• Saint Clément Ier. Pape (4 ème) de 88 à 97 et martyr († 97)

     

     

    Saint Clément Ier

    Pape (4 ème) de 88 à 97 et martyr († 97)

     

    Saint Clément Ier. Pape (4 ème) de 88 à 97 et martyr († 97)

     

    Saint Clément de Rome (en latin Clemens Romanus) est une personnalité du christianisme ancien issue du judaïsme hellénistique. Il est considéré, selon la tradition catholique, comme le premier des Pères apostoliques et le 4e évêque de Rome, à la fin du Ier siècle, succédant à Anaclet.

    Il est surtout connu pour une lettre qu'il adressa à la communauté chrétienne de Corinthe, raison pour laquelle la tradition le range parmi les pères apostoliques.

    Il est vénéré comme saint et martyr par nombre d'églises chrétiennes, et liturgiquement commémoré le 23 novembre.

     

    Historicité

    L'historicité de Clément Ier ne fait pas de doute chez la plupart des historiens.

    En revanche il y a un débat pour savoir s'il a été nommé évêque de Rome par l'apôtre Pierre ou s'il est le quatrième évêque de Rome, prenant ses fonctions en 88.

    Bien que la date de la mort de Pierre soit inconnue, aucun critique n'envisage qu'il ait pu vivre jusqu'en 88.

    Tertullien (mort vers 220) indique que « l’Église de Rome [rapporte que] Clément a été ordonné par Pierre ».

    Les Constitutions apostoliques rapportent qu'il a été nommé par Pierre après que « Lin, fils de Claudia » qui avait été ordonné par Paul soit mort.

    Toutefois selon la chronologie établie par Eusèbe de Césarée au IVe siècle, il n'est que le quatrième évêque, responsable de la communauté chrétienne de Rome uniquement à partir de 88 et jusqu'à 97. C'est cette chronologie que l'Église catholique retient.

    Pour Irénée de Lyon, « Clément avait vu les apôtres et avait été en contact avec eux ».

    Origène et Jérôme considèrent que Clément est le disciple de Paul de Tarse mentionné dans l'Épître aux Philippiens.

    Clément Ier a été assimilé par certains auteurs chrétiens à partir du VIe siècle au consul Titus Flavius Clemens, assassiné par Domitien en 95, mais cette identification n'est pas probante, même si l’exécution pour cause de mœurs juives, du consul trouve un écho dans les récits du martyre de Clément.

    Les indications chronologiques fournies dans les écrits du cycle pseudo-clémentin rendent en effet cette identification impossible.

    Le futur évêque Clément de Rome est un jeune garçon doué de raison à l'époque de l'empereur Tibère (mort en mars 37), alors que Titus Flavius Clemens ne naît pas avant 55-60.

     

    Éléments biographiques

    Selon l'Itinéraire de Pierre

    Selon Frédéric Manns, l'Itinéraire de Pierre a probablement été une des sources de « l'écrit de base » du Roman pseudo-clémentin.

    Bien que rejetés pour « ébionisme » par la « Grande Église » en raison de leur caractère Judéo-chrétien, ce sont ces textes qui fournissent le plus d'informations sur Clément, qui semble avoir été un judéo-chrétien tout comme les apôtres, les soixante-dix disciples de Jésus, constituant l'essentiel de l'Église jusqu'à environ 140.

    Selon Simon Claude Mimouni, Clément est un judéo-chrétien, probablement de stricte observance juive « tout autant fortement messianiste que stoïcien ».

    Les parties les plus anciennes du cycle pseudo-clémentin datent de la seconde moitié du IIe siècle et sont localisées en Syrie-Palestine.

    Dans ces écrits, Clément est le fils d'un personnage de rang sénatorial dont nous ne connaissons qu'un des trois noms du tria nomina : Faustinianus.

    On trouve ce même nom dans les Reconnaissances, dans les Actes du martyr de saint Clément et dans plusieurs traditions de l'église de Metz, dont un des oncles de Clément de Rome est censé avoir été le premier évêque.

    Ce nom de Faustinianus est abrévié en Faustus dans les Homélies.

