Saint Jean-Baptiste de La Salle († 1719)
Fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes

Saint Jean-Baptiste de La Salle, né le 30 avril 1651 à Reims et mort le 7 avril 1719 au manoir de Saint-Yon, dans les faubourgs de Rouen, est un ecclésiastique français et un innovateur dans le domaine de la pédagogie, qui a consacré sa vie à éduquer les enfants pauvres.
Il est le fondateur de l'institut des Frères des écoles chrétiennes.
Canonisé en l'an 1900, il est fêté le 7 avril.

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Jean-Baptiste de La Salle gravé par L. Chapon, d'après Charles Müller, 1887
Par peintre. Muller-graveur Chapon — Vie du bienheureux JB de La Salle, éd. Poussielgue, Paris, 1888., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63895907
Hôtel de La Salle à Reims
Par Gérald Garitan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11663507
Né dans une famille noble de juristes, aîné de onze enfants (3 filles et 8 garçons), il est le fils de Louis de La Salle, conseiller au Présidial de Reims, et de Nicole de Moët de Brouillet en l'Hôtel de La Salle à Reims, encore visible, actuellement 6 rue du Dr Jacquin.
Son père le destine à une carrière juridique, mais Jean se sent la vocation religieuse.Tonsuré à 11 ans, il se destine à la prêtrise.
Formé à la Sorbonne et au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, dont la spiritualité le marque profondément, il devient dès le 7 janvier 1667 chanoine à Reims, étudie la théologie à Paris à partir de 1670 et est ordonné prêtre le 9 avril 1678.
Enfin, en 1680, il est reçu docteur en théologie.
Dans sa ville natale, on lui confie la fondation d'écoles paroissiales pour enfants pauvres.
Dès 1679, il fonde pour les pauvres une école gratuite et en 1681 il loge chez lui certains instituteurs pauvres.
En 1683 il résigne son canonicat et fonde le 25 mai 1684 la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes.
Par la suite, il ouvre des écoles professionnelles, des écoles du dimanche, des maisons d'éducation pour les enfants des rues.
L'Église s'oppose à la fondation des frères des Écoles chrétiennes mais Jean-Baptiste de la Salle insiste et va jusqu'au bout de son projet.
Il s'aperçoit alors que ce qui manque le plus aux enfants ce sont des maîtres de valeur.
Il recrute donc de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisserait cependant leur caractère laïc.
À leur intention, il rédige une sorte de règle dans cet esprit.
Ainsi se forme le noyau du futur Institut des Frères des Écoles chrétiennes, voué à l'instruction et à l'éducation des enfants des milieux populaires.
Pour la formation à la fois spirituelle et pédagogique des frères, il crée en 1692 à Vaugirard le premier noviciat et en 1698 achève de mettre au point les règles de la Congrégation.
En 1685, il fonde à Reims un séminaire qui constitue une véritable école normale d'instituteurs, innovation qui n'a pas alors d'équivalent, en dehors de la formation assurée à leurs religieux par les Jésuites pour l'enseignement des milieux plus aisés.
En 1688, il ouvre les premières écoles à Paris, la première au 12 rue Princesse dans le VI arrondissement, où il vient s'installer.
En 1694, il est élu supérieur de la nouvelle congrégation et la dote d'une règle plus élaborée.
Il poursuit son œuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d'ouvrages à l'intention des maîtres.
Appelé à Rouen en 1705 par Mgr Colbert, archevêque de cette ville, il ouvre un pensionnat à Saint-Yon et y fait venir, en 1714, le noviciat de Paris.
En octobre 1713, il passe par Grenoble et y séjournera jusqu'au 10 août 1714 avant de repartir vers Paris.
Au cours de ce séjour dans l'une de ses écoles fondée dans le quartier Saint-Laurent en 1707, il part incognito visiter le Monastère de la Grande-Chartreuse non loin de là, afin de s'y ressourcer et apprend de retour à Grenoble que certaines de ses écoles du Nord de la France sont sur le point de faire scission.
Atteint de rhumatismes à cette période de sa vie, il demande alors au directeur de l'établissement de la rue Saint-Laurent dans lequel il loge, de se rendre à sa place dans ces établissements afin de résoudre le problème.
En contrepartie, Jean-Baptiste de La Salle assurera les cours aux écoliers grenoblois durant toute l'absence de leur directeur.
Vers la fin de sa vie, il se démet de ses fonctions.
Il meurt dans la maison-mère qu'il a fixée à Rouen. Après sa mort, son institut continue à se développer rapidement en France et dans le monde entier, servant volontiers de référence aux congrégations enseignantes.
Deux innovations : la leçon n'est pas donnée individuellement mais dans une classe et l'on apprend à lire en français et non en latin. Ces nouveautés ont bouleversé la pédagogie en France.
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L'ancienne école normale d'instituteurs et la chapelle du manoir Saint-Yon à Rouen
Par Arnaud Serander — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5021350
Il est inhumé dans une chapelle de l'église Saint-Sever.
En 1734 son corps est ramené à Saint-Yon dans la chapelle de son pensionnat, puis en 1835 dans celle de l'École normale de Rouen.
Ses restes sont ensuite placés, en 1888, à l'occasion de sa béatification, dans la chapelle du Pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle, toujours à Rouen.
Cependant, à la suite des persécutions anti-cléricales du début du XXe siècle, les restes sont déplacés en Belgique puis à Rome, ou ils sont toujours conservés par la Maison-Mère de l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes.


