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    Pharisiens

     

     

    Le pharisaïsme est un courant de la pensée juive durant de la fin de la période du Deuxième Temple dont les adeptes sont appelés pharisiens.

    D'après Flavius Josèphe, ils représentaient l'une des trois grandes organisations religieuses en Eretz Israël à l'époque.

    Ils seraient les ancêtres du judaïsme rabbinique né à la suite de la destruction du Temple en 70 après J.C.

     

    Le mot pharisien vient du terme hébreu péroushim (פרושים) qui signifie séparés.

    Le respect sourcilleux de la Loi Juive forçait en effet les Juifs pieux à se séparer de la majorité assimilée au monde gréco-latin pour des raisons rituelles.

    Comme décrit par Maïmonide dans son commentaire de la mishna Haguiga 2 : 7 : « Ceux qui se gardent de l’impureté en toute circonstance, y compris lorsqu’ils réalisent des activités ordinaires – ne nécessitant pas d’être nécessairement en état de pureté ou de sainteté – sont appelés « péroushim » ».

    Idéologie

    Les Pharisiens se définissent avant tout comme un mouvement de stricte observance religieuse.

    Ils passent en effet, selon la formule de Flavius Josèphe, « pour l’emporter sur les autres Juifs par la piété et, par une interprétation plus exacte de la Loi ».

    Ils font ainsi de la surenchère par rapport à la pratique commune. Leur objet c’est, selon la formule d’un de leurs docteurs, « de faire une haie à la Torah ».

    C’est précisément parce que la haie dressée par eux autour de la Torah les mettait à l’abri d’un syncrétisme véritable que les Pharisiens ont pu se montrer accueillants à des influences du dehors.

    Leur capacité à faire évoluer le dogme juif tient au rôle qu'ils accordent à la Loi orale.

    En effet, ils vont au-delà du texte écrit et au nom de la tradition orale, révélée à Moïse en même temps que la Loi écrite selon eux, ils le précisent et l’enrichissent.

    Leur soumission à la Loi orale les place en opposants aux sadducéens, qui ont leur propre exégèse orale, et qui ne reconnaissent pas son autorité.

    Elle impliquera le développement de la synagogue comme lieu où l'on interprète la loi.

    Le pharisaïsme est ainsi à l'origine du rabbinisme et de la mise par écrit de la Loi orale dans le Talmud.

    La Loi orale devient donc un objet d'étude plus important encore que le Pentateuque, puisque celle-ci condense et réunit tous les écrits du Tanakh au moyen d'études de laGuémara sur ces versets.

    À l'inverse des zélotes, les pharisiens s'impliquent peu dans la politique.

    Ils sont disposés à accepter une occupation étrangère pour autant que la liberté de culte leur soit garantie mais ils sont intraitables sur ce point et rejoindront la lutte armée chaque fois que cette liberté sera entravée.

    Histoire

    Les origines du pharisaïsme sont obscures.

    Il semblerait que cette idéologie ait lentement mûri au sein des générations de Scribes et de Sages associés aux travaux du Sanhédrin.

    Son affirmation comme mouvement conscient et organisé est dû à la révolte des Maccabées contre l'hellénisation de la Judée suite aux conquêtes d'Alexandre le Grand.

    Le récit de cette révolte est relaté dans le Livres des Maccabées.

    Sous la domination hasmonéenne, les Pharisiens sont en compétition avec les Saduccéens pour la direction spirituelle de la Judée et du peuple juif.

    Ils semblent être un mouvement possédant une forte assise populaire constituée de fermiers et de citadins pieux.

    Au contraire, les Saduccéens semblent représenter les intérêts de la caste sacerdotale traditionnellement associée au pouvoir politique.

    Lors de la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains (70 ap.J.C) et de la dispersion des Juifs, seuls subsisteront les Pharisiens. Ils sont les seuls en effet à être en mesure de s'accommoder de la disparition du Temple et à disposer d'une structure alternative pour cultiver la tradition.

    Dès lors, le terme de pharisaïsme tombe en désuétude puisqu'il se confond avec le judaïsme.

    Prosélytisme

    Le prosélytisme juif est un produit pharisien même si son acceptation varie selon les Sages.

    Alors que certains se détournent avec horreur des païens impies et impurs, d’autres, mettant en pratique l’enseignement d'Isaïe, s’efforcent de les gagner à la vraie foi et à la pratique de la Loi.

    Hillel Hazaken, le plus célèbre des pharisiens aurait répondu à un prosélyte potentiel qui le sommait de résumer la Loi pendant qu'il tenait sur une jambe : « Ce qui t'est haïssable, ne le fais pas à ton prochain. C'est là toute la Torah, le reste est commentaire. Va et étudie-la ! »

    Christianisme

    voir aussi : Concile de Jérusalem

    L'attachement de Jésus à la Loi, ses options théologiques telles que la croyance en la résurrection, par exemple, laissent penser que Jésus était très proche du mouvement pharisien.

    Dans l'évangile de Luc, la Parabole du pharisien et du publicain présente un pharisien comme un homme fat et superficiel attaché à la lettre et non à l'esprit de la Loi.

    Il serait faux d'y voir une critique de Jésus à l'égard de l'ensemble des pharisiens.

    Cette parabole, qui est un enseignement à l'usage de croyants, entend montrer que même ceux qui peuvent paraître comme les plus respectueux de la Loi peuvent faire preuve d'une intention déviante.

    Par ailleurs, Paul de Tarse, l'apôtre Paul, est lui-même un pharisien à l'origine.

    Or, alors qu'à Alexandrie le christianisme primitif se développe en tant que secte juive, sens premier de ce que l'on nomme judéo-christianisme, Paul se soucie de développer le mouvement parmi les nations, et pour cela, il va concentrer sa doctrine sur le suivi de l'enseignement de Jésus en affranchissant le christianisme des lourdes obligations de la religion hébraïque.

    Dans l'ensemble du Nouveau Testament, le pharisaïsme est condamné pour son culte rendu à une tradition orale humaine qui pervertit la Torah révélée de Dieu.

    Il s'agit là d'une réinterprétation due aux premières communautés chrétiennes confrontées aux tenants du judaïsme dont elles sont issues et dont elles s'écartent progressivement par leur interprétation de la Torah, c'est-à-dire du Pentateuque.

    Source

     

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