• Rhoténeuf : les rochers sculptés

     
     

     

    Rhoténeuf 

    les rochers sculptés

     

     

     

    Les Rochers Sculptés de Rothéneuf sont un des environnements spontanés (relevant de l'art brut) parmi les plus connus de Bretagne.

    Ils ont été réalisés de fin 1894 à 1907, par l’abbé Adolphe Julien Fouéré, dit l'abbé Fouré, né le 4 septembre 1839 à Saint-Thual (Ille-et-Vilaine) et décédé le 10 février 1910 à Rothéneuf (Ille-et-Vilaine).

    Histoire

     

    Adolphe-Julien Fouéré est formé au sacerdoce au petit séminaire de Saint-Méen-le-Grand, puis au grand Séminaire de Rennes. C'est à partir de cette époque qu'il se fait appeler du nom de Fouré.

    Ordonné prêtre le 19 décembre 1863, il est nommé successivement de 1864 à 1877, comme vicaire à Paimpont, où il dessert la chapelle Saint Eloi des Forges de Paimpont.

    De 1877 à 1881, il est vicaire à Guipry.

    De 1881 à 1887, il est Recteur de Forges-la-Forêt.

    De 1887 à 1889, il est Recteur à Maxent.

    En février 1889, pour une dernière fois il est nommé Recteur dans la paroisse de Langouët, près de Rennes. Il y arrive avec "une dureté d'oreille" (Source registre du conseil municipal de Langouët, 1894).

    En 1894, malgré une pétition de ses paroissiens voulant le conserver, l’abbé Fouré est contraint d’abandonner son ministère et de se retirer comme prêtre habitué, à Rothéneuf, à 5 Km de Saint-Malo. (Rothéneuf se trouve aujourd'hui dans la grande banlieue de cette ville, mais en 1900, était rattaché à la commune de Paramé, station balnéaire alors en vogue).

    L'ecclésiastique entame alors une œuvre monumentale, directement taillée sur les rochers, fresque sculptée en plein air, à la merci de l'érosion marine.

    Pendant treize ou quatorze ans, de fin 1894 à 1907, il sculpte plus de 300 statues sur cet ensemble remarquable de rochers granitiques surplombant la mer et crée de nombreuses sculptures en bois dans sa maison du bourg appelée Haute Folie, ou Maison de l'Ermite et également connue plus tard sous le nom de "Musée Bois".

    En 1907, frappé de paralysie, et atteint de difficulté d'élocution, il est contraint d'arrêter toutes ses activités.

    On le voit alors reposant dans son célèbre fauteuil, dans la maison portant le nom de Haute Folie ou Hermitage de Rothéneuf, où il décède le 10 février 1910.

    Le site

    Les sculptures sur pierre

    Ses figures sculptées vont du bas-relief aux visages totalement dégagés. Elles étaient à l’origine polychromes, les traits de certaines de ses figures étant soulignés au goudron.

    Thèmes abordés

    L'inspiration de l'abbé Fouré est variée. Elle ne représente pas comme on l'a trop souvent dit, la légende d'une imaginaire famille de contrebandiers ou corsaires de cette côte, mais bien plutôt des personnages connus ayant un rapport avec l'actualité de son époque...

    La guerre du Transvaal fait ainsi l'objet d'une saynète campant ses hommes célèbres, le président Krüger, le colonel de Villebois-Mareuil...

    L'actualité coloniale de son époque paraît l'avoir beaucoup occupé. En catholique militant, et patriote nationaliste, peut-être royaliste, il semble avoir voulu en maints endroits de ces sculptures faire de la propagande pour l'évangélisation des peuplades soumises par la France.

    L'abbé sculpte également des saints bretons légendaires comme saint-Budoc, représenté deux fois dans les rochers, dans une auge de pierre et sur son gisant.

    L'homme célèbre de Rothéneuf, Jacques Cartier, est l'un des thèmes préférés de l'abbé qui l'a représenté non seulement dans les rochers mais aussi en bois dans l'ermitage qu'il habitait dans le bourg à proximité de la côte.

    De nos jours

    Les visiteurs ont toujours été très nombreux à venir visiter les rochers sculptés.

    Encore aujourd'hui c'est une curiosité fort appréciée, hélas de plus en plus érodée par le temps, les embruns, les ruissellements.

    Les chercheurs révèlent depuis peu de nouvelles sources d'information qui permettent de ranimer la mémoire de l'abbé et de mieux le connaître, le Guide de son musée édité en 1919 par exemple ou les articles parus de son vivant dans des journaux comme L'Éclair, La Côte d'Émeraude, Le Salut, Lectures pour tous, etc.

    Apparemment, le site ne bénéficie d'aucun classement.

    L'ancien musée et les sculptures en bois

    Du vivant de Fouré, son œuvre comprenait également des sculptures en bois qu'il entassait dans une gentilhommière pourvue d'un jardin qui fut transformé après sa mort en un musée dans le bourg.

    Une fois passé son mur d'enceinte crénelé, gardé par un dragon et des têtes hilares, on pouvait admirer ses œuvres (totems, personnages politiques, saints, figures mythologiques, animaux, le plus souvent déduits par le sculpteur des images trouvées dans la matière brute qu'il taillait), étiquetées de légendes naïves, et rangées dans des « galeries » dites « infernale », « mystique », etc.

    On ne connaît plus de ce musée que ce que les anciennes cartes postales nous en montrent.

    L’abbé est représenté siégeant sur un fauteuil gravé de sa devise « Amor et dolor », il se tient debout entre ses totems et dragons, il est surpris en train de sculpter, etc.

    Les œuvres en bois ont disparu à une date non précisée ; l'ermitage a également été profondément modifié depuis cette époque.

    Source