• Sainte Marie-Madeleine. Pénitente, disciple du Christ (1er s.)

     

     

    Sainte Marie-Madeleine (1er s.)

    Pénitente, disciple du Christ

     

    Sainte Marie-Madeleine. Pénitente, disciple du Christ (1er s.)

     

    Marie de Magdala, aussi appelée Marie la Magdaléenne, Marie-Madeleine ou Madeleine, est, dans le Nouveau Testament, une disciple de Jésus qui le suivit jusqu'à ses derniers jours.

    Les quatre évangiles la désignent comme le premier témoin de la Résurrection, qui fut chargée d'en prévenir les apôtres.

    L'Église de Rome considéra, à partir de Grégoire Ier au VIe siècle, que Marie de Magdala ne faisait qu'une avec Marie de Béthanie ainsi qu'avec la pécheresse qui oint le Christ de parfum. Cette position est beaucoup plus rarement défendue aujourd'hui par les exégètes. De fait, pour l'Église catholique, sainte Marie de Magdala est célébrée le 22 juillet, tandis que Marie de Béthanie l'est avec sa sœur Marthe le 29 juillet. L'Église orthodoxe fait aussi la distinction entre ces personnages. Il en va de même chez les protestants.

    Cette sainte catholique est fêtée le 22 juillet.

    Marie de Magdala dans les écritures

    Selon le Nouveau Testament

    Originaire de la ville de Magdala, sur la rive occidentale du lac de Tibériade, Marie de Magdala est la femme la plus présente du Nouveau Testament.

    L'évangile de Luc la présente comme la femme que Jésus a délivrée de sept démons ; elle devint une de ses disciples — peut-être la disciple femme la plus importante du Christ après sa propre mère —, et le suivit jusqu'à sa mort.

    Pour les quatre évangiles, elle fut le premier témoin de la Passion du Christ et de la Résurrection.

    Ils la mentionnent assistant à la mise en Croix avec les autres femmes ; dans les trois évangiles synoptiques elle assiste également à la mise au tombeau.

    Elle fut le premier témoin de la Résurrection de Jésus (Évangile de Marc, XVI, 1s ; Évangile de Matthieu, XXVIII, 9), mais elle ne le reconnaît pas tout de suite, et essaie de le toucher, ce qui lui vaudra la phrase Noli me tangere (« Ne me touche pas ou « Ne me retiens pas ») dans l'Évangile de Jean, XX, 17.

    Les écrits apocryphes

    Un texte du codex de Berlin, écrit en copte à la fin du IIe s. (selon Michel Tardieu), porte son nom : l’Évangile de Marie.

    Il s'agit d'un texte gnostique comprenant un dialogue entre le Christ et Marie de Magdala, celle-ci le restituant aux apôtres, suivi de dialogues entre Marie et eux.

    Dans la Pistis Sophia, texte gnostique en copte datant de 350 environ, Jésus dialogue avec Marie-Madeleine et les autres disciples.

    L’Épître des apôtres, l'Évangile de Pierre, l'Évangile de Thomas et l’Évangile de Philippe évoquent également Marie Madeleine.

    Marie-Madeleine dans les traditions chrétiennes

    Les premières traditions : l'Apôtre des Apôtres

    Les Pères de l’Église soulignent tout d'abord son rôle de premier témoin de la Résurrection; elle est pour cela désignée comme l'« Apôtre des Apôtres » par Hippolyte de Rome.

    Saint Jean Chrysostome souligne son courage, et celui des autres femmes, restées au pied de la Croix alors que les disciples s'étaient enfuis.

    Grégoire de Tours, place en 590 le tombeau de Marie de Magdala à Éphèse, en Asie Mineure : « Dans cette ville repose Marie-Madeleine, n'ayant au-dessus d'elle aucune toiture » (In Gloria Martyrium, ch. 29, P.L., t. 71, c. 731). La dépouille de Marie-Madeleine aurait reposé dans l'atrium précédant un sanctuaire, tradition typiquement éphésienne. Pour Grégoire de Tours, Marie la Magdaléenne et Marie la mère de Jésus seraient toutes deux mortes à Éphèse. Cependant, cette tradition est fausse pour les exégètes qui pensent que Marie de Magdala ne s'est pas rendue en dehors de la Palestine.

