• Theresa Musco

     
     

    Theresa Musco

     

    Theresa Musco

     

    Naissance à Caiazzo

    Teresa Musco naquit le 7 juillet 1943, à Caiazzo, modeste village du sud de l’Italie, dans la province de Caserte, au sein d’une famille honnête et religieuse, mais pauvre.

    C’était une famille nombreuse — dix enfants virent le jour chez le « père » Musco —, comme la plupart des familles d’alors, chrétiennement respectueuse de la fécondité inhérente au sacrement du mariage.

    Salvatore, le père de famille, était communément appelé du sobriquet « boche », à cause de sa rudesse habituelle, de son autorité presque despotique et de ses colères connues de tous les habitants du village.

    Tout le contraire de son mari, Rosa Zullo, n’était que douceur, toujours soumise et attentive au moindre désir de son époux ; mère pleine de tendresse et d’amour envers tous ses enfants et très généreuse envers les pauvres.

    Malgré la rudesse de Salvatore — qui « laissait à désirer » comme l’affirme le père Giuseppe Borra, directeur spirituel de Teresa —, la foi habitait ce foyer éminemment chrétien, où la mère était, sur tous les points de vue, l’exemple à suivre, pour ses nombreux enfants, car elle possédait une foi forte et une piété irréprochables.

    Ce fut elle, qui inculqua dans le cœur de ses enfants les premiers rudiments de l’enseignement de l’Église, qui leur apprit à prier Jésus, la Vierge et les Saints ; qui leur apprit à fuir le mal et à pratiquer le bien ; ce fut elle aussi qui, lors des moments de « folie » de son époux, ramena la paix au sein du foyer.

    Période de guerre

    La période pendant laquelle naquit Teresa, était une sombre période pour toute l’Italie, mais plus particulièrement pour le sud, avec la jonction des armées d’occupation et de libération qui se battaient à coups de canon et terrorisaient les pauvres paysans, les privant le plus souvent de leurs récoltes et de leurs maigres avoirs ; occasionnant ainsi des périodes de grande disette.

    On peut aisément comprendre que les premières années de Teresa aient été rythmées par les horreurs de la guerre et par la faim qui fut la cause de grandes souffrances pour le couple et pour les enfants encore bien jeunes.

     

    Premières visites de la Madone

    La petite Teresa, avait pour la Madone une dévotion toute particulière et une dévotion filiale inconditionnelle, comme elle le dit elle-même dans son Journal (p 1846) :

    « Maman, qu’est-ce qu’on est bien sous ton manteau ! Depuis ma plus tendre enfance, toi, ô Mère, tu as été la lumière de mes yeux, la voie qui m’a conduite à Jésus, le guide de mes actions, mon réconfort lors des moments de ténèbres. Depuis ma naissance, ô Mère chérie, tu m’as prise dans tes bras, me faisant goûter ton grand amour pour moi, et depuis, tu ne m’as jamais abandonnée ».

    Au professeur Pontoni qui la questionnait, elle dit encore :

    « Je peux dire que, dès l’âge de six ans, j’ai été entourée par une prédilection particulière de la Maman du ciel. En effet, Elle était auprès de moi quand je raccommodais, quand je priais et même quand je jouais, je me sentais appelée à m’entretenir avec Elle. Quand j’étais malade, je le sentais toujours toute proche et, pour moi, cela était d’un grand réconfort et une protection. La seule chose qu’Elle me disait était: “Offre ta souffrance pour le pécheurs” ».

    L’école et la maladie

    Cette période fut aussi la période pendant laquelle Teresa commença sa scolarisation ; la période où elle assistait, impuissante, aux altercations entre son père — qui profère des obscénités — et sa mère, toujours douce et soumise — qui l’émeuvent jusqu’aux larmes — ; ce fut aussi la période où elle commença les travaux ménagers, comme toutes les petites filles de la campagne, surtout au sein des familles nombreuses. Ce fut encore la période où elle fut prise de grosses fièvres, fut en proie à des coliques lancinantes qui la faisait tant souffrir.

    Mais, cette période de souffrances fut aussi le commencement des visites de Jésus, de Marie, des Anges et des Saints, qui n’eurent cesse de l’encourager à tout offrir « pour les pécheurs ».

    Ce fut dès lors que Teresa devint « très attachée à Jésus » et que le désir d’être « crucifiée avec Jésus et lui ramener beaucoup d’âmes » germa en son cœur innocent et, cela devint par la suite, le but même de toute sa vie.

    Cette enfance, toutefois, ne fut pas uniquement peuplée de bienfaits divins ; elle eut aussi les mauvais côtés, les penchants, les tracasseries qui sont le lot de tous les enfants, prédestinés ou non.

    Espiègle

    Comme tous les enfants de son âge, Teresa avait aussi des moments moins « divins », des moments où elle devenait quelque peu rebelle. Elle le raconte elle-même :

    « Tous, dans la famille, m’ont dit que dans mon enfance j’étais très tourbillonnante et espiègle ».

    Voyons plutôt :

    Un jour son père l’envoya à la fontaine pour y faire boire l’âne. Teresa l’y conduisit, mais pendant que l’âne s’abreuve, elle grimpa, toute seule, sur le muret de la fontaine pour s’asseoir… sur la tête de l’âne. Instinctivement l’animal secoua la tête et la fillette tomba dans l’eau, d’où elle ressortit comme une grenouille, mouillée de la tête aux pieds. Elle retourna à la maison, raconta sa mésaventure et reçut, de ses parents une sévère réprimande, qui la mit en pleurs.

    Il lui arrivait aussi d’organiser des jeux, avec ses petites amies… Savez-vous à quel endroit ? Dans l’église même, car elle ne pouvait pas les organiser chez elle, craignant la sévérité paternelle.

    Elle se souvient aussi d’un fait particulier qui eut lieu alors qu’elle n’avait que cinq ans, mais qui resta à jamais gravé dans sa mémoire.

    Un jour où il tombait de la grêle — c’était la première fois qu’elle voyait ce phénomène atmosphérique —, Teresa, poussée par la curiosité, et ignorant les dangers, sortit dans la cour, à moitié nue et chercha à ramasser quelques grêlons qui tombaient dans ses mains tournées vers le ciel. Mais son père, l’austère Salvatore, ne l’entendit pas ainsi et, sortant à son tour, il la tira vers l’intérieur et lui asséna une forte gifle.

    La « belle Dame »

    Peu après l’enfant vit une « Dame très belle », auprès de laquelle Teresa se lamenta. Mais la « Dame » lui dit avec douceur : « Tu vois, ma fille, [ton père] il a bien fait » (Journal, pp 657-658).

    C’était là, vraisemblablement — malgré les espiègleries dont elle s’accuse et qui sont la tare commune de tous les enfants des hommes —, la première intervention de la Madone dans la vie de Teresa. Par la suite, la présence de Marie sera toujours aussi vive et opérante, ce qui nous fait dire que sa vie fut profondément mariale.

    « Dans l’après-midi du lendemain (9 janvier 1948) — raconte le père Stefano Manelli —, une journée froide et pluvieuse, alors que la fillette, qui n’a pas encore cinq ans, souffre d’un fort mal de tête, et qu’avec toute la famille réunie autour du feu, elle prie le saint Rosaire, le souffle lui manque tout d’un coup et elle tombe à terre, évanouie : l’un de ses pieds tombe sur le brasier. Le père s’en rend compte et immédiatement la prends dans ses bras. Revenue à elle, Teresa commence à pousser des cris à cause de la douleur causée par la brûlure. La nuit se passe, entrecoupée de souffrances et de longs gémissements. Le matin suivant, elle ne réussit pas à mettre son pied par terre. Quelques jours après, le pied brûlé commence à exhaler une odeur fétide. Elle ne pouvait plus se lever, car l’état de son pied ne lui permettait pas non plus de marcher, ce qui donna lieu à quelques crises de pleurs.

    La céleste « guérisseuse »

    Le 12 janvier [1948], pour la seconde fois, elle voit la « belle Dame » qui semble cueillir des feuilles de fève et les déposer sur la brûlure, et lui dire : “Ne le dis à personne : ta Mère te guérira ! Reste calme…” Ceci dit, Elle disparut. La fillette demande alors à sa mère quelques feuilles de fève, les met sur le pied brûlé et, huit jours après, le pied commence à guérir.

    Le 17 janvier elle sort de son lit et s’en va jouer avec les autres enfants. Aussitôt après, entendant sonner la cloche de l’église voisine, la fillette abandonne ses petits amis et coure prier à l’église. Là, elle voit de nouveau la « belle Dame », laquelle lui met de nouveau des feuilles de fève sur la brûlure.

    Le 21 janvier elle était guérie et il ne restait plus aucune trace de la brûlure. Pour remercier la céleste Madone, Teresa commence à faire des petits sacrifices : elle se prive de caramels et de chocolat… La Madone lui apparaît alors et lui dit : « Ma fille, je suis ta Maman céleste qui te guide le long de la route qui plaît à mon Fils bien-aimé. Je suis contente des sacrifices que tu m’offres, mais je désire que cela continue, c’est-à-dire que tu continues” » (Journal, pp. 658-661).

    « Tu iras vivre à Caserte… »

    Malgré le bas âge de Teresa, la Vierge semble vouloir « brûler les étapes », car la Maman céleste ne vas plus attendre pour annoncer à l’enfant son futur départ pour Caserte. Écoutons-la :

    « Ma fille, le sais-tu ? Je suis ta Maman et je suis venue te dire… » “Quo donc ?” questionna la gamine. “Ceci — reprit Marie : Un jour viendra où tu devras quitter la maison paternelle pour aller vivre à Caserte, où tu rencontreras une petite dame, cheveux grisonnants, yeux noirs…, laquelle t’aidera dans tes difficultés… ».

    Marie lui apprit même le nom et le prénom de cette dame et ajouta :

    « Elle sera ta Maman spirituelle ». Le message étant délivré, la « belle Dame » disparaît et Teresa retourne jouer avec son frère (Journal, p. 662).

    Comme pour confirmer son précédant message, la Vierge revint le premier mars 1948. Elle était accompagnée de la future « Mère spirituelle » de Teresa. Celle-ci dit à l’enfant : « Courage ! Je t’attends à Caserte… » L’annonce faite, celle-ci embrassa l’enfant sur le front et disparut en même temps que la Madone.

    « M’aimes-tu ? »

    Alors qu’elle n’avait toujours que cinq ans, une autre rencontre va décider de son avenir, va marquer une étape décisive dans la courte vie (33 ans) de Teresa. Ce sera le moment de dire “oui”, pour toujours, à Jésus.

    En effet, un certain jour l’Enfant Jésus lui apparut et lui demanda d’emblée : « Teresa, m’aimes-tu ? » La petite, avec sa naïveté enfantine répondit aussitôt : « Oui ! » Puis, enchaîna immédiatement : « Et toi, m’aimes-tu ? » Alors, la fixant avec amour, Il lui répondit, plein de tendresse : « Oui ! Et s’il en était besoin, Je serais prêt à être de nouveau crucifié pour toi ».

    Cet échange entre Jésus et la fillette, sera une constante dans le cours des temps : Teresa ne dira plus jamais « non » aux demandes du Seigneur, mêmes celles qui seront cause de souffrances, physiques ou morales. Le « oui » sera comme scellé dans cet échange d’amour entre les époux, des époux qui s’aiment d’un amour vrai et indéfectible.

    Marie ou Jésus ont-Ils « forcé la main » à Teresa ?

    En aucun cas, car le Seigneur laisse toujours à chacun de ses enfants la possibilité de refuser une proposition. Nul n’est forcé au salut, même si celui-ci est indispensable pour acquérir la vie éternelle bienheureuse. Celui qui dit non, le fait en connaissance de cause et librement.

    Ce qui est vrai, par contre, c’est que le Seigneur ou Marie en son Nom, insistent toujours et agissent sur les âmes, afin de pouvoir les sauver, même malgré elles. Le Christ n’est pas mort pour un ou pour un million d’âmes :Il est mort pour nous tous, tous, autant que nous sommes, que nous avons été et que nous seront encore, tant que durera ce monde.

    Dans la vie de Teresa, dès son plus jeune âge et jusqu’à sa mort, le mot « oui » sera toujours d’actualité, sera toujours le maître mot que la mènera jusqu’à la donation totale de tout son être, sans aucune réserve, même lors des plus tragiques et douloureux moments, moments ceux-là qui étaient autant d’actes d’amour offerts pour le salut de ses frères pécheurs. Le « oui » ferme à la demande « M’aimes-tu ? » se transforma bientôt en : « faites de moi un chiffon »…

    Première Communion

    « L’exceptionnel cadeau — raconte le père Stefano Manelli — d’être admise à la Première Communion par le curé de son village remplit Teresa de joie, mais il n’en va pas de même pour son père qui s’y opposa obstinément et fermement. Il s’entêtât à dire qu’elle la ferait à douze ans, voir après, mais sûrement pas avant.

