• Jeanne de la Croix

     
     

    Jeanne de la Croix

     

     

    Elle est née le 3 mai 1481 près de Tolède.

     

    La bienheureuse Jeanne de la croix est un présent de la Sacrée Vierge au même ordre de saint François.

    Elle l'avait demandée à son Fils pour réparer le monastère de la Croix, proche de la ville de Cabas en Espagne.

    Cette heureuse créature était née sujette de la Mère de Dieu, l'an 1481 dans la maison d'Hazana, dépendante de Notre-Dame de Tolède.

    Elle commença comme saint Nicolas à jeûner dès le berceau, et même avec tant de rigueur, qu'elle fut une fois trois jours entiers, sans prendre le lait de sa nourrice.

    Sa mère la jugeant en péril de mort la voua à Notre-Dame de la Croix, et aussitôt elle donna des signes de vie.

    A 4 ans, elle fut honorée de ces grâces extraordinaires, qui ne font pas à la vérité les saints, mais qui les manifestent.

    Elle vit la Mère de Dieu, et elle reçut des instructions de sa part, qui ne s'effacèrent jamais de son esprit.

    Elle vit plusieurs fois des séraphins qui puisaient de l'eau dans une fontaine proche de l'image de la Sainte Vierge, mais elle ignorait où ils la répandaient.

    Il est vrai qu'elle apprit longtemps après, que son âme avait été arrosée de cette eau salutaire, et qu'elle présentait les grâces dont notre Seigneur l'avait prévenue avec tant de bonté.

    Elle eut alors un grand désir d'embrasser la vie religieuse, et elle ne cessait de prier la Mère de Dieu de lui en obtenir la faveur.

    On croit que ce fut par son ordre, qu'à l'âge de quatorze ans, elle se déguisa pour fuir de la maison de son père.

    Cette entreprise était hardie et la sainte fille en était elle-même si effrayée, qu'elle s'évanouit sur le chemin.

    Mais il parut bien que le conseil venait d'en-haut, son bon ange se trouva auprès d'elle qui la soutint.

    Un gentilhomme à qui elle était promise en mariage et qui la suivit au premier avis de sa fuite, fut aveuglé, et passa devant elle sans la connaître, de sorte qu'elle arriva au monastère sans accident.

    On voit encore sur la grande porte l'image de Notre-Dame, devant laquelle elle se prosterna en y entrant, et de laquelle elle apprit tout ce qui lui devait arriver : qu'elle rétablirait le couvent, qu'elle en serait Supérieure, et qu'elle aurait toujours la Sainte Mère de Dieu pour sa protectrice dans tous ses besoins.

    L'effet a justifié magnifiquement ces promesses, elle la fortifia pour résister à ses parents et à son amant, qui n'épargnèrent ni les caresses, ni les menaces pour la tirer de sa retraite, mais elle demeura victorieuse et surmonta toutes les difficultés que l'Enfer lui fit naître dans le cours de sa sainte vie, comme on peut le voir dans son histoire.

    Source : Livre "Les Grandeurs de la Mère de Dieu ou triple couronne de la Sainte Vierge" par François Poiré

    L'apparition de la Sainte Vierge et de l'Enfant Jésus

    La bienheureuse Jeanne de la croix, religieuse franciscaine, avait toujours présent à l'esprit le saint enfant Jésus, et quel que fut son office, elle se figurait qu'elle le servait et l'assistait.

    Or, en tournant un jour la roue au parloir en qualité de portière, elle y trouve à l'improviste son bien aimé.

    Aussitôt elle veut le prendre dans ses bras, mais la sainte Vierge lui apparaissant ne le lui permit pas.

    Ce fut là pour Jeanne une privation bien sensible : mais la Mère des miséricordes lui dit pour la consoler : Jeanne, allez au jardin et là vous nous retrouverez.

    Jeanne y courut, et les ayant effectivement retrouvés, elle fut ravie hors d'elle-même de cette douce vision, sans plus s'apercevoir que la clochette de la porte la rappelait à son poste.

    Marie la réveilla : Va, lui dit-elle, ma fille, accomplir le devoir de l'obéissance ; car on t'a appelée.

    Jeanne obéit, et ayant rempli son office, elle revint là où elle avait laissé son cœur, et y revit comme auparavant Jésus et Marie.

    L'humble religieuse ne put s'empêcher de leur dire combien elle était confuse qu'ils l'eussent attendue tout ce temps.

    Mais la divine Mère lui répondit qu'elle ne devait pas en être surprise, puisqu'elle les avait laissés par le seul motif de l'obéissance ; car c'est là, ajouta-t-elle, ma vertu favorite et celle de mon fils.

    Source : Livre "Le mois de janvier consacré à l'Enfant Jésus" par Hallès

     

     

     

     

     

     

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