Saint Daniel, prophète

Daniel (hébreu : דָּנִיֵּאל, qui signifie « Jugement divin » ou « Dieu est mon juge ») est un personnage du livre de Daniel, qui fait partie de la Bible.
Il est l'un des grands prophètes de l'Ancien Testament et de la Bible hébraïque et de l'ancien testament.

Daniel dans la fosse aux lions,
peint par Briton Rivière en 1890
Adolescent, Daniel est déporté à Babylone avec ses compagnons Ananias, Azarias et Misaël. Par leur sagesse, ils gagnent la confiance du roi de Babylone Nabuchodonosor. Daniel devient fonctionnaire de cour et interprète les songes du roi. Sa réputation lui permet de continuer son activité après la prise de Babylone par les Mèdes et les Perses en 539 avant l'ère chrétienne.
Le roi mède Darius apprécie ses conseils perspicaces mais des ennemis le font tomber en disgrâce et le monarque est contraint de le jeter en pâture aux lions. Fidèle à sa foi, il écarte miraculeusement le supplice et se voit gracié.
Ses interprétations sont dignes de remarque : l'explication des songes de Nabuchodonosor, la démonstration de l'innocence de la veuve Suzanne, la vision du Messie, la théorie sur la succession des empires.
Il achève son service de prophète à Babylone car il est sans doute âgé de près de 94 ans quand l'édit de Cyrus, en 538 avant l'ère chrétienne, permet le retour d'exil.
L'archange Gabriel lui apparaît à deux reprises : la première fois pour lui expliquer sa vision du bélier et du bouc, et la seconde pour lui énoncer la prophétie des 70 semaines.
Une autre action fameuse lui est attribuée : il sauve l'honneur de Suzanne, accusée injustement d'adultère par deux vieillards libidineux qui n'ont pas réussi à la séduire. Ce passage est relaté dans le chapitre 13 du Livre de Daniel, considéré comme deutérocanonique.
Daniel est le plus souvent représenté comme un homme adulte ou mûr.
Le prophète Daniel implorant Dieu, d'après la chaire de l'église Sainte-Croix de Croix-de-Vie (1896), en Vendée
Par Nicolas Payen — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=81329678
L'École Biblique de Jérusalem, dans le rubrique consacrée à Daniel dans son dictionnaire Jésus a attiré l'attention : Daniel écrit en 9, 2 qu'il a porté son attention sur le "nombre d'années dont Yahvé avait parlé au prophète Jérémie qui devaient s'écouler après les ruines de Jérusalem, 70 ans. " Puis il explique un peu plus loin qu'il a longuement prié à ce sujet , et que l'ange Gabriel lui a alors révélé:" (...) Il a été fixé soixante-dix semaines pour ton peuple et sur ta ville sainte, pour mettre un terme à la transgression, pour apposer les scellées aux péchés, pour expier l'iniquité, pour introduire l'éternelle justice, pour sceller vision et prophétie et pour oindre le Saint parmi les saints. (...) Le Messie sera mis à mort, il consolidera l'Alliance avec la multitude (...) et fera cesser le sacrifice et l'oblation." Daniel 9, 24-27.
Selon l'École Biblique, Daniel reconsidère la prophétie de Jérémie portant sur le retour à Jérusalem après la déportation à Babylone et la reconstruction de Jérusalem et de son Temple. Certes elle a été confirmée, mais non les prophéties de Jérémie portant sur la Nouvelle Alliance. D'où selon l'École Biblique, la prophétie de Daniel citée.
Toujours selon les auteurs de l'École Biblique, les références à la prophétie de Daniel s'enchaîneraient dans les Evangiles: Annonce d'un baptême pour la rémission des péchés par Jean-Baptiste (Marc 1, 4). Annonce par Jésus que les temps sont accomplis (Marc 1, 5). Annonce (Luc 4, 18) par Jésus dans la synagogue de Nazareth de la réalisation de l'année de grâce de la part du Seigneur (Luc 4, 18). Annonce par l'ange Gabriel - comme pour Daniel- que Jésus sera le Saint (Luc 1, 35). Conclusion de la Nouvelle Alliance, annonce de la passion, achèvement du culte rendu selon la Loi de Moïse. Insistance de Luc dans son prologue sur "les jours qui s'accomplissent." (Luc 1, 20, 23, 57 et 2, 6, 21-22.) .Toujours selon cette analyse, Jésus évoquerait Daniel quand il annonce la désolation du saint lieu (Matthieu 24, 15).