    Teresa était triste et ne s’expliquait pas le refus paternel. Seule la pensée de pouvoir faire la sainte Communion lui procurait bonheur et joie. Qu’est-ce que cela serait bien si elle pouvait la faire ! Il est vrai que la « belle Dame » l’invita plusieurs fois à dire à ses parents de la préparer pour la Première Communion, mais le père s’obstina toujours dans son refus. La mère, par contre, l’envoya souvent aux réunions de l’Action  Catholique et Teresa s’y appliqua à l’étude du catéchisme et, sa sœur aînée qui deviendra religieuse, l’aida aussi dans cette préparation. La fillette écrira plus tard dans son Journal : “Le désir de recevoir Jésus me dévore” ».

    Jésus Lui-même l’incitera à demander la permission à son père : « Demande à ton père qu’il te permette de faire ta Première Communion ».

    Teresa insista, souvent, encore et encore, auprès de son père qui, toujours d’une humeur exécrable, finit par se servir de sa ceinture pour corriger sévèrement et sans pitié, l’impertinence de sa fille. La punition fut si sévère que Teresa dut rester au lit, prise d’une forte fièvre qui la fît délirer : « Je veux recevoir Jésus ! », balbutiait-elle alors.

    Cette situation semblait sans issu : d’un côte l’enfant qui désirait ardemment faire sa Première Communion et de l’autre le père qui restait inébranlable dans sa décision négative. Que faire ? Le ciel viendra-t-il à son secours ?

    Le 10 janvier 1950 Teresa était au lit : elle était prise de douleurs lancinantes. Ce fut alors que Jésus lui apparut, et lui tendant les bras, lui dit : « Courage, ma fille, prend de Ma force pour sortir de ta faiblesse ! Prépare-toi à Me recevoir dans la sainte Communion, car Je désire venir à toi, afin que tous les deux nous ne fassions plus qu’un ».

    Ce même jour, vers dix heures trente, Salvatore, son père lui ordonna de se lever et d’aller faucher de l’herbe pour l’âne. Teresa obéit promptement. Elle se leva, s’habilla et partit dans les champs, aux alentours de Caiazzo, pour y faucher l’herbe, comme convenu, mettant tout son cœur et toute son énergie à la tâche.

    A un certain moment, elle entendit une voix qui lui disait : « Il y a ici l’une de mes maisons ». En effet, Teresa, se relevant et regardant autour d’elle, vit, non loin de là une église. Elle arrêta son travail et s’y rendit promptement. Elle entra et se rendit compte que l’on y célébrait une messe de mariage. Un prêtre occupait le confessionnal. La fillette s’approcha et se confessa. Lors de la Communion, elle s’approcha craintive de la balustrade, comme le firent les autres, et reçut Jésus Eucharistique. Ce fut là sa Première Communion !

    « Ce fut le jour le plus beau de ma vie ! », écrira-t-elle plus tard dans son Journal spirituel. Elle vît sur l’autel comme une immense flamme, flamme qui brûle maintenant dans son cœur.

    Mais il ne lui restait pas de temps pour l’action de grâces, car le travail que lui avait confié son père n’est pas terminé. Elle courut vers le champ, ramassa l’herbe coupée dans des sacs et retourna à la maison. Depuis ce jour, et à chaque fois qu’elle le put, elle alla dans les villages voisins pour y communier en toute tranquillité, sans se faire remarquer.

    Première Communion « officielle »

    Plus d’un an plus tard, le 1er mai 1951 — Teresa avait alors huit ans —, son père l’autorisa enfin à faire sa Première Communion « officielle ». Quand Teresa annonça à son père qu’elle avait déjà fait sa Première Communion, celui-ci ne voulut pas la croire et, pensant qu’elle mentait, la corrigea sévèrement, lui assénant un gros coup de poing sur la tête. « Ce n’est pas vrai, tu es une menteuse ! », cria-t-il en même temps, hors de lui.

    Ce fut aussi ce même jour — « qui restera le plus beau jour de ma vie », écrira-t-elle — que Marie lui annonça qu’elle rencontrerait deux prêtres : le père Giuseppe Borra (salésien), qui sera son directeur spirituel et le père Franco Amico, qui l’assistera fidèlement jusqu’à sa mort.

    Dans son Journal, elle continue : « Je me suis approché du banquet eucharistique, avec mon céleste Époux. Combien il a été émouvant de voir Jésus sur l’autel ! Quand le prêtre qui célébrait éleva l’hostie, j’ai vu couler le sang ».

    Teresa remarqua que la « belle Dame » se trouvait à côté de Jésus. Elle s’enhardi et posa la question : « Qui êtes vous ? » La réponse fut claire et précise : « Je suis la Vierge Immaculée ta Mère. Conserve tout ce que je te fais écrire. Puis le temps viendra où tu devras confier ces écrits. Ne perds pas ce Journal que tu devras faire lire à Dom Borra et au père Franco Amico ».

    Comme Teresa semblait quelque peu étonné, la Vierge Marie la rassura en lui disant qu’en son temps, elle lui expliquera qui sont ces deux prêtres, que la fillette ne connaît pas encore.

    Après ces explications, la « belle Dame » l’embrassa sur le front et « disparut, enveloppée dans un nuage blanc ».

    A cette date, également, prirent fin les Communions « en cachette » : elle pouvait maintenant, en toute tranquillité, recevoir « l’Époux céleste » chaque fois qu’elle le désirerait ; et elle ne s’en privera pas !

    « Pensons à tout ce qu’elle a dû souffrir — commente le père Stefano Manelli — pour recevoir le Seigneur, alors que tant de chrétiens négligent de le, se refusant de se soumettre au moindre sacrifice pour s’alimenter du Pain de Dieu ».

    Des cadeaux « surprise »

    Comme nous l’avons dit au début de ces notes biographiques, la famille Musco était vraiment pauvre et, certaines fois c’était la disette totale. Salvatore, dépité, ne pouvait pas s’empêcher de blasphémer, pensant ainsi se donner un certain courage ou une certaine contenance, voir même résoudre ses délicats problèmes.

    Cela ne servait à rien, bien au contraire : ses crises de « folie » devenaient plutôt des freins aux possibles actes de charité de ses voisins et amis.

    Un paratonnerre existait, heureusement, contre ces blasphèmes répétés : il était composé des prières de la mère et des souffrances innocents des enfants, surtout celles de Teresa qui s’offrait spontanément comme victime d’expiation pour toutes ces horreurs qu’elle entendait, proférées par son père, qu’elle aimait tant, pourtant.

    Cette situation atteignait son paroxysme quand Salvatore tombait malade, quand les dettes s’accumulaient ou quand la faim persistait. Alors, la petite Teresa n’avait d’autre recours que la prière d’intercession, une prière du cœur qu’elle adressait à la Madone : « Je t’en prie, aide ma famille ! »

    Marie ne pouvait pas rester insensible à une si humble prière et, l’enfant voit, dans « une très grande lumière… un Ange très, mais vraiment très lumineux », si lumineux qu’elle ne peut même pas le regarder directement. Celui-ci, arrivé à son hauteur, lui dit, tout simplement : « Chère Teresa, la Maman céleste me demande de te donner cette somme (50 000 lires de l’époque). Ainsi, vous pourrez faire les achats de la semaine. Mais tu ne diras à personne comment tu l’as eue : cela devra rester un secret entre nous. Je reviendrai. Je te recommande de prier et d’offrir tout cela, pour qui te plaira. Je te salue. Je suis l’Ange Gabriel ».

    La petite alla vers sa mère et lui dit : « Maman, une Dame que je ne connais pas m’a donné cette somme... » Rosa, toute heureuse, s’en alla immédiatement faire ses provisions : elle acheta du lait pour le petit frère « qui en avait tant besoin » et, tout ce qu’il fallait pour toute la famille.

    Avec la mère tout se déroula sans le moindre problème, mais avec le père, ce ne fut pas aussi simple, car, quand il apprit la nouvelle, il voulut tout savoir : « Qui a donné à Teresa cette somme ? » A qui la petite répondait invariablement : « Une Dame que je ne connais pas ». Alors, le père, pris d’une colère presque diabolique, attrapa sa fille et en lui répétant : « Pourquoi ne veux-tu pas me dire qui t’a donné cette somme ? », la frappa sauvagement. Quant à Teresa, elle offrait, silencieusement, toutes ses souffrances « au doux Jésus », tout en pleurant en silence.

    Les brutalités de Salvatore sur sa fille ne s’arrêtèrent pas là. Chaque fois qu’avec ladite somme on faisait quelque achat, lui, malade pourtant, appelait la gamine auprès de lui et lui répétait : « Tâche de te souvenir qui est cette Dame, afin que nous puissions lui demander un prêt qui nous permette d’aller de l’avant. Penses-tu qu’elle y consentirait ? »

    Mais l’enfant, embarrassée, ne savant « quoi répondre », finit par dire à son père : « Je ne la connais pas, mais je suis sûre, que si je lui demande, elle me la donnera ». Ceci dit, Teresa retourna dans sa chambre et se mit à prier.

    Tout d’un coup, vers douze heures trente, l’Ange Gabriel se présenta à elle — Il était beaucoup plus beau que la fois d’avant — et lui remit une autre somme, lui disant : « Teresa, à partir de maintenant ton Calvaire, semblable à celui de Jésus, commence. Soit contente et heureuse ! Accepte tout avec amour ! Je te salue, et nous nous reverrons quand le Père le voudra... »

    A ce stade, Teresa elle-même nous décrit — dans son Journal — son embarras :

    « J’avais la somme entre les mains, mais je ne savais pas quoi faire : mon cœur battait. Je me suis approchée de mes parents et leur dit : “Voilà, la somme… La Dame est passée et m’a donné cet argent”. Mon père, au lieu d’être content, commença à dire que j’étais une voleuse, et à me demander à qui j’avais pris cet argent ; il voulait savoir à tout prix où je l’avais récupéré. Je persistais à dire que c’était la Dame qui était passée et qui me l’avait donné. Mais lui, n’arrêtait de crier : « voleuse ! », « Tu l’as volé ! ». Il me frappa si fort que le soir je fut prise d’une forte fièvre ».

    Se souvenant alors des paroles de l’Ange Gabriel, Teresa adressa à Jésus cette prière :

    « O Jésus, tu sais tout ! Je t’offre tout, avec tout mon amour. Je ne veux que ton aide ! »

    Le père, toujours aussi irrité, lui disait, chaque fois qu’ils se croisaient, et la menaçant d’un couteau : « Je ne veux pas de voleuses chez moi… », Puis il déchargeait sur elle toute sa litanie de gros mots et de blasphèmes.

    Quant à la pauvre petite, elle « pleurait, soupirait », sans oublier d’offrir à Jésus toutes ces vexations qu’elle ne méritait certes pas. Mais, cela la rendait heureuse ; c’était en quelque sorte son bonheur à elle, comme elle l’explique : « Je le sentais (le bonheur) à l’intérieur de moi, spécialement quand je priais ».

    Préparation à la Crucifixion

    « Tu monteras au Calvaire avec Jésus »

    Comme prélude à cette nouvelle étape de sa vie, Teresa reçut un jour — ce fut le 1er mai 1950 — de la part de la Madone, cet avertissement prémonitoire :

    « Ma fille, tu auras beaucoup à souffrir : tu iras dans des hôpitaux, tu rencontreras des médecins, mais personne ne comprendra, ni ne saura déceler la maladie que le Père à mise en ton cœur… »

    Il faut remarquer ici la première phrase du message : « Ma fille, tu auras beaucoup à souffrir » : elle ressemble beaucoup à celle prononcée par la Vierge du Rosaire à Fatima, sauf que là elle était au pluriel : « Vous aurez beaucoup à souffrir ».

    La source étant la même ; les demandes étant, elles aussi, les mêmes, il était normal de constater ici ce rapprochement de Caiazzo et de la Cova da Iria.

    L’ange Gabriel devint le messager régulier auprès de Teresa. En effet, déjà plusieurs fois nous l’avons vu venir porter non seulement des messages de la part de Jésus et Marie, mais aussi des sommes d’argent destinées aux besoins immédiats de la famille Musco.

    Ce fut lui encore qu’au matin du 11 octobre 1950 se présenta à l’enfant — alors en prière — pour lui dire que Jésus souffrait beaucoup en voyant que tant d’hommes déversant sur Lui tant et tant de blasphèmes. La petite avoua à l’Ange que même son père était du nombre de ceux-là et lui demanda ce qu’elle devait faire, comment devait-elle se comporter face à ces mots qui déplaisent tant à Jésus ; L’ange Gabriel lui répondit :

    « Il faut prier et tout offrir avec beaucoup d’amour ». Puis, il ajouta encore : « Tu monteras au Calvaire avec Jésus. Tu as déjà commencé à cheminer sur des voies bien épineuses. Mais la Maman du ciel est auprès de toi. Tu n’as pas à craindre. Tu devras souffrir sans rien dire, comme tu le fais déjà. Je te salue. Nous nous reverrons bientôt » (Journal, p. 842).

    « Je suis Padre Pio »

    Un peu plus tard, le 1er novembre 1950, une nouvelle étape fut franchie.