    Celui-ci a eu avec sa femme, Mattidie, deux jumeaux Nicétas et Aquila, Clément étant né par la suite. Les trois enfants sont actifs « à l'époque de l'empereur Tibère. »

    À la suite de péripéties, qui ont peut-être été romancées, les parents perdent tour à tour le contact avec les jumeaux Nicétas et Aquila, qui sont donc élevés dans la province romaine de Syrie par une princesse syro-phénicienne, prosélyte juive appelée Justa.

    Celle-ci leur donne une éducation juive dans le milieu culturel de la Syrie où « la langue ne constituait pas une barrière culturelle » parce que les deux langues, syriaque (dialecte local de l'araméen) et grec, « constituaient l'expression et le véhicule d'une même et unique civilisation hellénistique, une tradition remontant aux origines de l'empire séleucide. »

    La fille de la princesse syrienne, appelée Bérénice qui est une juive adepte de la « Voie de Jésus », met les jumeaux en contact avec Zachée, qui par son enseignement, les conduit à reconnaître Jésus comme Messie.

    Au bout de plusieurs années sans nouvelles de sa femme et de ses deux fils aînés, Faustinianus part à leur recherche en laissant son fils Clément aux gens de sa maison, alors qu'il est âgé de douze ans.

    Resté à Rome, en recherche philosophique, séduit par la simplicité du « principe de l'unité divine », il adopte d'abord le monothéisme juif (Homélie, V, 28, 2).

    Il est ensuite « éveillé à la doctrine de vérité » par Barnabé qui mène alors une brève prédication à Rome.

    Sur ses conseils, il décide peu après de se rendre en Judée (Homélies, I, 8, 3 ; Reconnaissances, I, 12, 1) pour parfaire son enseignement auprès de Pierre.

    Clément parvient à se joindre à Pierre à Césarée et part alors avec l'apôtre qui mène une mission évangélisatrice dans toute la province de Syrie.

    Chacune des étapes de leur périple est l'occasion d'un grand exposé de Pierre aux adeptes du lieu, ce qui complète la formation de Clément.

    À l'étape d'Antarados, Clément retrouve ses deux frères jumeaux, il avait préalablement retrouvé sa mère Matthidie dans l'île d'Aros.

    Ils constatent qu'ils ont tous adopté « la doctrine de vérité » et qu'ils reconnaissent tous Jésus comme Messie.

    Faustinianus, le père des enfants est retrouvé peu après et se convertit lui aussi.

    Dans les Constitutions Apostoliques

    Dans le livre VII des Constitutions apostoliques sont cités en 46.1-15, les évêques que les apôtres ont institué pour différentes villes et régions (Ier siècle).

    Au verset 6 de cette liste, il est indiqué que : « dans l'Église des Romains, le premier [évêque], Lin, fils de Claude, fut ordonné par Paul, et après la mort de Lin, le second fut Clément ordonné par moi, Pierre. »

    Par ailleurs, il est indiqué que les frères de Clément, Aquila et Nicétas ont été nommés évêques « des districts d’Asie » par les apôtres.

    Le livre VI des mêmes Constitutions apostoliques indique qu'il s'agit bien des frères de Clément de Rome, l'apôtre Pierre y déclare en effet qu'à « Césarée de Stratôn » (Césarée maritime), lorsque Simon le Magicien « tenta de perturber l'annonce de la Parole de Dieu », l'apôtre était « accompagné des saints fils Zachée, jadis publicain, et Barnabé, Nicétas et Aquila, les frères de Clément, l'évêque et le compatriote des Romains, qui fut lui-même disciple de Paul, notre collègue apôtre et autre collaborateur dans l'évangélisation. »

    « Les districts d’Asie » font probablement références à la province romaine d'Asie, il n'est pas impossible que cette tâche qui concerne toute une région ait été confiée conjointement aux frères jumeaux, alors que tous les autres évêques de la liste ne sont responsables que d'une ville.

    Dans les Actes des Apôtres, un personnage nommé Aquila est décrit comme ayant une importante activité à Éphèse qui est la capitale de la province d'Asie.