L'École met en parallèle avec les 490 années, les 490 jours écoulés entre l'annonce à Zacharie et la Purification : De l'annonce à Zacharie à l'Annonciation 6 mois et donc 180 jours; de l'annonciation à la Nativité, 9 mois, soit 270 jours; enfin de la Nativité à la Purification, 40 jours; soit au total 180+270=40= 490.

Tombeau présumé de Daniel près de Samarcande, en Ouzbékistan.
La légende veut que son corps continue de croître malgré sa mort, d'où un cercueil grand de plusieurs mètres.
Par Paul Munhoven — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16102307
Vers 1400, l'empereur turco-mongol Tamerlan ramène de Perse à Samarcande une relique supposée (un bras, ou le corps entier, selon les versions) de Daniel, appelé Doniyor en ouzbek. On trouve donc, à Samarcande, près d'un pistachier reverdi et d'une source réputée miraculeuse, le tombeau de Daniel, ou mausolée de Khodja Daniyar. Il consiste en un bâtiment long et bas coiffé de cinq coupoles, qui renferme un sarcophage de 18 m de long.
Un autre sanctuaire, à Suse en Iran (Khouzistan), est considéré par les musulmans chiites comme son lieu de repos sacré. Il est visité par les pèlerins des diverses religions abrahamiques.
En juillet 2014, les hommes de l'Etat islamique (Daesh) détruisent un tombeau attribué à Daniel près de Mossoul en Irak ainsi que celui du prophète Jonas.
L'Église orthodoxe le fête le 17 décembre avec Ananias, Azarias et Misaël, les trois jeunes gens qui louaient Dieu dans la fournaise de Babylone (le 11 décembre, elle ne fête pas le prophète mais Saint Daniel le Stylite).
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_(proph%C3%A8te)
Le livre de Daniel

Daniel refuse de manger à la table du roi
Le livre de Daniel, écrit en hébreu et en araméen, fait partie de la Bible hébraïque (Tanakh) (plus précisément des Ketouvim) et de la Bible chrétienne (plus précisément des Prophètes de l'Ancien Testament). Le texte de la Bible chrétienne contient une partie supplémentaire appelée partie deutérocanonique, et écrite en grec.
Le livre décrit des événements se déroulant de la captivité du peuple juif à Babylone sous Nabuchodonosor II, le roi de Babylone entre 605 et 562 av. J.-C., jusqu'à l'époque séleucide sous Antiochos IV, entre 175 et 163 av. J.-C.
Les six premiers chapitres racontent l'histoire de Daniel et sont mis en scène au cours des épisodes de Babylone et de la Perse.
Les chapitres 7 à 12 présentent des visions allégoriques d'évènements historiques entre le VIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C..
Les chapitres 13 et 14 ont été écrits en grec, ce qui témoigne d'une rédaction plus tardive.
Le livre de Daniel est écrit, tout comme le Livre d'Hénoch et d'autres apocryphes bibliques trouvés à Qumrân, dans un style apocalyptique qui était populaire à l'époque des Maccabées.
Suivant l'avis de la majorité des spécialistes, sa composition finale date du règne d'Antiochos IV (175 à 163 av. J.-C.), un roi séleucide qui cherchait à éradiquer le judaïsme. Il est le plus récent livre de l'Ancien Testament.
La précision des prophéties prononcées par Daniel sur la venue du Messie, font que les traditions catholique et orthodoxe le rangent parmi les quatre grands prophètes, avec Isaïe, Jérémie et Ézéchiel.
