• Institut de l'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand,

     
     

    Institut de l'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand

     

     

    Institut de l'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand,

     

    Jean-Joseph Allemand (1772-1836) est un prêtre catholique français ayant vécu à Marseille au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, dont la vie est emblématique des tensions religieuses de l'époque ainsi que du souci croissant de "l'éducation des jeunes gens".

    L'abbé Jean-Joseph Allemand a fondé l'Œuvre de la Jeunesse qui porte son nom et existe toujours.

    Son ministère au service des jeunes a également été à l'origine d'autres mouvements d'éducation populaire confessionnels comme les Œuvres Timon-David ou encore le Patro en Belgique.

    Dans la tourmente de la Révolution à la Fondation de l'Œuvre de la Jeunesse 

    À 18 ans, en 1790, en pleine Révolution Jean-Joseph Allemand annonce à ses parents qu’il veut devenir prêtre.

    Durant 2 années il ne peut qu’attendre car il n’y plus de séminaire ni d’évêque à Marseille.

    À 20 ans, il commence sa formation, aidé par 3 prêtres du Patronage du Bon Pasteur rentrés à Marseille. L’un d’eux, le père Reimonet, l’accueille chez lui et s’occupe de lui en cachette. Une grande confiance et une forte amitié les unis.

    En 1797,l'évêque de Grasse Monseigneur Prunières peut enfin entrer à Marseille et il ordonne Jean-Joseph Allemand le 19 juillet 1798 à la propriété des Carvin à Saint Barnabé, dans l’anonymat le plus complet. Il a 26 ans.

    Il commence son ministère dans le secret et la pauvreté la plus absolue. Il est très apprécié. Avec des temps plus calmes Jean-Joseph décide, malgré l’avis contraire de beaucoup qui l’en croient incapable de s'occuper de jeunes.

    Avec l'apaisement des années 1800 il en vient à organiser des activités pour les jeunes. Il commence avec 4 jeunes dans une chambre de bonne : c’est la première "œuvre de jeunesse". Les effectifs croissent et malgré de nouvelles difficultés (fermeture de l’œuvre de 1809 à 1814 durant laquelle les activités continuent clandestinement) l’œuvre grandit.

    En 1820, l’œuvre s’installe dans une grande ferme, alors en bordure de la ville, et qui est encore aujourd'hui la maison mère de l'Œuvre.

    Il meurt le 10 avril 1836.

    Son dossier de béatification est en cours d'instruction au Vatican.

    Les prémices de la pédagogie moderne 

    Au travers de l'Œuvre de la Jeunesse, l'abbé Jean-Joseph Allemand a été l'artisan d'une vision particulière de l'éducation, de la pédagogie, et plus précisément de l'éducation chrétienne. Si l'enfance existe à peine en tant que stade de la vie à part entière au début du XIXe siècle, l'adolescence, elle, est même alors absente de la vision de l'éducation.

    "La sanctification des jeunes gens"

    Jean-Joseph Allemand définit la mission de "son" Œuvre comme la sanctification des jeunes gens. On pourrait résumer par cette formule toute l'intuition pédagogique du prêtre. Ce lexique demeure un peu obscur de prime abord. Tentons donc de l'expliciter.

    Par sanctification, on entend un chemin de de prière et de vie chrétienne (c’est-à-dire selon l'Évangile). Chez les catholiques la sainteté n'est pas une condition réservée à quelques modèles canonisés par l'institution qu'est l'Église mais une manière de vivre vers laquelle doit tendre tout chrétien. De nombreuses manifestations de la sainteté peuvent retrouver leur "équivalent" ou leur "héritier" dans les valeurs humanistes, voire républicaines (au sens de principe unificateur de l'action dans la société). Respect de l'autre, écoute, droiture, honnêteté, esprit de service, etc. Mais la sainteté se veut plus qu'une morale humaniste. Elle se veut réponse de l'individu à sa vocation, c’est-à-dire l'acte délibéré par lequel l'individu consent au projet que Dieu a pour lui, dans l'intime connaissance de ses talents. Vocation au mariage, vocation religieuse, vocation sacerdotale, ou plus largement, vocation à être témoin de l'existence de Dieu et de Sa nature. Chez Monsieur Allemand et ses successeurs donc, la sanctification désigne une éducation au sens complet du terme (lat. ex-ducere: conduire en dehors). Il s'agit de sortir l'enfant de ce qu'il sait déjà de lui-même, ou plus exactement de le laisser se faire conduire en dehors de sa subjectivité. Par qui? Par ses aînés, par l'Église et par Dieu, au travers de la prière.

