• Saint Germain d'Auxerre. Évêque d'Auxerre († 448)

     

     

    Saint Germain d'Auxerre († 448)

    Évêque d'Auxerre

     

    Saint Germain d'Auxerre. Évêque d'Auxerre († 448)

     

     

    Germain d'Auxerre ou Germain l’Auxerrois (né vers 380 à Appoigny près d'Auxerre, Yonne - mort le 31 juillet 448 à Ravenne, Italie) était un religieux de l'Antiquité tardive.

    C'est un saint chrétien, le plus célèbre des saint Germain, fêté le 31 juillet.

    Biographie

     Avant l'épiscopat

     

    image illustrative de l’article Germain d'Auxerre

     

    Sculpture en bois polychrome datée du XVe siècle
    (Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris)

     

    Germain est né à Appoigny, 10 km au nord d'Auxerre. Rustique et Germanille, père et mère de Germain, étaient au IVe siècle seigneurs d'Appoigny.

    La tradition locale, qui s'est maintenue vivace à travers les âges, veut qu'ils aient été inhumés à Appoigny.

    En juillet 2008, un sarcophage du Ve siècle en grès ferrugineux était mis au jour aux pieds de la collégiale Saint-Pierre d'Appoigny.

    Héric écrit qu'ils ont été enterrés sous l'autel dans l'église.

    Mais il s'agit de l'église dédiée à Saint-Jean, plus ancienne que celle existant à notre époque, vendue et démolie en 1793.

    Lors de la démolition un tombeau fut découvert sous le grand autel, et détruit en même temps que le reste de l'église.

    Germain est contemporain de saint Augustin et de saint Jean Chrysostome.

    Son époque est celle des grandes invasions, du début de l’effondrement de l’Empire Romain, d'une doctrine chrétienne encore peu encadrée et où foisonnent les divergences.

    Fils d'aristocrates, il étudie à Auxerre ou Autun, puis à Rome, et devient un avocat réputé.

    Il épouse Eustachie, selon Constance de Lyon « une personne de condition élevée, remarquable par ses richesses et ses mœurs ».

    Il rentre en Gaule, où il est nommé duc et gouverneur (fonctionnaire impérial) de plusieurs provinces.

    Le duché dont Germain a la charge est celui de la Marche Armorique, qui comprend les provinces romaines de la première et la seconde Aquitaine, la seconde et la troisième Lyonnaise, et la Sénonoise.

     

     

    Germain établit sa demeure à Auxerre, mais il est tenu de visiter lui-même les larges territoires dont il a la charge et est souvent et longtemps absent.

    L'évêque d'Auxerre de l'époque est saint Amâtre (év. 386–418) et leurs relations ne sont pas des meilleures : Germain, comme de nombreux aristocrates, chasse, et suit la coutume locale d'exhiber les têtes de ses prises en les suspendant à un grand poirier.

    Amâtre, qui voit ce fait comme une incitation à l'idôlatrie, essaie en vain de le sermonner, puis fait couper le poirier pendant une absence de Germain. Germain le menace de mort ; Amâtre se réfugie à Autun où il est reçu par l'évêque Simplice et son clergé, et par le préfet Julius.

    Là, Amâtre a la révélation que Germain sera son successeur comme évêque d'Auxerre.

    Il demande à Jules l'autorisation de faire de Germain un clerc de l'Église, revient à Auxerre et convertit Germain, lui « donne la tonsure » et en fait un diacre puis un prêtre. Georges Viole, qui a étudié la vie de saint Germain en profondeur, situe cet épisode au plus tard en 410.

    À l'approche de sa mort, Amâtre désigne Germain comme son successeur à l'évêché d’Auxerre ; une charge que Germain accepte, dit-on, contre son gré, mais qu'il assumera néanmoins jusqu'à sa mort, soit de 418 à 448.

     

    L'épiscopat

    Devenu évêque, Germain fonde le monastère Saint-Cosme et Saint-Damien en face d’Auxerre, sur la rive droite de l’Yonne.