Maître du Couronnement de la Vierge, Suzanne et les vieillards, XIVe
Miniature extraite de la Bible historiale de Guyart des Moulins. Illustration d'un épisode deutérocanonique du Livre de Daniel
La partie protocanonique de livre de Daniel, qui est celle de la Bible hébraïque, est rédigée dans deux langues différentes :
Cette division linguistique hébreu/araméen ne recouvre pas la division thématique du livre. En effet, Daniel comporte deux grands blocs assez distincts :
Par sa langue de rédaction, le chapitre 7 se rattache donc au bloc 2-6 mais son thème le lie au bloc 8-12. De très nombreux travaux ont essayé de rendre compte de la division linguistique de Daniel. L’hypothèse selon laquelle le même auteur aurait rédigé en deux langues différentes n’a plus guère de partisans aujourd’hui. L’état actuel du Livre de Daniel semble résulter à la fois d’une entreprise de traduction et d’une histoire rédactionnelle mettant à contribution plusieurs auteurs. Ainsi, on peut envisager :
Enfin, les versions grecques comportent en plus trois passages, qui constituent ce que l'on appelle la partie deutérocanonique : la prière d’Azariah et le cantique des trois enfants insérés dans le chapitre 3 après le verset 23 ; l’histoire de Suzanne et les vieillards après le chapitre 12 ; et l’histoire de Bel et le serpent qui termine le livre – dans la vulgate, ces deux derniers passages sont respectivement numérotés chapitres 13 et 14.
Daniel, qui s'exprime à la première personne tout au long des chapitres 7 à 12, est censé vivre à Babylone au VIe siècle, mais – en dépit de l'opinion traditionnelle encore défendue par quelques auteurs traditionnels américains – Daniel annonce des événements à venir, mais il devient de plus en plus exact au fur et à mesure que l'histoire avance, comme s'il connaissait mieux les événements de la première moitié du IIe siècle que ceux des siècles précédents. L'hébreu utilisé aux chapitres 1 et 8 à 12 est influencé par l'araméen ; cette langue est elle-même utilisée aux chapitres 2 à 7, avec des caractéristiques plus tardives que l'araméen du Livre d'Esdras et des papyri d'Eléphantine (VIe et Ve siècles av. J.-C.). Tout cela converge vers une conclusion aujourd'hui largement acceptée : l'auteur de l'ouvrage dans sa forme finale utilise le procédé de pseudépigraphie ; il n'écrit pas au VIe siècle, mais à l'époque des derniers évènements annoncés, c'est-à-dire au IIe siècle.
Daniel est inconnu par l'auteur du Siracide (vers 180 av. J.-C.); qui contient une longue section (chapitres 44-50) en l'honneur des « hommes illustres » qui ont compté dans l'histoire juive. Toutefois, le livre est connu par l'auteur du Premier livre des Maccabées, entre 134 et 104 av. J.-C. (1 M 1,54 = Da 9. 27 et Da 11. 37), et sa première version grecque est même utilisée par le livre III des Oracles sibyllins. L'auteur connait la profanation du Temple, le 7 décembre 167 (Da 11. 31), et la mise à mort des Juifs fidèles (Da 11. 33), la révolte des Maccabées et les premiers succès de Judas (allusion de Da 11. 34) en -166. Toutefois, l'auteur ne connaît pas les circonstances de la mort du roi persécuteur en automne -164, ce qui indique une fin de composition d'ensemble du Livre de Daniel entre 167 et 164 av. J.-C. Rien dans le reste du livre ne vient contredire ces dates.
Huit manuscrits incomplets du Livre de Daniel ont été trouvés dans les grottes près de Qumrân. Quatre manuscrits (1Q71, 1Q72, 4Q113, 6Q7) dateraient d'entre 50 et la prise du site par les Romains lors de Grande révolte juive (66-74), deux manuscrits (4Q112, 4Q115) dateraient de 50 av. J.-C. environ, et les deux plus anciens manuscrits (4Q114 et 4Q116) remonteraient à 100-150 av. J.-C.
Toutefois, d'autres manuscrits trouvés à Qumrân et comportant de nombreuses similitudes avec le récit de Daniel ont amené les chercheurs à émettre l'hypothèse d'un « cycle de Daniel », qui comporterait de nombreuses histoires en plus de celles qui ont survécu dans nos Bibles. Ces histoires auraient servi de matériau au compilateur final. Ainsi, le manuscrit 4Q242, dit « Prière de Nabonide », comporte des correspondances nombreuses et significatives avec le chapitre 4 du Livre de Daniel.
