• Notre-Dame de la Marlière (Tourcoing)

     

     

    Notre-Dame de la Marlière (Tourcoing)

     

     

     

     

    Ce serait bien avant 1562 qu'un promeneur découvre une statue de la Vierge incrustée dans un arbre que l'on venait d'abattre et la statue est exposée à la vénération des fidèles à l'orée d'un bosquet, à la jonction de trois chemins (trieu) fréquentés au hameau de la Marlière.

    Un pèlerinage ne tarde pas a s'établir.


    En 1562, la seigneurie de Tourcoing est envahie par une bande de Calvinistes révoltés qui, sous la conduite de Mathieu Lannoy, répandent la terreur dans la région.
    Les pillards sont connus sous le nom de Hurlus (hurler), ils avaient leur quartier sur une colline voisine Mont à Leux.
    Les églises de Tourcoing furent pillées par ces bandits, et la statue de la Marlière n'échappa pas à leur fureur, la statuette fut enlevée.

    Heureusement, un bûcheron rencontra "l'iconoclaste" (briseur d'images) emportant son butin et parvint à racheter la Madone contre deux fagots de bois.

    Le 3 mars 1568 dans les Flandres, eut lieu "La grande rafle du jour des Cendres" suite à l'ordonnance du Duc d'Albe du 21 février, les ministres consistoriaux et les briseurs d'images sont arrêtés et les hurlus sont contraints de fuir en Allemagne, la statue est rendue au culte, les fidèles reviennent en foule la vénérer.
    Ce n'est que vers 1650 que l'on construit un petit oratoire à la Marlière.


    La disette, début du pèlerinage.

    En 1709, le peuple de France doit faire face à une terrible disette.
    A la suite d'un vœu solennel, le curé de Tourcoing, l'abbé Delahaye, conduit pendant neuf jours sa paroisse à la chapelle de la Marlière.

    C'est le début de nombreux pèlerinages et déjà la nécessité d'agrandir la chapelle se fait sentir.


    En 1745, le plan d'un nouveau sanctuaire est tracé par un R.P. Jésuite. L'inauguration a lieu en 1748.


    A dater de cette époque, la chapelle de la Marlière est considérée comme une succursale de l'église saint Christophe (Tourcoing).


    Sous la révolution, vente et rachat.

    Les excès de la Révolution ont leurs répercussions jusque dans le sanctuaire de la Marlière, qui fut en butte à de nouveaux sacrilèges et l'édifice fut vendu comme bien de la Nation.


    A la chute de Robespierre, peu à peu les églises se rouvrirent, la chapelle de la Marlière avait été rachetée par l'aubergiste de l'Ecu de France à Tourcoing.
    Mlle Desurmont la racheta. Après le 9 Thermidor de l'an 1802 le sanctuaire fut rendu au culte.

    La piété se réveilla et les pèlerinages se firent de plus en plus nombreux.


    Épidémie de choléra en 1832.

    Le mal fait son apparition à Tourcoing vers le 10 juin.


    Les doyens de saint Christophe et de Saint Jacques, les abbés Derégnaucourt et Philippe, reprennent la tradition des neuvaines et la piété des Tourquennois pour la Vierge ne fait que s'accroître.

    La chapelle, témoin de nombreux pèlerinages de toute la région, devient à nouveau trop petite.


    En 1874, l'agrandissement de l'église est prévu et le 13 mai 1875 eut lieu la bénédiction et la pose de la première pierre.


    Piété vivace.

    Pendant la guerre de 39-44, nombreuses sont les femmes qui viennent prier et implorer Notre-Dame pour le retour de leur mari, prisonnier ou déporté en Allemagne.


    En 1945, la France est libérée, beaucoup de prisonniers sont rentrés.


    Au cours du mois de mai, l'église ne désemplit pas.


    Aujourd'hui, pour nos "Seniors", ce pèlerinage reste un héritage de leur jeunesse, beaucoup d'entre eux faisaient ce pèlerinage plusieurs fois durant le mois de mai, avec leurs parents, avec les groupes de jeunes (Louveteaux, Scouts, Guides, Jeannettes, Âmes Vaillantes ou Cœurs Vaillants etc...).


    Beaucoup y allaient à pied, d'autres prenaient les tramways jusqu'à la Croix Rouge à Tourcoing ou le Sapin Vert à Wattrelos. Après les vêpres ou la messe, on faisait une petite escapade en Belgique toute proche.


    De nos jours, malgré la chute de la pratique religieuse, la piété à Notre-Dame de la Marlière reste très vivace.

    L'église de la Marlière est une église paroissiale. Elle fait partie de la paroisse de "La Sainte Famille" sur le doyenné des chaussées périphériques de Tourcoing.
    "La Sainte famille" est une Paroisse Nouvelle. Elle est composée de 4 clochers : Notre Dame de La Marlière, Saint Joseph, Saint Jean Baptiste et Saint Gérard à Wattrelos.
    Cette Paroisse Nouvelle est animée par un curé : le Père Mathieu Bakanina et une E.A.P.(Equipe d'Animation Paroissiale)
    Voici ses membres : Madame Brigitte Bouckson, Monsieur Alain Vandenberghe, Madame Nadine Delvoye.