    C'est un citoyen romain de religion juive qui parmi les multiples « sectes » existant dans le judaïsme de l'époque a choisi « la Voie du Seigneur », c'est-à-dire la Voie de Jésus et de ses apôtres.

    Il partage donc avec le Aquila, frère de Clément selon l'Itinéraire de Pierre, le fait d'être un romain converti au judaïsme qui s'est ensuite rallié à « la Voie du Seigneur ».

    Il possède plusieurs résidences situées dans différentes villes de l'empire romain. C'est ainsi le cas à Rome, à Éphèse et à Corinthe où ses demeures sont suffisamment vastes pour accueillir les réunions d'une église locale (assemblée des croyants), qu'il semble avoir fondé avec sa femme Priscilla qui, elle aussi, est juive, ralliée à « la Voie du Seigneur ».

    Comme Aquila est originaire du Pont, il est fort probable que sa famille y possédait aussi une maison.

    À Corinthe, il possède aussi une fabrique de tentes suffisamment importante pour qu'il puisse y employer saint-Paul pour lui rendre service.

    Son patrimoine est donc tout à fait compatible à celui que l'on peut attendre du fils d'un important sénateur, tel que le père de Clément est décrit dans l'Itinéraire de Pierre.

    Pour cet ensemble de raisons, il a été émis l'hypothèse qu'Aquila mentionné dans les Actes des Apôtres et dans certaines lettres de Paul était le frère de Clément des Constitutions apostoliques et de l'Itinéraire de Pierre.

    Toutefois, cette identification qui ne correspond pas à la tradition chrétienne telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous est rejetée par de nombreux critiques.

    Certains estiment même qu'il n'y a rien d'historique à tirer des écrits pseudo-clémentins, dont Frédéric Manns estime que l'Itinéraire de Pierre a probablement été une des sources de son Écrit de base.

    Données que l'on peut tirer des épîtres

    Saint Paul dans son Épître aux Romains semble s'adresser à des judéo-chrétiens fort attachés au respect de la Torah et à des chrétiens d'origine grecque qui veulent s'en détacher totalement.

    En général, les critiques admettent que Clément est l'auteur de l'Épître de Clément aux Corinthiens. Malgré l'admiration de l'auteur de l'épître pour « la discipline des légions » par exemple ou la manière dont il parle de nos princes et « des soldats soumis à nos chefs », son caractère juif a depuis longtemps été remarqué.

    On rencontre d'ailleurs ce même orgueil chez Paul de Tarse (saint Paul) qui était un Juif né dans la diaspora, mais qui avait reçu une solide éducation juive à Jérusalem, au point que certains l'ont appelé un « rabbin chrétien ».

    De même, Flavius Josèphe, un juif dont l’essentiel de l'œuvre est composée juste avant que Clément écrive son épître, fait « facilement vibrer la corde romaine ».

    Selon Jean Colson, « en dépit de cet accent « romain » superficiel, la lettre dans son ensemble dénote une mentalité et une formation essentiellement juive. »

    La lettre comporte un très grand nombre de citations de la Bible qui constituent d'ailleurs sa trame.

    Ses développements et sa pensée sont commandés par une mentalité lévitique, on y trouve de très nombreux hébraïsmes et le nom de Dieu y est remplacé par le pronom personnel « Il ».

    Le parallélisme poétique, les expressions « notre père Abraham », « notre père Jacob », l'emploi de livres qui ne seront ni retenus dans le canon sélectionnés par le mouvement des Rabbins très influencé par les ex-Pharisiens, ni retenus par le mouvement chrétien ultérieur, comme l'Assomption de Moïse montrent que les catégories mentales de l'auteur et probablement sa formation sont « étroitement apparentées à une mentalité judéo-chrétienne. »

    Par exemple, lorsque Clément veut défendre le caractère inamovible des évêques, diacres et presbytes institués dans l'Église, il se réfère non seulement à des textes qui seront retenus tant dans les Bibles chrétienne que juive, mais son texte offre une curieuse parenté avec les Manuscrits de la mer Morte et notamment la Règle de la communauté (appelé aussi Règle de la commune ou Manuel de discipline).

