• Saint Basile d'Ancyre († 362)

     
     

     

    Saint Basile d'Ancyre († 362)

    prêtre et martyr

     

    Saint Basile d'Ancyre, prêtre et martyr († 362)

     

     

    Basile d'Ancyre (°? - † 364), l'un des saint Basile, est un théologien grec et évêque d'Ancyre.

    C'est un saint chrétien fêté le 22 mars en Occident et le 1er janvier en Orient.

    Histoire et tradition

    Selon l'historien ecclésiastique Sozomène, il mourut martyr sous Julien, 

    « coupable d'avoir tout haut prié Dieu de préserver les chrétiens de l'apostasie. Déféré pour ce fait au gouverneur de la province, et ayant, pendant le procès souffert de nombreux tourments, il consomma intrépidement son martyre ».

    En réalité, Basile d'Ancyre était encore vivant sous Jovien, le successeur de Julien (lequel est d'ailleurs mort en 363).

    Source

    Basile était prêtre de l'église d'Ancyre, métropole de la Galatie, dans le temps qu'elle avait pour évèque Marcel, qui fut exilé par Constance en 336, à cause de son attachement à la foi de Nicée.

    Il menait une vie sainte et irréprochable, se montrant digne disciple des grands hommes qui l'avaient formé à la pratique des vertus chrétiennes.

    Son assiduité à prêcher la parole de Dieu, produisait de merveilleux fruits parmi les fidèles d'Ancyre.

    Un arien qui portait son nom, ayant voulu dogmatiser dans cette ville , il fit entendre sa voix avec le zèle et l'intrépidité d'un prophète : il ne cessait de crier au peuple d'éviter les piéges qu'on lui tendait, et de rester inviolablementattaché à la doctrine catholique.

    Les ariens, qui le regardaient comme le plus dangereux ennemi de leur secte, lui défendirent, en 360 , de tenir des assemblées ; mais il n'eut aucun égard à cette injuste défense, et continua toujours de combattre l'erreur, même en présence de l'Empereur Constance.

    Pendant que Julien l'Apostat travaillait à rétablir l'idolâtrie sur les ruines du christianisme, Basile courait par toute la ville, afin d'exhorter les fidèles à combattre courageusement pour la cause de Dieu, et à ne point se souiller par les cérémonies abominables des païens.

    Ceux-ci outrés de sa sainte hardiesse, se jetèrent sur lui, et le conduisirent devant le proconsul Saturnin.

    Ils l'accusèrent d'avoir renversé les autels, d'avoir détourné le peuple du culte des dieux, et d'avoir tenu des discours indécens contre l'Empereur et sa religion.

    Alors Saturnin lui demanda s'il ne regardait pas comme véritable la religion établie par le prince : « La croyez-vous telle vous-même , répon» dit le Saint ? Car enfin un homme raisonnable peut-il » se persuader que des statues muettes soient des dieux ? »

    Le proconsul, irrité de cette réponse, le fit étendre sur le chevalet, et lui dit, tandis qu'on le tourmentait : « Connaissez-vous a présent jusqu'où va le pouvoir de l'Empereur, par le châtiment qu'il fait subir à ceux qui lui « désobéissent ? L'expérience vous l'apprendra. Obéissez » au prince, sacrifiez aux dieux. »

    Le martyr ayant persisté à dire qu'il ne sacrifierait jamais, le proconsul l'envoya en prison, et informa l'Empereur de tout ce qui s'était passé.

    Julien approuva la conduite que Saturnin avait tenue : il fit partir en même temps Elpidius et Pégase, pour qu'ils examinassent l'affaire sur les lieux.

    Ces deux commissaires étaient des apostats.

    En passant à Nicomédie, ils prirent avec eux Asclépius, prêtre d'Esculape, qui d'ailleurs était un fort méchant homme. Ils arrivèrent tous trois à Ancyre.

    Cependant Basile ne cessait de glorifier Dieu dans sa prison.

    Pégase alla l'y trouver, dans l'espérance de le gagner à force de promesses ; mais il revint bientôt chez le proconsul, avec la confusion de s'être entendu reprocher généreusement son apostasie.

    Les commissaires ayant demandé qu'on fît comparaître le Saint devant eux, Saturnin l'envoya chercher.

    Lorsqu'il fut arrivé, on l'étendit de nouveau sur le chevalet, en on l'y tourmenta avec encore plus de cruauté que la première fois ; il fut ensuite chargé de chaînes pesantes , et reconduit en prison.

    Sur ces entrefaites, Julien partit de Constantinople pour aller à Antioche, dans le dessein de se préparer à la guerre de Perse.

    Etant à Chalcédoine, il prit la route de Pessinonte, ville de Galatie, afin de sacrifier à Cybèle, qui y avait un temple fameux : il y fit décapiter un chrétien qui n'avait pas voulu renoncer à sa religion.

    Lorsqu'il fut arrivé à Ancyre, on lui présenta Basile.

    A peine le vit-il en sa présence, qu'il lui dit, en affectant l'air d'un homme ému de compassion : « Basile, j'ai quelque » connaissance de vos mystères ; je puis vous assurer » que celui en qui vous mettez votre confiance est mort » sous le gouverneur Pilate, et qu'on ne le compte plus » parmi les vivants.