    Teresa était à l’église pour entendre la sainte Messe et communier. Avant que celle-ci ne commence, un Prêtre, sorti de l’autel vint vers elle et lui dit :

    « Ma fille, je te le recommande, prie pour le salut des âmes qui se trouvent au Purgatoire : personne ne prie pour elles »

    La fillette, un peu étonnée, demande : « Qui êtes vous ? », à quoi le Prêtre répondit avec un « doux sourire » : « Je suis Padre Pio, c'est-à-dire Francesco. Jésus m’a dit de te dire de ne plus parler à personne de ce qui t’arrive. Un jour tu seras comme moi. Regarde… », et il lui fit voir les blessures de ses mains. Puis, il lui dit encore : « Courage, ma fille, aie foi… » Après cela, il la bénit et disparut. Aussitôt après la Messe commença.

    Ce fut là une première approche, plutôt concrète de la crucifixion prochaine ; et qui, mieux que saint Pio de Pietrelcina pour la lui annoncer ou la lui faire comprendre, lui qui, cinquante années durant porta, inscrites dans sa chair, les saintes plaies du Sauveur ?

    La fillette semble l’avoir compris, car depuis elle n’avait de cesse que de demander à Jésus de la « crucifier ».

    Quelque temps après la visite du saint Capucin, Teresa nota dans son Journal : « Ce mois-ci j’ai beaucoup prié pour les âmes du Purgatoire. J’ai offert toutes mes souffrances, sans en épargner aucune » (Journal, p. 1238).

    Mais, pourquoi ces souffrances ? Pourquoi Teresa qui est encore si jeune, souffre-t-elle ainsi ? Pourquoi lui promet-on d’autres souffrances dans un proche avenir ?

    « Ces souffrances sont nécessaires — commente le père Stefano Manelli — parce que dans le monde beaucoup de péchés sont commis ».

    La Vierge Marie confirmera Elle-même, le 31 juillet 1950, cet état de faits :

    « Beaucoup d’hommes transpercent le Cœur blessé de mon Fils et s’ils ne prient pas, s’ils ne se repentent pas, Dieu enverra sur le monde un grand châtiment, une grande catastrophe ; Toi, prie et fait pénitence ».

    Teresa écoutait, priait avec ferveur et acceptait humblement toutes ces consignes célestes ; se montrait toujours généreuse, restait sereine et toujours prête à tout.

    Et, en effet, elle n’eut pas longtemps à attendre, car bientôt après les croix tombèrent nombreuses sur son corps menu et fragile. Ce furent des coliques très douloureuses, des accès de fièvre et spasmes lancinants, alors que ses genoux commencèrent à gonfler démesurément ce qui amena son médecin — il ne trouva aucun médicament capable de la guérir — décida de l’opérer.

    Un an plus tard, la situation est encore bien plus critique encore : coliques, jambes gonflées, fièvre élevée, douleurs lancinantes, larmes, cris, plaintes … A ceci s’ajoutera encore une pleurite à l’épaule gauche…

    Les choses allèrent ainsi, de mal en pire, avec plusieurs séjours à l’hôpital ; en tout 117 interventions qui ont « criblé » son jeune corps, laissant son corps couvert de blessures et de cicatrices.

    Les stigmates

     

    Theresa Musco

     

    Le 1er août 1952 il arriva à Teresa de se sentir comme plongé dans un « profond sommeil » et de se trouver sur une route remplie d’épines où elle rencontra le Seigneur Crucifié qui lui dit : « Ma petite fille, veux-tu m’aider à sauver les âmes ? Veux-tu m’aider à porter cette Croix ? »

    La réponse de la fillette fut courte mais ferme : « Oui ! »

    Alors elle vit venir sur elle deux bourreaux qui la prirent, la couchèrent sur la croix et la clouèrent. A ce moment-là Teresa se réveilla épouvanté et constata étonnée que ses pieds, ses mains et sa poitrine étaient marqués de boursouflures qui lui faisaient très mal.

    La fillette vécut cette expérience mystique non seulement avec une admirable simplicité, mais aussi avec stupeur. C’est qu’elle ne pense pas à elle-même, mais à son père et aux blasphèmes que cette situation pourrait déclancher chez lui. Alors quelques réflexions lui vinrent à l’esprit et elle se demanda pourquoi Jésus l’avait choisie, elle qui n’était autre chose qu’une nullité, une pauvre fille inculte. Mais, Jésus Lui-même vint dissiper cette réflexion et lui dit : « Ma fille, je me sers de la nullité ». Ce sont là les mêmes paroles que saint Paul adressa aux Corinthiens : « Ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1, 28).

    Les prêtres

    Deux offrandes et réparations tiennent particulièrement à cœur à la Madone : les offrandes pour les prêtres et la réparation pour les péchés d’impureté qui conduisent tant d’âmes en enfer.

    La Vierge Marie a un amour tout particulier pour les prêtres, ses « fils de prédilection »…

    « Ma fille, dit-Elle un jour à Teresa, offre tout ce qui te plaît d’offrir pour les Prêtres, car… ils ne comprennent plus ce qu’est la volonté de Dieu ». Une autre fois Jésus Lui-même lui parle d’un « aliment écœurant » et d’un « aliment insipide » qui le dégoûte énormément. Qu’est-ce que cet aliment « écœurant » et « insipide » ? L’aliment « écœurant » ce sont les péchés d’impureté ; l’aliment « insipide » c’est tout ce qui se fait de mal.

    Le 1er novembre 1952, alors qu’elle priait à l’église, Teresa vit une colonne en haut laquelle se trouvait le Père, soutenu par une chaîne en or. La colonne — symbole de l’Église — penche de temps en temps et la fillette entends que quelqu’un lui dit : « Veux-tu devenir la victime qui apportera un peu de soutien à cette colonne en ces temps si difficiles ? Écoutant une telle demande, Teresa ressentit des « frissons lui parcourir tout son corps », mais elle répondit sans hésiter : « Que ta volonté soit faite ! »

    « Le 13 septembre 1951 — raconte le père Gabrielle Roschini — après avoir été traitée par son père non plus comme fille, mais somme « chienne », Teresina voit Jésus qui se présente à elle pour la consoler. Elle a une vision. « Ne pouvant pas le révéler — dit-elle — ce que je vois, je recommande seulement aux Prêtres d’être attentifs au moment de la consécration lors de la Messe, parce que Jésus est là en personne et prête ses mains, sa bouche, sa langue au Prêtre. Il est tout prêt d’eux et observe sa table et son ministère. Ceci est tout ce que je peux dire » (Journal p. 877). Peu de paroles, comme on peu le constater, mais ô combien effrayantes ! Que dire alors des Prêtres qui, au moment solennel de la Messe, récitent les paroles terribles de la consécration avec tant d’indifférence et tant de désinvolture, comme s’ils récitaient une quelconque faribole ?

    Quelques semaines plus tard, le 30 septembre 1951, la Madone vint à son tour et lui dit :

    « Teresa, ma fille, es-tu contente d’aider ton Père à porter la Croix ? »

    La fillette, comme à son habitue donna à Marie une réponse affirmative, un “oui” du cœur, qui ne laissa à sa céleste Interlocutrice le moindre doute sur sa sincérité. Alors, la Madone lui fit cette suggestion :

    « Tu devras toujours offrir tes souffrances jusque au terme de ta vie. J’ai mis sur tes épaules une grande et bien pesante croix. Je te bénis afin que tu ne t’impatientes plus. Et, quand tu la remettras à ton Père, tu la lui apporteras remplie de perles et de brillants et mon Fils te donnera de grandes récompenses. Il ne te refusera rien. De grandes menaces pèsent sur l’Italie, et vous seuls, les “paratonnerres”, par vos prières et vos sacrifices, parvenez à attendrir le Cœur de mon Fils et celui du Père ».

    Aussitôt après, la Vierge Marie avertit les prêtres, les mettant devant leurs graves responsabilités vis-à-vis de ces “paratonnerres” si souvent décriés, dédaignées, méprisés et souvent persécutés :

    « Vous, prêtres, ne poussez pas à la tentation du désespoir les âmes que Je choisis, car sinon pour vous ce sera le feu éternel. Beaucoup d’âmes se perdent à cause de vous. Pensez à votre devoir, sinon un jour vous pleurerez ; pensez à les encourager, et non point à les décourager » (Journal, pp. 360-362).

    Le jour viendra…

    Après la généreuse acceptation dont nous venons de parler, la croix de Teresa commença dès lors à peser, à faire sentir sur ses frêles épaules d’enfant, un poids que ne cessera plus d’augmenter, les années durant, mais ce poids ne sera jamais un frein, car la foi et l’ardeur de la fillette augmenteront eux aussi au four et à mesure que les épreuves augmentent.

    De nouveau les « douleurs lancinantes », les « maux de tête accompagnés de grosses fièvre » firent leur apparition ; ses genoux gonflèrent au point que quelques fois elle ne parvenait même pas à rester debout. Et, malgré tout cela, Teresa souffrait en silence et offrait sans cesse tous ces « gros bobos » pour le salut des âmes.

    Bien entendu, elle consulta les médecins, mais les médicaments n’eurent aucune emprise sur ces maladies « chroniques ». On lui prescrit des « calmants », mais ces calmants ne calmaient rien du tout… Et la fillette était bien loin de s’en soucier, car elle savait le “pourquoi” de ces maladies.

    Un jour, pendant qu’elle faisait le ménage, la Vierge se présenta à elle et lui dit :

    « Je sais que maintenant tout te paraît comme un rêve. Mais, quand le jour viendra, tu sauras que tout ce que je t’ai dit est la vérité. Ne pleure pas, ma fille, je serai toujours à tes côtés. Je veux que pendant tout ce temps [de préparation], tu souffres sans rien dire à personne. Tu dois souffrir en silence, sans parler » (Journal, pp. 363-364).

    Le troisième « secret de Fatima »

    Il n’y a pas que les souffrances physiques qui font mal ; les souffrances morales sont, quelquefois, bien plus douloureuses encore, même et peut-être surtout quand on est un enfant.

    Être mis dans la confidence de certaines choses — ou secrets délicats — peut devenir une sorte de « calvaire intellectuel » très pesant et cause d’une souffrance morale très forte et très stressante. C’est ce qui arriva à Teresa, à qui la sainte Vierge confia une partie du fameux — et actuellement très controversé — troisième « secret de Fatima ».

    C’était le 3 janvier 1952. La Madone apparut à Teresa et lui dit :

    « Je veux te dire que le monde est perverti. Je suis apparue au Portugal où j’ai donné des messages, mais personne ne m’a écoutée ; Je suis apparue à Lourdes, à La Salette, mais bien peu de cœurs durs se sont adoucis. A toi-même je veux dire tant de choses qui affligent mon Cœur. Je veux te parler du troisième secret de Fatima. Je te recommande de ne pas avec les garçons comme toutes les autres ; Je veux que tu restes à la maison. Maintenant Je vais te parler du troisième secret que j’ai confié à Lucie, à Fatima. Je peux te dire qu’il a déjà été lu, mais personne n’en a parlé ».

    « Alors la Madone — raconte le père Gabrielle Roschini — prédit à Teresa le voyage de Paul VI à Fatima, où il invitera tout le monde à la prière et à la pénitence et Elle confie encore que le Pape n’osera point parler du secret, parce que celui-ci est “épouvantable” ».

    « Le monde — explique la Vierge Marie — courre vers une grande ruine… Le peuple se fourvoie de plus en plus… »

    Et, comme pour bien marquer l’esprit de ses enfants, Marie nous mets en garde contre les châtiments qui peuvent tomber sur nous, si nous ne rebroussons pas chemin :

    « Feu et fumée envelopperont le monde. L’eau des océans deviendra feu et vapeur. L’écume s’élèvera, couvrira l’Europe, et transformera tout en une lave de feu, et des millions d’hommes et d’enfants périront dans ce feu, et les rares qui en échapperont envieront ceux qui sont morts. Parce que, de quelque côté qu’ils regarderont, ils ne verront que sang, morts et ruines, dans le monde entier ».

    Teresa n’avait alors que huit ans, quand elle reçut cette terrible confidence de la Madone. Comment a-t-elle réagi alors ?

    Nous aimerions bien le savoir, mais de son Journal spirituel nous n’avons que des bribes, malheureusement, qui ne nous permettent pas de nous en faire une idée précise. Mais il est légitime de penser qu’une telle confidence laissa des traces sur son cœur d’enfant. Toutefois, il est aussi légitime également de penser que la Vierge Marie sait très bien ce qu’Elle fait et, si Elle a jugé bon de révéler à une enfant des choses aussi terribles, c’est que cette dernière était capable de les recevoir, même si, nous le pensons, vu son âge, elle n’en avait pas la même approche qu’un adulte.

    Sainte et heureuse simplicité des enfants !

    Autres messages eschatologiques

    Bien que ce ne soit pas notre propos ici, nous allons transcrire quelques autres messages reçus par Teresa et qui ont, bien entendu, un caractère eschatologique évident.

    Il n’est pas dans notre propos de les commenter, car toute argumentation apparaîtrait, nous le pensons vraiment, aux yeux de nos lecteurs, comme une spéculation vaniteuse, car ce serait essayer de scruter la pensée de Dieu qui seul connaît l’avenir ; un avenir que nos prières peuvent changer du tout au tout, tellement infinie est la miséricorde divine.

