• Saint Jean de Lycopolis ou Jean le solitaire ou Jean d'Apamée, ermite († 394)

     
     

    Saint Jean de Lycopolis († 394)

    ou Jean le solitaire ou Jean d'Apamée

    ermite

     

    Saint Jean de Lycopolis ou Jean le solitaire ou Jean d'Apamée, ermite († 394)

     

    Jean de Lycopolis est un ermite de la Thébaïde (Haute-Égypte), né vers 305, mort fin 394 ou début 395. C'est un saint fêté le 27 mars.

    Biographie

    Les deux principales sources à son sujet sont l'Historia monachorum in Ægypto, dont le premier (et le plus long, avec 65 paragraphes) des vingt-six chapitres lui est consacré, et l' Histoire lausiaque, où il est le sujet du chapitre 35, également l'un des plus longs de l'ouvrage.

    Lycopolis est l'actuelle ville d'Assiout. Selon l’Histoire lausiaque, Jean avait appris dans sa jeunesse le métier de charpentier, tandis que son frère était teinturier ; à partir de l'âge de vingt-cinq ans, il avait appartenu à différents monastères. Selon l'Historia monachorum (qui raconte un voyage à travers l'Égypte effectué pendant l'hiver 394/395), Jean avait quatre-vingt-dix ans, dont quarante passés dans la réclusion. Palladios dit qu'au moment de sa visite Jean avait soixante-dix-huit ans, dont quarante-huit comme reclus et dix-huit avec le « don de prophétie ».

    Il était installé dans une grotte, strictement reclus, et communiquait avec l'extérieur par une petite fenêtre. Il ne recevait des visiteurs, seulement des hommes, que le samedi et le dimanche. Il lisait dans le cœur des hommes, connaissait toutes choses cachées, présentes ou à venir, annonçait les crues du Nil et les récoltes, devinait des détails de la vie de chacun. Il était aussi guérisseur, utilisant à cet effet de l'huile consacrée. Sa réputation, dans ses dernières années, était devenue très grande, s'étendant bien au-delà de la Thébaïde. Il parlait uniquement le copte, car Palladios communique avec lui par un truchement local appelé Théodore.

    Les sept pèlerins de l'Historia monachorum ont droit à trois jours successifs d'entretiens. Le troisième jour, Jean leur annonce l'arrivée d'une lettre qui relate la victoire de l'empereur Théodose sur l'usurpateur Eugène (bataille de la rivière froide, 5-6 septembre 394). Selon Rufin d'Aquilée (Histoire ecclésiastique, II, 32), Jean avait prédit à Théodose cette victoire, et auparavant celle qu'il remporta sur Maxime. Sozomène (Histoire ecclésiastique, VII, 22) précise qu'avant de partir en campagne contre Eugène, Théodose avait envoyé l'eunuque Eutrope en Égypte pour consulter Jean sur la conduite à tenir, et l'ermite avait prédit que l'empereur serait vainqueur, que l'usurpateur serait tué, mais que Théodose mourrait ensuite en Italie1. Prosper d'Aquitaine, dans sa Chronique, ajoute que Jean avait prédit la date exacte de la victoire. Les prophéties de l'ermite Jean pour Théodose sont aussi mentionnées par saint Augustin (De Civitate Dei, V, 26) et se retrouvent ensuite dans des chroniques du Moyen Âge.

    Évagre le Pontique rendit également visite à Jean et évoque l'échange qu'ils eurent à plusieurs reprises dans son Antirrhetikos (2, 36 ; 5, 6 ; 6, 16 ; 7, 19). Les pères bollandistes Paul Peeters et Paul Devos a par ailleurs révélé toute une documentation d'origine copte sur ce personnage.

    On lui a attribué un temps les écrits mystiques de « Jean le Solitaire », mais ce n'est plus d'actualité.

    Source :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Lycopolis

    Jean d'Apamée (Syrie - IVe/Ve siècle), qu'on a appelé dans d'autres publications Jean de Lycopolis et Jean le Solitaire, nous apparaît à la fois comme un homme cultivé, au courant des idées de son temps, sachant discuter les opinions des philosophes, réfuter les objections de ses disciples ou de ses contradicteurs, et comme un théologien capable d'exprimer sa foi.

    Ce fut surtout un homme vivant en familiarité constante avec la Parole de Dieu, patient pédagogue, immensément humble et aimant, ne quittant jamais le centre de son âme, tout illuminé par le mystère du Christ notre espérance.