Basilique Notre-Dame de Liesse, reliques de Jean-Baptiste de la Salle

Basilique Notre-Dame de Liesse, reliques de Jean-Baptiste de la Salle

Basilique Notre-Dame de Liesse, reliques de Jean-Baptiste de la Salle

Son procès de béatification commença en 1835 et, le 8 mai 1840, il fut déclaré vénérable.
Il a été proclamé bienheureux le 19 février 1888 et canonisé le 24 mai 1900 par Léon XIII.
Sa fête est fixée au 7 avril.
En 1937 ses reliques ont été translatées à Rome.
Le 15 mai 1950, le pape Pie XII fit de lui le « patron de tous les éducateurs ».
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Médaille éditée pour le 3e centenaire de sa naissance en 1951. Signée Louis-Aimé Lejeune, bronze 69 mm
Par Defranoux — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24760454
Le mérite de Jean-Baptiste de La Salle est d'avoir rassemblé en une construction vaste et bien assise les essais épars et éphémères de pédagogues chrétiens qui l'ont précédé, parmi lesquels :
La vie de Jean-Baptiste de La Salle a débordé l'organisme de son Institut.
Elle a rayonné au dehors et suscité la fondation d'œuvres similaires à la sienne.
Son esprit a inspiré les règlements de douze Congrégations enseignantes de Frères français entre 1816 et 1842.
En 1904, ces congrégations totalisaient 20 311 religieux, 1 682 établissements et 201 332 élèves.
En France, les Sœurs des Écoles chrétiennes de la Miséricorde, fondée par sainte Marie-Madeleine Postel (1756-1846), dans l'ancienne abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche), ont adopté les règles et les constitutions de saint Jean-Baptiste de La Salle.
A l'étranger également, voient le jour des congrégations d'hommes et de femmes qui font référence à Jean-Baptiste de La Salle, comme par exemple les Christian Brothers en Irlande.
Cet institut fondé en 1808 par le père Ignatius Rice possède les mêmes règles que les Frères des Écoles chrétiennes, le même blason ; seul le costume est différent.
Saint patron de tous les éducateurs, depuis 1950.
Statue de saint Jean-Baptiste de la Salle à Saint-Pierre de Douai
Par Serge Ottaviani — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16093526
Attention : Plusieurs lieux ou écoles nommés de La Salle au Canada font en fait référence à Robert-René Cavelier de La Salle, explorateur né à Rouen en 1643. Chaque référence ci-dessous mériterait donc d'être validée en conséquence.
Il existe une rue de La Salle dans le quartier Saint-Roch à Québec (province de Québec, Canada), et un pavillon du Gouvernement du Québec porte son nom, à l'intersection des rues Cook et Pierre-Olivier-Chauveau, dans le Vieux-Québec.
Le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dont le tissu social offre une certaine analogie avec celui desservi par Jean-Baptiste de La Salle et ses confrères au XVIIe siècle, est assez marqué par lui. En effet, il existe une Avenue de La Salle dans ce quartier de Montréal (province de Québec). Son nom remplace celui d'Avenue Charles-Henri. Il y existe également une église Saint-Jean-Baptiste-De-La-Salle, et une école, attenante, sur le boulevard Pie-IX.
À Trois-Rivières, au Québec, les Frères des écoles chrétiennes établissent, en 1907, l'Académie de La Salle et encore aujourd'hui, une école secondaire de cette ville porte ce nom et surnommée « DLS ». De même qu'à Ottawa, Ontario, un établissement pour garçons a porté le nom d'Académie de La Salle à partir de 1899 jusqu'à 1970 pour ensuite déménager et devenir l'école secondaire publique de La Salle pour garçons et filles. En 1983, cette école devient un Centre de douance ainsi qu'un Centre d'excellence artistique.
Il existait également le couvent Mont-de-La Salle à Laval au Québec qui a été nommé en son honneur en 1914, mais aujourd'hui devenue l'école secondaire Mont-de-La Salle. L'arrondissement LaSalle à Montréal (ni le Collège LaSalle qui tire son nom de cet arrondissement) n'est pas nommé ainsi du fait de Jean-Baptiste de La Salle, mais plutôt de René Robert Cavelier de La Salle, bien que la mention d'une propriété de sa famille dans la région de Rouen (Haute-Normandie, France), laisse penser à un lien, si ce n'est familial, à tout le moins d'affaires (vente de propriété).
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_La_Salle

Le pape Pie XII le proclame en 1950 « patron spécial des éducateurs » et fait ainsi de lui le Saint patron de tous les enseignants.
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