     

    L'assimilation à une pécheresse

    Vers 591, le pape Grégoire le Grand (Homiliae in Evangelium 25) l'assimile à la pécheresse citée dans l’Évangile de Luc (VII, 36-50) et l'identifie également avec Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe.

    Il situe aussi le tombeau de Marie de Magdala à Éphèse, en Asie Mineure : « Dans cette ville repose Marie-Madeleine, n'ayant au-dessus d'elle aucune toiture » (In Gloria Martyrium, ch. 29, P.L., t. 71, c. 731). La dépouille de Marie-Madeleine reposait probablement dans l'atrium précédant un sanctuaire, tradition typiquement éphésienne.

    Selon Jean Pirot, l'identification opérée dans le christianisme découle d'une erreur d'interprétation du passage de Luc 8:2, qui précise que Marie était possédée par sept démons. Il explique que cette « possession » n'était pas liée à l'idée de péché mais plutôt à une névrose, et considère d'une manière générale que les occurrences de possession par les « mauvais esprits » dans les Évangiles sont des métaphores pour désigner la maladie (physique ou nerveuse) plutôt que le péché.

    Selon Madeleine Scopello, « la Tradition chrétienne des premiers siècles s'est rapidement emparée [du personnage de Marie la Magdaléenne] en lui attribuant des actes accomplis et faits par d'autres femmes du cercle de Jésus: Marie de Béthanie, sœur de Lazare ; la prostituée anonyme repentie chez Simon le Pharisien ; ou encore la femme présente chez Simon le lépreux. Ainsi, Marie-Madeleine est devenue un personnage composite qui a pris consistance sous le pape Grégoire le Grand (590-604), puis a traversé les siècles avec une extraordinaire fortune. »

    Marie-Madeleine apparaît au VIIIe siècle au martyrologe de Bède le vénérable, où elle est célébrée comme sainte le 22 juillet.

    En 1969, le pape Paul VI décrète qu'elle ne doit plus être fêtée comme « pénitente », mais comme « disciple », l'Église catholique ne considérant plus Marie-Madeleine comme une prostituée repentie. Cependant, cela reste le point de vue dominant dans la tradition populaire et chez des exégètes minoritaires. Mais les recherches actuelles précisent et confirment l'interprétation du concile Vatican II concernant Marie de Magdala et l'ancienne interprétation de Grégoire le Grand "deviendra de plus en plus quantité négligeable".

    Tradition orthodoxe

    Article détaillé : Porteuses de myrrhe.
     
     

    L’Église orthodoxe ne partage pas cet amalgame. Marie de Magdala est considérée comme le premier témoin de la résurrection.

    La Tradition orthodoxe rapporte qu'elle est allée reprocher à l'empereur Tibère la mort de Jésus, et lui annoncer sa résurrection. Devant le scepticisme de celui-ci, l’œuf qu'elle tenait en main se teint alors en rouge sang.

    Marie de Magdala, outre sa fête propre le 22 juillet, est également honorée lors du « Dimanche des Myrophores » qui correspond au troisième dimanche de la Pâque orthodoxe.

     

     

    Les Saintes Maries de la mer

    Article détaillé : Saintes-Maries-de-la-Mer.

    La tradition provençale, qui reprend cette identification, raconte qu'après avoir accosté aux Saintes-Maries-de-la-Mer et avoir évangélisé la région, Marie de Magdala aurait vécu toute la fin de sa vie en prière dans la grotte aujourd'hui sanctuaire de Sainte-Baume (Massif de la Sainte-Baume).

    Son tombeau à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (France), gardé par les Dominicains, est considéré comme le 3e tombeau de la chrétienté.

    Aujourd'hui, le fait que Marie de Magdala se soit déplacée jusqu'en Provence est discuté.

    Les traditions qui mentionnent ce voyage ne datent que du Xe s. ap. J.-C. environ et identifient fautivement Marie de Magdala avec la pécheresse de Luc 7, 36-50 et Marie de Béthanie.

    Certains exégètes en concluent que cette légende est fausse et que Marie de Magdala ne s'est pas rendue en dehors de la Palestine.

    Théories diverses

     

    La Légende dorée

     

     

    Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine compile dans La Légende dorée les récits et légendes concernant 150 saints issus de la littérature religieuse du Moyen Âge.