    20 mai 1951

    « Teresa, fille de mon cœur, je suis ici pour te confier des choses que tu devras garder pour toi seule, jusqu'à ce que je le souhaite. Tu verras beaucoup de changements dans l'église. Les chrétiens qui prient seront peu nombreux. Beaucoup d'âmes marchent vers l'enfer. Les femmes perdront la pudeur et la honte. Satanas prendra leur forme pour en faire tomber beaucoup. Dans le monde il y aura des crises communes. Le gouvernement tombera. Le pape passera des heures d'agonie ; à la fin je serai là pour les conduire au paradis. Une grande guerre aura lieu. Le nombre de morts et blessés sera incalculable. Satanas chantera victoire mais sera alors le moment où tous verront apparaître mon Fils sur les nuages et Il jugera tous ceux qui ont dédaigné son sang innocent et divin. Alors mon coeur immaculé triomphera ».

    13 août 1951

    « Ma fille, je suis ici pour te dire que le Père enverra une grande punition au genre humain dans la seconde moitié du XXe siècle. Sache ma fille que Satan règne chez ceux qui occupent les plus hauts postes. Quand Satan arrivera en haut de l'Église, il pensera qu’à ce moment-là il sera parvenu à séduire les esprits des grands scientifiques et c’est à ce moment-là qu’ils interviendront avec des armes très puissantes avec lesquelles il est possible de détruire une grande partie de l'humanité ».

    7 octobre 1951

    « Ma fille, les tribulations que le père a destinées à l'Italie sont préparées et seules les âmes qui se sont offertes comme victimes peuvent toucher pleinement le cœur de mon fils et du père. À partir de 1972 on entamera le temps de Satanas, les cardinaux s'opposeront aux cardinaux et les évêques aux évêques. Tu te trouves au milieu d'une génération très difficile, dans laquelle on prétend tout expliquer par scientifiquement et personne ne pense donner un peu de chaleur, un peu d'amour, compris aux plus pauvres ».

    Le « calvaire » continue…

    Le « calvaire » de Teresa continua. Reportons-nous à son « Journal » du 29 février 1952 :

    « Les coliques — explique-t-elle — ne m’abandonne plus ; elles sont continuelles. Je ne trouve pas de paix. Bien souvent je reste sans souffle. Je n’ai même plus la force pour me lamenter, mais j’offre tout à Jésus, par amour pour Lui. Je ne trouve que Lui dans mon cœur. J’offre ainsi toutes mes souffrances pour les pécheurs, pour les Prêtres et pour les âmes du Purgatoire… » (Journal, p. 370).

    Un peu plus tard, au mois de mars de la même année, la fillette écrivit encore dans son Journal :

    « J’ai de nouveau ma jambe gonflée et une grosse fièvre qui m’obligent à garder le lit. Les journées passent agrémentées de larmes, de cris et de gémissements. Tout le voisinage m’en veut à cause de mes lamentations. La Maman du ciel vient auprès de moi pour m’aider à réciter le saint Rosaire, toutefois je dois noter qu’Elle ne répondait qu’au Notre Père, se taisant ensuite ».

    Et, quand ce n’était pas la maladie qui la faisait souffrir, son père, toujours aussi acariâtre, toujours aussi râleur et méchant, s’en occupait lui-même, soit par des mots méchants — et il en connaissait une vraie litanie — soit par des actes brutaux   gifles, coups de poing, coups de ceinture et nous en passons — que nous voyons de moins en moins pratiqués de nos jours, heureusement, mais qui étaient, il faut le dire, le « pain quotidien » de la plupart des enfants dans la première moitié du vingtième siècle.

    A l’école communale

    Jusqu’au 20 février 1952, malgré son âge, Teresa n’était jamais allée à l’école, ce qui était pour elle un gros handicap : elle qui devait écrire ce que lui dicterait la sainte Vierge…

    Mais, le Ciel veuille à tout et y apporte toujours la bonne solution. Écoutons le père Roschini :

    « Le 20 février 1952, une dame — la surveillante de l’école — se présenta chez les Musco et demanda à parler au chef de famille et lui dit qu’elle venait de la part du Directeur de l’école et du Syndicat pour lui notifier qu’il avait deux enfants lesquels, selon la loi, étaient tenus de fréquenter les cours. Elle l’avertit que s’il continue à les tenir éloignés de l’école, elle sera forcée de revenir chez lui accompagnée des gendarmes, pour les y mener. Le cœur de Teresa, en écoutant cette menace, se remplit de joie. Le père, récalcitrant à envoyer la fille à l’école, se trouvait de la sorte obligé de capituler. Le matin suivant, Pour Teresa, pointait “le premier jour d’école”. Elle avait alors neuf ans ! “J’ai ressenti — écrivit-elle — comme si tous les maux étaient disparus : je me sentais heureuse, remplie d’une joie jamais ressentie”. Pendant que la maîtresse donnait ses explications, l’élève, en son fort intérieur disait : “O divin Cœur de Jésus, par l’œuvre du Saint Esprit, que ma vie soit comme la tienne : un holocauste permanent qui Te plaise, consommé dans le Cœur Immaculé de Marie, dans le détachement de toutes les créatures, dans le silence et l’oubli, dans le mépris et l’anéantissement de moi-même, pour le renouveau de mes frères et sœurs, à la louange et gloire du Père”. De temps en temps, toutefois, la maîtresse la rappelait à l’ordre, lorsque celle-ci se rendait compte que la pensée de Teresa était ailleurs. “La pensée de Musco — disait-elle — cherche des poussières dans les nuages”. Et tout le monde rigolait aux dépens de la pauvre élève ».

    Mais Teresa ne faisait pas que « chercher des poussières dans les nuages », elle faisait de rapides progrès, ce qui impliquait, bien entendu, les félicitations de la maîtresse, chose que la fillette détestait, car depuis longtemps, elle ne cherchait pas à se mettre en avant, mais à faire tout simplement et humblement, ce qu’elle avait à faire.

    Elle se levait tôt — vers quatre heures du matin —, aussitôt après que ses parents soient partis travailler. Elle faisait le ménage, allait assister à la Messe et ensuite se rendait à l’école. Ses devoirs scolaires elle les faisait dans l’après-midi, car elle n’avait pas de cours. Elle profitait aussi pour prier le saint Rosaire et ensuite préparait le dîner.

    A neuf ans, Teresa était devenue « une petite femme » d’intérieur.

    Salvatore, le père récalcitrant, chercha par tous les moyens à l’empêcher d’aller à l’école, mais la fillette avait en Jésus et Marie des défenseurs autrement coriaces que son père.

    Chaque fois que Salvatore essayait de la retenir, Teresa priait : « Jésus, aide-moi, si tu veux que j’apprenne à lire ». Et, comme la plupart des enfants — qui n’ont peur de rien — la fillette ajoutait : « Comment puis-je couper l’herbe pour les ânes ? » Car son père voulait absolument qu’avant d’aller à l’école, elle coupe et ramasse de l’herbe pour les bêtes. En réponse à sa question, elle entendit cette voix amie qu’elle connaissait déjà si bien, lui dire :

    « Va à l’école et ne crains pas ! »

    Teresa est heureuse : « Combien je me sens heureuse de me trouver au milieu des autres, d’entendre tant de belles choses que la maître nous apprend ! »

    L’herbe coupée…

    Salvatore, toujours égal à lui-même, appela un jour sa fille — vers la fin mars 1952 — et lui dit :

    « Teresa, à compter de demain tu devras aller cueillir de l’herbe… Tu ne dois pas faire la « bourgeoise » à la maison ; tu devras travailler » « Oui ! — répondit Teresa — mais avec mon petit frère qui est encore au biberon, comment pourrai-je faire… » « Mais bien sûr que tu le pourras », rétorqua Salvatore.

    Cette décision — qui semble bien arbitraire — peina beaucoup la fillette, car elle se voyait déjà privée de la Messe matinale et de la réception, par la même occasion, de son bien-aimé Jésus. Elle pleura presque toute la nuit, puis s’endormit et fit un rêve très particulier : elle vit, dans les prés du Cimetière, deux angelots qui coupait l’herbe et attendait ensuite que quelqu’un vienne la ramasser.

    Teresa se réveilla vers les quatre heures du matin et entendit partir ses parents. Elle se leva alors rapidement pour faire le ménage. A cinq heures trente elle prit le sac et partit vers le Cimetière, laissant seul son petit frère endormi. Elle avait posé à côté de sa bouche le biberon rempli de lait, au cas où il se réveillerait avant qu’elle ne revienne.

    Arrivé à l’endroit dont elle avait rêve la nuit, elle trouva l’herbe déjà coupée. Elle remplit son sac et revint à la maison, remerciant Dieu de lui avoir permis de pouvoir aller assister au saint sacrifice de la Messe, après avoir accompagné son petit frère à l’asile (Journal, pp. 1096-1097).

    La cuisine céleste…

    Le fait que nous allons rapporter, peut laisser à penser que nous nous acharnons sur le pauvre Salvatore, le père de Teresa. Il n’en n’est rien, car il ne nous appartient pas de porter un jugement sur les agissements du pauvre homme qui fut, sans le savoir et sans le vouloir vraiment, un instrument dans les mains de Dieu, pour la sanctification de sa fille, la petite Teresa.

    Début septembre 1952, Teresa fit la connaissance d’une famille nombreuse — sept enfants — vivant dans la misère, sans rien avoir pour calmer leur estomac dévoré par la faim. La fillette en est très peine et vint chez elle chercher un demi kilo de haricots, afin de leur permettre de manger un peu et de calmer leur faim. Mais, une voisine qui avait regardé le va-et-vient de Teresa, alla tout raconter à son père. L’homme, comme nous le savons déjà, facilement colérique, appela sa fille et lui demanda : « Est-il vrai que tu as donner des haricots ? » La fillette n’est aucunement adonné au mensonge et, sa réponse est immédiate : « Oui, c’est vrai. Mais, nous en avons en abondance… »

    Le sévère Salvatore, très en colère, se leva, prit sa fille et lui administra une très sévère correction : il la frappa jusqu’à épuisement, puis pour combler le tout, l’envoya au lit sans manger.

    Teresa, en pleurs, prit son crucifix et offrit à Jésus toutes ses souffrances.

    Vers minuit elle entendit frapper à la vitre de la fenêtre de sa chambre ; elle regarda et vit un Ange qui lui dit :

    « Regard, je t’ai apporté à manger. Ne pleure plus ! C’est la Maman du ciel que m’a envoyé vers toi, pour te consoler ».

    Et il lui présenta une tourte au miel et un morceau d’agneau grille.

    « Je n’ai jamais mangé quelque chose d’aussi bon ! » — nota la fillette dans son Journal.

    La sainte Vierge venait ainsi récompenser la générosité de sa fille de prédilection, et nous faire comprendre, par la même occasion, qu’Elle n’abandonne jamais ceux qui, sincèrement, ont recours à Elle.

    Le monde au bord du gouffre

    Le 31 août 1953 — Teresa avait alors dix ans — alors qu’elle raccommodait les pantalons de ses frères, la Maman du ciel lui apparut et lui dit :

    « Ma fille, tu dois écrire ! Prends une feuille et une plume !... »

    Teresa, comme toujours, obéissante, alla prendre une feuille et la plume et se mit à l’écoute de la divine Maîtresse. Voici ce qu’elle écrivit sous la dictée de Marie :

    « Ma file, combien de péchés dans le monde ! Mille fois et, à chaque instant [les hommes] crucifient, clouent mon Fils à la croix. Le Père en a assez et sa colère est grande de voir son Fils autant piétiné et maltraité par tant d’hommes cruels. Ma fille, prie et fait pénitence car le peuple courre véloce ver un horrible précipice. Parle aux petits comme toi afin qu’ils prient, car la prière des innocents vaut bien plus que celle des adultes. Seule la prière pourra calmer la colère de Dieu. Et toi, par tes peines et tes prières, tu peux changer tellement de cœurs. Prie beaucoup, spécialement pour mes fils de prédilection, les Prêtres, les fils de prédilection de mon Fils. Je veux une vraie ferveur, vive et vraie dans la prière, et non pas une prière apprise par cœur et récitée par habitude, spécialement la prière faite devant Jésus au très Saint-Sacrement. Ainsi tu obliges tant et tant de Prêtres à revenir à moi » (Journal, pp. 387-388).

    Comme on peut le voir, la Vierge Marie, Mère de tous les hommes, a un amour de prédilection pour les Prêtres et, ne se fatigue jamais de faire prier pour eux, car, il est vrai, ils sont les représentants de son divin Fils auprès de leurs frères. Ce sont eux également de dire les paroles extraordinaires que Jésus lui-même a dites lors de son dernier repas avec ses apôtres : « Ceci est mon Corps… Ceci est mon sang… » Paroles qui font trembler et dont la puissance est inouïe : elles transforment le pain et le vin en Corps et Sang de Jésus.

    En est-on toujours conscient de ce divin mystère, de ce miracle quotidien réalisé par Jésus par l’intermédiaire de ses « fils de prédilection » ?