    Saint Patrick, prédicateur et futur premier évêque d’Irlande, séjourna à Auxerre de longues années (peut-être 18 ans).

     

     

    Saint Germain et saint Loup, de passage à Nanterre, reçoivent sainte Geneviève

    Église Sainte-Geneviève de Saint-Julien-du-Sault

     

    Il lutte contre le pélagianisme, notamment en Bretagne où il fait deux voyages à 16 ans d'intervalle (430 et 448).

    C'est lors de son premier trajet vers la Bretagne, accompagné par saint Loup, évêque de Troyes, qu'il rencontre une petite fille âgée de dix ans, qu'il consacre à Dieu et qui deviendra sainte Geneviève.

    Dix-sept ans plus tard, il la revoit à Lutèce, lors de son second voyage en Angleterre. « Comme Germain, elle choisit l’Église et l’empire.

    Ce calcul politique la conduisit à soutenir les Francs païens, à favoriser leur expansion, et à les inciter à se convertir au catholicisme...

    Ce fut le triomphe posthume de Germain : Geneviève, sa fille spirituelle, permit la construction d’un royaume à la fois chrétien et romain, qui donna naissance à la France ».


    Il est accompagné pour le deuxième voyage par saint Sévère, 14e évêque de Trèves et disciple de Hilaire archevêque d'Arles.

    Ils sont accueillis par Elaf.

    Alors que Germain rentre de cette expédition, sa dernière en Bretagne, il reçoit une délégation des villes d'Armorique.

    Leur peuple avait participé à une rébellion contre Valentinien III et recevait de la part d'Aetius le même traitement que les bagaudes.

    Les temps et l'Empire romain sont troublés et instables.

    Aetius, généralissime de l'Empire romain depuis 429 et consul pour la 3e fois en 446, doit faire face à de multiples pressions.

    Il a délocalisé les Alains du Rhin vaincus quelques années avant, vers Orléans avec mission pour eux de contrôler (d'attaquer) les bagaudes de la région, particulièrement virulentes à cette époque.

    Lors de la révolte armoricaine il ordonne au roi des Alains de la Loire d'attaquer l'Armorique.

    Germain négocie une paix, que le roi des Allains accepte à condition que le traité de paix soit ratifié par Aetius.

    Germain se met donc en route pour Ravenne, où se trouve Aetius.

     

    Après sa mort

    image illustrative de l’article Germain d'Auxerre

     

    Reliquaire en métal doré du XIXe s.,
    fragments du grabat qui a ramené Germain de Ravenne à Auxerre après sa mort

     

    Après sa mort à Ravenne, son corps est rapporté à Auxerre selon ses dernières volontés.

    Cinq jeunes filles sont choisies pour accompagner sa dépouille : Pallade ou Pallaye, Magnance, Porcaire, Camille et Maxime.

    Magnance, Pallade et Camille, éprouvées par leur voyage, meurent avant d'atteindre leur but, donnant nom aux villages de Sainte-Magnance, Sainte-Pallaye et Escolives-Sainte-Camille dans l'Yonne.

    Porcaire construit un ermitage proche du Serein sur la commune de Héry, à l'est du hameau des Baudières ; après sa mort une chapelle est érigée à cet endroit, en ruines au XIXe siècle mais qui portait toujours le nom de "chapelle Sainte-Porcaire".

    Germain est enterré sur le Mons Autricus, appelé vulgairement le Mont-tartre.

    C'est là que s’élève aujourd’hui l’abbaye Saint-Germain d'Auxerre.

     

     

    Tunique dite de saint Germain (abbaye Saint-Germain d'Auxerre)

     

    Le miracle de saint Germain à Travia

    Lors de son passage à Travianote en 447, un miracle se serait produit : son bâton planté en terre s'est transformé en un grand arbre verdoyant, comme cela se serait produit d'après la Bible pour le bâton d'Aaron (Nombre 17,8).

    On rapporte également un miracle semblable à propos de Saint-Christophe.

    On bâtit une abbaye royale à cet endroit, dite abbaye de Saint-Germain.

