• Saint Expédit (4ème s.)

     
     

    Saint Expédit (4ème s.)

     

    Saint Expédit (4ème s.)

     

    Selon le Martyrologium Hieronymianum (en), saint Expédit aurait été un commandant romain d’Arménie converti au christianisme et décapité pour cette raison par l’empereur byzantin Dioclétien en l'an 303 de l’ère chrétienne, à Mélitène, en compagnie des autres martyrs Hermogène, Caius, Aristonique, Rufus et Galatas.

     

    Saint Expédit (fin XVIIIe , début XIXe siècle, Milan, église San Nicolau (it)

     

    Réalité du personnage

    Il n'y a pas de reliques d'Expédit et son existence réelle est depuis longtemps remise en cause.

    La position de l’Église catholique

    Certaines autorités de l’Église s’interrogent sur son existence réelle et Louis Réau rapporte que Pie X avait "rayé en 1906 son nom dumartyrologue et prescrit, sans succès, l'enlèvement de ses images dans les églises".

    Reste que les croyants s’en réfèrent encore à lui afin qu’il interfère dans les procès qui s’éternisent.

    Il serait en fait le saint patron des écoliers, des hommes d’affaires et des candidats au permis de conduire.

    Son culte ne peut plus être contesté par l'Église (dès lors qu'il a été déclaré saint), mais sa fête n’est que peu célébrée.

    Légende des religieux et du colis anonyme

    En 1910, Christian Morgenstern donnait peut-être la première version de la légende des religieuses qui reçoivent un colis anonyme et l'attribuent à Saint Expeditus.

    Prosper Ève colportera la légende en racontant que saint Expédit aurait été inventé par erreur par un groupe de sœurs de Lille qui reçurent de Rome des reliques emballées dans un paquet sur lequel était écrit « in expedito », et sans mention de quel saint provenaient ces reliques.

    Culte

    Pâtisserie traditionnelle espagnole appelée huesos de san Expedito (es), c’est-à-dire « ossements de saint Expédit »

     

    Le culte de saint Expédit, sous le nom d’Elpide ou Ilpide, se serait développé en Allemagne au XVIIe siècle.

    Il est honoré le 19 avril par l'Église catholique et l'Église orthodoxe. En 1781, il fut proclamé patron secondaire d'Acireale en Sicile.

    Saint Expédit est vénéré dans certains pays d'Amérique du Sud, dont l'Argentine et le Chili.

    Il est très populaire au Brésil, où il est le saint patron de la Police militaire de l'Etat de Sao Paulo.

    Il est surtout connu depuis la fin des années 90, lorsqu'un imprimeur de Sao Paulo a promis de diffuser son nom partout après avoir reçu la grâce ; La fête de Saint Expédit (19 avril) donne lieu à de nombreuses manifestations, notamment dans le village qui porte son nom (Santo Expedito, état de Sao Paulo) 

    Saint Expédit à la Réunion

    Depuis que son culte y a été introduit dans les années 1930, saint Expédit est particulièr Monique Augras « Secours d'urgence : le « show » de saint expédit », Sociétés 2/2001 (no 72), p. 125-137. ement prié à la Réunion, département français de l’océan Indien.

    Il s’agit d'un syncrétisme mêlant l’héritage catholique aux croyances venues de Madagascar ou d’Inde.

    Saint Expédit apparaît en vérité comme un ultime recours à beaucoup de monde, principalement aux déshérités de la société réunionnaise.

    Ils prient saint Expédit dans le but de lui demander une faveur : trouver du travail, gagner de l’argent ou d’autres choses plus ou moins importantes mais toujours avec une notion de promptitude dans l’exécution de la demande.


     
     

    Un autel le long d’une route des Hauts de la Réunion.

    De très nombreux autels sont construits à son intention le long des routes, spécialement dans les Hauts.

    Ils sont généralement de taille tout juste suffisante pour accueillir une statue de légionnaire romain de quelques dizaines de centimètres de haut.

    Il en existe cependant de plus grands pouvant contenir plusieurs statues (par exemple à Trois-Mares), des bougies, des fleurs rouges, etc.

    Ils sont en tout cas toujours peints en rouge sang. Les ex-voto remerciant le saint n’y sont pas rares.

    Les pratiquants demeurent difficiles à dénombrer, le culte de saint Expédit étant socialement dévalorisé et la fréquentation des autels se fait en secret.

    Mais leur très bon entretien demeure un indice puissant de l’audience du saint...

    Le culte de saint Expédit s’est développé à la Réunion à partir de l’église Notre-Dame-de-la-Délivrance à Saint-Denis qui a accueilli la première statue du Saint installée dans l’Île.

    Il y a également une statue du saint à Saint-Leu, en l’église Notre-Dame-de-la-Salette.

    Saint Expédit à l’écran

    Saint Expédit est le sujet d'un documentaire : Cachez ce Saint !, sur les traces d’Expédit.

    Ce film de 52 minutes détaille la manière dont le culte du saint s’est répandu, à partir d'une « vulgaire faute de frappe ».

    Hagiographie et iconographie

    Selon Prosper Ève Expédit était sur le point de se convertir au christianisme, quand le diable, prenant la forme d’un corbeau, arriva en criant : Cras ! Cras ! Cras ! Cras en latin signifie « demain ». Ne voulant pas retarder sa conversion, Expédit l’écrasa en criant à son tour : Hodie ! Hodie ! Hodie ! (« aujourd'hui ! »).

    Expédit est donc souvent représenté portant la palme du martyre, avec le corbeau, et les inscriptions Cras et Hodie.

    Représentations

    Saint Expédit, Royan, chapelle Notre-Dame des Anges

     

    Article détaillé : Représentations de saint Expédit.

    Source

    En savoir plus :

    http://www.lemedicaldelareunion.com/saint_expedit3.pdf

     

     

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