    Rien n’est moins sûr, hélas, à entendre les plaintes réitérées de Marie aux quatre coins du monde, là où elle se présente à nous pour solliciter prière et sacrifices.

    Depuis des années, à La Salette, à Lourdes, à Pontmain, à Fatima ou à Balasar, au Portugal ; qu’il s’agisse de petits enfants ou d’adultes, Marie a toujours demandé des prières particulières et ferventes pour les Prêtres, afin qu’ils deviennent tous saints et de bons bergers, car les bons bergers ont soin de leurs brebis et ne veulent en perdre aucune…

    « Ta souffrance sera longue… »

    Les « maladies » — car il faut les mettre au pluriel — et les incompréhensions au sein même de la famille de Teresa ne semblaient pas s’amoindrir, bien au contraire.

    La Madone qui les connaissait et en connaissait la cause préféra avertir la fillette et, toute maternelle, elle vint un jour — le 30 octobre 1953 — lui en faire part. Écoutons-la :

    « Ma fille, je te le recommande : ce cahier — celui où Teresa notait tout ce que la Maman du ciel lui dictait — tu ne dois pas le montrer à quiconque, avant que Je ne te le dise. N’attend aucun soulagement ou compréhension de la part de ceux qui te sont chers, car tu n’en auras aucune. Ta souffrance sera longue et pénible. Longtemps après, une nouvelle souffrance t’atteindra : [une souffrance] qui te crucifiera l’âme et le corps ».

    Mais la Vierge n’abandonne jamais ses enfants dans la détresse. Marie ajoute encore à l’adresse de la fillette :

    « Je serai toujours à côté de toi, non pas pour t’alléger, mais pour te replacer sur la croix ».

    La victime est prête et la croix aussi… Le moment venu, les deux vont se joindre, se coller l’une à l’autre, pour ne plus jamais se séparer.

    Sur la croix

    Programme de vie

    N’ayant encore que dix ans, en 1954, Teresa reçut de la Vierge Marie son programme de vie, que voici :

    Dieu seul pour but,
    Jésus pour modèle,
    Marie pour guide,
    L’Ange Gardien pour soutien
    Et moi pour le sacrifice.

    « Un programme de vie — commente le père Gabrielle Roschini — en cinq points seulement.

    On ne saurait imaginer un programme de vie plus complet, indiscutablement supérieur à l’intelligence d’une fillette de dix ans. Et ce fut le programme réalisé par Teresa pendant sa brève vie ».

    Quelques années se sont écoulées. Teresa prit de l’assurance dans sa mission et s’efforça de plus en plus à correspondre aux desseins de Dieu sur elle, guidée toujours par la tendresse et l’amour de Marie.

    Plusieurs fois elle visita les médecins ou ceux-ci la visitèrent, mais leurs interventions n’avaient aucun effet sur les « maladies » de l’enfant.

    Ils l’internèrent, lui firent passer des rayons X, l’opérèrent, mais peine perdue, aucun soulagement ne venait couronner leurs interventions.

    Dépités, fatigués peut-être, ils finirent par avouer à la pauvre mère que sa fille ne serait jamais guérie et que sa vie ne serait pas bien longue : quelques mois tout au plus. Mais, c’était sans compter sur la “surveillance” du « grand médecin des âmes », Celui qui tient en sa Main toute chose. Teresa vivra plus que quelques mois, même s’il est vrai qu’elle est morte jeune, à l’âge de 33 ans.

    « Jésus, accepte-moi telle que je suis : nullité et misère »

    Le 7 mars 1955, Teresa qui aura bientôt douze ans, accompagna sa mère dans un pays voisin pour l’y aider à la vente de légumes. Elle n’avait plus de forces, mais elle était pleine de bonne volonté, cette volonté qui fait que même exténuée, le courage prenne le dessus. Chemin faisant, elle boitillait, car l’un de ses genoux était gonflé et lui faisait atrocement mal.

    Pleine de tristesse, la petite se tourna vers son Jésus et lui dit :

    « Mon Jésus, toi qui vois mon amour et mon cœur, accepte-moi telle que je suis : nullité et misère. Renforce mon amour pour Toi !... Mon genou gauche gonfle beaucoup et le médecin a dit que j’avais besoin d’un repos absolu… » — conclut-elle humblement.

    « Plus tard, le 12 avril 1955 — raconte le père Roschini — la petite Teresa devait se soumettre à une nouvelle intervention chirurgicale. “Je me suis sentie désespérée — dit-elle — je criais, je pleurais, je ne voulais en aucun cas me résigner” ».

    Et le même père de nous rassurer quant à ce « désespoir » et cette « rébellion » de Teresa :

    « Ce “désespoir” et cette “rébellion”, doivent être compris — il me semble — dans le sens de rébellion instinctive et non point intentionnelle ».

    Il va de soit, bien entendu, car la petite Teresa avait elle-même demandé ces souffrances et les avait acceptées humblement pour le salut de ses frères, le soulagement des âmes du Purgatoire et tout particulièrement — comme l’avait demandé la Madone — pour les Prêtres. Il faut donc prendre ces réactions comme quelque chose de naturel et commune à chaque être et non pas comme une “rébellion” intentionnelle, une révolte contre le bon  Dieu.

    « Ton cœur sera comme un tabernacle vivant… »

    Ce même 12 avril 1955, vers dix-sept heures trente, alors que Teresa était étendue sur son lit, elle vit pénétrer dans sa chambre un grand rayon de soleil, une lumière si intense que l’on pouvait à peine la regarder. Puis elle entendit réciter le “Je vous salue, Marie” et vit ensuite « une ombre très haute et de surcroît très belle ». Comme à son habitude, Teresa demanda : « Qui êtes vous ?... Que voulez-vous ?... »

    Du milieu de l’ombre une voix se fit entendre alors : « J’ai été envoyé par la Maman du ciel pour te dire qu’Elle est à côté de toi. Tu as accepté la croix, et bientôt tu arriveras au Calvaire. Quand tu y seras arrivée, ton corps sera comme un crucifix et ton cœur comme un tabernacle vivant… » Puis, l’Ange l’exhorte à réciter cette prière : « Entoure ma tête de ta couronne ! O Père, perce mes mains et mes pieds avec tes clous ! Blesse mon côté avec ta lance ! Je me penche sur tes genoux pour recevoir ta flagellation et l’amertume de la traîtrise de Judas, accepte mon néant !... » (Journal, pp. 1328-1329).

    « L’amour a la forme d’une croix »

    L’année 1956 commença pour Teresa sous de ténébreux nuages, des nuages qui présageaient la tempête.

    Sa jambe recommença à gonfler démesurément et le médecin, après avoir utilisé tous les moyens dont il était disposait, s’avoua incapable de la guérir et même de la soulager. Il fallut donc que la jeune fille prenne son mal en patience, qu’elle continue de porter sa croix de plus en plus pesante.

    Teresa, quant a elle, elle ne baissa pas les bras, ne se laissa pas gagner par le découragement, car faire la volonté du Seigneur et souffrir pour Lui gagner des âmes était sa mission et son but. Alors, « souffrir, se taire et offrir » lui sembla la meilleure chose à faire.

    A ce sujet, elle nota sur son Journal : « Je parlais à mon Crucifix et lui disait : “Oh ! Cher amour de mon cœur ! J’aimerais, Seigneur, avec mes douleurs, essuyer toutes tes larmes, afin de faire revenir à Toi les âmes de ceux qui se sont éloignés de Toi. Je suis incomprise et humiliée par amour pour Toi. Fais que je ne puisse jamais réagir, mais que par ton grand amour, je sache toujours pardonner. Mets ma famille sous ta protection afin qu’ils soient tous sauvés et jouir de ta bienheureuse Patrie » (Journal, pp. 1355-1356).

    « Fais… que je sache toujours pardonner » a ici un sens particulier, car elle pense à son père et à ses manières toujours aussi rudes et colériques, quand elle adresse cette prière au Seigneur.

    En effet, Salvatore, excédé et par la maladie de sa fille et par les visites du curé qui lui apportait la sainte Communion, interdit formellement à celui-ci de remettre les pieds chez lui.

    Bien entendu, cette situation déplaisait grandement à Teresa, car recevoir son Jésus aussi souvent que possible, était pour elle un besoin vital et une consolation spirituelle à nulle autre comparable. Mais elle obéissait toujours !...

    Voilà aussi pourquoi elle demande à Jésus de mettre sa famille sous sa protection, « afin qu’ils soient tous sauvés et jouisse de ta bienheureuse Patrie »

    « Je suis là pour te réajuster à la croix… »

    Vers la fin de cette même année 1956, le 10 septembre exactement, Teresa reçut une nouvelle visite de la Madone, alors qu’elle faisait ses prières du soir.

    La Vierge s’approcha, lui posa la main sur le front brûlant de fièvre et lui dit :

    « Ma fille, je suis là pour t’aider et pour te réajuster chaque fois d’avantage à la croix ».

    Puis la Mère de Dieu lui fit part des paroles de son Fils qui désirait la collaboration « vaillante et amoureuse » de Teresa ; et ajouta encore : « Ton cœur brûle d’amour pour mon Fils bien-aimé. Il veut trouver dans ton cœur un berceau, et dans ton âme un oreiller pour se reposer… »

    Marie lui dit encore qu’Elle sera toujours à ses côtés et qu’Elle l’aiderait lors des moments de grande solitude et de ténèbres. Puis, Elle bénit Teresa et disparut (Journal, pp. 1385-1386).

    Exorcisée !...

    Vers la fin de septembre 1956 se déroula chez Teresa un exorcisme presque surréaliste.

    En effet, à cette époque on présenta à Teresa une certaine demoiselle. La Madone — expliqua par la suite Teresa — lui fit voir l'âme de la visiteuse, « comme un livre ouvert ». Elle jugea bon alors de lui parler de façon très claire, dans le but de la stimuler au bien. Mais la demoiselle, après avoir été surprise par tout ce que la jeune fille lui disait, se tourna vers au père de Teresa et lui dit : « Votre fille est possédée des démons ! ... Ils lui ont fait la facture ! ».

    Suite à ce renseignement très particulier, Salvatore se rendit immédiatement chez le Curé et lui rendit compte de tout ce qu’il venait d’entendre. Le Curé, sans sourciller et sans la moindre enquête, lui répondit : « Je viendrai l'exorciser ». Il se rendit en effet chez Salvatore et commença à exorciser Teresa, commandant, avec force et conviction, à Belzébul de la laisser libre.

    La pauvre fille dut subir toute cette mascarade, mais elle se tût et offrit à Dieu les humiliations que l'on venait de lui infliger (Journal, pp. 1388-1389).

    « Ma fille, voici la croix… »

    En cette même année, la veille de Noël, pendant que Teresa sur son lit priait, souffrait et offrait pour les pauvres pécheurs, elle vit une lumière qui inonda sa chambrette. Ensuite elle aperçut la figure d’un homme qui s'approcha, la fixa longuement et lui dit : « Fille de mon cœur, Je te fais trop souffrir, n’est-ce pas ? Mais l'humanité en a tant besoin...  ». Et, parmi d'autres choses, il ajouta ceci : « Fille de mon coeur, voilà la croix que j'ai construit pour toi... Tu vas bientôt arriver en haut du Calvaire ». Il lui prédit ensuite certaines choses futures, qui furent confirmées plus tard. Puis, Il la bénit et disparut.

    Suite à cela, Teresa, se tourna vers le Seigneur et Lui adressa cette prière :

    « Donne-moi tout ce qui favorisera mon union à Toi... Prends-moi à moi-même, et fait que je sois un pur don pour Toi ! ... Je suis prête à renoncer à tout au monde par amour pour Toi et pour le bien des âmes... Attache-moi à ta croix... Je veux te rester fidèle jusqu'à la mort... » (Journal, pp. 1387-1401).

    « Mes souffrances — écrivit-elle — semblent dépasser mes forces. Ma faiblesse augmente, mais mon cœur cherche Jésus... ».

    Le médecin lui-même, venu la visiter, ne réussit pas à retenir les larmes et dit : « Cette fille doit être hospitalisée ! ... Elle courre le risque d'une septicémie à la jambe ».

    A l’Hôpital de Caserte

    Suite à ce décourageant verdict, le 17 janvier 1957 l’infirme, accompagnée de sa maman, fut transportée, pour la troisième fois, à l’Hôpital civil de Caserte. Cette nouvelle hospitalisation fut, pour elle, « une rencontre avec son Époux céleste », une rencontre très attendue. Le lendemain elle put recevoir, avec une indicible satisfaction, son « cher Amour sans craindre les remarques désobligeants de son père ».

    Suite aux analyses médicales, le médical traitant « enferma la jambe — raconte Teresa — dans un étui en fer, qui l’empêchait de bouger... ». « Mais, même en étant ainsi crucifiée — continue l’infirme — je me sentais terriblement (sic) heureuse : je sentais en moi un amour qui me brûlait, et mon corps brûlait comme un brasier allumé ».