    La responsable du pélèrinage ; Madame Agnès Delvarre et son équipe : Monsieur Jacques Aubert, Monsieur Daniel Delrue, Frère Joël Capon, Madame Henriette Dervaux, Madame Alice Miellet, Madame Marie Thérèse Ourdouillie, Monsieur Bernard Pottié, Madame Marie Françoise Roellens.

    LES MESSES :

    - Notre Dame de la Marlière le Dimanche à 9 h 30.
    - Saint Joseph le dimanche à 11 h
    - Saint Jean Baptiste et Saint Gérard : un samedi sur deux à 18h 30.
    - St Gérard : 5 avril - 19 avril - 3 mai - 17 mai - 31 mai
    - St Jean Baptiste : 12 avril - 26 avril - 10 mai - 24 mai -

    Et ainsi de suite...


    LES ACCUEILS ET PERMANENCES :

    - Notre Dame de la Marlière : le lundi de 18 h à 19 h 30 au 443 rue des trois Pierres à Tourcoing. (tel : 03 20 76 86 77)
    - St Jean Baptiste et St Gérard : le mercredi de 18 h à 19 h au 3 rue St Gérard à Wattrelos.
    Il existe une maison Relais St Joseph au 22 rue Blanche à Tourcoing. (Partenariat paroisse et mouvements d'Église)
     

    Source :

    http://notretourcoing.skyrock.com/1837306103-Notre-Dame-de-La-Marliere.html

    En savoir plus :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tourcoing

    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tourcoing_Notre-Dame_de_la_Marli%C3%A8re_J4.jpg

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tourcoing_Notre-Dame_de_la_Marli%C3%A8re_J2.jpg

    http://capture59.canalblog.com/archives/2009/07/03/14281906.html

     

     

     

     

    Mais tous ces sanctuaires le cèdent incomparablement a Notre-Dame de la Marlière, située sur cette même paroisse, dans le petit hameau de ce nom, et que visitent tant de pieux pèlerins.

    On en attribue l'origine à une statuette de la sainte Vierge, de bois de chêne, qu'on découvrit dans le tronc d'un arbre récemment abattu.

    Placée sur le tronc séculaire d'un tilleul voisin, dans un charmant bosquet, à la jonction de trois chemins fréquentés, la sainte image y devint bientôt l'objet de la vénération publique.

    Un pèlerinage s'y établit, et l'on venait de tous les alentours invoquer la Vierge de la Marlière, qu'on regardait comme un présent du Ciel.

    L'hérésie ne put le souffrir ; et, en 1562, un soldat des bandes calvinistes qui ravageaient le pays enleva la statuette.  

    La désolation parmi les catholiques fut extrême.

    Heureusement le voleur sacrilège, s'étant enfoncé dans la forêt avec la sainte image qu'il portait à la main en l'insultant, rencontre un pieux bûcheron ; il lui propose l'échange de la statuette contre deux fagots.

    Celui-ci accepte le marché avec bonheur, et va cacher l'image, comme un trésor, dans la partie la plus retirée de sa chaumière.

    Quatre ans après, quand les calvinistes repoussés se furent retirés en Allemagne, il s'empressa de divulguer son secret et de replacer la statue sur l'antique tilleul.

    Les pèlerinages aussitôt recommencèrent.

    Mais, en 1668, la piété des fidèles ne put souffrir de voir la Vierge exposée à toutes les intempéries des saisons ; on bâtit près du tilleul une chapelle ; et, lorsqu'elle fut terminée, on y transporta en grande solennité la sainte image, dans une procession générale, où non-seulement les jeunes filles de la Marlière, mais encore les députations et les confréries des paroisses voisines, voulurent, par leur présence, témoigner leur dévotion à Marie.

    Bientôt les murs de la nouvelle chapelle furent couverts d'ex-voto des pèlerins ; bientôt on lui donna des maisons et des vignes, où l'on recueillait le vin nécessaire au saint sacrifice ; et l'on confia l'administration de ces biens sacrés à l'ermite sacristain de la chapelle, lequel ne sortait de sa retraite que pour faire le catéchisme aux enfants du hameau.

    Toutefois ce ne fut là encore que le prélude de la dévotion des peuples envers Notre-Dame de la Marlière.

    En 1709, tout le pays étant ravagé par la guerre, et en même temps menacé de la famine par un froid excessif qui, en gelant les semences, allait ôter toute espérance de moisson, le curé de Tourcoing invita, du haut de la chaire, tous ses paroissiens à recourir à Marie, et fit le vœu public de conduire, pendant neuf jours, sa paroisse a la chapelle de la Marlière.