    Selon le Pasteur d'Hermas

    Le texte chrétien du IIe siècle Le Pasteur d'Hermas évoque un Clément qui avait pour fonction de maintenir le contact entre les différentes communautés et à qui a été donné une version du « livre », tandis qu'une autre version a été donnée à Grapte « pour qu'elle le donne aux veuves et aux orphelins ».

    C'est un peu la même fonction qu'il assume dans la première lettre aux Corinthiens qui pourrait avoir été écrite vers 95, juste avant l'arrestation du consul Titus Flavius Clemens ou juste après.

    Lien avec la famille flavienne

    De nombreuses sources chrétiennes disent que Clément était lié à la famille flavienne et donc aux empereurs Vespasien, Titus et Domitien qui étaient en poste pendant une bonne partie de sa vie publique (de 69 à 96, date de son arrestation).

    Des indications qui figurent dans les Actes des martyres de la vierge sainte Flavia Domitilla et des saints Nérée et Achillée, on peut déduire que son père était un demi-frère d'un « consul Clemens », identifié au consul Titus Flavius Clemens exécuté par Domitien en 95 pour des motifs où figurent sa religion.

    D'autre-part, dans les écrits pseudo-clémentins, Clément est le fils d'un personnage qui a atteint le rang sénatorial à l'époque de l'empereur Tibère (mort en mars 37), dont nous ne connaissons qu'un des trois noms du tria nomina : Faustinianus, abrévié en Faustinus dans les Homélies pseudo-clémentines.

    On retrouve le même nom Faustinianus dans les Actes du martyr de saint Clément ainsi que dans les traditions de l'église de Metz, dont le premier évêque aurait été un des oncles de l'évêque Clément de Rome, appelé Flavius Clemens (le tria nomina complet n'est pas connu).

     

     

    Martyre de saint Clément par Bernardino Fungai

    Arrestation et exécution

    Selon la tradition, Clément est arrêté à une date inconnue située entre 95 (sous Domitien) et 98, alors que dans la même période un grand nombre de chrétiens membres de la famille impériale sont eux aussi arrêtés.

    Il est ensuite « relégué au delà du Pont-Euxin dans la solitude de Cherson, où se trouvaient déjà deux mille chrétiens condamnés ». L'empereur Trajan donne ensuite l'ordre de l'exécuter à une date que la tradition fixe en 98.

    Lettres aux Corinthiens

     

     

    Vision de la Trinité du pape Clément,

    toile de Giovanni Battista Tiepolo, v. 1730

    Première lettre aux Corinthiens

    La tradition lui attribue depuis le IIe siècle une lettre — connue sous le nom de Épître de Clément aux Corinthiens — adressée de Rome aux alentours de 95 à la communauté chrétienne de Corinthe en proie à des troubles internes graves, alors que de jeunes membres s’étaient insurgés contre les presbytres, au point de les déposer de leurs charges.

    L'auteur suggère alors le rétablissement dans leur fonction des pasteurs légitimes et appelle les révoltés à l’obéissance envers ces derniers.

    Ce texte peut témoigner de la structure hiérarchique de la communauté chrétienne dont le gouvernement semble encore de type collégial à ce moment.

    Cette épître adressée au nom de « L'Église de Dieu qui séjourne à Rome à l'Église de Dieu qui séjourne à Corinthe » est perçue dans la tradition catholique comme un premier document post-apostolique en faveur de la préséance de l'évêque de Rome dans l'Église du Christ, et son rôle déjà accepté d'arbitrage, bien que la communauté chrétienne de Rome relève d'une direction collégiale au moins jusqu'au début du IIIe siècle.

    Cette lettre rédigée en grec et dans un style simple et clair, est un véritable exposé sur la foi telle qu'elle était vécue à la fin du Ier siècle.

    Il s'agit d'un des plus anciens textes théologiques du christianisme, si l'on excepte les Évangiles et autres écrits apostoliques.

    L'auteur cite abondamment la Bible dans la version des Septante et on relève des citations ou des emprunts libres à Euripide et à Sophocle ainsi que des éléments de la pensée stoïcienne.