    « La jambe, entre-temps — raconte le père Roschini —, même enfermée et immobilisée, continuait à gonfler, et les douleurs lancinantes ne lui donnaient pas un instant de trêve. La fièvre — qui Teresa avait coutume appeler “sœur” — lui tenait une fidèle compagnie. Sa souffrance était telle qu’elle ne réussissait même pas à dire un mot. Le Chapelain de l'Hôpital, plein de compréhension, cherchait à l’encourager, et un jour lui posa cette question : “A qui offres-tu tes souffrances ?..”. Il s’entendit répondre : “Pour tous les Prêtres, pour les Évêques et pour le Pape, afin qu'ils deviennent de grands Saints” ».

    Mais la pauvre Teresa n’était pas au bout de ses peines. En effet, le premier février, vers vingt-trois heures trente on la transporta dans la salle d’opérations pour extraire le pus dont son genou malade était plein.

    L'opération fut très douloureuse du fait qu'on ne put pas lui pratiquer l'anesthésie. Lorsque le chirurgien enfila une grande aiguille dans le genou, la pauvre patiente éprouva des douleurs si atroces qu’elle poussa des cris épouvantables. « Lorsque je me suis rendue compte — nota Teresa dans son Journal — que la douleur dépassait mes forces, j’ai commencé à m’entretenir avec Jésus, Lui disant : « Tendre amour, quelle de douleur ! ... Fait que je puisse éloigner les Prêtres de la mauvaise route... Je te donne tout : mon âme, ma vie, mon corps et toutes mes douleurs, mes angoisses, ainsi que toutes les palpitations de mon cœur. Je veux te suivre jusqu'au Calvaire, comme il te plaît, tendre amour, mon Jésus ».

    Une fois l’opération terminée, Teresa fut ramenée dans sa chambre. Après avoir versé quelques larmes, la jeune fille tomba dans un profond sommeil.

    « Le 5 février — raconte le père Roschini —, vers dix heure trente minutes, le Chapelain de l'Hôpital, venait la visiter, mais la trouvant dans cet état, n’eut pas le courage de lui parler et se limita seulement à lui demander : “Teresa, qu’as-tu dit au doux Jésus ?…”. La malade, le sourire aux lèvres, lui répondit : “Je lui ai dit : Jésus, mon époux, transforme, par ta force, ma douleur en un autel, où je m'offrirai comme âme réparatrice, pour l’amour de mess frères…”.

    Le 28 février — continue le père Roschini —, suite au résultat de la visite médicale, la pauvre infirme fut une nouvelle fois transportée dans la salle d’opérations pour une nouvelle intervention chirurgicale. “Ils m’ont attachée à la table — raconte Teresa — et commencèrent les recherches avec l'aiguille dans mon genou. L'aiguille je le sentais vraiment dans mon cœur, comme si on y avait percé un trou. J’ai crié : Jésus, pardonne-moi, aide-moi, accepte mon offrande”.

    A la gêne de la jambe, s'ajoutaient, les jours suivants, des “fièvres très élevées, fortes douleurs aux épaules”. “Mais si Jésus me veut victime — disait l’infirme — pourquoi dois-je me lamenter ? Jésus a tout souffert en silence”. Il sentait seulement de se trouver “dans un lit de douleur” ».

    Nouvelle opération

    Les choses ne s’arrêtèrent pas là. Son calvaire continua encore plusieurs jours dans cet Hôpital où elle ne recevait aucun soulagent.

    Pour en savoir plus, continuons de lire le texte du père Gabrielle Roschini, théologien talentueux, éminent spécialiste de la Cause des Saint et très respecté par ses confrères.

    « Pendant la nuit du 30 Mars, la pauvre victime fut, une fois encore, transportée dans la salle opératoire. Elle subit une nouvelle intervention chirurgicale sans anesthésie et sans la moindre piqûre qui aurait pu atténué la douleur. Pendant la très douloureuse intervention, la victime priait pour les médecins et disait, pour elle-même : “Jésus, si aujourd'hui je suis victime, fait que demain je puisse être ta Crucifiée”. “Je me sentais — dit-elle encore — vraiment heureuse” : c’était le seul bonheur de la douleur soufferte avec amour” (…). Et, s’adressant à Jésus, elle répétait : “Jésus, comment, comment pourrai-je vivre un instant sans de Toi ? Donne-moi la force d'être toujours prête à ton doux appel”.

    Après 15 jours d'absence, la mère se décida à aller trouver sa pauvre fille, et elle lui apporta un miroir. La fille se vit dans le miroir et resta terrifiée : ses yeux étaient langoureux et enfoncés, son visage était très pâle et son corps réduit à un squelette… Effrayée, elle se tourna vers la Madone : la douce Maman céleste la serra contre son Cœur et la remplit de paix et de force ».

    Puis, au milieu de toutes ces souffrances, de tous ces malheurs qui s’accumulaient sur sa route, une petite accalmie, un petit havre de paix, une grande consolation.

    La Chapelain qui avait appris à mieux connaître la malade, voulut lui faire une surprise, certain de l’effet que cela ferai dans le cœur de Teresa : il décida de célébrer la Messe dans sa chambre. Elle put ainsi serrer dans son cœur le seul Amour de sa vie, le seul Consolateur capable de lui donner courage et force : Jésus !

    Toutefois, l’internement dura encore plusieurs semaines : Teresa ne quitta l’Hôpital de Caserte que le 11 mai. A sa sortie, elle était heureuse et disait à Jésus : « Tu m’as fait goûter l’amour de ta Passion et la joie de ta Crucifixion, garde-moi avec Toi sur la croix… »

    « Je veux m’unir à ta Passion »

    Le 31 janvier 1957, Teresa reçut une visite qui lui causa « une terrible peur ». En effet ce jour-là, son médecin traitant vint chez elle pour l’opérer. Mais bientôt, faisant appel à toutes ses faibles forces, elle se calma et s’adressant à Jésus, elle Lui dit, pleine de confiance et de foi :

    « Jésus, Tu le veux, et je le veux aussi ! ... [Je veux] m’unir à ta Passion et résurrection. Pendant toute ma vie et jusqu’à ma mort, je veux toujours sentir ta résurrection et savourer toujours ta Passion. Avec cette pensée — poursuit Teresa — en me serrant à la croix de Jésus, et en offrant cette douleur sans parler, je me sentais vraiment proche du Cœur de Jésus, pendant que le médecin me donnait le coup de bistouri. Le “coup de bistouri” — explique encore Teresa — fut vraiment douloureux ; mais pendant cette horrible douleur je vis Jésus qui me tendait les bras ; et j'offrais toujours et toujours ma vie, mes actions, mes souffrances, tous les sacrifices que je supporte dans ma famille. Je t’offre tout, mon doux amour. Tu m'as donné la vie, et Tu dois la prendre. Moi, Jésus, je te rends mon corps tout criblé, c'est-à-dire, plein de trous ; ce corps que Toi, tendre Amour, tu m’as donné si sain et si beau, moi, incapable de rien, je te le rends avec tant de trous. Jésus, fait que ces blessures, ces opérations, acceptées par amour pour toi, soient pour le bien des âmes et, plus particulièrement pour le salut de la mienne. Mon Amour, je te confie tout, sans plainte aucune, entre tes mains, pour que Tu aides les Prêtres et sauves les âmes » (Journal, pp. 1405-1407).

    « Quitte cette maison »

    La vie de Teresa prit un nouveau virage à compter du 2 novembre 1960.

    En effet, ce jour-là elle reçut une nouvelle visite de l’Ange Gabriel qui commença par lui demander de « s’occuper du salut éternel d’une âme en grave danger ». Il est évident que la réponse de la jeune fille fut, comme d’habitude, un “Oui” sincère et ferme. Puis, comme le souligne Teresa, il lui annonça « avec bonté, mais avec fermeté », le nouveau sacrifice qui l’attendait.

    « Jésus veut que tu fasses le sacrifice de laisser cette maison… et ceux qui te sont chers » (Journal, pp. 1588-1589).

    La surprise fut totale, car la jeune fille ne s’y attendait pas. Sont cœur se serra, les yeux se remplirent de larmes et une immense tristesse envahit tout son être. « La douleur était telle — raconte Teresa — que je n’arrivait pas à retrouver la paix. Je cherchais à travailler en brodant, en cousant, mais les aiguilles s'enfilaient dans mes doigts... ».

    Puis, un doute, peut-être, effleura son esprit, car comme pour confirmer le premier message, un autre Messager du Seigneur se présenta a elle deux jours plus tard, le 5 novembre et lui dit :

    « Teresa, Jésus veut que tu partes de cette casa, si tu ne veux pas que le Seigneur appelle au ciel tes parents ».

    Si Teresa avait un doute, après cette précision divine, tout aurait dû devenir claire pour elle. Mais, ce ne semple pas être tout à fait le cas. Elle raconte :

    « Entendant cela, j’ai fait appel à toutes mes forces et je lui ai répondu : “Mais comment pourrai-je, seule et sans secours, porter (le poids de la) responsabilité de la vie et de la route sur laquelle je dois cheminer ? Je sens mon cœur troublé et mon esprit agité” ».

    Quel autre messager plus qualifié que la Maman du ciel pour confirmer les désirs de Dieu et en même temps rétablir la paix dans l’âme de la jeune fille ?

    Marie vint donc au secours de sa fille tant aimée et lui dit :

    « Ma fille, ne craint pas ! Les voies de Dieu sont impénétrables aux yeux des créatures... Ne craint rien, ma fille ! Le sacrifice que tu vas faire en t’en allant de chez toi est pour la bien de ton âme et pour le bien de beaucoup d'autres. Jésus t'aime. Vis uniquement pour Lui !  ».

    Mais Teresa aime sa famille. Les laisser lui coûte beaucoup et, elle le dit à Marie :

    « Mon affection pour eux ne me permet pas de m’en séparer ! »

    La Vierge n’insista pas, semble-t-il et, après l’avoir bénie, comme habituellement, Elle disparut.

    L’acte d’abandon complet

    Teresa, restée seule, se mit à réfléchir et à prier, afin de pouvoir prendre une décision ferme et définitive, une décision qui plaise à Jésus, bien entendu, ce qui, il est vrai, limitait les possibilités d’un refus de sa part.

    Malgré les brimades et la sévérité de son père, Teresa l’aimait, comme elle aimait sa mère et ses frères. Son cœur eut beaucoup de mal à accepter la décision qui pourtant s’imposait à lui comme la plus adéquate : obéir au Seigneur.

    La jeune fille ne va pas faire durer l’attente ; Le 10 novembre 1960, donc, cinq jours plus tard et « après des jours de terrible souffrance », comme elle l’a écrit elle-même, elle décida de faire un acte d’abandon complet à la volonté divine : elle s’est donnée toute entière, corps et âme à Jésus, pour faire en toute chose sa divine volonté.

    « Je veux — dit-elle — un abandon complet à la volonté divine. Je veux un abandon complet à Jésus, et Lui seul je veux aimer ! »

    Elle disait vouloir aimer Jésus à un tel point « que personne ne puisse l’éteindre. Peu importe ce que cela me coûte — continua-t-elle — je laisserai cette maison que j’aime tant, et tout le reste avec elle.

    J'irai où Jésus le voudra, car je n’aimerai que Lui seul, et à Lui seul je rendrai compte, et à Lui seul je devrai plaire... Jésus lit dans mon âme tout ce que j'ai offert et offrirai toute ma vie... »

    L’acte d’abandon complet semble avoir plu à Jésus, car peu après, elle entendit « une voix douce et suave qui lui disait : “Ma fille, chère Teresa, tu me consoles…” » (Journal, pp. 1590-1591).

    Entendre cette « une voix douce et suave » était pour la jeune fille comme un enchantement, cela lui procurait une joie angélique et un amour indicible. Alors elle répétait sans se lasser, les yeux remplis de larmes de joie :

    « Que ta volonté soit faite ! Fais-moi boire à ton propre calice ; fais-moi porter ta propre croix… Jésus, mon amour, tu le sais : j'ai mis à ta disposition tout mon corps et ma volonté pour que tu en fasses tout ce que tu veux. Maintenant, si tu ne le fais pas, lorsque je me trouverai face à face avec toi, mon tendre amour, tu ne pourras pas me dire : “ ceci tu ne me l'as pas donné”, car alors je te répondrais : “ et toi, pourquoi tu ne l'as pas pris ?...” » (Journal, p. 1582).

    A partir d’alors elle se donna un mot d’ordre qu’elle respectera toujours jusqu’à la fin : « Ne jamais reculer face à la souffrance !... » (Journal, p. 1593).

    Le carnaval

    La période de carnaval est, sans aucun doute, l’une des périodes de l’année où l’homme offense le plus le Seigneur son Dieu.

    En effet, les demandes de réparation que le Seigneur adresse à ses âmes de prédilection, pour ces jours où les hommes se défoulent à tout va, sont très nombreuses. Nous pensons, bien entendu, à celles que Jésus et Marie adressèrent à Alexandrina de Balasar — nous avons la chance de bien connaître sa vie et ses écrits —, celles dont fut dépositaire Josefa Menendez, sainte Faustine Kowalska et bien d’autres. La même requête fut adressée à Teresa. Ce fut pendant de carnaval de 1961. Jésus lui apparut et lui dit :

    « Teresa, ma fille, pendant ces jours où je reçois beaucoup offenses, je veux t'avoir pour Cyrénéen. Oui, tu m'aideras à porter la Croix. Et la Croix de l'Amour, la Croix de mon Amour pour les âmes. Tu me consoleras, et tous les deux nous souffrirons pour eux » (Journal, pp. 1613-1614).