    Le village a alors pris le nom de Saint-Germain, devenu Saint-Germain-sur-Meuse en 1919.

    L'abbaye, mentionnée pour la dernière fois dans un acte de 878, a disparu, probablement avant 1050.

     

     

    Saint Germain évêque d'Auxerre

     

     

    Statue, abbaye Saint-Germain d'Auxerre

     

     

    Première sépulture présumée, angle N-E de la chapelle Saint-Symphorien (reconstruite au XIe siècle), Auxerre

     

     

    Statue, retable du maître-autel, église Saint-Germain de Trébédan (Côtes-d'Armor, Bretagne)

     

     St-Germain barrant la route à Eocharich, tableau (1836), église gothique St-Georges, Sélestat (Bas-Rhin, Alsace)

     

     

    Statue, calvaire de la chapelle St-Germain, Plogastel

    (Côtes-d'Armor, Bretagne)

     

     

    Fresque (1857),

    église Saint-Léger, Aymavilles

    (vallée d'Aoste, Italie)

     

     

    Tableau (~1725), artiste inconnu, cathédrale Saint-Germain (Rimouski, Québec)

     

     

    Statue du XIIIe siècle, église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris

    Toponymie et autres lieux de culte

    Le nom de Saint-Germain a été donné à 126 communes, mais il ne fait pas nécessairement référence à Germain d'Auxerre puisque Germain de Paris a aussi donné son nom à beaucoup d'églises en France comme Saint-Germain-en-Laye, Saint-Germain-lès-Corbeil, Saint-Germain-de-Montbron, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Germain-du-Pinel, etc.

    De nombreuses églises et chapelles en France sont consacrées à saint Germain, par exemple l'église paroissiale Saint-Germain de Kerlaz (Finistère) ou Église Saint Germain d'Alairac, etc.

     

     Kerlaz : église paroissiale Saint-Germain, statue de saint Germain

     

    Ses reliques sont présentes dans de nombreux établissements religieux (cathédrale de Verdun, Vitteaux, église du Val de Miège, abbaye Saint-Julien d'Auxerre, prieuré Saint-Germain de Modéon, église Saint-Germain de Gron, abbaye Saint-Germain-des-Prés de Paris, abbaye Saint-Pierre de Conches, abbaye Saint-Pierre de Châlons, abbaye Saint-Vincent de Metz, abbaye Saint-Étienne de Caen, ...).

    Source

     

     

    Notre glorieux Père Germain, le plus illustre des Saints Évêques de Gaule après Saint Martin, naquit vers 378 au sein d'une riche et puissante famille d'Auxerre.

    Il reçut une excellente éducation, d'abord en Gaule puis à Rome, où il se perfectionna dans la science du droit et devint avocat.

    Après avoir épousé là une personne vertueuse et de condition élevée, il rentra en Gaule et accéda à de hautes charges dans le gouvernement de la province.

    L'Évêque d'Auxerre, Amator, étant décédé, la volonté divine s'exprima aussitôt par la voix unanime du peuple, et Germain dut accepter, contraint et forcé, la charge épiscopale (418).

    Abandonnant le service du monde pour se charger de celui du ciel, il changea du tout au tout son genre de vie : foulant aux pieds les vanités du siècle, il distribua sa fortune aux pauvres, vécut désormais comme frère et sœur avec sa femme, et embrassa un mode de vie ascétique, en prenant l'humilité pour compagne.

    Il s'imposait de telles austérités que, jusqu'à la fin de ses jours, sa vie ne fut plus qu'un long Martyre non-sanglant.

    Ayant renoncé à tous les délices de la table, il goûtait de la cendre avant de prendre son pain d'orge, le soir venu, souvent une fois par semaine seulement.

    En toute saison il était revêtu d'un capuchon et d'une tunique, qu'il ne changeait que lorsqu'ils tombaient en lambeaux.

    Il portait, à même la peau, un grossier cilice et, suspendu au cou, un petit sachet contenant des Reliques de Saints, qui opérèrent plus d'un miracle.

