• Salomé, fille d'Hérodiade

     
     

    Salomé, fille d'Hérodiade

     

    Salomé, fille d'Hérodiade

     

    Salomé (parfois Salomé II) est le nom d'une princesse juive du Ier siècle mentionnée chez l'historiographe judéo-romain Flavius Josèphe.

    Fille d'Hérodiade et d'Hérode « fils d'Hérode », elle épouse en première noces son oncle (le demi-frère de son père) Hérode Philippe II, puis Aristobule de Chalcis, roi d'Arménie Mineure.

     

    Dans le Nouveau Testament, une « fille d'Hérodiade » — habituellement identifiée par la tradition chrétienne à cette Salomé — est l'héroïne d'un épisode des évangiles selon Matthieu et selon Marc qui est la reproduction d'un récit populaire profane dont l'aspect scandaleux le rend historiquement peu vraisemblable : la fille — ou la « fillette » — d'Hérodiade danse devant Hérode Antipas qui est peut-être son père.

    Charmé, celui-ci lui accorde ce qu'elle veut.

    Sur le conseil de sa mère, elle réclame alors la tête de Jean-Baptiste, qu'Hérode Antipas fait apporter sur un plateau.

     

    L'enfant sans désir propre qui apparait dans l'épisode néotestamentaire devient un personnage de tentatrice sensuelle qui inspire les artistes, particulièrement aux XIX e et XXe siècles.

    Flavius Josèphe

    La seule mention explicite de « Salomé », fille d'Hérodiade et d'Hérode, fils d'Hérode, se trouve dans le livre XVIII des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe.

    Sa mère quitte son mari Hérode II, fils d'Hérode, pour se marier avec le frère de celui-ci, Hérode Antipas, qui est tétrarque de Galilée.

    Flavius Josèphe évoque un comportement contraire aux lois nationales, qui fait référence au fait qu'Hérodiade « s'est séparée de son mari encore vivant ».

    Il précise la généalogie de Salomé en ces termes :

    « Quant à Hérodiade leur sœur, elle épousa Hérode, qu'Hérode le Grand avait eu de Mariamne, la fille du grand-pontife Simon ; et ils eurent pour fille Salomé, après la naissance de laquelle Hérodiade, au mépris des lois nationales, épousa, après s'être séparée de son mari encore vivant, Hérode, frère consanguin de son premier mari qui possédait la tétrarchie de Galilée. Sa fille Salomé épousa Philippe, fils d'Hérode, tétrarque de Trachonitide, et comme il mourut sans laisser d'enfants, elle épousa Aristobule fils d'Hérode, frère d'Agrippa ; elle en eut trois fils : Hérode, Agrippa, Aristobule. »

    Le récit évangélique

     

    Salomé, fille d'Hérodiade

     

     

    Salomé n'est pas nommée dans les Évangiles, où apparaît un personnage — une fillette — identifié comme « la fille d'Hérodiade » (ou d'« Hérodias » selon les traductions).

    Dans les Évangiles, Jean-Baptiste dénonce le remariage d'Hérodiade avec Hérode Antipas.

    L'Évangile selon Marc (vers 68-73), 6:17-28 , indique :

    « Car Hérode lui-même avait fait arrêter Jean, et l’avait fait lier en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère. » Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. [...] Un jour propice arriva, lorsque Hérode, à l’anniversaire de sa naissance, donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée. La fille d’Hérodias [traduction alternative : « Sa fille Hérodiade »11] entra dans la salle ; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille [« la fillette »12] : « Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. » Il ajouta avec serment : « Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. » Étant sortie, elle dit à sa mère : « Que demanderai-je ? » Et sa mère répondit : « La tête de Jean-Baptiste. » Elle s’empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tu me donnes à l’instant, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. » Le roi [...] envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d’apporter la tête de Jean-Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille [« la fillette »], et la jeune fille [« la fillette »] la donna à sa mère. »

    L'Évangile selon Matthieu (vers 80-90), 14:3-11, indique :

    « Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l’avait lié et mis en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce que Jean lui disait : « Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme. » Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu’elle regardait Jean comme un prophète. Or, lorsqu’on célébra l’anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, de sorte qu’il promit avec serment de lui donner ce qu’elle demanderait. À l’instigation de sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. » Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda qu’on la lui donne, et il envoya décapiter Jean dans la prison. Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. »

    Monnaies

    Son effigie figure sur trois monnaies de son mari Aristobule de Chalcis, le roi d'Arménie Mineure.

    Sur l'une de ces monnaies on lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΡΙΣΤΟΒΟΥΛΟΥ « (Monnaie) du roi Aristobule ».

    « Au revers, figure le buste de la reine, seule image connue de Salomé. Elle est sans voile, seulement coiffée d'un diadéma dont les pans flottent à l'arrière du buste ».

    Sur ce revers est inscrit « (Monnaie) de la reine Salomé ». « La reine est placée au même niveau que le roi avec lequel elle partage le trône. »

    Légendes

    Selon un texte apocryphe, la Lettre d'Hérode à Pilate, Salomé mourut en passant sur un lac glacé : la glace se brisa et elle tomba jusqu'au cou dans l'eau. La glace se reforma autour de son cou, laissant apparaître sa tête comme posée sur un plateau d'argent.

    On situe généralement cette légende au lac de Barbazan (Haute-Garonne), près de Saint-Bertrand de Comminges. Selon Flavius Josèphe, Hérode aurait été exilé à Lugdunum près de l'Espagne, ce qui correspond à l'ancienne Lugdunum Convenarum. Hérodiade elle-même apparaît dans diverses légendes pyrénéennes comme un personnage maléfique.

    Source

     

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