• Saint Médard de Noyon. Evêque († 560)

     
     

    Saint Médard de Noyon († 560)

    Évêque

     

    Saint Médard de Noyon. Evêque († 560)

     

     

    Médard de Noyon (en latin Medardus) ou saint Médard est un évêque picard né en 456 à Salency en Picardie et mort le 8 juin 545 à Noyon.

     

    La Saint-Médard se fête le 8 juin.

    Famille

    Fils de Nectar (ou Nectardus), un noble franc de la cour de Childéric Ier, et de Protagie (ou Protagia c'est-à-dire « première sainte » selon l'étymologie grecque), une noble Gallo-Romaine qui convertit son futur époux au christianisme en échange du renoncement à sa virginité.

    Le couple possédait un vaste domaine à Salency.

    Médard aurait eu un frère jumeau Godard (ou Gildard), ainsi qu'une sœur Médrine.

    Histoire

    Saint Médard manifeste une grande compassion pour les plus démunis dès sa plus tendre enfance.

    Saint Médard de Noyon. Evêque († 560)

     

    La tradition raconte qu'il donna un jour ses habits neufs à un mendiant aveugle presque nu et que lorsqu'on lui demanda ce qu'il avait fait de ses habits, il répondit qu'il avait été touché par la misère de ce pauvre homme et n'avait pu s'empêcher de lui donner ses habits.

    Une autre fois il donna un des chevaux dont son père lui avait confié la garde à un pauvre homme qui venait de perdre le sien à la tâche et n'avait pas les moyens d'en acheter un autre. Mais le soir quand il ramena les chevaux à son père et que celui-ci les compta il n'en manquait aucun.

    Il fit ses études ecclésiastiques avec son frère à Vermand près de Saint-Quentin. Remarqué par Alomer, l'évêque de Vermand, ce dernier l'élève au sacerdoce en 489.

    Il vécut ensuite à la cour de Childéric Ier, puis de Clovis.

    Lorsque ce dernier déménagea pour Soissons, vers 486, Médard préféra rester à Tournai.

    Les tables de l'église de Rouen disent que lui et son frère assistèrent saint Remi, lors du baptême de Clovis en la cathédrale de Reims en 496.

    Vers 530, à la mort d’Alomer, il fut nommé à sa place par l'évêque saint Remi de Reims, à la demande des habitants de Vermand qui réussirent à le convaincre car il se trouvait trop âgé pour le poste.

    Il s'installa dès 531 à Noyon, ce qui est à l'origine du transfert du siège épiscopal. Les motifs restent discutés.

    La tradition de l'église de Noyon l'explique par une dévastation de Vermand lors des guerres entre les rois mérovingiens et par la présence d'une très petite enceinte à Noyon, plus aisée à défendre.

    Mais Médard était natif de Salency, village voisin de Noyon. La proximité de la capitale de Soissons peut aussi avoir joué un rôle.

    Crypte de l'abbaye Saint-Médard

    En 532 à la mort de saint Éleuthaire évêque de Tournai, les habitants de cette ville le réclamèrent comme évêque.

    Il refusa d'abord mais le roi Clotaire insista et il accepta.

    Il fut alors nommé par le pape Hormisdas à l'épiscopat de Tournai, unifiant le diocèse de Tournai avec celui de Noyon (union qui dura jusqu'en l'an 1146).

    Saint Médard de Noyon. Evêque († 560)

     

    À Tournai il réussit à convertir un grand nombre d'idolâtres et consacra Radegonde au degré de diaconesse.

    Il mourut à Noyon, ses reliques furent transportées près de Soissons où fut érigée l'abbaye Saint-Médard.

    Des reliques de Médard ont été conservées dans l'église Saint-Médard à Paris et s'y trouvent encore.

    On retrouve aussi des reliques de Saint-Médard dans l'église Saint-Rémi et Saint-Médard de Rouveroy (Belgique).

    Cette paroisse a modifié son nom en juin 2010, car auparavant, elle et l'église était seulement sous le patronat de Saint-Rémi, mais depuis plus de 350 ans, la paroisse organise le dimanche le plus proche du 8 juin (jour de saint-Médard), une procession en son honneur (elle est attestée depuis au moins 1662).

    C'est pourquoi, les responsables locaux ont demandé à l'évêque de Tournai de pouvoir mettre Saint-Médard comme deuxième patron de la paroisse. Ce qui a bien sûr été accepté par l'évêque de Tournai, Mgr Guy Harpigny.

    La légende

    Saint-Médard est l’un des évêques les plus populaires de son époque, sa vie a donc donné lieu à de nombreuses légendes.

    L'une dit que lorsqu'il était enfant, il fut protégé de la pluie par un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui.