    Il couchait, tout habillé et sans enlever ses chaussures, sur un misérable grabat rempli de cendres ; et, s'étant relevé après un court repos, il passait la nuit en gémissements continuels.

    Menant ainsi au milieu du monde une vie d'ascèse et de solitude, tout tendu vers Dieu, il n'en oubliait pas cependant les devoirs de l'hospitalité et ouvrait sa demeure à tous, lavant les pieds de ses hôtes et les servant à table, à l'imitation du Seigneur.

    Dès le début de son épiscopat, il fonda, en face de la cité, sur la rive droite de l'Yonne, un Monastère dédié aux Saints Côme et Damien, et il partageait son temps entre la prière avec les moines et l'instruction du Clergé et du peuple dans la cathédrale.

    La charité du Christ, croissant en lui par ses valeureux combats, débordait en effet sur son peuple en flots de miséricorde et d'actions miraculeuses.

    C'est ainsi qu'il permit à un agent du fisc de retrouver l'argent qu'il avait égaré et dont un possédé s'était emparé.

    Il guérit, avec de l'huile qu'il avait bénite, les enfants de la ville victimes d'une épidémie de diphtérie, il délivra également nombre de possédés, et se montrait pour tous l'intendant de la miséricorde divine.

    En ce temps-là, l'hérésie pélagienne, qui s'était propagée de Rome dans tout l'Occident, avait trouvé un terrain particulièrement favorable en Grande-Bretagne, patrie de Pélage.

    Les Orthodoxes de ce pays envoyèrent alors une députation auprès des Évêques de Gaule qui, s'étant rassemblés en Concile (429), désignèrent Saint Germain et Saint Loup de Troyes (cf. 29 juil.) pour aller lutter contre cette hérésie qui prétendait que l'homme, doté par Dieu du libre arbitre, peut pratiquer la vertu et atteindre le bien sans l'aide de la Grâce2.

    Descendant la Seine, les deux Évêques s'arrêtèrent un soir au village de Nanterre.

    On présenta à Saint Germain une petite fille, Sainte Geneviève, qu'il bénit et éveilla à la vie religieuse (cf. 3 janv.).

    Pendant la traversée de la Manche, Germain apaisa une tempête suscitée par les démons, en invectivant, comme le Christ, les flots déchaînés et en versant sur eux un peu d'huile.

    Les deux Évêques, accueillis chaleureusement par une grande foule ne tardèrent pas à montrer la supériorité de la vraie foi, tant par leur enseignement que par leurs miracles.

    Les fidèles étaient affermis et les égarés se convertissaient en grand nombre, si bien que tout le pays se trouva bientôt prêt à retrouver l'unanimité de la foi.

    Effrayés par la fougue des prédicateurs, les hérétiques se cachèrent, jusqu'au jour où ils décidèrent d'engager une controverse publique, après s'être assurés l'assistance de multiples adeptes.

    Ayant laissé à leurs adversaires la possibilité de débiter leurs creux discours, les bienheureux prélats répandirent ensuite la parole évangélique, puissante comme le tonnerre, à laquelle les hérétiques se montrèrent incapables de répondre.

    La foule, saluant à grands cris la victoire des Évêques, voulut en venir aux mains contre les imposteurs, et c'est avec peine que les deux Saints la retinrent.

    Cette victoire fut confirmée par la guérison d'une fillette aveugle, que Germain obtint en appliquant sur ses yeux le Reliquaire qu'il portait toujours sur lui.

    Dès lors, le peuple accueillit avec un désir avide l'enseignement orthodoxe ; et la paix de l'Église se trouvant assurée, les deux Évêques allèrent rendre grâce auprès du tombeau du Saint Martyr Alban (cf. 22 juin), en l'honneur duquel Saint Germain consacra une basilique lors de son retour à Auxerre.

    Ce pèlerinage accompli, le Saint se cassa le pied, et il gisait alité quand un incendie se déclara autour de son logis.

