• Les dévotions des églises du Nord : Cassel

     
     

     

    Les dévotions des églises du Nord

    Cassel

     

    Saint Roch contre la peste

    En 1625, la ville de Cassel était, à son tour, plongée dans la consternation. La peste, qui avait régné dans les environs, se manifesta dans une partie de la ville et y fit de terribles ravages : Elle était caractérisée par le développement de bubons et d'antrax.

    Toutes les familles eurent bientôt à déplorer la perte ; l'une, d'un frère, d'une sœur, d'un ami ; l'autre, d'un père, d'une mère ou d'un autre parent.

    Des personnes pieuses donnèrent l'idée à leurs concitoyens d'invoquer saint Roch, à l'intercession duquel on recourait ailleurs avec fruit dans le cas de maladies contagieuses.

    Ils accueillirent cette idée avec chaleur, et l'on fit des prières publiques pour implorer la clémence divine dans cette malheureuse circonstance.

    La procession des Casselois sortait chaque jour avec le clergé et les reliques des saints de l'église.

    La dévotion des habitants était profonde et sincère ; aussi furent-ils exaucés.

    Au bout de quelques jours, la peste s'était miraculeusement arrêtée vers le milieu de la rue de Saint-Omer, à l'apparition d'un ange sur le seuil de la porte d'une maison ; et la sainte neuvaine de saint Roch n'était pas terminée, que le fléau avait entièrement cessé.

    Comme témoignage de reconnaissance, un autel fut spécialement dédié à saint Roch, dans l'église de Notre-Dame de Cassel.

     

    La peste se déclara de nouveau à Cassel l'année suivante. Elle fit irruption au mois de Mars, dans la rue du Tambour, chez la veuve de François W qui en mourut ainsi que tous les gens de sa maison.

    Par une sage précaution, le magistrat, qui avait fait construire trois barraques à l'écart, ordonna d'y transporter et soigner les malades.

    Tous les citoyens valides accoururent invoquer saint Roch et le fléau cessa bientôt ses ravages.

    En mémoire de cet événement et de celui de l'année précédente, les habitants des différentes rues de la ville, fidèles à leur promesse, firent chanter annuellement, dès cette même année 1626, une messe solennelle en l'honneur de leur saint patron, pendant l'octave du mois d'Août ; ceux de la rue de Saint-Omer firent même plus que les autres, sous l'impression de la plus vive gratitude : Quand vint leur tour d'avoir une messe, ils se firent précéder à l'offrande d'un jeune enfant, symbole de pureté et d'innocence, vêtu comme un ange, d'un habit blanc et d'une ceinture rouge, portant un cierge à la main : Ce cierge, orné d'un cœur en argent, était offert à l'église.

    Quelques années plus tard on adopta à Cassel l'usage de petits drapeaux en papier, que chaque pèlerin portait à la main ou à la tête, lorsqu'il allait invoquer le saint au pied de son autel.

    Mais on n'attachait de vertu qu'aux bannières qui avaient touché les reliques de saint Roch en sa chapelle.

    Aussi les marchandes étalées à l'entrée de l'église disaient-elles que les images qu'elles vendaient à tous venants, avaient touché les saintes reliques.

    Ces images, de forme parallélogramme de 16 centimètres de longueur sur 11 de hauteur, sans l'entourage du papier blanc, représentaient aux quatre coins les armes de Cassel. Le bon Dieu, tenant la croix à la main, disait du haut du Ciel à saint Roch, dont un ange appelait l'attention : Tu seras le patron de la peste. Saint Roch, assis sur un monticule en face de Cassel, était vêtu du costume des pèlerins. Son chien était devant lui et tenait à la gueule la gourde de son maître ; le bâton et le chapeau du bienheureux gisaient à terre. On lisait au bas cette prière en flamand : 0 saint Roch ! soyez avec nous et veuillez faire passer la peste. Aidez-nous dans le danger et préservez-nous de la mort. Puis venaient ces mots: Dit beeldeken heeft aengheraeckt de reliquien van H. Rochus tot Cassel, répétés ainsi en français: « Ceste Image a touche les SS Reliques de S. Rock a Cassel. »

    Les Casselois possédaient un second drapeau dont ils se servaient dans leurs pèlerinages. Il représentait saint Roch debout sur le mont de Cassel, répondant à l'ange qui lui est envoyé de Dieu. Cette image au bas de laquelle se trouvait une inscription dont la dernière partie laissait lire ces mots : Pestœ... libera nos Domine (De la peste... délivreznous, Seigneur), était d'une forme triangulaire rectangle et avait une longueur de 11 centimètres sur 6 et demi de hauteur.

    Trois pèlerinages se sont conservés dans la ville de Cassel.

    On y invoque saint Roch, avec neuvaine qui s'ouvre le 16 Août, pour la préservation ou la cessation des maladies pestilentielles.

    Comme autrefois, chaque quartier de la ville se rend en corps, à un jour déterminé, dans l'église où l'on chante une messe solennelle aux intentions des habitants du quartier, qui se cotisent à cet effet.

    On voit, en outre, quand vient le tour de la section de la rue de Saint-Omer, un enfant habillé en ange, déposant sur l'autel un cierge orné d'un cœur en argent.

    Il existe même des prières à saint Roch et une confrérie qui a été réinstallée en 1831.

    Sainte Apolline est aussi en grande vénération à Cassel.

    On l'invoque particulièrement contre les maux de dents et les maladies nerveuses.

