• Sainte Marie-Alphonsine Danil Ghattas († 1927)

     

     

     

    Sainte Marie-Alphonsine Danil Ghattas († 1927)

    Co-fondatrice de la Congrégation des Sœurs du Rosaire

     

    Bienheureuse Marie-Alphonsine Danil Ghattas, co-fondatrice de la Congrégation des Sœurs du Rosaire († 1927)

     

    Sultanah Maria Danil Ghattas, en religion sœur Marie-Alphonsine, née à Jérusalem le 4 octobre 1843 et morte dans cette même ville le 25 mars 1927, était une religieuse palestinienne, qui fonda la congrégation des Sœurs du Saint Rosaire de Jérusalem des Latins, à la suite d'apparitions de la Vierge Marie, et qui sont destinées au catéchisme et aux œuvres de charité.

    Elle mena une existence discrète et dévouée, ne s'attribuant pas le titre de fondatrice.

    Elle est vénérée comme sainte par l'Église catholique.

    Elle est fêtée le 25 mars.

    Biographie

    Image illustrative de l'article Marie-Alphonsine Danil Ghattas

     

    Jeunesse et début de vie religieuse

    Sultanah Maria Ghattas, de son nom civil, est née à Jérusalem le 4 octobre 1843.

    Elle est issue d'une famille palestinienne catholique, de rite latin. Ses parents lui transmettent une forte éducation religieuse, et dès son plus jeune âge, Sultanah manifeste son goût pour la prière.

    Malgré l'opposition de son père, c'est à l'âge de 14 ans qu'elle intègre la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de l'Apparition.

    Elle fait sa profession religieuse dans la Basilique du Saint-Sépulcre, dans la chapelle surplombant le Golgotha.

    Elle prend alors le nom de sœur Marie-Alphonsine.

    Envoyée à Bethléem afin de faire le catéchisme aux enfants, elle acquiert rapidement leur sympathie, fait preuve d'un grand dévouement envers tous et crée de nombreuses confréries et associations pour diffuser la dévotion à la Vierge Marie.

    Bien que très active dans ses apostolats, sœur Marie-Alphonsine est discrète et humble.

    Son directeur spirituel, le Père Joseph Tannous, perçoit la richesse de sa vie intérieure et lui demande, à partir de 1879, de tenir un journal spirituel. On n'en connut l'existence qu'à sa mort.

     

    Fondation d'une nouvelle congrégation

    La Vierge Marie serait apparue pour la première fois à sœur Marie-Alphonsine le 6 janvier 1874, alors qu'elle récite son chapelet.

    Le 31 mai de cette même année l'événement se serait répété.

    L'année suivante, les apparitions de la Vierge seraient devenues plus fréquentes, et à chacune d'elles, sœur Marie-Alphonsine dit avoir ressentit l'inspiration intérieure que la Vierge voulait une congrégation de Sœurs qui lui soient particulièrement consacrées.

    Sœur Marie-Alphonsine se rend alors auprès du patriarche latin de Jérusalem, et celui-ci accueil chaleureusement sa démarche, en la confiant à don Antonio Belloni, un missionnaire italien, qui a récemment fondé un institut pour les orphelins.

    Le 7 octobre 1877, sœur Marie-Alphonsine aurait vu plus clairement, au cours d'une vision, la congrégation voulue par la Vierge Marie.

    Toutefois la fondation d'une congrégation n'est pas sans difficultés. Sœur Marie-Alphonsine doit notamment quitter les Sœurs de St Joseph de l'Apparition, institut dans lequel elle est depuis 20 ans et par lequel elle a mené de apostolats fructueux.

    Son directeur spirituel, le Père Tannous, est convaincu de l'authenticité de ses visions et décide de l'aider.

    Cinq jeunes filles ont déjà rejoint sœur Marie-Alphonsine, et le Père Tannous leur trouve un petit local en 1880.

    Les débuts de la petite communauté sont marquées par la pauvreté et l'inconfort, mais par le patriarche de Jérusalem leur apporte son soutien.

    Celui-ci admet les 9 premières compagnes de sœur Marie-Alphonsine à faire leurs vœux de religieuse, le 7 mars 1884.

    C'est la naissance des Sœurs du Saint Rosaire de Jérusalem des Latins.

    Comme les autres, sœur Marie-Alphonsine à fait le noviciat, bien que religieuse depuis plus de 20 ans.

    De son vivant, seulement le Père Tannous fut considéré comme le fondateur et c'est lui qui remplit la charge de supérieur des Sœurs du Saint Rosaire.