     

    Concernant Marie-Madeleine, il reprend une tradition provençale qui raconte qu'après avoir accosté aux Saintes-Maries-de-la-Mer et avoir évangélisé la région, Marie de Magdala aurait vécu toute la fin de sa vie en prière dans la grotte aujourd'hui sanctuaire de Sainte-Baume (Massif de la Sainte-Baume). Son tombeau à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (France), gardé par les Dominicains, est considéré comme le 3e tombeau de la chrétienté.

     

    Aujourd'hui, le fait que Marie de Magdala se soit déplacée jusqu'en Provence est considéré comme une légende. Les traditions qui mentionnent ce voyage ne datent que du Xe siècle environ et identifient Marie de Magdala avec la pécheresse de Luc 7, 36-50 et Marie de Béthanie, alors que cette identification est contestée. Certains exégètes en concluent que sa mort en Provence n'est que légendaire et que Marie de Magdala ne s'est pas rendue en dehors de la Palestine.

     

    L'épouse du Christ

    En soutenant, dans Dieu homme et femme, que Marie de Magdala et Jésus étaient époux « en esprit », les théologiens Jürgen Moltmann et Elisabeth Moltmann posent la question d'une égalité fondamentale entre l'homme et la femme. Les dernières recherches exégétiques sur le lien entre Marie de Magdala et Jésus vont dans le sens de cette interprétation, comme le met en lumière l'exégète Xavier Léon-Dufour29: en Jean 20, 16, Marie dit à Jésus « Rabbouni ». Ce mot est traduit par « maître » dans l'Évangile, mais « Rabbouni » est en réalité un diminutif de Rabbi et pourrait ajouter une nuance d'affection ou de familiarité. La quête aimante de Jésus par Marie de Magdala en Jean 20, 11-16 renvoie au Cantique des cantiques 3,1-4.

    L'idée de dépeindre Marie de Magdala sous les traits d'une épouse a été exploitée dans la littérature dès le milieu du XXe siècle. Dans son roman de 1951 La Dernière tentation du Christ, qui montre un Jésus succombant à la tentation d'une vie simple, l'écrivain grec Níkos Kazantzákis fait intervenir le thème de l'union amoureuse entre les deux personnages.

    Cette thématique a trouvé une fécondité dans le conspirationnisme contemporain : Marie-Madeleine aurait eu des enfants avec Jésus, mais l'Église catholique aurait étouffé ces faits par la force et la terreur, et fait de Marie-Madeleine une prostituée afin de condamner le désir charnel. C'est sous cet angle que la vie et le rôle de Marie de Magdala ont été exploités dans des livres destinés au grand public comme L'Énigme sacrée ou La Révélation des Templiers, sans valeur scientifique reconnue dans les milieux universitaires.

    Ces théories sont reprises par le romancier Dan Brown pour son thriller ésotérique Da Vinci Code. Il y fait de Marie-Madeleine le symbole de la « féminité sacrée », en prétendant qu'elle était elle-même le Graal : « Le Graal est littéralement l’ancien symbole de la féminité et le Saint Graal représente le féminin sacré et la déesse, qui bien sûr a disparu de nos jours, car l’Église l’a éliminée. Autrefois, le pouvoir des femmes et leur capacité à donner la vie était quelque chose de sacré, mais cela constituait une menace pour la montée de l’Église majoritairement masculine. Par conséquent, le féminin sacré fut diabolisé et considéré comme hérésie. Ce n’est pas Dieu mais l’homme qui créa le concept de « péché originel », selon lequel Ève goûta la pomme et fut à l’origine de la chute de la race humaine. La femme qui fut sacrée, celle qui donnait la vie, fut transformée en ennemi. ».

     

     
     
    Madeleine repentante par Le Caravage
     

    Source

    Marie-Madeleine est à la fois la patronne des filles repenties, des parfumeurs et des gantiers.

    Source

     

    Les lieux saints

    Plan d'Aups (83) :

     

    - L'hôtellerie

    La grotte Ste Marie-Madeleine

    La chapelle du Saint Pilon

     

     


     


     

    En savoir plus :

    http://www.magnificat.ca/cal/fran/07-22.htm#madeleine

    http://missel.free.fr/Sanctoral/07/22.php

    http://calendrier.egliseorthodoxe.com/sts/stsjuillet/juillet22.html

    http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/097.htm

     

     

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