• Saint Alexis de Rome, légende (5ème s.)

     

     

     

    Saint Alexis de Rome (5ème s)

     

    Saint Alexis de Rome, légende (5ème s.)

     

    Alexis de Rome dit « l'Homme de Dieu » († vers 411) ou Alexis d'Édesse, est un saint chrétien fêté le 17 mars en Orient et le 17 juillet en Occident.

    Histoire et tradition

    image illustrative de l’article Alexis de Rome

     

    Saint Alexis (grec Ἀλέξιος), l'aristocrate devenu mendiant qui opte pour le dénuement total en renonçant aux biens terrestres et même à son identité, mais revient pratiquer cette ascèse incognito à proximité de ses riches parents, est un personnage proprement exemplaire, une figure – voire une fiction –, hagiographique conçue pour l'édification des fidèles : il serait donc vain de vouloir prouver son historicité .

    Sa fête a été supprimée dans la réforme de 1969 du calendrier liturgique romain.

    La Vie d'Alexis, rédigée originellement en grec et traduite en de nombreuses langues, est un conte pieux qui eut un grand succès dans tout le monde chrétien.

    Elle se présente déjà sous sa forme définitive dans le résumé qu'en donna vers l'an 900 le Synaxaire de Constantinople.

    Ce livre liturgique grec condense là une tradition hagiographique remontant probablement au VIIIe siècle et qui n'est en réalité que la fusion, avec transposition à Rome, de deux légendes antérieures, à savoir l'histoire syriaque de Mar Riscia, l' « Homme de Dieu » d'Édesse (BHO 36 ; milieu du Ve siècle ?), et la Vie grecque du saint constantinopolitain Jean le Calybite (BHG 868 ; seconde moitié du Ve siècle ?).

    La Vie grecque de saint Alexis est parvenue jusqu'à nous dans diverses recensions dont les plus anciennes portent les numéros BHG 51 à 54 et contiennent de légères divergences entre elles.

    Selon cette légende, Alexis, fils du sénateur Euphémien et de sa noble épouse Aglaïs, était un jeune patricien romain qui vivait au temps des empereurs Honorius (395-423) et Arcadius (395-408). Ses parents, tous deux d'une grande piété, le fiancèrent à une jeune fille vertueuse.

    Alexis convainquit celle-ci, le soir de leurs noces, de renoncer au mariage.

    S'enfuyant aussitôt, il s'embarqua pour la Syrie et gagna la Mésopotamie pour s'arrêter dans la ville d'Édesse.

    Là, il vendit tous ses biens pour les donner aux pauvres et se fit mendiant sous le porche de l'église de la sainte Théotokos (Mère de Dieu).

    Il s'imposa ainsi une vie de mortification pendant dix-sept ans.

    Le portier de l'église, avec l'aide de sainte Marie, finit par l'identifier et divulgua son secret : sa sainteté attira alors des foules pieuses.

    Par humilité, le mendiant quitta Édesse et s'embarqua de nouveau, voulant aller à Tarse, patrie de saint Paul.

    Mais une tempête détourna son bateau jusqu'à Rome. Se sachant méconnaissable en raison des privations qui avaient usé son corps et déformé ses traits, il se réfugia sous l'escalier du palais de ses parents et vécut là, pendant dix-sept ans encore, dans une extrême indigence.

    Chaque jour, ses anciens serviteurs l'insultaient, mais il était nourri sur l'ordre de son père, apitoyé par sa misère.

    Sentant venir son heure dernière, celui qu'on nommait autrefois Alexis demanda un calame, un peu d'encre et un morceau de parchemin, et y coucha par écrit le bref récit de sa vie.

    Une voix divine avertit l' « archevêque » Marcien de la mort de l' « Homme de Dieu », puis de son identité et du lieu où gisait son corps ; le prélat s'y rendit avec Euphémien et Aglaïs.

    Le défunt tenait encore, serré dans sa main, le parchemin révélateur.

    Seul l'empereur Honorius parvint à desserrer ses doigts et l'on donna lecture du récit d'Alexis : tous les Romains apprirent ainsi avec stupeur le long renoncement du saint.

    Sa dépouille fut portée en l'église Saint-Boniface (selon BHG 51, 52 et 53), ou en la basilique Saint-Pierre (si l'on suit le Synaxaire de Constantinople et BHG 54 ), pour des funérailles solennelles.

    D'après une autre forme de la légende, Alexis mourut à l’hôpital d’Édesse après avoir révélé, en ses derniers instants, qu’il était issu d’une famille noble de Rome et qu’il avait fui le mariage pour se consacrer à Dieu dans une pauvreté absolue.