    Alors que la foule affolée essayait de parvenir jusqu'à lui, il ne permit pas qu'on le transportât, et la flamme, passant au-dessus de sa demeure, la laissa intacte mais détruisit tous les bâtiments alentours.

    Ayant été guéri à la suite de l'apparition d'un Ange vêtu de blanc, Germain reprit son voyage vers la Gaule.

    Sur ces entrefaites, les Saxons et les Pictes coalisés s'attaquèrent aux Bretons. Effrayés, ceux-ci eurent recours aux deux Saints Évêques qui, dès leur arrivée dans le camp, rendirent courage aux soldats, comme s'il s'agissait de renforts considérables.

    Ils les instruisirent pendant le Carême, et, ayant installé une église de branchages, ils baptisèrent un grand nombre d'entre eux le jour de Pâques.

    On annonça alors l'arrivée des ennemis.

    Aussitôt les néophytes abandonnèrent leurs tuniques baptismales pour prendre les armes et Germain, prenant le commandement, leur conseilla de s'embusquer dans une vallée encaissée.

    Quand les attaquants s'y engagèrent, les deux Évêques lancèrent, tel un cri de guerre, un triple "Alléluia", qui, repris par toute l'armée comme le grondement du tonnerre, mit en fuite les adversaires, et beaucoup d'entre eux périrent dans la débandade.

    Après avoir ainsi remporté d'éclatantes victoires sur les ennemis visibles et invisibles, la paix et la sécurité étant revenues sur la grande île, les deux Saints regagnèrent leur pays.

    Dès son retour à Auxerre, Saint Germain reprit ses activités pastorales, assisté par la grâce de Dieu.

    Ses citoyens, accablés d'un impôt supplémentaire, eurent alors recours à lui comme des enfants à leur père.

    Compatissant à leur peine, il entreprit un voyage à Arles, le siège de la préfecture des Gaules, pour obtenir un allégement des charges. Parcourant la Gaule avec une petite escorte et une modeste monture, mais portant le Christ dans son cœur, il répandait sur son passage miracles et signes patents de la miséricorde divine.

    Bien qu'il essayât de passer inaperçu, les habitants de tous les bourgs et cités, attirés par sa renommée, accouraient à lui, avec leurs malades, leurs femmes et leurs enfants, pour solliciter sa bénédiction et s'abreuver de ses paroles inspirées.

    Reçu à Arles comme le digne successeur des Apôtres, il fut l'hôte de son ami Saint Hilaire (cf. 5 mai), qui était souvent venu lui rendre visite pour traiter avec lui des affaires ecclésiastiques de la Gaule.

    Le préfet Auxiliaris, subjugué par le Saint, lui montra une particulière déférence, et à la suite de la guérison de sa femme, depuis longtemps minée par une fièvre, il lui accorda de bon gré l'exonération fiscale qu'il réclamait pour les habitants d'Auxerre et le couvrit de cadeaux.

    Après une nouvelle mission en Angleterre (440), pour lutter contre une résurgence de l'hérésie pélagienne, Saint Germain rentra à Auxerre, où arriva bientôt une délégation venue d'Armorique (Bretagne) sollicitant son aide, car le patrice Aetius, qui gouvernait l'Empire, avait demandé au farouche Goar, roi des Alains — les barbares fédérés qu'on avait installés dans l'Orléanais — de châtier dans un bain de sang leur rébellion3.

    Se mettant en route en grande hâte, le vieil Évêque se rendit au devant de Goar.

    Il lui adressa d'abord une supplique par l'entremise d'un interprète et, comme ce dernier voulait le repousser, Germain saisit la bride de son cheval, arrêtant ainsi le chef et toute son armée qui se pressait derrière lui.

    Au lieu de s'irriter, Goar fut saisi d'admiration, il écouta sa requête et ordonna à ses troupes de se retirer.

    Germain dut néanmoins se mettre immédiatement en route pour Ravenne, capitale de l'Empire d'Occident, afin d'obtenir de l'empereur Valentinien III et du patrice Aetius la confirmation de cette grâce provisoirement accordée par Goar.