    Avant la mort de sœur Marie-Alphonsine, personne, à part le patriarche de Jérusalem et le Père Tannous, ne surent que sœur Marie-Alphonsine aurait eu des apparitions et qu'elles furent à l'origine de la congrégation.

    Sœur Marie-Alphonsine n'en tire aucune gloire et ne le divulgua jamais.

    Elle ne revendique jamais la fondation de la congrégation et n'occupa aucune responsabilité sur son œuvre. Elle se voyait comme le simple instrument de Dieu.

    Une religieuse comme les autres

     

    Puit à Jaffa où eut lieu le miracle du chapelet

     

    En 1885, le patriarche envoie sœur Marie-Alphonsine à Jaffa, près de Nazareth, où elle s'occupe du catéchisme et de l'éducation des enfants, des œuvres de charité et aide les prêtres dans leur ministère.

    C'est dans l'école tenue par les Sœurs du Saint Rosaire qu'un jour une jeune fille tomba dans un puits, et sœur Marie-Alphonsine la sauva en lui jetant son chapelet.

    En 1887, sœur Marie-Alphonsine fonde l'école de Beit Sahour et l'année suivante, elle est envoyée à Salt, en Transjorsanie.

    Après un passage à Naplouse, elle revient à Jérusalem, pour causes de santé. Rétablie, elle fonde un couvent à Bethléem puis un orphelinat à Ain Karem.

    Sœur Marie-Alphonsine ne s'approprie aucun succès. Elle écrit dans son journal : " Je suis assoiffée de supporter les épreuves. Je trouve délicieux tout ce qui est amer et pénible. La solitude est le paradis de mon cœur et l’obéissance est le ciel de mon esprit. Je trouve les ordres des supérieurs faciles à suivre."

    Le 25 mars 1927, fête de l'Annonciation, sœur Marie-Alphonsine meurt, à l'heure qu'elle avait prédite.

     

    Béatification et canonisation

     Béatification

     

    Tombe de Ste Marie Alphonsine Danil Ghattas, à Jérusalem

     

    La cause pour la béatification et la canonisation de sœur Marie-Alphonsine débute en 1986, à Jérusalem. L'enquête diocésaine récoltant les témoignages sur sa vie se clôture le 7 juillet 1989, puis envoyée à Rome pour y être étudiée par la Congrégation pour les causes des saints. Après le rapport positif des différentes commissions sur la sainteté de sœur Marie-Alphonsine, le pape Jean-Paul II procède, le 15 décembre 1994, à la reconnaissance de ses vertus héroïques, lui attribuant ainsi le titre de vénérable.

    En parallèle de la cause pour sa béatification fut menée, à partir de 2004, une enquête médicale sur le cas d'une guérison qui aurait été obtenue par l'intercession de sœur Marie-Alphonsine. Compte tenu des rapports en faveur d'une guérison dite miraculeuse, le 3 juillet 2009, Benoît XVI signe le décret permettant la béatification de sœur Marie-Alphonsine. Celle-ci est proclamée bienheureuse au cours d'une messe célébrée dans la Basilique de l'Annonciation à Nazareth, le 22 novembre 2009, par le cardinal Angelo Amato.

    Canonisation

    Image illustrative de l'article Marie-Alphonsine Danil Ghattas

     

    En 2013 débute une nouvelle enquête sur un second miracle attribué l'intercession de sœur Marie-Alphonsine, indispensable pour sa canonisation. À la suite des rapports des commissions médicales et théologiques, le 6 décembre 2014, le pape François reconnaît comme authentique cette guérison dite miraculeuse, et signe le décret de sa canonisation.

    Sœur Marie-Alphonsine est proclamée sainte au cours d'une messe célébrée par le pape sur la place Saint-Pierre à Rome, le 17 mai 2015, en présence de 200 000 personnes et du président Mahmoud Abbas. A l'occasion, Mariam Baouardy, une autre palestinienne, est canonisée. 

    Source :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Alphonsine_Danil_Ghattas

    La Mère Marie-Alphonsine Danil Ghattas était née à Jérusalem le 4 octobre 1843, « au sein d’une famille pieuse et laborieuse de Jérusalem, une famille où l’on travaillait et priait ensemble », dit Mgr Fouad Twal,patriarche latin de Jérusalem, lors de la cérémonie de béatification.

    Baptisée le jour même, elle fut confirmée, le 18 août 1852, par S. B. Mgr. Valerga.

    Dès son enfance elle avait ressenti un vif désir de se consacrer au Seigneur.