    La Vie grecque de saint Alexis fut traduite en latin à partir du Xe siècle : la version BHL 289 ne peut être postérieure au deuxième quart du siècle.

    La Vie romaine BHL 286, quant à elle, remonte à la fin du Xe siècle ; au cours des XIe et XIIe siècles, elle se diffusa largement en France, où elle fut prédominante dans l'ouest, au centre et dans l'est.

    La recension BHL 287 (manuscrit du Mont-Cassin) est datée de la première moitié du XIe siècle ; la recension BHL 288 (XIe siècle elle aussi) se répand à la même époque au nord de la France et en Wallonie.

    Les versions latines de la légende furent à leur tour adaptées dans diverses langues vernaculaires au cours du Moyen Âge.

    Culte

    Saint Alexis est parfaitement inconnu de tous les martyrologes et calendriers antérieurs à l'an Mil.

    Le dossier hagiographique, qui commença à se constituer fort tard (VIIIe siècle), engendra, aux IXe-Xe siècles, un culte d'abord limité au monde byzantin, puis exporté vers 980 à Rome, d'où il se diffusa rapidement dans le reste de la chrétienté.

    L’église des Saints-Boniface-et-Alexis, à Rome, sur l'Aventin, était placée à l'origine (VIIe siècle) sous le patronage du seul Boniface, martyr de Tarse de Cilicie ; la dédicace supplémentaire à saint Alexis n'advint qu'en 986 et est probablement la conséquence du séjour du métropolite syrien exilé Serge de Damas, qui, accueilli et installé en ces lieux par le pape Benoît VII en 977, y avait fondé une communauté monastique grecque.

    On peut voir dans la basilique de l'Aventin une statue en plâtre d'Alexis (œuvre d'Andrea Bergondi, qui florissait dans les années 1760-1780) placée sous un coffre en cristal et bois doré contenant ce qui est censé être quelques marches de l'escalier familial sous lequel serait mort le saint mendiant.

    Le chef (crâne) de saint Alexis est vénéré dans le monastère de la Sainte Laure, près de Kalavryta, dans le Péloponnèse (Grèce).

     

    Œuvres inspirées par la vie d'Alexis

     

    Vie d'Alexis de Rome, fresque du XIe siècle dans la basilique inférieure de la Basilique Saint-Clément-du-Latran

     

    • La Vie de saint Alexis, ou Chanson de saint Alexis, est une série de poèmes hagiographiques médiévaux qui racontent la vie du saint et dont les versions les plus anciennes remontent au XIe siècle.
    • Alexius, poème de Konrad de Würzburg (circa 1275).
    • Le Miracle de saint Alexis (1382), dernier en date des quarante Miracles de Notre-Dame.
    • Auto de Santo Aleyxio (1613), drame sacré du poète portugais Baltasar Dias publié à Lisbonne en 1659 chez Domingo Carneiro.
    • Sant'Alessio, opéra de 1632 par Stefano Landi.
    • L'Illustre Olympie, ou Le saint Alexis, tragédie de 1645 par Nicolas Mary, sieur Desfontaines (éd. nouvelle par Claude Bourqui et Simone de Reyff, Paris, Société des textes français modernes, 2005).
    • La Vida de san Alexo. Comédie hagiographique d'Agustín Moreto (1618-1669), écrite en 1657, publiée à Valencia en 1676 chez B. Macé.
    • Sant'Alessio, oratorio de Camilla de Rossi, composé en 1710.
    • Le Dit d’Alexis, homme de Dieu, pour chœur et orchestre, op. 20, cantate de Nikolaï Rimski-Korsakov composée en 1878 (5' 40).
    • Le pauvre sous l'escalier : trois épisodes d'après la Vie de saint Alexis, pièce d'Henri Ghéon publiée en 1920 aux Éditions de la Nouvelle revue française.
    • Komedija o Aleksee (« Comédie sur Alexis »), pièce du poète russe Mikhaïl Kouzmine (1872-1936), représentée au Théâtre de la Kommissarževskaja (date inconnue).

    Source

     

     

    Saint Alexis fut un rare modèle de mépris du monde.

    Fils unique d'un des plus illustres sénateurs de Rome nommé Euphémien, il reçut une éducation brillante et soignée.

    L'exemple de ses parents apprit au jeune Alexis que le meilleur usage des richesses consistait à les partager avec les pauvres.

    Cédant aux désirs de sa famille, le jeune Alexis dut choisir une épouse. Mais le jour même de ses noces, se sentant pénétré du désir d'être uniquement à Dieu et de L'aimer sans partage, il résolut de s'enfuir secrètement, s'embarqua sur un vaisseau qui se dirigeait vers Laodicée, et gagna la ville d'Edesse.