    Oubliée à partir du IVe siècle, cette lettre est retrouvée au XVIIe siècle dans le Codex Alexandrinus.

    En 1894, un moine bénédictin de Maredsous, Germain Morin trouve à Namur un manuscrit du XIe siècle contenant la traduction en latin populaire de la lettre de Clément, la traduction elle-même remontant au IIe ou IIIe siècle, soit presque contemporaine de son écriture.

    La parenté du texte avec l’Épître aux Hébreux est indéniable et la question se pose de savoir si les deux textes émanent de la même source.

    Deuxième lettre aux Corinthiens

    Il existe une deuxième épître de Clément au Corinthiens qui date d'environ 150 et s'apparente davantage à une homélie qu'à une épître, et qu'on ne peut attribuer à Clément. Adolph von Harnack a cru pouvoir l'identifier avec une lettre de l'évêque Soter, adressée vers 170, à l'église de Corinthe.

    Des traits communs avec Le Pasteur d'Hermas laissent penser également à une origine romaine.

    Autre écrits attribués à Clément

    On a attribué d'autres ouvrages à Clément : le Roman pseudo-clémentin connu en deux recensions, l'une grecque (les Homélies clémentines) et l'autre latine (le Roman des Reconnaissances), et deux lettres sur la Virginité, citées par Jérôme mais inconnues d'Eusèbe de Césarée et qui paraissent dater au IVe siècle.

    Lien avec le Latran

     

     

    Le Mithraeum de San Clemente à Rome

     

    Sur le site de la Basilique Saint-Clément-du-Latran, située à Rome, a été mis au jour un complexe de bâtiments sur trois niveaux, dont le niveau archéologique le plus bas est une insula du Ier siècle, appartenant à un Clemens, alors que juste à côté on trouve un lieu de culte destiné à Mithra.

    Lors de fouilles, un collier aujourd'hui perdu, a été retrouvé. Il porte une inscription qui mentionne « dominicu Clementis », accompagné par un symbole chrétien.

    Au IVe siècle, Jérôme de Stridon (saint Jérôme) identifiait le propriétaire de cette résidence à l'évêque Clément de Rome.

    Le titulus clementis, qui justifie la construction de cette basilique dédiée à Clément de Rome est aussi attesté dès l'arrivée au pouvoir de l'empereur Constantin (IVe siècle).

    Toutefois, cela est vivement contesté par la tradition chrétienne actuelle qui estime plutôt que le propriétaire en était Titus Flavius Clemens.

    Comme les restes de Titus Flavius Clemens ont été enterrés dans cette basilique et qu'elle est dédiée à l'évêque Clément de Rome, abusivement paré du titre de Pape, cela renforce la conviction de ceux qui prétendent qu'il s'agit du même personnage.

    Toutefois, une partie des reliques de Clément de Rome sont aussi dans cette basilique. Elles ont été ramenées de Crimée par les saints Cyrille et Méthode au IXe siècle.

    La tradition indique que la Basilique a été érigée à l'emplacement de la maison d'un des deux saints Clément, dont on ne sait plus trop duquel il s'agit.

    Juste après sa victoire contre Maxence au pont Milvius (312), Constantin Ier offre au pape Miltiade le Palais du Latran sur le site duquel se trouve les actuelles Basilique et Palais.

    Dans un rêve, « le Dieu des chrétiens lui [avait] promis [cette] victoire s'il affichait publiquement sa nouvelle religion » « pendant la nuit qui précédait la bataille. »

    L'attribution du bâtiment à l'évêque Clément de Rome a été vivement combattu dans les années 1930, notamment par E. Junyent.

    Martyre et vénération

    Son « martyre »

     

     

    Saints Cyrille et Méthode amenant les restes de Saint Clément à Rome

    Fresque du XIe siècle, Basilique Saint-Clément-du-Latran

     

    Selon la tradition chrétienne antique, Clément est mort en martyr, mais comme la quasi totalité des textes chrétiens les Acta de son supplice, rédigés au Ve ‑ VIe siècle présentent certains caractères légendaires.

