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    Lyon
     
    Marie "Mère abandonnée"

     

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    Virginie Germaine Etievant épousa Jean Coste (Tailleur de pierres corrézien) le 20 janvier 1859.
     
    Le couple s'installa au 38 rue de Saint-Cyr à Vaise. 

    Le 03 août 1861, la première de leurs 10 enfants vit le jour.
     
    Pour l'état-civil, elle se prénommait Anne, à l'Église elle fut baptisée Anne-Marie, mais pour ses proches, elle était simplement Annette.

    La famille Coste était modeste. Très tôt, Annette dut aider ses parents, elle  supporta difficilement les travaux pénibles.

    Souffrant de la poitrine et atteinte d'une grave maladie osseuse (la phtisie), elle fût hospitalisée à la Croix-Rousse.
     
    Elle avait alors 18 ans. Annette vécut 3 années de douleurs et de tourments : allongée, la colonne vertébrale maintenue par un lourd corset de fer.

    Pendant 1 an, elle partagea sa chambre avec Melle Deguerry, jeune catholique qui rêvait d'appartenir à la congrégation de la Sainte Vierge.
     
    À la mort de son amie, Annette souhaita à son tour intégrer cette communauté.
     
    Elle devait y être admise en décembre 1882, pour la fête de l'Immaculée Conception, mais un événement inattendu en décida autrement.

    Le 6 novembre 1882, Annette était étendue, dans la chambre commune de l'hôpital.

    Il était tard et elle s'apprêtait à dormir lorsqu'elle entendit une voix l'appeler «Anne-Marie».

    Surprise, elle se souleva légèrement et se trouva enveloppée de lumière. Une femme se tenait à ses côtés. Sa tête était ornée d'un diadème. La dame tenait dans ses bras un enfant qui portait un petit globe terrestre surmonté d'une croix entaillée en 3 endroits.

    Annette reconnut aussitôt Notre-Dame-de-Fourvière.

    Dans ses prières, c'était toujours sous cette forme que la jeune fille aimait se représenter Marie.

    Lors de cette apparition, la Vierge offrit à Annette une couronne composée de 4 fleurs blanches :

    - La 1ère pour la grande confiance que la petite malade lui témoignait quotidiennement,

    - La 2ème pour son amour de la pauvreté et sa pitié pour les pauvres,

    - La 3ème pour ses prières répétées en faveur des âmes du purgatoire,

    - La 4ème pour sa soumission à la volonté de Dieu.

    Quatre fleurs, c'est bien peu pour une couronne, mais la Vierge lui assura qu'elle en gagnerait beaucoup d'autres, grâce aux épreuves et aux souffrances que la vie lui imposerait.

    Lors de cette visite, Marie prédit de graves inondations, mais promit d'épargner Lyon. 

    Le Rhône et la Saône débordèrent en décembre 1882, ravageant plusieurs villes voisines.

    Lyon échappa «miraculeusement» à cette catastrophe. 

    Elle parla également d'une grande guerre. Était-ce celle de 14 - 18 ?

    Aucun malade présent ce soir là dans la chambre commune ne vit ni n'entendit quoi que ce soit.

    Nul ne sait ce qu'il advint de la couronne de fleurs.

    Le mois suivant, Annette quitta l'hôpital.

    Elle fut accueillie par la famille Deguerry qui lui aménagea une chambre dans leur appartement, au 2ème étage du 26 rue Claude-Joseph Bonnet, dans le 4ème arrondissement de Lyon.

    Les semaines passèrent et, le 2 janvier 1883 à 22h00, Annette eut une nouvelle vision. Suivant les conseils de son confesseur, elle aspergea l'apparition d'eau bénite.

    La Vierge se contenta de sourire et invita la jeune fille à prier avec elle.

    Lors de cette visite, Marie se plaignit d'être une mère abandonnée.

    Son peuple devait se convertir et faire pénitence. De lourds châtiments attendaient les pêcheurs.

    La Vierge les confia à Annette mais lui interdit de les révéler à quiconque.

     

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    Source photo : http://brugerejerome.eklablog.com/

     

    Elle montra à la jeune fille une médaille en lui disant :

    «Vous en ferez faire de semblables, je veux que mes fidèles serviteurs les portent. Elles seront leur protection».

    Craignant de ne pas être crue, Annette souhaita garder la médaille, mais la Vierge s'y opposa : «Mes preuves, ce sont ma prédiction contre les inondations et ta guérison car tu vas guérir».

