Saint Fulbert
Évêque de Chartres († 1028)

Fulbert de Chartres, né vers 970 et décédé le 10 avril 1028, était un écolâtre renommé.
Auteur de poèmes liturgiques et épistolier il fut nommé évêque de Chartres en 1006.
Il n'est pas considéré comme saint par l'Église catholique, mais il a fait l'objet d'un culte, tardif, dans certains diocèses français où il est liturgiquement commémoré le 10 avril.

Fulbert dans sa cathédrale
(Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94)
Il indique lui-même dans ses poèmes qu'il était issu d'un milieu très modeste.
Quant à son origine géographique, elle reste très débattue : certains ont pensé qu'il était natif de Rome ou au moins de l'Italie ; d'autres qu'il venait du Poitou ; d'autres encore qu'il était originaire du comté de Roucy en Picardie.
Autrefois considéré (à tort) comme un élève de Gerbert d'Aurillac, on trouve sa trace à Chartres comme chanoine et écolâtre à partir de 1004.
Son enseignement y gagne une grande notoriété et préfigure les futures écoles de la ville, bien que Fulbert ne puisse être directement lié à la renaissance du XIIe siècle.
On n'y apprend pas seulement la théologie, mais encore la géométrie, la médecine, la philosophie.
Nombreux et fidèles seront ses disciples. Parmi ceux-ci, on connaît notamment : Bernard, écolâtre d'Angers, Bérenger de Tours, Adelman de Liège, Hildegaire, Sigon.
Fulbert est aussi réputé comme conseiller des rois et des princes, notamment par sa proximité avec le roi Robert le Pieux ou avec le duc Guillaume V d'Aquitaine.
Le roi de France Robert le Pieux le fait nommer évêque de Chartres en 1006.
Il est sacré fin octobre ou début novembre par Liéry, archevêque de Sens.
Il sera un évêque consciencieux et intègre, soucieux de l'indépendance de l'Église, mais aussi de paix et de concorde dans le respect des personnes.
C'est ainsi qu'il cherche à réconcilier le comte Eudes II de Blois avec le roi de France.
Il utilise le droit féodal qui est très respecté dans le nord du royaume tandis que les territoires du sud le pratiquent moins et l'oublient.
À ce titre, le duc Guillaume V d'Aquitaine le consulte par une lettre pour lui demander quelles sont les obligations qu'a le vassal envers son seigneur, son vassal Hugues IV de Lusignan ne souhaitant pas lui obéir.
Fulbert de Chartes lui répond dans une célèbre lettre que la fidélité se résume en six mots :
« salut, sécurité, honneur, intérêt, facilité et liberté d'action. » et que « De son côté, le seigneur doit dans tout cela agir de même à l'égard de son fidèle. ».
Le 8 septembre 1020, la cathédrale de Chartres disparaît dans les flammes. Fulbert se démène pour financer la construction d'une nouvelle basilique.
La crypte en subsiste encore. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu'il contribue à développer.
On conserve de Fulbert de Chartres cent treize lettres (cent trente-huit lettres pour l'ensemble de la Correspondance), neuf sermons, plus trois textes de polémique contre les Juifs (comptés autrefois comme un seul Traité contre les Juifs) et une trentaine de poèmes et textes liturgiques.
Les deux premières éditions imprimées des œuvres de Fulbert ont été données par Jean Papire Masson (Paris, 1585) et Charles Devilliers (Paris, 1608).
Les lettres de Fulbert sont en grande partie adressées à d'autres évêques de son époque (notamment treize lettres adressées à l'archevêque de Sens Liéry, métropolitain de la province dont dépendait Chartres ; une adressée au pape Jean XIX ; une adressée à Bonipert, premier évêque de Pécs en Hongrie).
Il écrit aussi à des abbés de monastère, notamment Odilon de Cluny (quatre lettres).
Parmi ses destinataires laïcs, on relève notamment le roi Robert le Pieux (quinze lettres), le duc Guillaume V d'Aquitaine (cinq lettres), mais aussi une lettre au duc Richard II de Normandie et une autre au roi Knut (roi de Danemark et d'Angleterre).
Il y a aussi sa correspondance avec Hildegaire, son disciple le plus proche (à qui il adresse sept lettres, et douze lettres d'Hildegaire, dont six à Fulbert, sont rangées dans le même corpus de lettres).
Il faut distinguer la renommée de Fulbert, parfois qualifié de saint homme à partir du 12e siècle, de son culte liturgique, extrêmement tardif. Fulbert n'a jamais fait l'objet d'un procès de canonisation par l'Église catholique romaine.
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Chapelle du lycée public de Chartres « Fulbert »
Par Le Passant — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=120407193
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fulbert_de_Chartres
En savoir plus :
http://homepage.mac.com/thm72/orthodoxievco/ecrits/vies/synaxair/avril/fulbert.pdf
http://nouvl.evangelisation.free.fr/fulbert_de_chartres.htm
http://www.belissor.net/spip.php?article123
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