• Paimpont, fontaine de Barenton

     
     
    Paimpont
    fontaine de Barenton

     

    Source photo : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paimpont


     
    La fontaine de Barenton, est une fontaine qui est à la fois un lieu légendaire dans Brocéliande selon les textes du cycle arthurien, et un site de centre-Bretagne, dans la forêt nommée administrativement forêt de Paimpont.
     
    Elle est devenue l'un des sites touristiques liés à la légende arthurienne en Bretagne et un des sites de Brocéliande le plus célèbre à travers le monde entier.
     

    Étymologie et terminologie

    On trouve de nombreux variantes de nom : anciennement Berenton, Belenton ou Balenton. Sur les cartes IGN actuelles, on peut trouver la graphie Baranton.

    Il existe plusieurs théories étymologiques. Pour Alan J. Raude, le Berenton de Wace est à rattacher à la racine indo-européenne bher-, qui signifie « bouillonner », et au celtique andon, qui désigne la source.

    Jean-Marie Plonéis explique « Barenton », nom le plus usité, par le mot « bar » qui désigne un sommet, ce qui donne « source de la colline ». Une dernière explique les variantes Belenton et Balenton par le préfixe « Bel » venu du nom du dieu celte Belenos, ce qui donne la « source de Bel ».

     Dans les œuvres médiévales

    Roman de Rou

    Article connexe : Roman de Rou.

    Le premier texte à citer la fontaine est le Roman de Rou du clerc et poète anglo-normand Wace de Jersey. Ce long poème en langue romane daté de 1160 ou à peu près, donne en effet :

    « 

    La fontaine de Barenton
    sort d'une part lez le perron
    aler i solent veneor
    a Berenton par grant chalor,
    e a lor cors l'eve espuiser
    e le perron desus moillier
    por ço soleient pluie aveir.

     »

    — Wace, Roman de Rou, vers 11 518 à 11 524

     

    Wace parle de la forêt « de Bréchéliant » (c'est-à-dire Brocéliande), « dont les Bretons vont souvent fablant », et décrit la fontaine comme une « merveille ». D'après son texte, par temps de sécheresse, les Bretons viennent puiser l'eau de cette fontaine et la verser su le perron pour déclencher la pluie. Désireux de voir le prodige lui-même, Wace raconte plus loin qu'il s'est rendu lui-même sur le site, mais n'a rien trouvé : « fol m'en revins, folie quis, por fol me tins ».

    Yvain ou le Chevalier au lion

    Article connexe : Yvain ou le Chevalier au lion.

     

    Un quart de siècle plus tard, dans Yvain ou le Chevalier au lion, Chrétien s'inspire du texte de Wace et développe l'histoire de la fontaine et de son perron, en l'associant à la légende arthurienne.

    Il décrit la petite chapelle, le pin à proximité où pend un bassin d'or, mais il ne la nomme pas.

    Étant située en forêt de Brocéliande et pourvue des mêmes caractéristiques merveilleuses, il ne fait pas de doute qu'il s'agît de Berenton.

    « 

    Mesire Yvains chele nuit ot
    Mout boin hostel et mout li plot.
    Et quant che vint a l'endemain,
    Si vit les tors et le vilain,
    Qui la voie li enseigna;
    Mais plus de .c. fois se seigna
    De la merveille que il ot,
    Conment Nature faire sot
    Oevre si laide et si vilaine.
    Puis erra dusque a la fontaine,
    Si vit quanques il vaut veoir.
    Sans arrester et sans seoir,
    Versa seur le perron de plain
    De l'yaue le bachin tout plain.
    De maintenant venta et plut
    Et fist tel temps que faire dut.
    Et quant Dix redonna le bel,
    Sor le pin vinrent li oysel
    Et firent joie merveillouse
    Seur la fontaine perillouse.

     »

    — Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au lion

     

    Dans le texte de Chrétien, le chevalier Calogrenant vient à la fontaine, déclenche la tempête, et est défié pour cela par le Chevalier Noir qui le vainc.

    Le roi Arthur veut voir la merveille et décide d'y aller. Mais le cousin de Calogrenant, Yvain, le devance, déclenche la tempête et combat le Chevalier Noir.

    Il le vainc et devient forcé d'être le gardien de la fontaine.