    Je ne suis point dans l'erreur, répondit Basile : c'est vous, Seigneur, qui y êtes , vous qui avez renoncé Jésus-Christ, dans le temps même qu'il » vous donnait l'empire mais je vous déclare qu'il vous » l'ôtera dans peu avec la vie. Il renversera votre trône, » comme vous avez renversé ses autels, et parce que vous » avez violé cette loi sainte que vous avez tant de fois « annoncée au peuple, et que vous l'avez foulée aux » pieds, votre corps sera aussi foulé aux pieds, et restera sans sépulture.

    Je voulais te sauver, reprit Julien ; » mais puisque tu rejettes mes conseils , et que tu oses » même m'outrager , je te traiterai comme tu le mérites : » ainsi j'ordonne qu'on lève chaque jour sept morceaux » de ta peau, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus. »

    Il commit en même temps à cette exécution le comte Frumentin, capitaine de ses gardes.

    Basile , après avoir souffert les premières incisions avec une patience admirable, demanda à parler à l'Empereur.

    Frumentin, croyant qu'il voulait enfin se rendre et sacrifier, alla lui-même informer Julien de la demande du Saint.

    L'Empereur le fit venir dans le temple d'Esculape, où il le pressa de sacrifier avec les autres : mais Basile répondit qu'il n'adorerait jamais des idoles sourdes et aveugles.

    Il prend en même temps un des morceaux de chair qu'on lui avait coupés ce jour-là , et le jette au visage de Julien.

    Le prince entra dans une fureur extraordinaire.

    Pour Frumentin , comme il craignait qu'on ne le rendît responsable de ce qui venait d'arriver, il résolut de venger d'une manière éclatante l'outrage fait à son maître.

    Etant donc monté sur son tribunal, il ordonna de redoubler les tourments du martyr.

    On lui fit des incisions si profondes, qu'on lui voyait les entrailles.

    Les spectateurs, touchés de compassion, ne purent retenir leurs larmes.

    Basile priait pendant tout ce temps-là , et ne poussait pas un soupir. On le renvoya en prison lorsque le soir fut venu.

    Le lendemain, Julien partit pour Antioche, sans vouloir voir Frumentin.

    Le comte, qui craignait pour sa fortune , résolut de faire les derniers efforts pour vaincre le martyr, ou du moins pour assouvir sa fureur ; mais il lui fut impossible d'ébranler la constance du Saint.

    « Vous » savez, lui dit Basile, combien de morceaux de chair » on a levés de dessus mon corps : regardez mes épaules » et mes côtés, et dites-moi s'il y paraît. Sachez que Jésus-Christ m'a guéri cette nuit. Vous pouvez le mander à Julien votre maître, afin qu'il apprenne quel est le » pouvoir du Dieu qu'il a renoncé. Il a renversé les autels sous lesquels il trouva la vie, lorsque Constance le » cherchait pour le mettre à mort : mais Dieu m'a découvert que la tyrannie sera bientôt éteinte avec son » auteur. »

    Frumentin, ne se contenant plus de rage, le fit coucher sur le ventre, afin qu'on lui enfonçât dans le dos des pointes de fer toutes rouges.

    Le Saint expira dans cet horrible supplice, le 29 Juin 362.

    Les Grecs et les Latins l'honorent le 22 Mars.

    La charité qui triomphait dans le cœur des martyrs , leur faisait regarder comme rien tout ce qu'ils souffraient pour le nom de Jésus-Christ.

    Ils pensaient fréquemment à ces paroles du Cantique des Cantiques : Quand un homme aurait donné pour Dieu toutes les richesses qu'il possède, il les mépriserait comme s'il n'avait rien donné. Si Dieu exige de l'homme qui l'aime, le sacrifice de ses biens, de ses amis, de ses proches, de sa vie même, celui-ci le fait avec joie, en s'écriant avec le Prophète-Roi : Que désiré-je dans le ciel et sur la terresinon vous, 6 mon Dieu ! vous êtes mon partage pour l'eternité. S'il est sans consolation, si son ame désolée languit dans la sécheresse, il se réjouit de porter sa croix, dès là que son ame est unie intimement à Dieu. O mon Dieu et mon tout, dit-il alors , je possède tout en vous possédant ! Ayant votre amour, je ne puis manquer d'être riche et souverainement heureux.

    Ce langage, il le tient dans toutes ses épreuves.

    Il va plus loin :il aime ses épreuves, parce qu'elles lui fournissent l'occasion de s'attacher plus fortement à Dieu, et de lui donner des preuves non équivoques de sa fidélité et de sa soumission.

    Si la divine charité produit de tels effets dans les ames où elle règne, que penser de tant de chrétiens qui ne veulent rien souffrir, que le nom seul de croix effraie, qui fuient toute contrainte, et que le moindre assujettissement aux règles déconcerte ? Encore une fois , de pareils chrétiens peuvent-ils se flatter d'aimer Dieu ? Que serait-ce donc si, comme les martyrs, ils se trouvaient dans le cas de sceller de leur sang la foi qu'ils professent ?

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