    Au IVe siècle, cette qualité de « martyr » est attribuée à Clément par Rufin d'Aquilée et implicitement par Jérôme de Stridon (saint Jérôme) dans son Apologia contra Ruffinium (II, 17).

    Ce titre de martyr apparaît aussi dans les fragments épars d'une inscription lithique dans laquelle le pape Sirice, dédie la Basilique Saint-Clément-du-Latran au « saint martyr Clément ».

    Les Actes qui lui sont consacrés le font mourir en exil dans la solitude de Cherson (aujourd'hui appelée la Crimée), alors que le Liber pontificalis positionne vaguement sa mort « en Grèce ».

    La tradition locale a retenue comme lieu de sa mort au bord du Pont-Euxin dans l'actuel Inkerman qui se trouve aujourd'hui en Crimée (Ukraine).

    Ses reliques seraient conservés à une extrémité de la route des Varègues aux Grecs, la première église construite en bois en Scandinavie lui aurait été dédiée.

    À cause de cette proximité Clément est très vénéré dans les pays de l'Est.

    En 861, ses reliques supposées — ou peut-être une partie d'entre-elles — ont été ramenées de Crimée à Rome par saints Cyrille et Méthode.

    Elles ont été déposées dans la Basilique Saint-Clément-du-Latran]], édifice dont il est dit qu'il a été érigé à l'emplacement de la maison du saint à Rome.

    Cette attribution non conforme à la tradition chrétienne telle qu'elle existe aujourd'hui a vivement été contestée, notamment par E. Junyent dans les années 1930.

    Rite

    Saint Clément est le patron des mariniers pour avoir été martyrisé sous l'empereur Trajan vers 99, précipité au fond de la mer une ancre de marine accrochée au cou.

    Ses reliques supposées sont vénérées dans la basilique Saint-Clément, près du Colisée, édifice dont il est dit qu'il a été érigé à l'emplacement de la maison du saint à Rome.

    Son nom est cité avec ceux de ses prédécesseurs Lin et Clet, ainsi que ses successeurs Sixte et Corneille, dans le canon du rite romain traditionnel de l'Église latine.

    Il est liturgiquement commémoré le 23 novembre par les catholiques latins et les anglicans. Les églises syriaque orthodoxe, syro-malankare orthodoxe, grecque orthodoxe, catholique syriaque et catholiques orientales le célèbrent le 24 novembre, l'Église orthodoxe russe, le 25 novembre et l'Église copte orthodoxe le 8 décembre.

    Iconographie

    Clément est représenté avec l'ancre de son martyre au cou.

    Identification

    Certains critiques ont tenté d'identifier l'évêque Clément de Rome avec le consul Titus Flavius Clemens exécuté par Domitien en 95, alors que sa femme Flavia Domitilla est exilée dans l'île de Pandateria, car l'écrit de Dion Cassius résumé par le moine Xiphilin dit que Flavius Clemens, ainsi que sa femme Flavia Domitilla ont été arrêtés par Domitien « les accusant tous deux de ne pas adorer les Dieux. »

    Problème chronologique

    L'accusation « d'athéisme » (« ne pas adorer les Dieux ») a souvent été utilisée à l'encontre des chrétiens qui refusaient de sacrifier aux Dieux païens.

    Cela est même devenu pour la justice romaine, un moyen de distinguer parmi les chrétiens, ceux qu'il fallait exécuter de ceux que l'on pouvait laisser repartir libre.

    Donc, il est possible que Titus Flavius Clemens et sa femme Flavia Domitilla aient été chrétiens et plus précisément qu'ils aient été ce que nous appelons aujourd'hui des judéo-chrétiens.

    C'est en tout cas ce qu'indique le Vetus Martyrologium Romanum à la date du 22 juin.

    Mais cela ne suffit pas pour l'identifier à l'évêque Clément de Rome. Un premier obstacle vient de la chronologie.

    Les indications qui sont fournies à ce sujet dans les écrits du cycle pseudo-clémentin rendent en effet cette identification impossible.

    Le futur évêque Clément de Rome y est dépeint comme un jeune garçon doué de raison à l'époque de l'empereur Tibère (mort en mars 37), alors que Titus Flavius Clemens ne naît pas avant 55-60.