    Elle quitta la jeune fille sur ces mots : «Nouvelle année, nouvelle vie».

    À son réveil le lendemain, Annette était guérie.

    Mais malgré ce miracle, les apparitions lyonnaises ne marquèrent pas l'histoire de la chrétienté.

    La jeune fille prétendit voir la Vierge 19 fois en l'espace de quelques mois.

    Souhaitant devenir religieuse, elle intégra rapidement le Sacré-Cœur de Grandis dans le Beaujolais.

    C'est là qu'elle eut 2 nouvelles apparitions, les 3 et 13 mars 1883.

    Marie lui demanda de quitter le couvent car ses parents, gravement malades, avaient besoin d'elle.

    Annette abandonna donc Grandis et devint lingère.

    Sur son lieu de travail, à Bellecour, elle eut 3 autres visions : le 30 mars, le 17 avril et le 22 avril 1883.

    La Vierge lui reprocha de ne pas avoir fait frapper les médailles, comme elle le lui avait demandé en janvier.

    Annette ne logeait plus chez la famille Deguerry, mais elle lui rendait visite de temps à autre.

    Dans la soupente du 26 rue Claude-Joseph Bonnet, elle vit encore 2 fois Marie, le 7 avril et le 6 août 1883.

    Enfin, elle eut de nombreuses apparitions au 42 rue de la Duchère dans une chambre louée chez Madame Ferraton.

    La Vierge lui rendit visite le 1er mai, le 4 mai, le 21 mai, le 30 mai, le 14 juin, le 30 juin, le 11 juillet, le 2 septembre et le 22 septembre.

    Cette multitude d'apparitions discréditèrent la jeune fille. Un dialogue s'instaura entre Marie et elle.

    Annette parla à la Vierge de ses amis, lui demanda conseil et l‘interrogea sur des sujets personnels.

    Le 14 mai 1883, anéantie par le décès de sa mère, elle évoqua ce drame avec Marie.

    La Vierge ne fit plus de prédictions.

    Ses paroles s'adressèrent uniquement à Annette.

    Elle lui demanda par exemple d'intégrer les Sœurs de Saint-Joseph ou encore, de choisir, entre deux noms religieux : Sœur Marie de l'Eucharistie ou Sœur Marie de la croix brisée.

    L'apparition du 22 septembre 1883 fut la dernière.

    Ses parents décédés, Annette décida de s'occuper seule de ses frères et sœurs.

    Touchées par le courage de la jeune fille, des personnes charitables proposèrent d'adopter les enfants afin qu'elle puisse aller au bout de sa vocation.

    C'est ainsi qu'en 1885, Annette rejoignit les Sœurs de Saint-Joseph sous le nom de «Marie de l'Eucharistie».

    Cette communauté est implantée dans plusieurs villes de France.

    Annette vécut un temps à Lyon, puis à Trades, à Saint-Vallier et enfin à Saint-Priest-en-Jarez.

    C'est là qu'elle mourut le 2 avril 1924.

    Les récits détaillés de chaque apparition sont conservés par les Sœurs de Saint-Joseph.

    En 1883, les deux premières apparitions firent grand bruit.

    Très vite, le 26 rue Claude-Joseph Bonnet fut considéré comme un lieu saint.

    Avec l'accord de la famille Deguerry, la soupente fut tapissée de bleu, semée d'étoiles d'argent. Une lampe fut allumée en permanence devant une statue de la Vierge et un registre fut ouvert afin de noter d'éventuels miracles.

    Méfiantes, les autorités religieuses firent fermer le lieu. La soupente fut murée et l'appartement reloué.

    En 1950, le nouveau propriétaire, Pierre Sbodio, remit les lieux en état et, jusqu'à sa mort en 1991, il accueillit les curieux et leur fit visiter gratuitement la petite chambre.

    Que reste-t-il de Anne-Marie Coste ? Pratiquement rien.

    Les lyonnais oublièrent rapidement les faits.

    Aucune plaque commémorative ne fut posée au 26 rue Claude-Joseph Bonnet. La rue de la Duchère n'existe plus et le 38 rue de Saint-Cyr a été démoli.

    Quelques rares articles et 2 livres : «La croix brisée» (Mme Loizeau) et «La croix brisée sur le globe» (Gilles Lamerie), racontèrent les événements.

     

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