Ces similitudes ont convaincu la plupart des spécialistes que l'histoire relatée par le manuscrit est, d'une façon ou d'une autre, liée à l'épisode biblique. Si cette théorie est juste, cela signifierait qu'avec ce rouleau a été découverte une source jusque-là inconnue de la Bible. L'histoire du Livre de Daniel commencerait alors avant l'an 200 avant l'ère chrétienne, et pourrait même être d'un ou deux siècles plus ancienne. D'autres manuscrits, comme « Vision de Daniel » (4Q243, 4Q244, 4Q245) et la « Vision des quatre arbres » (4Q552, 4Q553), présentent des récits semblables au texte reçu.
Les chapitres 1 à 6 présentent des récits concernant le jeune Daniel et ses trois compagnons déportés à Babylone, écrits sous forme didactique (aggada). Ces chapitres constituent un ouvrage pédagogique délivrant une leçon théologique et morale. Le héros du récit, par son comportement, ses épreuves, etc., est présenté de telle façon que le lecteur en tire un message de réconfort, de foi, en rapport avec les besoins spirituels de l'époque.
Les chapitres 7 à 12 présentent les visions de Daniel. Ces visions ont pour but d'interpréter l'histoire de manière théologique, couronnée à son terme par une annonce de la Fin, sous la plume d'un prophète du passé afin de prendre du recul par rapport au temps des écrivains. La révélation se présente comme une sagesse venue d'en haut donnée aux croyants.
Songe de Nabuchodonosor : la statue composite
(Ars moriendi, France, XVe siècle)
Songe de Nabuchodonosor : l'arbre abattu
(France, XVe siècle)
Daniel dans la fosse aux lions sauvé par Habacuc
(France, XVe siècle)
Daniel, Bel et le dragon sacré des Babyloniens
(France, XVe siècle)
Les six premiers chapitres comprennent une série de récits à la cour sur Daniel et ses trois compagnons. Le premier chapitre est écrit en hébreu. C'est ensuite l'araméen qui est utilisé à partir du verset 4 du chapitre 2 jusqu'au chapitre 7. L'hébreu réapparaît du chapitre 8 au chapitre 12. La première traduction grecque du texte, la Septante, comprend 2 chapitres additionnels et demi, qui sont considérés comme apocryphes par les juifs et les protestants, et deutérocanoniques par les catholiques et les orthodoxes.
Les quatre visions des chapitres 7 à 12 sont des exemples types des écrits apocalyptiques, un genre littéraire d'écrits juifs et chrétiens. Contrairement aux six premiers chapitres qui parlent de Daniel à la troisième personne, le rédacteur parle ici à la première personne. L'un des traits caractéristiques de cette section concerne la dépendance de Daniel à des créatures spirituelles pour interpréter et expliquer ses visions. Le cadre historique de ces visions n'est pas indiqué, à l'exception de quelques dates de règnes mentionnées. Le chapitre 7 est écrit en araméen alors que les chapitres 8 à 12 sont écrits en hébreu. La section « visions apocalyptiques » de Daniel comprend trois visions et une prophétie concernant le destin d'Israël.
Ces écrits apocalyptiques et eschatologiques ont donné lieu à de multiples interprétations chez les Esséniens et chez les Chrétiens.
La vision dans la première année de Balthazar roi de Babylone(7,1) concernent quatre bêtes énormes (7,3) représentant quatre futurs rois (7,17) ou royaumes (7,23), la quatrième bête qui mangera toute la terre, la foulera aux pieds et l'écrasera.(7,23); ce quatrième royaume est représenté par une bête avec dix cornes représentant dix rois, suivi d'une petite corne qui abat trois rois (7,24), parlant contre le "Très-Haut", et voulant changer les temps et le droit (7,25). Après "un temps et des temps et un demi-temps", cette corne est jugée et sa domination lui est ôtée et détruite (7,26) ; finalement, le royaume et l'empire et les grandeurs des royaumes sous tous les cieux est donné au peuple des saints du Très Haut (7,27).