    Une ou deux Flavia Domitilla

    Les critiques qui soutiennent cette identification entre l'évêque Clément et Titus Flavius Clemens estiment qu'Eusèbe de Césarée et Dion Cassius parlent de la même Flavia Domitilla.

    Eusèbe se serait simplement trompé en indiquant qu'elle a été exilée dans l'île de Pontia, alors que Dion Cassius parle de l'île de Pandateria. Eusèbe aurait aussi omis de dire que cette Flavia Domitilla était la femme de Flavius Clemens dont il parle dans la même phrase.

    Toutefois, la sainte Flavia Domitilla n'a pas du tout le même profil que la femme du consul Flavius Clemens.

    La première est une jeune fille vierge qui décide de rester vierge et de refuser de se marier pour être consacrée à Dieu, la seconde est une femme mûre qui a eu sept enfants, dont deux des fils ont été ouvertement reconnus comme ses successeurs par Domitien.

    La première sera finalement exécutée à Terracina après son exil, au contraire, la femme de Titus Flavius Clemens est seulement exilée sur l'île de Pandateria et Dion Cassius précise bien que contrairement à son mari, elle n'a pas été tuée.

    La mère de la première est la sainte Plautilla, or la mère de la femme du Titus Flavius Clemens, est une sœur de Titus et Domitien, elle aussi appelée Flavia Domitilla et que les historiens ont pris l'habitude d'appeler Domitilla la Jeune.

    Enfin, la mère de la femme de Titus Flavius Clemens, ne peut pas être une demi-sœur du consul.

    Il s'agit donc de deux Flavia Domitilla différentes et c'est par erreur que des auteurs chrétiens les ont assimilés depuis plus de mille ans.

    L'histoire a d'ailleurs retenu trois autres Flavia Domitilla vivant à la même époque et appartenant toutes à la famille flavienne.

    Plusieurs Clemens

    La confusion vient probablement du fait qu'outre le grand nombre de Flavia Domitilla, il semble y avoir aussi eu, un grand nombre de Clément appartenant à la famille flavienne, qui ont été réprimés par Domitien pour des motifs religieux à la fin de son règne.

    Outre Clément de Rome, il y a donc Titus Flavius Clemens, mais aussi selon Philostrate d'Athènes et le Talmud de Babylone, un consul Clément exécuté en 96 (Kelomenos dans le Talmud), qui avait été marié avec une sœur de Titus et de Domitien, avec laquelle il a eu un fils appelé Aquila (déformé en Onqelos dans le Talmud).

    Marcus Arrecinus Clemens dont la sœur Arrecina Tertulla avait été la femme de Titus, semble aussi avoir été exécuté dans la même période et pour les mêmes motifs.

    Œuvres

    • Clavis Patrum Græcorum 1001-1022
    • Épître de Clément de Rome aux Corinthiens. Traduction de Sœur Suzanne-Dominique o.p., in Les Pères Apostoliques, coll. Foi vivante, éd. Cerf 1990) en ligne
    • Épître de Clément de Rome aux Corinthiens
    • Le Roman pseudo-clémentin, apocryphe judéo-chrétien du IIIe siècle, met en scène Clément de Rome et saint Pierre : trad. Alain Le Boulluec, in Écrits apocryphes chrétiens, Gallimard, coll. "La Pléiade", t. II.

    Textes du Pseudo-Clément

    • Homélies, dites Homélies clémentines, trad. A. Siouville, Verdier, 1991, 418 p.
    • Deuxième épître de Clément au Corinthiens (vers 150), éd. Hemmer, Les Pères apostoliques, t. X, Paris, Picard, 1909.
    • Roman des Reconnaissances (Syrie, IIIe siècle) : Les Reconnaissances du Pseudo-Clément. Roman chrétien des premiers siècles, Brepols, 1999, 649 p.

     

    Source

    En savoir plus :

    http://missel.free.fr/Sanctoral/11/23.php

    http://www.magnificat.ca/cal/fran/11-23.htm#clement

    http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/171.htm

    http://www.introibo.fr/23-11-St-Clement-Ier-pape-et

     

     

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