    La ville entière répondit à son appel ; la confiance revint dans tous les cœurs, et ne tarda pas à être justifiée ; la moisson de 1710 fut une des plus abondantes qu'on eût vues depuis longtemps.

    En 1746, le peuple de Tourcoing, comprenant que la chapelle était trop petite pour le nombre des pèlerins qui allait toujours croissant, voulut en élever une et plus vaste et plus belle, mais à la condition de conserver l'antique chapelle comme sacristie. L'affluence des offrandes permit de mettre sans retard la main à l'œuvre. Louis XV autorisa, a plusieurs reprises, des soldats occupés à la tranchée devant Menin à venir, les uns, y travailler de leurs propres mains, les autres, diriger le travail ; et le saint édifice fut promptement achevé (1).

    (1) La tradition rapporte que le mortier fut pétri avec de la farine de seigle, et les briques faites sur un terrain appartenant à la chapelle.

    Chaque dimanche, pendant la dernière moitié du dix-huitième siècle, un religieux récollet y chantait la messe ; et le dernier dimanche d'août, on faisait, à travers la campagne, une procession générale, où de jeunes filles appartenant à la famille du bûcheron qui avait sauvé la statue des mains des calvinistes portaient la Vierge richement parée, vêtue d'un voile brodé d'or, que recouvraient des cœurs d'or et d'argent, et tenant à la main un sceptre enrichi de pierres précieuses.

    Dans les processions solennelles qui se faisaient à Tourcoing, on portait également la sainte image ; et, pendant l'octave de la Fête-Dieu, on la gardait même, dans l'église Saint-Christophe, exposée sur l'autel de la Vierge.

    Un jour, dit la tradition, on avait négligé, après cette octave, de reporter Notre-Dame a son sanctuaire de la Marlière. Elle sortit elle-même de l'église pendant la nuit, et retourna seule à sa chapelle. Quoi qu'il en soit de ce prodige, le jour où l'on reportait la Vierge, de Saint-Christophe à la Marlière, était pour tout le canton un jour de fête, qui se terminait par un salut solennel.

    Au commencement de la révolution de 93, on voulut piller la chapelle de la Marlière ; mais un jeune homme du hameau, dragon nouvellement libéré du service, s'étant placé sur le seuil, le sabre à la main, dans son costume militaire qu'il avait conservé, menaça de percer le spoliateur qui voudrait entrer, et l'on se retira devant cette noble audace. Malheureusement ils revinrent plus tard, enlevèrent toutes les richesses de la chapelle, prirent la sainte image qu'ils jetèrent dans les flammes, sauf la tête de l'Enfant Jésus, qui, détachée du tronc et tombée par terre, fut recueillie par un fervent chrétien.  

    La chapelle ainsi dépouillée servit, pendant plusieurs années, à des usages profanes ; puis, vendue avec les biens qui en dépendaient, elle fut rachetée et rendue de nouveau au culte en 1802.

    Alors la piété envers cet antique sanctuaire se réveilla plus vive que jamais.

    On y mit d'abord provisoirement une statue des plus simples, puis une plus convenable , qui s'y voit encore aujourd'hui ; offrande d'un curé du diocèse de Tournai, en exécution d'un vœu, à la suite duquel il fut guéri d'une maladie grave.

    On rendit les ornements qu'on avait pu sauver du pillage ou qu'on put racheter aux spoliateurs ; un orfèvre donna le sceptre d'argent que la Vierge tient entre ses mains ; et les pèlerinages reprirent leur cours comme aux âges anciens.

    Les jeunes conscrits de Tourcoing, entre autres, ne manquaient jamais de s'y rendre, avant de partir pour ces longues et terribles guerres qui bouleversèrent l'Europe et l'inondèrent de sang ; et, a leur retour du service, ils venaient remercier Notre-Dame d'avoir veillé sur eux au milieu de tant de périls auxquels ils avaient échappé.

    En 1832, lorsque survint l'affreux choléra, ce fut aussi a la Vierge de la Marlière qu'on eut recours. Plusieurs paroisses y vinrent en procession, pendant neuf jours consécutifs ; et ressentirent les effets de la prière a Marie.

    Enfin, dans toutes les calamités, la Marlière est, à toutes les époques, le refuge des affligés. Là, le pauvre ouvrier va, selon son expression, chercher du courage. Là, la mère de famille va présenter à Marie ses plus jeunes enfants ; et, naguère encore, la pieuse femme qui, après la révolution, avait racheté le sanctuaire, y conduisit en pèlerinage ses neveux et ses nièces, dont le nombre s'élevait a soixante-dix ou quatre-vingts.

    Là, pendant le mois de mai surtout, des familles entières de Tourcoing viennent se consacrer a Marie, accompagnées d'un prêtre, qui offre pour eux le saint sacrifice.

    Source : Livre "Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en ..., Volume 2" par André Jean Marie Hamon

     

     

    Notre-Dame de la Marlière (Tourcoing)

     

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