    Le carnaval, si nous avons compris la préoccupation de Jésus et Marie à faire faire des réparations pour cette fête profane, est donc une fête diabolique, quoi qu’en disent ceux qui la soutiennent.

    Ceci nous amène également à parler un peu des actions “tentées” auprès de Teresa par le père du mensonge et du désordre, celui-là même qui nous priva tous, en Adam et Ève, de la vision béatifique de Dieu.

    Il essaya, en effet, par tous les moyens — et les siens sont vraiment importants ! — de mettre la discorde au sein de la famille Musco et, plus particulièrement entre Teresa, ses parents et ses frères.

    La jeune fille s’en plaignit au Seigneur et obtint cette réponse déjà entendue aussi à Balasar :

    « Ma fille, tu dois être moulue comme le grain et pressée comme une grappe de raisin » (Journal, p. 1562).

    La réponse de Teresa ne fut pas différente des autres fois, en pareilles circonstances :

    « O Jésus, merci, parce que tu m'as associé à ta Passion. Je comprends, ô Jésus, que la Croix est le coffret qui contient le grand trésor. Et seulement, seulement en regardant celle-ci, je suis vraiment heureuse. Et je jouis du Paradis sur la terre » (Journal, p. 1576).

    Les âmes du Purgatoire

    La dévotion envers les âmes du Purgatoire est fort ancienne dans l’Église.

    Sainte Catherine de Gênes, une grande mystique, a écrit un “Traité du Purgatoire”, qui est un chef-d’œuvre de la littérature mystique. On y trouve des explications sur le sort des âmes, dès qu’elles quittent notre “vallée de larmes” et se trouve en face de Dieu.

    D’autres mystiques reçurent également des enseignements et renseignements sur ces âmes qui, dans l’attente du rétablissement de leur pureté originelle, se trouvent privées, jusque là, de la vision béatifique.

    La Vierge Marie, Elle-même, lors de certaines de ses apparitions au cours des siècles, parla souvent des âmes du Purgatoire « spécialement les plus abandonnées » — celles pour qui personne ne prie —, comme Elle le dit en 1917 aux trois pastoureaux portugais de Fatima.

    Teresa reçut, elle aussi, à plusieurs reprises, des demandes de prières et de sacrifices pour ces âmes “qui veulent voir Dieu”.

    Ses prières et ses sacrifices semblent avoir eu une grande valeur aux yeux du Seigneur, car le 2 novembre 1962, un très grand nombre de ces âmes saintes sont venues remercier la jeune fille.

    Ne pouvant pas se déplacer au Cimetière, Teresa s’unit “spirituellement” à ces âmes, car « il est vraiment beau d’offrir, non point des fleurs matérielles mais des prières et des souffrances pour les âmes du Purgatoire », a-t-elle écrit dans son Journal.

    Dans les premières heures de l'après-midi de ce 2 novembre 1962, pendant qu’elle était absorbée par sa prière, elle vit arriver sa chambre, devant elle une multitude de personnes. Devant un tel spectacle, elle ne put s’empêcher de leur demander, comme à son habitude ce qu’ils voulaient d’elle. La réponse fut courte, mais immédiate et consolante, au milieu de cris de joie :

    « Tu nous as libérés des peines du Purgatoire… ».

    Aussitôt après toutes ces personnes disparurent à la vue de Teresa.

    Cette vision lui permit, non seulement de se rendre compte de la valeur de ses souffrances, de ses lourdes croix, mais aussi à développer encore davantage en elle la dévotion envers ces âmes saintes.

    Vœu de chasteté

    En 1963, Teresa fêta ses vingt ans.

    Un peu avant, vers les dix-sept ou dix-huit ans, elle se sentit attiré par les garçons, comme toutes les jeunes filles de son âge.

    Poussé ou non par ceux de sa famille, elle donna suite aux avances de l’un ou de l’autre de ces jeunes gens, mais tout en restant très digne et très pure.

    Puis, ce penchant s’estompa et son avancée vers le Seigneur continua sans se heurter à d’autres écueils que celui de la maladie et des le souffrance librement acceptée en faveur des pécheurs, ses frères.

    Nous savons que Jésus est un époux « jaloux » : Il le répéta très souvent à toutes ces âmes qu’Il s’est choisies : sainte Catherine de Sienne, la bienheureuse Angèle de Foligno, sainte Rose de Lima, la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et tant d’autres auxquelles Il avoua son amour « jaloux ».

    Un jour, plus exactement, le 15 octobre 1963, à treize heures trente, alors que Teresa était seule chez elle, quelqu’un frappa à sa porte. Elle vint ouvrir et se trouva face à face avec un mystérieux religieux qui venait lui apporter la sainte Communion.

    Après avoir reçu l’Eucharistie, ils prièrent ensemble et, à la fin, le religieux se tourna vers Teresa et lui demanda :

    « Ma fille, veux-tu offrir ta virginité à la très Sainte Vierge ? ... »

    La réponse de la jeune fille ayant été affirmative, le religieux lui demanda de prendre en main son cahier et d’écrire et de répéter après lui, ce qu’il allait lui dicter :

    « O très aimable Jésus, voici le vôtre servante arrivée au comble de son bonheur. Je n'ai maintenant plus d’autre désir que Vous, Roi du ciel et de la terre, vous qui vous abaissé pour m’élire vôtre épouse bien-aimée. Donc, le coeur pénétré d’une sincère gratitude, avec une volonté ferme et décidée, en pleine connaissance, je fais le vœu de consacrer à mon très doux Seigneur Jésus, ma pureté virginale, vous élisant, vous seul, comme l’époux de mon âme, me privant ainsi de la liberté de contracter le mariage avec aucun homme. Vous, donc, mon très aimé Jésus, dès maintenant et à jamais, vous serez le patron de mon âme, de mon corps, de mes affections et de toute moi-même. Dès maintenant et à jamais je ne me considérerai plus mienne, mais toute à vous, toute, entièrement résolue à perdre la vie plutôt que de vous être infidèle. Oh, Dominus meus et Deus meus, donnez-moi la sainte persévérance et ensuite je suis content. Jésus, Jésus, Jésus, je vous aime ; mais parce que je ne vous aime pas assez, je désire vous aimer davantage. O faites, mon seul bien, que je meure au monde et à moi-même pour vivre seulement pour Vous. O Marie, délice des vierges, à Vous je recommande ma pureté virginale : gardez-la et préservez-la de toute tache ! Saint Gemma, Saint Thérèse, Sainte Maria Goretti, mes douces petites sœurs, aidez-moi à être fidèle à mon Dieu et à maintenir mon vœu et donnez-moi un peu de vôtre amour pour Jésus ».

    Quelle beauté, mon Dieu !...

    L’écriture terminée, le religieux se leva et, avant de prendre les escaliers pour sortir il lui traça un signe de croix sur le front et lui recommanda de relire la prière : elle en recevrait davantage de force (Journal, pp. 1718-1720).

    Phénomènes mystiques

    Pour ce chapitre particulier, nous allons faire appel, une fois encore au grand spécialiste en la matière, le père Gabrielle Roschini.

    Pour donner une idée aussi précise que possible, nous avons pris la liberté de traduire en grande partie le Livre II de son œuvre : « Crocifessa col crocifesso ». Nous espérons que l’auteur n’en prendra pas ombrage, car il ne nous a pas été possible de lui en demander l’autorisation.

    * * *

    Regard panoramique

    Teresa Musco, dans son « Journal », en parlant des phénomènes extraordinaires qui se sont vérifiés chez elle, a écrit que des tels phénomènes se vérifiaient « chaque jour ».

    Ceci, n'est pas une hyperbole, mais la pure réalité. Pour s’en convaincre il suffit de donner un rapide coup d’œil à ce que nous nous apprêtons à raconter, en nous basant sur les nombreux documents que l’on nous a fournis, autres que le « Journal » de Teresa, du Révérend Père Franco Amico, qui fraternellement a assisté Teresa Musco dans les dernières cinq années de sa vie terrestre. Nous aurons le soin de citer les témoins oculaires des divers phénomènes.

    Nous suivrons, dans l'exposition, l’ordre chronologique, qui nous a semblé plus apte.

    Pour une rapide et synthétique information de l'imposante complexité des phénomènes qui font l'objet de notre information, je crois opportun de faire un rapide survol panoramique des divers phénomènes :

    1)     le lieu et le temps des phénomènes ;

    2)     les images qui ont pleuré ou sué ;

    3)     les témoins oculaires ;

    4)     les analyses scientifiques du sang miraculeux ;

    5)     signification et description des phénomènes.

    1. Le lieu et le temps des phénomènes

    Nous nous trouvons, indiscutablement, devant le plus grand et impressionnant complexe de phénomènes extraordinaires qui se soient vérifiés, dès que le monde est monde, dans tous les temps et en tous lieux, dans l'histoire de l‘humanité. Ces phénomènes extraordinaires se sont vérifiés dans la maison de Teresa Musco en 175 jours, pendant une période de temps d’environ 18 mois (du 26 février 1975 au 19 août 1976).

    Les phénomènes extraordinaires se sont vérifiés, ordinairement, plusieurs fois dans la même journée (jusqu'à trois, quatre et cinq fois) à diverses heures du jour.

    Ces phénomènes consistent en versements de larmes, soit blanches (normales) soit de sang, et en des sudations de la part diverses effigies sacrées (images pieuses, photos ou statues de plâtre).

    2. Les images sacrées qui ont pleuré ou soudé

    Les images sacrées sur lesquelles on a vérifié les susdits phénomènes extraordinaires sont 24, toutes représentant Jésus ou Marie :

    1)   Vierge Immaculée (statue : 60 cm.) ;

    2)   Vierge Immaculée (statue : 30 cm.) ;

    3)   Notre-Dame des Douleurs (30 cm.) ;

    4)   Vierge à l'Enfant (15 cm.) ;

    5)   Notre-Dame des Douleurs (cadre : 40x40) ;

    6)   Reproduction papier de Notre-Dame de Fatima (6x9) ;

    7)   Calendrier représentant la Vierge du Carmel avec l'Enfant (30x40) ;

    8)   Vierge à l'Enfant et avec deux Anges (60x70 environ) ;

    9)   Sainte Face de Naples (cadre : 40x40 environ) ;

    10) Face et Cœur de Jésus (carte) ;

    11) Face de Jésus (cadre : 20x20) ;

    12) Face de Jésus (du linceul de Turin) (carte) ;

    13) Cadre « Ecce Homo » (60x80 environ) ;

    14) Tableau de S. Giuseppe avec l'Enfant (6x8) ;

    15) Tableau de l'Enfant Jésus (5x7) ;

    16) Sacré-Cœur de Jésus (statue : 50 cm.) ;

    17) Sacré-Cœur (statue : 30 cm.) ;

    18) Enfant-Jésus de Bethléem ;

    19) Enfant-Jésus avec les petites mains à la face ;

    20) Enfant-Jésus de Bethléem ;

    21) Enfant-Jésus avec les cheveux blonds ;

    22) « Ecce Homo » (petite statue : 35 cm. environ) ;

    23) « Ecce Homo » (petite statue : 20cm);

    24) Le Crucifix.

    3. Les témoins des phénomènes

    Les témoins qui ont vu les divers phénomènes et les ont attestés soit verbalement soit par écrit sont des centaines, de toutes les classes sociales classes sociales : Prêtres, religieux, religieuses, laïques, intellectuelles (Docteurs, Professeurs) et des personnes du peuple. Tous ont admis la réalité des phénomènes.

    On porterait tort, indubitablement, au bon sens et à l'estime de tant et tant de témoins oculaires si on osait mettre en doute leurs attestations unanimes.

    Tous les nombreux témoins oculaires (à l'exception d'un : un Prêtre) sont unanimes pour affirmer qu’il ne s’agit nullement d’une cause naturelle (trucs, manipulations etc.), et sont d’accord pour reconnaître une cause préternaturelle. Il va de soit que la cause préternaturelle peut être double : ou Dieu ou son plus grand antagoniste, Satan.

    Qu'il ne puisse pas s’agir de Satan, cela ressort du fait que les effets produits par ces phénomènes extraordinaires sont tous contre Satan et en faveur de Dieu : conversions, c'est-à-dire, retours à Dieu, retour à la pratique de la vie chrétienne, à la prière, aux Sacrements (particulièrement ceux de la pénitence et de la de l'Eucharistie).

    « On reconnaît l’arbre à ses fruits » — a dit le Maître des maîtres — si les fruits sont bons, l'arbre ne peut être que bon ; si les fruits sont mauvais, l'arbre ne peut être que mauvais.

    4. Les analyses scientifiques du sang miraculeux

    Nous ajoutons ici le rapport de l'analyse du sang miraculeux exécuté par le docteur Francesco Guarino.

