• Le mois de Marie 18 mai

     
     

    Le mois de Marie

    ou méditations sur sa vie, ses gloires et sa protection

     

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    Source : Livre "Le mois de Marie ou méditations pour chaque jour du mois sur sa vie, ses gloires et sa protection"  par Aleksander Jełowicki

     

    POUR LE 18ème JOUR DU MOIS.

    DU COEUR IMMACULÉ DE MARIE.

    La fête du Cœur immaculé de Marie tombe le premier dimanche après l'octave de l'Assomption.

     

    1.

    0 Marie ! que dirai-je de votre cœur ? C'est le cœur le plus douloureux, le plus aimant, le plus beau. Le plus douloureux, car il souffre de toutes les douleurs de Jésus ; le plus aimant, car il aime de l'amour de Jésus ; le plus beau, car il ressemble le plus au cœur de Jésus. Il est doux, humble, pur, patient, clément, miséricordieux, docile, obéissant jusqu'à la mort.... jusqu'à la mort de la croix, qui était plus que la vôtre, car c'était la mort de votre fils.

    0 Marie ! votre cœur est le plus beau ! En le contemplant, Dieu vous a dit : « Vous êtes toute belle, ma bien-aimée ('). » 0 Marie ! votre cœur est le plus aimant ! aimant Dieu d'un amour si grand que Dieu lui-même vous a dit : « Vous avez blessé mon cœur ('). » 0 cœur de Marie ! cœur selon le cœur de Jésus-Christ ! riche de toutes les vertus, faites-vous connaître à nous, et faites que nos cœurs se forment à votre exemple.

    0 Marie ! quel est donc ce glaive qui traverse votre cœur ? Ah ! c'est le glaive à deux tranchants qui a percé votre âme et qui s'est fixé dans votre cœur. Le cœur de Marie est toujours saignant, toujours douloureux, et cependant il est calme et toujours calme, car il est toujours soumis à la volonté de Dieu. 0 Marie ! apprenez-nous cette vertu, car c'est elle qui, au milieu d'afflictions et de souffrances, donne la paix et la joie du cœur !

    Dieu perce les cœurs par la douleur pour y entrer par l'amour. Celui qui comprend cette miséricorde de Dieu l'en bénira ; car si Dieu a percé le cœur si pur, si saint de Marie, d'un glaive si cruel, pour y faire germer un amour sans bornes, qu'y a-t-il d'étonnant que nos cœurs, couverts, enveloppés de péchés sans nombre, soient brisés d'afflictions et de douleurs, afin que l'amour de Dieu y puisse pénétrer ? Et puis, si l'innocente et la sainte Marie non seulement ne se plaint pas de ses douleurs, mais si au contraire elle les bénit, que faisons-nous donc, nous pécheurs, en nous plaignant de nos souffrances, en cherchant à nous en soulager autrement qu'en recourant à Dieu ?

    Rien ne dissipe les ténèbres de la nuit que le soleil ; rien ne dissipe nos afflictions que Jésus ; et cette aurore sans laquelle le soleil ne se lève jamais : Marie ! Dans toutes nos tribulations, implorons Marie, car Jésus la suit toujours. Saint Philippe de Néri assure qu'il dissipait tous ses chagrins, calmait toutes ses douleurs en invoquant Marie. Un enfant qui souffre se presse sur le sein de sa mère, et bientôt il oublie sa douleur, et sa dernière larme semble une goutte de rosée se jouant sur la fleur. Et nous aussi, enfants de Marie, pressons-nous sur son sein ; sa douce haleine séchera nos larmes, et n'en laissera qu'une goutte dans le souvenir de douleurs passées, pour augmenter le charme de nos cœurs, pour ajouter du prix à notre joie, pour raviver notre amour ; car le cœur le plus souffrant aime le plus ardemment.

    Le symbole de l'amour divin, c'est la croix ; le symbole de l'amour de Marie, c'est le glaive. Ainsi nous ne pouvons avoir pour symbole de notre amour que la croix et le glaive. Soyons donc prêts à endurer toutes les souffrances, parce que Jésus et Marie ont souffert pour nous ; parce que nous avons péché ; parce qu'il nous faut mériter la miséricorde divine ; parce qu'il faut que nous nous donnions entièrement à Dieu ; parce qu'il faut que nous nous arrachions complétement au monde et à nous-mêmes ; parce qu'enfin nous devons, pendant notre séjour terrestre, travailler à nous assurer de notre séjour céleste.