    Le même patriarche nous dit encore que « la jeune fille a beaucoup souffert, surtout de son père qui avait opposé un veto absolu à son entrée dans la vie religieuse. En effet, ce dernier ne voulait pas que sa fille bien-aimée l’abandonne et parte étudier en Occident — l’unique façon à ce moment-là de devenir religieuse ».

    Aussi, à peine eût-elle fini ses 14 ans qu'elle se présenta comme postulante chez les Sœurs de S. Joseph de l'Apparition, après avoir obtenu enfin l’approbation de son père.

    « Après ses premiers vœux — précise encore Mgr Fouad Twal —, sa supérieure lui confia la mission d’enseigner le catéchisme à l’école des sœurs à Bethléem. Sœur Marie-Alphonsine était une catéchiste hors pair, une éducatrice humble et un apôtre infatigable. Au cours de cette période, elle fonda à Bethléem la Confraternité de l’Immaculée Conception et l’Association des mères chrétiennes ».

    Dans la suite, au cours d'apparitions, Notre Dame lui confia son désir de fonder une congrégation palestinienne qui porterait le nom de Sœurs du Rosaire.

    De fait, en 1880, une maison de Jérusalem reçut dans ce dessein 7 jeunes filles pieuses et zélées qui, le 15 décembre 1880 reçurent l'habit religieux des mains du Patriarche, Mgr. Bracco.

    Sœur Alphonsine cependant eut encore à affronter bien des difficultés pour cette fondation que la Vierge lui avait demandée ainsi qu'au Père Joseph Tannous, du clergé partriarcal.

    Avec la permission de Rome, elle put enfin quitter les Sœurs de Saint Joseph et entrer dans la nouvelle Congrégation des Sœurs du Rosaire.

    Le 7 octobre 1883, elle en reçut l'habit des mains de Mgr. Pascal Appodia, l'auxiliaire du Patriarche.

    Le 7 mars 1885, elle émit les premiers voeux entre les mains de Mgr. Bracco.

    Le 25 juillet 1885, elle fut affectée à la maison de Jaffa de Galilée, près de Nazareth.

    On rapporte que dans cette paroisse, une fillette de l'école des Sœurs, Nazirah Eid, étant tombée dans une citerne pleine d'eau, Sœur Alphonsine la sauva en lui jetant son chapelet.

    En 1886, Sœur Alphonsine alla fonder l'école des filles de Beit Sahour, le village des Pasteurs.

    En 1887, elle fut envoyée à Salt en Transjordanie avec trois compagnes.

    Affectée dans la suite à Naplouse, elle fut bientôt obligée de rentrer à Jérusalem à cause de sa santé qui s'était délabrée.

    Aussitôt rétablie, elle alla à la maison de Zababdeh.

    En 1882, on la trouve à Nazareth au chevet de D. Joseph Tannous.

    Elle conforta dans son agonie le Fondateur qui était aussi son directeur spirituel.

    Elle revint ensuite à Bethléem pour y ouvrir un atelier de couture.

    Rentrée à Jérusalem en 1909, elle fut enfin envoyée à Ain Karem pour y ouvrir un orphelinat.

     « Une vie consacrée sans croix ni souffrance est une utopie — affirma encore Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, lors de la cérémonie de béatification. Mère Marie-Alphonsine a non seulement accepté mais aimé la croix et la souffrance. Elle a écrit dans son journal : "J’étais assoiffée de supporter les épreuves. Je trouvais délicieux tout ce qui était amer et pénible. La solitude était le paradis de mon cœur et l’obéissance était le ciel de mon esprit. Je trouvais les ordres des Supérieures faciles à suivre." Elle se mit à pratiquer l’ascèse et le renoncement. Elle passait de longues heures au Calvaire, apprenant de son Maître comment aimer le sacrifice et participer à sa passion. "J’étais convaincue que la souffrance et même la mort par amour pour le bon Dieu étaient la meilleur preuve de l’amour. Jésus a dit : — Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime." Pendant la période du noviciat dans la Congrégation du Rosaire, Mère Marie-Alphonsine a bu le calice de la souffrance dans le silence et la vie cachée ; elle a vraiment été la victime du Rosaire. Pour réussir en effet, tous les projets divins ont besoin de la croix et du sacrifice.

    Elle ouvrit une fois son cœur à son directeur, lui exprimant combien elle avait souffert de personnes en qui elle aurait dû trouver un appui. Heureusement que le Seigneur lui-même l’appuyait et la soutenait. "Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ?" »

    Le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à l'heure qu'elle avait prédite, Mère Alphonsine achevait sa vie de prédestinée et s'endormait dans le Seigneur.

    Source

    En savoir plus :

    http://www.radiovaticana.org/fr1/articolo.asp?c=315268

     

     

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