    Il est fait référence à saint-Médard dans La Légende dorée de Jacques de Voragine : « Vers l'an 490… fleurirent deux frères utérins, saints Médard et Gildard, qui naquirent le même jour, moururent le même jour et furent béatifiés le même jour ».

    Le martyrologe romain reprend ce récit légendaire : Godard, archevêque de Rouen et Médard seraient frères jumeaux.

    L’iconographie

    On le représente la plupart du temps en évêque, avec la crosse épiscopale.

    Souvent aussi, il a la bouche entrouverte et montre ses dents, parce qu'il était aussi invoqué contre le mal de dent.

    En plus de sa représentation avec un aigle le survolant, il figure aussi avec un cœur, symbolisant sa charité.

    Patronage

    Saint-Médard est le patron des personnes emprisonnées, des personnes atteintes d’une maladie mentale ou de migraines et de névralgies, des agriculteurs et des viticulteurs.

    Il est invoqué contre le mauvais temps, pour (ou contre, selon le cas) la pluie - d'où son surnom de « saint pluvieux », pour le bon déroulement de la moisson et pour le soulagement des maux de dents.

    On lui doit l'institution de la Rosière, pour honorer la jeune fille la plus méritante d'un village, en rapport avec le culte de la Vierge Marie.

    Saint Médard de Noyon est à l'origine du nom de plusieurs communes Françaises telles que Saint-Merd-les-Oussines et Saint-Merd-de-Lapleau en Corrèze

    Les Dictons

    • « Saint Médard grand pissard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Saint Gervais (19 juin) soit beau, et tire Saint Médard de l’eau. » ou « Saint Médard, grand pissard, fait boire le pauvre comme le richard. »
    • « S'il pleut à la Saint Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que Barnabé (11 juin) ne lui donne un coup de pied ou ne lui coupe l'herbe sous le pied (ou à moins que saint Barnabé ne vienne lui casser le nez ; ne ferme le robinet ; remette le pain dans la maie). »
    • « S’il pleut pour saint Médard, l’été sera bâtard (ou 40 jours de temps bousard ; les récoltes diminuent d’un quart ; c’est du beau temps pour les canards ; le tiers des biens est au hasard). »
    • « Quand il pleut à la saint Médard, il y a des russes dans le blé noir (ou prend ton manteau sans nul retard). »
    • « Soleil à la Saint Barnabé, Médard a le nez cassé. » ou « Saint Médard, beau et serein, promet abondance de grain. »
    • « Saint Barnabé reboutonne la culotte de Saint Médard. » ou « Ce que saint Médard fait, saint Barnabé le défait. » ou « Saint Barnabé, la journée clairette de Saint Médard, rachète. »
    • « Du jour de saint Médard en juin, le laboureur se donne le soin. » car « Le temps sera à la moisson, comme à la saint Médard nous l’avons. » et « Saint Médard est le meilleur jour de l’année pour semer le blé noir. » et « Saint Médard éclairci, fait le grenier farci. »
    • « Pluie de saint Médard, tarit le vin et coupe le lard. » ou « Saint Médard, planteur de choux, mangeur de lard. »
    • « Pleurs de saint Médard, quarante jours bousards. » car « Quand saint Médard ouvre les yeux, écoute voir s’il pleut. »
    • « S'il pleut à la visitation (31 mai), pluie de Saint Médard continuation. »
    • « Quand il pleut à la Saint-Médard, prends ton manteau sans nul retard ; mais s'il fait beau pour Saint-Barnabé, qui lui coupe l'herbe sous le pied, ton manteau chez toi peut rester ; enfin s'il pleuvait ces deux jours, tu aurais encore Saint-Gervais accompagné de Saint-Protais qui le beau temps va ramener. »

    Faiseur de pluie mais aussi saint patron des brasseurs dans certains pays


    Il avait dix ans quand, rencontrant un pauvre paysan qui se lamentait d'avoir perdu son cheval, il courut en chercher un à l'écurie du château pour le remplacer. Lorsque son père, le seigneur Nector, s'aperçut qu'un de ses chevaux manquait, il partit à sa recherche ; mais une pluie se mit à tomber si dru qu'il dut rentrer à la maison. Quant au petit Médard, il était resté dehors sans êre mouillé. Ce que voyant, le seigneur Nector et sa femme Protagia comprirent que le ciel approuvait leur enfant et décidèrent de laisser au manant son nouveau cheval. C'est sans doute ce miracle qui fit croire que, dès son arrivée au paradis, Médard avait été chargé de s'occuper de la pluie. " C'est de nouveau saint Médard qui abreuve ses poulains ", disent les paysans quand une averse vient interrompre leurs travaux champêtres. C'est le saint du calendrier le plus célébré par la verve dictonne.

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