    Les souffrances imméritées sont les dons les plus favorables de Dieu ; il ne les accorde qu'à ses élus comme preuve de son amour particulier, comme signe de la gloire spéciale qu'il leur a préparée au ciel. Jésus a souffert, et il est ainsi entré dans sa gloire ; nous aussi, nous devons souffrir pour la partager avec lui. Celui qui souffre le plus de souffrances imméritées acquiert le plus de ressemblance avec Jésus-Christ, et participera le plus à sa gloire. Marie fut la créature la plus aimée de Dieu, aussi l'a-t-il éprouvée le plus. La plus grande part de gloire avait été destinée pour Marie, aussi Dieu a-t-il percé son cœur des douleurs les plus poignantes. 0 Seigneur ! comptez-nous aussi parmi vos élus, aimez-nous aussi, et percez aussi nos cœurs de douleur, pour les remplir de votre saint amour. « Mon cœur est préparé, ô Dieu ! mon cœur est préparé ('). »

    0 Jésus ! ô Marie ! vous avez souffert par amour pour nous ; faites-nous souffrir par amour pour vous.

     

    II

    Quelle est donc la couronne qui entoure votre cœur, ô Marie ? C'est la couronne de roses blanches, symbole de sa pureté sans tache qui répand autour d'elle un charme inexprimable, exhalant un parfum de toutes les vertus. Toutes les vertus ont établi leur siége dans le cœur de Marie, dans ce trône de la sagesse divine ; toutes ont déposé leurs trésors dans le cœur de Marie, dans ce sanctuaire brillant de l'or de la vérité ( domus aurea). Le cœur de Marie est le vase spirituel rempli de la grâce divine : vase d'honneur, plein de la majesté de Dieu ; vase insigne de la dévotion, plein de cet admirable amour de Dieu, qui veille toujours et qui prie toujours ! « Je dors, et mon cœur veille ; la voix de mon bien-aimé qui frappe. Ouvrez-moi, ma sœur, ma bien-aimée, ma colombe, vous qui êtes sans tache (') ! »

    Le cœur de Marie veille toujours, parce qu'il aime toujours ; car le cœur aimant veille constamment, attentif à la voix du bien-aimé qui frappe et dit : « Ouvrez-moi ! » C'est à cause de l'amour si vigilant de Marie que Dieu l'appelle si tendrement, si amoureusement : « Ouvrez-moi, ma sœur, ma bien-aimée, ma colombe, vous qui êtes sans tache ! »

    Que Dieu aimât le cœur de Marie, le cœur si pur, si saint, si fidèle, cela se conçoit ; mais que l'amour de Dieu cherche constamment à pénétrer dans nos détestables cœurs, pour les purifier de tous les vices, pour y semer toutes les vertus, pour y établir son trône divin, voilà ce qui ne saurait se concevoir. Et, s'il y a quelque chose de plus étonnant, c'est notre insolente indifférence à la voix de Jésus-Christ, qui nous appelle constamment, et en frappant à nos cœurs, nous dit en vain : « Ouvrez-moi ! » Nous vivons, mais nos cœurs sont morts ; nous veillons, mais nos cœurs dorment ; ils n'ont pas le sentiment qu'ils devraient avoir ; ils ne prient pas comme ils devraient prier, et voici pourquoi ils se livrent au péché.

    « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation ('). « Veillez donc, puisque vous ne savez quand le maître de la maison doit venir, si ce sera le soir ou à minuit, ou au chant du coq, ou au matin ; de peur que, survenant tout d'un coup, il ne vous trouve endormis (2). Or ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez ! » « Me voici à la porte, et j'y frappe. Si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi (3). » « Heureux ce serviteur si son maître, à son arrivée, le trouve agissant de la sorte (4)! » « Si vous entendez aujourd'hui sa voix, gardez-vous bien d'endurcir vos cœurs (5)! »

    Ah ! Marie ! malgré ces avertissements, que de fois, insensible à la voix de votre fils, je l'ai entendu sans l'écouter. Ah ! Marie, dites à Jésus qu'il vienne encore une fois ; cette fois il ne frappera pas en vain, car j'ai toute confiance que vous serez dans mon cœur pour le lui ouvrir.