    Il a tracé dans ces « Dialogues et Traités » l'itinéraire de l'âme qui s'arrache à la condition corporelle pour accéder aux sommets spirituels où règne la perfection de l'amour.

    Source

    Jean le Solitaire, dit aussi Jean d'Apamée, est un théologien et auteur mystique syrien, de religion chrétienne, ayant vécu au Ve siècle.

    Identité

    L'identité de cet auteur a fait l'objet de débats loin d'être clos. Rubens Duval avait proposé de l'identifier à Jean de Lycopolis (ou de Thèbes), un ascète égyptien du IVe siècle (mort vers 395), assimilation réfutée de manière décisive par le père Irénée Hausherr. 

    Babaï le Grand, dans son commentaire des Centuries d'Évagre le Pontique, parle d'un « Jean le Solitaire du pays d'Apamée » en lui attribuant un passage d'une lettre qui a été conservée.

    D'autre part, il y a débat sur l'identification de Jean le Solitaire avec un « Jean d'Apamée » ou « Jean l'Égyptien » combattu comme hérésiarque par Philoxène de Mabboug.

    Autre incertitude : est-ce le « Jean d'Apamée » condamné en 790, en même temps que Jean de Dalyatha et Joseph Hazzaya par un synode de l'Église d'Orient présidé par le catholicos Timothée Ier ? L'hérésie de ce « Jean d'Apamée », à tendance apparemment gnostique, est décrite parThéodore bar Koni dans un passage de son Livre des scolies. Là non plus, le débat n'est pas tranché.

    Le plus ancien manuscrit contenant des œuvres de « Jean le Solitaire » date de 581. Babaï le Grand parle de lui comme d'une autorité ancienne, sur le même plan qu'Évagre le Pontique et Théodore de Mopsueste.

    I. Hausherr et W. Strothmann sont d'accord pour le situer chronologiquement au Ve siècle.

    Ses textes montrent une très forte imprégnation de la culture grecque, et d'autre part d'importantes connaissances en médecine.

    Ils ont été transmis en syriaque, mais un autre point disputé est de savoir s'ils ont été rédigés originellement en grec ou en syriaque.

    Selon W. Strothmann, sa christologie est monophysite, mais apparemment Babaï le Grand ne l'a pas remarqué.

    Œuvre

    L'œuvre abondante de Jean le Solitaire est surtout formée de dialogues, de « discours » (ou « homélies », ou « traités »), de lettres, de commentaires de textes bibliques (notamment de L'Ecclésiaste).

    Elle est encore en grande partie inédite, dans des manuscrits.

    D'une façon générale, même si l'identité de l'auteur pose problème, l'unité de l'œuvre ne fait guère de doute.

    La doctrine se caractérise notamment par une conception de l'« ascension spirituelle » en trois « degrés » : le degré corporel, où l'homme vit en fonction du corps, soit pour le satisfaire en refusant toute ascèse, soit en se bornant à éviter les péchés extérieurs et visibles aux autres, la prière et les larmes étant provoquées par des inquiétudes purement humaines (souci des siens, épreuves de la vie, etc.), et la représentation de Dieu étant anthropomorphique ; le degré psychique (de l'âme), où l'esprit de pénitence conduit à se détourner du monde et à pratiquer l'ascèse, portant d'abord sur des actes extérieurs (jeûnes, veilles, travail manuel, détachement de la famille et des biens terrestres...), ensuite sur la lutte contre les passions intérieures, ce qui suppose de mener une vie solitaire, mais les passions et les défauts (jalousie, suffisance, etc.) ne peuvent encore, dans cet ordre psychique, être déracinés (l'âme prenant le dessus sur le corps, mais restant tournée vers lui) ; enfin le degré spirituel, où on atteint une « pureté » (dakhyutha) d'ordre négatif qui est l'affranchissement des passions, mais aussi un état positif de « transparence », « limpidité » ou « sérénité » (shaphyutha) qui permet d'« acquérir la science des mystères de l'autre monde », état accompagné de larmes de joie et d'émerveillement devant la grandeur de Dieu, d'une prière devenue continuelle, et où on ne considère plus les hommes dans leur pauvre aspect d'ici-bas (avec leur péchés et leurs vices), mais dans leur gloire d'en-haut.

    À l'extrémité de ce degré spirituel, il est donné à quelques très rares élus d'entrer dès cette vie dans la « perfection » (mais ce ne peut être ici-bas qu'« en arrhes »), où il n'y a même plus de larmes, mais la joie pure, et où l'homme n'est plus un esclave auquel on impose une loi, mais un fils.

    Source

     

     

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