    « Je soussigné, docteur Guarino Francesco, biologiste analyste, déclare ce qui suit : Le 19 avril de 1975, samedi après-midi vinrent chez moi l'ingénieur Lojacono, l’huissier de la Mairie de Cappabianca et ma fiancée Lucia de Pascale. L'ingénieur me demanda s'il était possible d’effectuer une recherche de groupe sanguin. Après lui avoir expliqué que je ne pouvais le faire qu’en laboratoire, puisque je n'avais pas chez mois les appareils nécessaires, nous rendîmes à Caserte chez mademoiselle Teresa Musco pour prélever le sang du tableau de Jésus qui, dans journée, avait pleuré abondamment des larmes de sang. Arrivés à Caserte, chez Teresa, nous trouvâmes le Père Franco Amico, madame Antonietta Donisi in Di Gioia, madame Cellini in Cappabianca avec ses deux fils.

    En leur présence je prélevai le sang qui était sous le bord inférieur du cadre du tableau et dans le fond d'une boîte en plastique dur qui faisait fonction de protection du tableau. Le sang était en partie coagulé et en partie encore liquide. Avec une petite cuillère je ramassai le sang du cadre du tableau et je le mis dans une éprouvette, que j’avais apporté de chez moi, et qui contenait deux goûtes de EDTA. Ensuite Teresa recueillit encore du sang du fond de la boîte plastique et le déposa dans la même éprouvette. Le sang ramassé faisait environ 3-4 cl. J'agitai l'éprouvette pour faire en sorte que la partie de sang encore liquide ne coagula pas. Puis, moi, le monsieur de Cappabianca et Lucia nous repartîmes avec le sang au laboratoire de l'hôpital Palasciano di Capua, où je travail. Dès que nous arrivâmes au laboratoire je pris dans le frigo les réactifs immunum testserum anti-A de la Beringwerc, anti-B de l'Institut Sieroterapico de Milan et anti-Rh de l'Ortho Diagnostics nécessaires pour déterminer le groupe sanguin, afin qu'ils retrouvent la température ambiante.

    En présence des deux témoins je versai le sang dans une éprouvette plus grande, ajoutai 5-6 cl de solution physiologique de Baxter et avec un bâtonnet j'ai cassé le sang coagulé. Après avoir centrifugé l'éprouvette la faisant tourner à grande vitesse et éloigné le superflottant, je répétai une autre fois cette opération et à la fin je fus prêt pour déterminer le groupe sanguin sur la « bouillie » amassée et restée dans l'éprouvette. Toujours en présence des deux témoins, je posai avec une pipette de 1 cl trois goûtes de sang respectivement sur deux lamelles, à l’une j’ai ajouté une goûte de réactif anti-A, à la deuxième de l’anti-B et à troisième, posée sur la seconde lamelle, de l’anti-Rh (D). Après avoir stratifié circulairement le sang avec les respectifs sérums avec la pointe d'une autre lamelle, j'ai encore fait tourner, “délicatement” les lamelles. Après quelques minutes, à la lumière d'une lampe, je lus le résultat : il n'y avait pas d’agglutination ni où j'avais ajouté à l’émacié le sérum anti-B, ni où j'avais ajouté l’anti-B, mais il y avait une bonne et évidente agglutination là où j'avais ajouté à l’émacié du sérum anti Rh (D).

    Le groupe de ce sang est, donc, 0 (zéro) Rh positif.

    La lecture du groupe avec confirmation du résultat fut faite aussi par Lucia puisque elle-même était experte : elle travaillait dans un laboratoire d'analyses cliniques.

    Le restant de sang fut recueillit, la physiologique employée « à laver » l'émacié, les lamelles sur lesquelles avaient été effectuées la recherche (j’ai déposé celles-ci dans une capsule de Petri en les scellant avec du sparadrap) et accompagné des deux autres personnes, nous retournâmes à Caserte chez Teresa à laquelle nous remîmes le tout ».

    S. Maria C.V., 19-6-1976

    En foi Docteur Franco Guarino

    * * *

    Toutes ces explications — quelque peu rébarbatives, il est vrai — nous semblent utiles, pour une meilleure compréhension de ces phénomènes mystiques qui peuvent rebouter un certain nombre de lecteurs.

    Cela démontre en tous cas, le sérieux apporté par ces spécialistes, dont le seul but était de faire jaillir la vérité, quelle qu’elle soit.

    5. La signification et le but des phénomènes

    Quelle est ou pourrait être la signification de cette imposante série — jamais vue par le passé — de phénomènes extraordinaires ? Il ne semble pas difficile de le comprendre. Nous vivons dans un temps de crise universelle de la foi et de la morale, crise qui n’a jamais elle été vérifiée dans le passé. L'athéisme, spéculatif et surtout pratique, l'éloignement généralisé de Dieu, ce sont des choses que tout le monde peut voir. C’est donc plus qu'explicable qu’un fort, un inouï, un extraordinaire appel de la part de Dieu à une humanité qui se promène chancelante au milieu des ténèbres des erreurs, et qu'il vit plongée dans la matière, dans la boue, dans le matérialisme payen.

    Cette série très imposante de phénomènes extraordinaires est comme un encerclement suprême d’amour de la part de Dieu pour l'humanité errante ; il est suprême et, Dieu ne voudrait pas qu’il soit extrême, mais un insistant appel à revenir à Celui qui est notre principe et le nôtre fin suprême, le Bien par excellence, le seul capable de rassasier cette faim et cette soif d'infini, de bonheur sans limites, qui envahissent et tourmentent l'homme de notre siècle.

    Le but de tout cet imposant complexe de phénomènes ? La Madone l’a clairement précisé à Teresa le 19 août 1975 : « Les signes qui viendront, et ceux qui déjà se produisent, sont pour le salut des âmes. Je désire que tous les voient !… » (Journal, p. 2455).

    Ceux-ci semblent répéter à tous, avec sainte Catherine de Sienne, dans une lettre à un éminent Prélat : « Hélas ! ne gardez plus le silence, et criez comme si vous aviez mille voix. C’est le silence qui perd le monde ; l’Épouse du Christ est toute pâle ; elle a perdu sa couleur, parce qu'on a épuisé son sang, le sang du Christ qui est donné par grâce. Hélas ! je meurs et je ne puis mourir ! » (Lettre 84 (38) à un grand Prélat).

    Le monde — il ne s’agit pas ici d’une phrase rhétorique ! — va à la ruine : il est désormais arrivé au bord du précipice. Pour l’empêcher de tomber, le Rédempteur et la Corédemptrice ont employé tous les moyens : ils ont employé, en premier lieu, la parole, à travers divers messages (rappelons-nous, par exemple, celui de Fatima).

    N’ayant pas réussi avec les mots, Ils firent appel aux faits, et ont versé des larmes (par exemple à Syracuse).

    Les larmes blanches ayant été inutiles, Ils eurent recours aux larmes de sang. C’est l'appel suprême : « Vox sanguinis clamat » (Gn. 4.10).

    Cette voix si puissante nous invite tous à réfléchir sérieusement à quel haut prix nous avons été rachetés : « Vous savez — a écrit saint Pierre — que vous avez été affranchis de la vaine conduite héritée de vos pères, mais par un sang précieux, comme d'un agneau sans reproche et sans tache, le Christ » (1 Pr 1, 18). Le Seigneur peut répéter avec raison : « Que pouvais-je encore faire pour ma vigne que je n'aie fait ? » (Is. 5, 4).

    * * *

    Au risque d’alourdir un peu ce chapitre, nous ne résistons pas à mettre devant vos yeux, une chronologie des faits survenus soit chez Louis, le frère de Teresa Musco.

    Il s’agit, bien entendu, d’un rapport des faits, inclus dans le livre du père Gabrielle Roschini, dont nous traduisons maintenant l’une des années citées : 1974.

    Phénomènes extraordinaires vérifiés à Castel San Lorenzo
    (Diocèse de Vallée de la Lucania)

    « Intimement liés aux phénomènes extraordinaires qui se sont vérifiés chez Teresa Musco, divers autres phénomènes impressionnants se sont vérifiés chez M. Luigi Musco, frère de Teresa.

    Pour mieux ordonner ces phénomènes je suis l’ordre chronologique en me basant sur les nombreuses et précises notes fournies par le père Franco Amico.

    ANNÉE 1974

    1. Dans les derniers jours de Juillet de 1974, une image du Cœur Immaculé de Notre-Dame de Fatima (offerte par le père Franco à Teresa qui à son tour en fit cadeau à son frère Luigi le 25 octobre 1972) verse des larmes normales, blanches, qui, avec la répétition du phénomène deviennent de couleur rose (de l'eau et du sang), ceci en présence de monsieur Luigi Musco et de son épouse.

    2. Le 11 septembre, vers 11 heures, la même image émet des yeux des larmes de couleur rose.

    3. Le 14 septembre, vers 10 heures la même image verse des larmes de sang.

    4. Le 3 octobre, la même image verse d’abondantes larmes de sang qui rejoigne sur l’image la hauteur du Cœur.

    5. Le 5 octobre la même image présente une sudation répandue sur la face.

    6. Le 20 octobre l'image verse dans un verre des larmes blanches, en présence de plusieurs personnes.

    7. Le 21 octobre, l'image, de 9 heures à12 heures 30, verse des larmes de sang en présence de nombreuses personnes. Le lendemain l'Évêque de Vallée de la Lucania est informé des phénomènes.

    8. Le 23 octobre, de 6 heures 30 à 7 heures, l'image émet des goûtes de sueur.

    9. Le 24 octobre, de 7 heures à 7 heures 15, l'image verse des larmes blanches et de la sueur. Le Curé du lieu ramasse avec le doigt une de ces larmes.

    10. Le 28 octobre, de 6 heures 30 à 7 heures l'image verse des larmes normales qui descendent jusqu'au Cœur ».

    * * *

    Nous pourrions continuer ainsi pendant de nombreuses pages encore. Mais cela nous semble inutile, car l’évidence est là, devant nous et, celui qui croit en la puissance du Seigneur, n’aura aucune difficulté à admettre ces faits qui, il faut le rappeler ont été contrôlés par des spécialistes, tant ecclésiastiques que laïcs.

    Pour ceux qui ont du mal ou qui n’accepte pas ce genre de phénomènes mystiques, continuer à les exposer s’avère également inutile, car, comme déjà dit, il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    A la fin dudit rapport sur ces faits extraordinaires, le père Roschini termine en donnant des chiffres, tel un expert comptable qui a soin de son travail minutieux :

    « Les phénomènes (uniquement ceux enregistrés) chez Teresa Musco, à Caserte, se montent à environ 757.

    À Castel S. Lorenzo, les phénomènes extraordinaires, jusqu'au 27 août 1977 se situent autour de 216 ».

    Teresa parlait l’araméen

    Un autre phénomène, et non des moindres, chez Teresa, était le don des langues, ou plutôt, le don de parler la langue que Jésus parlait en son temps : l’araméen.

    Le père Franco Amico, son Directeur spirituels, en donne un témoignage saisissant :

    « Nombreux sont ceux qui se sont demandés quelle était la langue que parlait Teresa pendant ses extases, ou que, parfois, elle employait dans la prière, ou avant donner un conseil ou de répondre aux personnes qui venaient la visiter. De la part de Don Stefano Gobbi (fondateur du Mouvement Sacerdotal Marial) j'ai reçu cette explication de vive voix.

    Le 1er février 1975, Don Carlo de Ambrogio (salésien) vint en visite à Caserte. Ce prêtre domicilié à Turin était un grand apôtre Marial et l’animateur des groupes J. A. M. (Jeunesse Ardente Mariale). En outre, il était aussi un spécialiste des langues sémantiques et on lui doit de ce fait la traduction de certains psaumes de l’Ancien Testament. Eh bien, lorsque en sa présence Teresa parla cette célèbre langue, le P Carlo lui demanda de prononcer lentement chaque mot. Conclusion : Don Carlo de Ambrogio, parlant à Don Gobbi, lui affirma avoir compris la signification de chaque mot et qu’il était en mesure d’affirmer que la langue parlée par Teresa était la même que l’on parlait du temps de Jésus et de Marie et que donc, selon lui, cette langue était l’araméen parlé à Nazareth.

    Souvent, pendant que l’on récitait le Rosaire, voilà que Teresa, les yeux fermés, semblait absente, mais répondait à temps aux prières communes, mais dans cette langue. Il en était de même lors de la récitations des Litanies de la Vierge, auxquelles elle répondait au même temps que le autres : “priez pour nous”, mais toujours en araméen.

    La maman de Teresa affirma que sa fille parlait ce langage étrange depuis l’âge de neuf ans. Souvent elle voyait Teresa comme hors d’elle, regarder dans n’importe quel angle de la maison et parler avec une personne invisible. Cela arrivait même à école, car il est vrai que la maîtresse disait à Teresa, en la réprimandant : “Teresa, je t'ai enseigné l'italien, de ce que tu dis, je ne comprends rien ; qui t'a enseigné cette autre langue ?” ».

    Suite sur le site ci-dessous

    Source : http://voiemystique.free.fr/teresa_musco_1.htm

     


     

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