    O Marie ! quelle est donc la flamme qui brûle et qui brille dans votre cœur ? Sa lumière est plus douce que celle de la lune, plus éclatante que celle du soleil ! C'est le feu de la charité dans lequel brûle et se consume éternellement le sacrifice permanent et complet sans cesse offert à Dieu : c'est le feu mystérieux qui fait fondre ensemble votre cœur et celui de Jésus. Cette union de votre cœur avec celui de Jésus, cette conformité de votre volonté avec celle du Père éternel, vous rendent plus encore d'esprit que de corps la mère de Jésus, selon ces paroles du Christ : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère ('). » - En suivant l'exemple de Marie, c'est-à-dire en faisant la volonté de Dieu par amour pour Dieu, rien n'est plus facile que de devenir frère ou sœur de Jésus-Christ. Cœurs humains, vous cherchez l'amour, vous avez besoin d'amour ; vous ne pouvez être sans amour : il est pour votre âme ce que l'air est pour votre corps ; il est le feu qui entretient votre vie. Où le cherchez-vous donc ? puisque l'amour infini, puisque Dieu lui-même se donne à vous, pour que vous l'aimiez ! puisque pour mère il vous a donné la mère de son Fils ! afin qu'elle vous élève pour être (ils de Dieu, en allumant dans vos cœurs ce feu qui brûlait dans le sien, ce feu du ciel que Notre-Seigneur jeta sur la terre, comme il le déclare lui-même : « Je suis venu, dit-il, pour jeter le feu dans la terre ; et que désiré-je, sinon qu'il s'allume (') ? » ce feuj qui ne consume pas, maisqui vivifie ; ce feu d'amour, enfin, qui brûle avec tant de force pour Dieu et pour nous dans le cœur de Marie !

    0 Marie ! ô ma mère ! vous avez blessé mon cœur, et moi j'ai blessé le vôtre ; mais quelle différence ! Vous avez blessé le mien avec un trait d'amour ; j'ai blessé le vôtre avec un glaive de douleur !

    O Mère adorable ! adorable surtout parce que vous m'aimez, bien que je sois l'un des assassins de votre fils ! adorable, parce que vous m'aimez comme si j'étais votre fils unique, comme si j'étais votre unique bonheur. Vous me cherchez, vous me suivez partout de votre amour, bien que je me cache de vous, bien que, comme un insensé, je vous fuie toujours !

    Que je sois dans les déserts, que je sois au fond des précipices, votre cœur maternel est toujours près de moi pour me consoler dans mes afflictions, pour me guider quand je m'égare, pour m'assister quand je succombe, pour me calmer dans mes agitations, pour m'avertir quand je me perds, et me ramener dans la maison paternelle ; pour rafraîchir ma lassitude, pour nourrir ma faim, pour abreuver ma soif avec le corps et le sang de Notre-Seigneur, pour couvrir ma nudité avec la grâce de Dieu.

    0 Marie ! non seulement vous vous donnez à moi, mais encore vous me suppliez que je vous accepte avec toute la richesse, tout le charme et toute la puissance de la grâce divine que vous m'apportez.

    0 Marie ! la multitude même de mes péchés, qui ont grossi comme les eaux d'un fleuve, n'a pas pu éteindre votre charité pour moi ; car « les grandes eaux n'ont pu éteindre la charité, et les fleuves n'auront pas la force de l'étouffer ('). »

    0 mère du Rédempteur ! mère de ceux qu'il a rachetés ! retirez-moi tout ce que je possède, et donnez-moi votre cœur, c'est-à-dire l'amour de Dieu et du prochain. Alors encore, le trésor que vous m'aurez donné me serait donné pour rien ; car «quand un homme aurait donné toutes les richesses de sa maison pour la charité, il les mépriserait comme s'il n'avait rien donné (2), » puisque toutes les richesses et le monde entier ne sont rien en comparaison de la charité.