    Autres mentions

    En 1128, Huon de Mery vient à la fontaine – ou plutôt prétend venir – mais il ne la nomme pas. Giraud de Barri, contemporain de Wace et de Chrétien de Troyes, parle de la fontaine dans sa Topographia Hibernica (Topographie d’Irlande, 1188). Il cite une fontaine en Bretagne Armoricaine, dont on arrose la pierre avec des eaux puisées dans une corne de buffle. Aussitôt, la pluie se met à tomber. Dans le conte gallois d'Owein et Luned (début XIIe) correspondant au roman de Chrétien, Owein remplace Yvain et Cynon remplace Calogrenant. La description de la fontaine dans le conte gallois est néanmoins, selon toute vraisemblance, empruntée au texte de Chrétien de Troyes.

    Historique

    Dès l'Antiquité, cette fontaine est le centre d'institutions sacrées, en lien avec les prétendus pouvoirs miraculeux de ses eaux froides qui se maintiennent toute l'année à une température de 10°.

    Elles ont en effet parfois un aspect d'ébullition, surtout par temps orageux, paraissant bouillir sous l'effet de grosses bulles d'azote pur et du gaz carbonique qui s'en échappent.

    D'autre part, les galets rouges du sol qui évoquent des braises et les brouillards matinaux à l'origine parfois de l'apparition d'un spectre analogue à celui de Brocken (spectre que les gens du lieu attribuent au roi Salomon), renforcent la croyance aux vertus magiques de cette source.

    C'est ainsi qu'elle est censée soigner les maladies mentales grâce à un collège de druidesses qui l'utilisaient, d'où le nom du hameau voisin de Folle Pensée.

    Cette fontaine merveilleuse est mentionnée dans plusieurs sources médiévales, en particulier le Roman de Rou écrit par Wace.

    Elle est citée vers 1160 comme une fontaine pouvant faire tomber la pluie, déclencher la tempête ou un orage.

    À la fin du XIIe siècle, elle est associée à la légende arthurienne et devient un lieu d'épreuve pour les chevaliers de la cour de Bretagne.

    Indissociable de la forêt de Brocéliande, elle a néanmoins connu moins de succès que cette dernière.

    Ainsi apparaît-elle souvent dans les textes médiévaux sans être nommée.

    La première tentative de localisation ptécise arrive tardivement, en 1467.

    Dans la charte les Usemens de la forest de Brecilien, à l'époque où cette seigneurie appartient à Guy XIV de Laval. Le texte reprend celui de Wace et localise la fontaine dans la forêt de Paimpont :

    « …Item auprès du dit breil, il y a un breil nommé le breil de Bellanton, et auprès d’yceluy, il y a une fontaine nommée la fontaine de Bellanton…[…] Item joignant la dite fontaine, il y a une grosse pierre qu’on nomme le perron de Bellanton, et toutes les fois que le seigneur de Montfort vient à ladite fontaine, et de l’eau d’icelle arrose et mouille le perron, quelque chaleur, temps sur de pluie, quelque part que le vent soit, soudain et en peu d’espace, plutôt que le dit seigneur n’aura pu recouvrer son chasteau de Comper, ains que soit la fin d’iceluy jour, plera en pays si abondamment que la terre et les biens estant en icelle en sont arrousées, et moult leur profite. »

    — Aurélien de Courson, Le Cartulaire de Redon

     

    La tradition évoque effectivement la fontaine de Barenton comme étant miraculeuse.

    Les seigneurs de Montfort-Gaël s'y rendirent à plusieurs reprises afin de demander la pluie en versant quelques gouttes de l'eau de la fontaine sur un gros bloc de grès appelé aujourd'hui « Perron de Merlin » surplombant la fontaine, Merlin ayant rencontré la fée Viviane assise sur cette pierre.

    La fontaine est re-popularisée au XIXe siècle par les romantiques et le développement de la celtomaniedu XIXe siècle la popularisent. Sa localisation est définitivement entérinée par Félix Bellamy.

    Le 6 novembre 1934, un arrêté classe le site parmi les « monuments naturels et les sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire et pittoresque ».

    Le massif forestier de Paimpont compte plusieurs sources, la fontaine de Barenton n'étant que l'une d'elles.

    Elle est au-dessus du lieu-dit de « Folle Pensée », à 190 mètres d'altitude, sur le contrefort nord de la Butte de Ponthus qui culmine à 258 mètres.

    Source :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Barenton

     
    La fontaine de Barenton se trouve dans la forêt de Paimpont (autrefois appelée forêt de Brocéliande).

    La fontaine de Barenton où Merlin rencontra la fée Viviane, servait à des rites destinés à faire pleuvoir. On prenait une branche de l'arbre le plus proche, on la frappait contre la pierre et aussitôt la pluie tombait.

    Autrefois, il y avait même une procession contre la sécheresse. Si on trempait le pied de la croix dans la fontaine, il pleuvait.

    Dicton "Quand Barenton rit, on se marie dans l'année".