roy, & receu de ses sujets, qui se promettoient un siecle d'or sous le regne d'un prince si saint et vertueux. Il gouverna son Estat en paix quelques années, jusques à ce que Dagobert, Roy de France, s'avisa de luy faire la guerre, pour les causes rapportées au long par notre Historien. Les deux Roys armerent ; & les François vinrent les premiers fourrager les marches de Bretagne ; mais les Bretons les chargerent & contraignirent à se retirer & laisser leur butin ; puis, coururent tout le Maine qu'ils ravagerent jusques aux portes du Mans. Dagobert renforça ses troupes & envoya son armée sous la conduite de Guy, Comte de Chartres, qui rencontra les Bretons entre le Mans & Laval, lesquels, ayans dressé une embuscade en un creux chemin, attirerent les François au combat, qui furent enveloppez de trois mille hommes, que Budic, Comte de Cornoüaille, fit lever à point de l'embuscade, qui donnans à travers les François, y firent grand eschec, & fut le General Guy pris prisonnier par le seigneur du Pont-Labbé & presenté au Roy. 

    II. Le Roy S. Judicaël, ayant deffendu son Pays & énervé les forces de son ennemy, au lieu de poursuivre sa victoire ayant cét avantage, fit retirer son armée, qu'il mit en garnison és places frontieres, avec deffense expresse de faire aucun acte d'hostilité, si on n'étoit attaqué : ce qui estonna le Roy Dagobert, qui vid bien, par cette action, que ce prince, qu'il avoit attaqué de gayeté de cœur, étoit tout autre qu'il ne s'estoit imaginé, & plus amy de la paix avec ses voisins que desireux de conquerir sur eux ; ce qui luy fit desirer son alliance & amitié ; &, à cét effet, il dépescha vers luy une honorable ambassade, de laquelle estoit chef S. Eloy, Evesque de Noyon, que le saint Roy receut avec le plus d'honneur qu'il fut possible, ayant commandé que, par toutes les villes de son Estat, on luy fit telle reception qu'à sa propre personne ; il luy donna audience en son conseil & l'entretint privément, & eut S. Eloy tel crédit envers sa Majesté, qu'il luy persuada de venir visiter le Roy Dagobert à Clichi la Garane prés Paris, où il luy feroit avoir la communication de plusieurs S.S. Personnages, qui estoient à la cour du Roy de France. 

    III . Le voyage de France conclu, le Roy donna ordre à son départ, & ayant en sa compagnie les princes Josse & Hoël, ses freres, il se mit en chemin & trouva le Roy Dagobert à Clichi, qui le receut affectueusement ; &, dés le lendemain, entrerent en propos de leurs differents, qu'ils terminèrent & confirmèrent en une bonne paix entr'eux & leurs Estats & sujets ; &, au départir, S. Judicaël offrit à Dagobert de grands & riches presens, que Dagobert reciproqua par d'autres presens, pour signe d'une paix inviolable. Durant que S. Judicaël séjourna à la cour de Dagobert, il ne voulut loger au Palais qu'on luy avoit preparé, mais chez Fabias, ou Dadon, maistre du palais & chancelier de France, qui, depuis, fut Archevesque de Roüen, nommé S. Oüen, dont la maison sembloit plûtost un Monastere bien reglé, que le palais d'un courtizan. Là, il conversa avec grande quantité de religieux personnages, qui l'échaufferent tellement en l'Amour de Dieu, qu'estant de retour en Bretagne, il prit resolution de se démettre du gouvernement de son royaume, en la personne du prince Josse, son frere aisné, & se rendre Religieux en quelque Monastere. Il en fit porter parole au prince, qui s'enfuit de la cour & se fit Hermite (comme nous avons dit en sa vie) comme aussi son frere S. Winoc. 

    IV.Cela n'empescha pas que le Roy, navré bien avant du desir de servir Dieu en Religion, ne convoquast les Estats, &, en leur presence, se démit de la dignité royale ; &, s'estant rendu en l'abbaye S. Jean-Baptiste de Gaël, il se jetta aux pieds de l'Abbé & le supplia de le recevoir au nombre de ses Religieux. Toute la Bretagne accourut à cette nouvelle, pour voir ce Prince changer sa pourpre en un vil habit Monachal. Il parut vétu de ses habits royaux, assisté de ses officiers, en presence desquels il fut vétu, tirant les larmes des yeux de tous les assistants. Il fit rebastir tout à neuf l'Abbaye & y donna de grands revenus ; &, ayant vécu en ce lieu en grande sainteté, il mourut saintement & y fut enseveliy, & Dieu a témoigné sa sainteté par plusieurs grands miracles, qui se sont faits à son Sepulchre. Son corps fut transporté à S. Joüin de Marne en Poictou, pour füir la rage des Normands, qui, l'an 878, ravagerent toute la Bretagne, où fut trouvé, avec ceux des saints Joüin Patron du lieu, Martin de Vertou, Lumine, Rufin & Marculphe, & transféré, pour la seconde fois, l'an 1130. De laquelle translation il se fait, tous les ans, une Feste solemnelle, le Dimanche aprés la Nativité de N. Dame en Septembre, qu'ils appellent la Feste des Reliques. 

    Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert Le Grand (1636) - Vè édition de 1901 - Quimper

    Source 

    En savoir plus : 

    http://www.martyretsaint.com/judicael/

    L'apparition de la Vierge

    Vers 630, il voit la Vierge Marie dans la forêt de Brocéliande près de Paimpont où elle aurait fait jaillir une source et demandé la construction d'une église.

     

     

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