    On lui a consacré une neuvaine qui commence le 9 Février et à laquelle assiste, en tous les temps, un nombreux concours de personnes.

    Saint Antoine de Padoue jouit pareillement d'une remarquable dévotion.

    Il y a une neuvaine avec pèlerinage en son honneur et l'on s'adresse spécialement à lui dans les peines d'esprit, les chagrins de famille, les pertes de biens, etc.

    Viennent encore sainte Philomène que l'on invoque dans toute sorte de nécessités, et sainte Barbe, contre la mort subite.

    Notre-Dame du Caveau

    Cassel ne possède plus qu'une seule église : Sa construction date du treizième siècle. Elle est dédiée à Notre-Dame. Au-dessus du maître-autel se trouve une Sainte Vierge qui est réputée miraculeuse dans le pays.

    On l'appelle Notre-Dame du-Caveau « Onse lieve Vrouwen Van den Crocht », parce qu'avant la révolution de 1793, elle était placée dans la chapelle souterraine de l'église de Saint-Pierre, que Robert-le-Frison avait fait construire en 1075, sur la terrasse du château.

    Chapelle Notre-Dame de Grâce

    Source photo : http://marlene.butaye.pagesperso-orange.fr/page13chap.html

     

    On ne peut sortir du territoire de Cassel sans aller voir le charmant oratoire en style ogival que feu M. Bosquillon de Jenlis a fait construire en 1849 le long de la route d'Oxelaere, à l'extrémité du jardin de sa maison de campagne, sur l'emplacement de la chapelle qu'une dame Ghys avait fait bâtir autrefois.

    Le nouvel oratoire renferme de très jolis tableaux et reçoit le jour par des vitraux peints et représentant des sujets pieux.

    Le pavement est en marbre noir et blanc. Au dehors on y trouve un banc pour s'agenouiller et deux portebougies où les fidèles allument des chandelles en l'honneur de la Vierge.

    L'entrée en est interdite aux passants, mais il est facile d'en admirer l'intérieur à travers une croisée qui donne sur la voie publique.

    La chapelle est sous le vocable de Notre-Dame-de-Grace, dont une statue est placée au-dessus et une autre dans une niche au-dessous de l'autel.

    On y dit la messe pendant les vacances d'Août et de Septembre; et l'on y fait annuellement une neuvaine qui s'ouvre le 2 Juillet, date de la bénédiction du sanctuaire.

    Chapelle

    Au Sud-Est de Cassel, il existe pareillement, sur la route d'Oxelaere, une autre chapelle, toute petite et close, dédiée à la Sainte Vierge, qui, de longue date, jouit d'une grande confiance de la part des habitants de la commune et des environs.

    Madame veuve Busschaert, née Leroy, la fit rebâtir en Septembre 1853.

    Ce sanctuaire attire journellement des personnes de tout âge et de tout rang, que l'on y voit agenouillées sous l'avant-corps du petit monument.

    Comme l'autre, cette Vierge est invoquée pour toute espèce de nécessités.

    On y fait une neuvaine depuis le mois d'Avril 1854.

    Sur le territoire et dans la ville de Cassel, on voit beaucoup d'autres chapelles ; mais comme il convenait de nous renfermer dans le cadre de notre œuvre, il a fallu nous restreindre à celles qui jouissent d'une vogue populaire parfaitement accréditée.

    La population de Cassel s'est toujours fait remarquer par ses bons sentiments religieux. On en trouve des témoignages évidents dans son église paroissiale, car tous les tableaux et les statues, hors ceux des autels, ont été offerts par des particuliers de toutes les classes de la ville et du dehors, comme l'attestent de nombreuses inscriptions.

    Ainsi qu'on le sait, l'évêque saint Eloi est le patron des cultivateurs de l'arrondissement d'Hazebrouck. Un jour ceux de Cassel, voulant laisser à leur église une marque de piété, lui firent don d'un buste de cet illustre apôtre de la Flandre flamingante, comme nous le rappellent ces mots qui y sont consignés : « Hier is dezen Heileigen verherven door de godvructiglieid van de landslieden. »

    En savoir plus :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cassel_%28Nord%29

     

    Collégiale Notre-Dame de la crypte

    Image illustrative de l'article Collégiale Notre-Dame de la Crypte

    « Cassel ND ext » par VelvetTravail personnel.

    Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

     

    La collégiale Notre Dame de la Crypte doit son nom à la statue miraculeuse de Notre Dame de la Crypte vénérée à Cassel depuis le XVIe siècle.

     

     « Collegiale-nddlc » par Laszlo59Travail personnel.

    Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

     

    Elle est la Sainte patronne et protectrice de Cassel, c'est d'ailleurs devant elle que le maréchal Foch adressa sa prière chaque jour durant son séjour à Cassel lors de la Première Guerre mondiale, et ce serait par son intercession que Cassel aurait évité les bombardements qui sévissaient en Flandres.

    La population de Cassel reconnaissante offrit une bannière à la paroisse à l'effigie de la sainte patronne de Cassel protégeant sa cité, cette bannière est visible au musée départemental de Flandre à Cassel.

    La neuvaine à Notre Dame de la Crypte a lieu tous les ans du 2 au 10 juillet.

    Les Casselois la prie pour assurer la protection et la vie au sein de la cité.

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Notre-dame_de_la_crypte

    On se rendait à la crypte afin d'implorer l'intercession de la Vierge dans les maladies et les calamités.

    Bibliographie : Livre "Guide de Flandre et Artois mystérieux"