    Là, distribuant aux indigents tout ce qui lui restait d'argent, il se mit à mendier son pain.

    Il passait la plus grande partie de son temps à prier sous le portail du sanctuaire de Notre-Dame d'Edesse, devant une image de la Vierge.

    Après dix-sept années passées dans l'abjection et l'oubli le plus total, il plut à Marie de glorifier Son serviteur par un éclatant miracle.

    Un jour, comme le trésorier de l'église passait sous le porche, l'image de Notre-Dame s'illumina d'une clarté soudaine.

    Frappé de ce merveilleux spectacle, le trésorier se prosterna devant la Madone.

    La Très Sainte Vierge lui montra Alexis et lui dit : «Allez préparer à ce pauvre un logement convenable. Je ne puis souffrir qu'un de Mes serviteurs aussi dévoué soit délaissé de la sorte.»

    La nouvelle de cette révélation se répandit aussitôt dans la ville.

    L'humilité du Saint s'alarma devant les témoignages de vénération dont il était devenu subitement l'objet.

    Il quitta donc la ville d'Edesse pour se rendre à Tarse, mais une tempête poussa l'embarcation sur les rivages d'Italie.

    L'Esprit-Saint lui inspira l'idée de retourner à Rome, sa ville natale, et de mendier une petite place dans la maison paternelle.

    A la requête de l'humble pèlerin, le sénateur Euphémien consentit à le laisser habiter sous l'escalier d'entrée de son palais, lui demandant, en reconnaissance de ce bienfait, de prier pour le retour de son fils disparu.

    Saint Alexis vécut inconnu, pauvre et méprisé, à l'endroit même où il avait été entouré de tant d'estime et d'honneurs.

    Tous les jours, il voyait couler les larmes du vieux patricien, il entendait les soupirs d'une mère inconsolable et entrevoyait cette noble fiancée dont la beauté s'était empreinte d'une indicible tristesse.

    Malgré ce déchirant spectacle, saint Alexis eut le courage surhumain de garder son secret et de renouveler perpétuellement son sacrifice à Dieu.

    Ce Saint, plus qu'admirable, demeura dix-sept nouvelles années dans le plus complet oubli, vivant caché sous les marches de cet escalier que tous gravissaient pour entrer dans une maison qui était la sienne, en sorte qu'il semblait foulé aux pieds de tous.

    Avec une humilité consommée, il subit sans jamais se plaindre, les odieux procédés et les persécutions des valets qui l'avaient servi autrefois avec tant de respect et d'égards. Saint Alexis passa donc trente-quatre ans dans une âpre et héroïque lutte contre lui-même.

    Ce temps écoulé, Dieu ordonna à Son serviteur d'écrire son nom et de rédiger l'histoire de sa vie.

    Alexis comprit qu'il allait mourir bientôt, et obéit promptement.

    Le dimanche suivant, au moment où le pape Innocent Ier célébrait la messe dans la basilique St-Pierre de Rome, en présence de l'empereur Honorius, tout le peuple entendit une voix mystérieuse qui partait du sanctuaire : «Cherchez l'homme de Dieu, dit la voix, il priera pour Rome, et le Seigneur lui sera propice. Du reste, il doit mourir vendredi prochain.»

    Durant cinq jours, tous les habitants de la ville s'épuisèrent en vaines recherches.

    Le vendredi suivant, dans la même basilique, la même voix se fit entendre de nouveau au peuple assemblé : «Le Saint est dans la maison du sénateur Euphémien.»

    On y courut, et on trouva le pauvre pèlerin, qui venait de mourir. Quand le Pape eu fait donner lecture du parchemin que le mort tenait en sa main, ce ne fut de toutes parts, dans Rome, qu'un cri d'admiration.

    Innocent Ier ordonna d'exposer le corps de saint Alexis à la basilique St-Pierre, pendant sept jours.

    Ses funérailles eurent lieu au milieu d'un immense concours de peuple.

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950. -- F. Paillart, édition 1900, p. 209-201 -- L'abbé Jouve, édition 1886, p. 87-89 -- Les Petits Bollandistes, Paris, 1874, tome XIII, p. 403-405 -- l'Abbé J. Sabouret, édition 1922, p. 275-277.

    Source

    En savoir plus :

    http://hodiemecum.hautetfort.com/archive/2007/07/17/17-juillet-saint-alexis-de-rome-confesseur-et-mendiant-404.html

     

     

     

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