    Faisant halte à Alésia, chez son ami le prêtre Sénator, il guérit une jeune fille muette, puis il fit de touchants adieux à son ami, sachant qu'il ne reviendrait pas vivant de ce voyage.

    Il franchit les Alpes en transportant sur son dos le fardeau d'un voyageur, boiteux et âgé, qu'il avait rencontré, puis il prit l'homme sur ses épaules pour lui faire passer un ravin.

    Répandant aumônes et actions d'éclats sur son passage, le saint parvint à Ravenne où, sa glorieuse réputation l'ayant précédé, il fut accueilli avec honneurs par l'Évêque, Saint Pierre Chrysologue4.

    L'impératrice Galla Placidia lui fit parvenir un grand vase d'argent, plein de mets raffinés que Germain partagea entre ses serviteurs.

    Il garda le vase pour en distribuer le prix aux pauvres et renvoya à la souveraine un petit plat de bois contenant un pain d'orge, qui accomplit par la suite de nombreuses guérisons.

    Passant un jour devant une prison remplie de condamnés à mort, le Saint, pris de pitié, se prosterna à terre et invoqua le Seigneur.

    Les verrous et les barres de fer se brisèrent aussitôt, et les prisonniers sortirent en brandissant leurs chaînes et entrèrent en liesse dans l'église pour rendre grâces à Dieu.

    Les guérisons accomplies par Saint Germain laissaient toute la ville dans l'admiration, et il aurait certainement obtenu de l'empereur l'amnistie générale pour l'Armorique si une nouvelle insurrection n'avait provoqué la colère du souverain et rendu inutile la démarche du Saint Évêque.

    Peu après, saint Gennain révéla aux six Évêques qui s'entretenaient avec lui après l'Office du matin, que le Seigneur lui était apparu durant la nuit pour lui annoncer son prochain départ pour sa véritable "Patrie".

    Il tomba malade et, à l'impératrice qui était venue à son chevet, il demanda que son corps soit rendu à Auxerre.

    Pendant sept jours, la foule se pressa dans sa demeure pour recevoir sa dernière bénédiction, et le septième jour, son âme bienheureuse fut transportée aux cieux (31 juillet 448).

    L'empereur, l'Évêque et les dignitaires se partagèrent ce qui lui avait appartenu, et un immense cortège, dont la multitude des flambeaux dérobait au soleil son éclat, se forma pour escorter son corps vénérable jusqu'en Gaule.

    Parvenu à Auxerre le 22 septembre, il fut enseveli dans la basilique située hors des murs, qui prit ensuite le nom du Saint.

    Le culte de Saint Germain se répandit largement en Gaule et en Grande-Bretagne, où un grand nombre d'églises et de villages portent aujourd'hui encore son nom.

    1. Sa Vie a été composée par Constance, Prêtre de Lyon, une trentaine d'années après sa mort (SC 112).
    2. Il est probable que le Diacre Palladius, qui allait bientôt être consacré Évêque pour évangéliser l'Irlande, servit d'intermédiaire entre l'Évêque de Rome et les Évêques gaulois. St Patrick, qui avait été ordonné Prêtre par Armator, vécut un certain temps dans le monastère de St Germain et fut ordonné par lui Évêque, puis il partit remplacer Palladius en Irlande (cf. 17 mars). Certains ont émis l'hypothèse qu'il aurait accompagné St Germain dans cette mission, pour lui servir d'interprète.
    3. Les insurrections de paysans et de petites gens, écrasés par les misères de ces temps d'invasions, tournaient en la formation de bandes de brigands vivant de pillages: la Bagaude. L'autorité romaine devait souvent faire appel à des armées de fédérés barbares pour en venir à bout. Mais ces derniers, ne pouvant être contrôlés, se montraient cruels envers la Population et avides de nouvelles possessions.
    4. Commémoré le 4 déc. dans l'Église latine.

    Source

    En savoir plus :

    http://www.magnificat.ca/cal/fran/07-30.htm#germain

    http://www.dioceserimouski.com/egl/cath/germain.html

     

     

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