La vision de la troisième année de Balthazar concerne un bélier (8,1-27) qui représente les rois de Médie et de Perse (8,20) et la Grèce (8,21) représentée par un bouc. La grande corne du bouc est cassée pour être remplacée par quatre royaumes plus faibles. La vision se consacre ensuite à "un roi impudent et expert en astuces qui opère des destructions prodigieuses" en supprimant les sacrifices au Temple de Jérusalem pour une période de deux mille trois cent soirs et matins (8,14). Ensuite, l'auteur attend le jugement final de ce roi dans les temps futurs avec le rétablissement du sanctuaire. Cette vision incorpore des boucs, des béliers et des cornes étaient utilisées pour le service du sanctuaire du Temple à Jérusalem.
La vision dans la première année de Xerxès Ier fils de Darius Ier (9,1) concerne la prophétie des soixante-dix semaines d'années. Cette prophétie concerne l'histoire de l'ancien Israël et l'histoire de Jérusalem (9,24). Elle consiste en une méditation sur la prédiction du prophète Jérémie que la désolation de Jérusalem durerait soixante-dix ans, une longue prière de Daniel afin que Dieu restaure Jérusalem et son temple, et une explication de l'archange Gabriel qui indique une future restauration par un messie-chef.
Une longue vision(10,1-12,13) dans la troisième année de Cyrus II roi de la Perse, qui concerne les conflits entre le "roi du Nord" et le "roi du Midi" (= Égypte, 11,8). Cette vision commence par des références à la Perse et à la Grèce. Puis la vision atteint son paroxysme par une nouvelle description d'un roi arrogant qui profane le temple, installe "l'abomination dévastatrice", supprime les sacrifices rituels et persécute les justes. La résurrection est enfin promise à Daniel par un homme sur le bord d'un fleuve.
L’historien juif Flavius Josèphe rapporte que le Livre de Daniel fut montré à Alexandre le Grand lorsqu’il marcha avec son armée contre Jérusalem. L'histoire rapportée se passe vers 330 av. J.-C., plus de 150 ans avant la période maccabéenne. "On lui montra le Livre de Daniel, où il était annoncé qu’un Grec viendrait détruire l’empire des Perses, et le roi, pensant que lui-même était par là désigné, se réjouit fort." (Flavius Josèphe - Antiquité judaïques - Livre XI) Alexandre accorda de grandes faveurs aux Juifs, et on pense que c’est à cause de ce que Daniel avait dit de lui dans la prophétie.
Toutefois, l'ensemble des spécialistes du sujet pensent que Flavius Josèphe rapporte une légende, car le pays d’Israël, bien que faisant aussi partie du territoire conquis par Alexandre, n'eut pas à se battre. À l’époque d’Alexandre, les Israélites avaient été déjà vaincus par les Assyriens puis par les Babyloniens, puis finalement par les Perses qui, à leur tour, furent vaincus par les Grecs d’Alexandre. Ils ne purent donc pas affronter Alexandre, car leurs forces militaires étaient devenues inexistantes à la suite des diverses déportations. De plus, suivant le récit, Alexandre le Grand se prosterne directement devant le grand-prêtre portant le nom de Dieu sur sa tiare, ce qui est une image en complète contradiction avec les historiens qui nous rapportent un chef de guerre païen, violent et déterminé.
Si Flavius Josèphe parle de certains livres sacrés des Juifs, il n'aborde jamais leurs dates de composition, ni le nom de ceux qui sont présents dans le Canon juif fixé en 90 apr. J.-C. au Synode de Jamnia. Ce que nous savons c'est que Flavius Josèphe était un pharisien qui suivait la pensée de l'école de Hillel Hazaken pour la sélection des livres dits sacrés. Avant le Ier siècle, il n'y a pas de trace d'un canon hébraïque fixe. De plus, on constate dans les écrits de Flavius Josèphe que la longue période qui s'étend entre Néhémie et l'insurrection des Macchabées, est traitée de la façon la plus insuffisante. Ce qui d'ailleurs n'était pas le but principal des écrits de Flavius Josèphe. Il n'y a donc pas lieu d'y voir une preuve historique de la période de la rédaction du Livre de Daniel.
Le spécialiste et professeur de littérature hébraïque à Harvard Shaye Cohen (en) avance l'hypothèse que cette légende est un assemblage de différentes histoires.
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_Daniel
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