    Par jeunes gens, Jean-Joseph Allemand désigne vraisemblablement ce que nous appelons désormais l'adolescent. Non plus enfants, mais non pas encore adultes autonomes. D'autre part, on pourrait s'aventurer ajouter que l'expression jeunes gens à l'époque désigne aussi une certaine couche sociale de la population. Non pas que le fondateur ait décidé de fermer "son" Œuvre aux pauvres de l'époque mais le "recrutement" des jeunes s'est fait dès le début dans les quartiers commerçants aux revenus intermédiaires de Marseille, cette vaste classe moyenne qui naît à peine. Il est à ce sujet intéressant de souligner que quelques années plus tard, le Père Timon-David, fondera également une Œuvre de Jeunesse destinée plus spécifiquement aux enfants d'ouvriers. Mais le fait social que constitue le recrutement de l'Œuvre Allemand ne doit pas être érigé en principe d'éducation. C'est un fait secondaire. Dans l'expression jeunes gens - et c'est assurément le trait le plus important de l'expression - se retrouve toute la considération des aînés pour la jeunesse et l'accession des enfants à la qualité d'individus autonomes. Connaître personnellement chaque jeune, voila un principe assurément moderne, bien différents de la rigidité militaire du système napoléonien d'instruction publique mis en place au même moment.

    "Ici on joue, ici on prie" 

    Cette phrase prononcée par l'abbé en réponse à la visite d'un inspecteur du gouvernement venu fermer l'Œuvre et lui demandant ce qui s'y passait, insiste sur les deux dimensions, les deux faces, de la pédagogie instaurée par le fondateur de l'Œuvre.

    Dans l'histoire de la pensée sociologique française, c'est Émile Durkheim qui définit la notion de socialisation, et des mécanismes inhérents à celle-ci. Durkheim insiste sur le rôle du jeu comme "intériorisation des règles en douceur"(Durkheim). Plusieurs décennies avant la théorisation du processus d'acquisition et d'intériorisation des normes par Durkheim, Jean-Joseph Allemand avait déjà insisté sur l'importance du jeu.

    Il convient d'ajouter, à la dimension sociale du jeu, sa dimension physique et intellectuelle qui participent de la croissance de l'enfant ou de l'adolescent. Plus largement le jeu institue de nouveaux rapports au corps et à l'esprit. L'importance du jeu dans l'intuition pédagogique de M. Allemand transparaît dans ses propos: "Je n'aurais pas confiance en un enfant qui ne jouerait pas, passerait-il des heures en prière à la chapelle".

    La prière, qui passe elle aussi par un apprentissage, occupe aussi le terrain de l'éducation. On remarquera ici le souci de faire de la foi non une tradition culturelle mais un acte pleinement vécu et essentiel au projet de l'Œuvre.

    Des plus jeunes aux aînés

    Dans cette brève présentation de la pédagogie de l'Œuvre, il convient d'ajouter un troisième trait important. En effet la responsabilité de l'éducation revient non seulement aux adultes mais aussi aux adolescents plus âgés. C'est la naissance de l'animation contemporaine, telle qu'elle est consacrée dans la pédagogie aujourd'hui. Ce sont les plus âgés qui font jouer les plus jeunes. Les âges sont mélangés, au moins pour partie du temps. Les adolescents puis jeunes adultes participent à l'éducation de leurs cadets. L'éducation une fois encore n'est donc pas l'œuvre d'un professeur mais d'une communauté de jeunes. Au schéma didactique de l'instruction correspondent le schéma imitatif et le dialogue de l'éducation. Ainsi l'Œuvre ne prétendra jamais à une mission scolaire mais offrira ses activités sur le temps libre des enfants.

    Héritages 

    L'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand 

    Depuis 1799 l'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand, à Marseille accueille les enfants et adolescents pour des activités spirituelles, culturelles et de loisirs, au sein de ses maisons ou en séjours itinérants, en car, à pied ou à vélo.

    Il existe deux institutions à Marseille, qui sont aujourd'hui très vivantes grâce à une communauté de "Monsieurs" importantes qui a pu être renouvelée au fil des ans, et sans qui les institutions n'existeraient pas. Pour rappel, un "Monsieur" est un adulte qui dédit par son engagement sa vie à l'oeuvre. Les "Monsieurs" vivent en communauté et dirigent les oeuvres. En pratique ce sont eux les responsables de camp et d'activités, leur rôle est donc indispensable.

    L'Œuvre, confessionnelle, est une association reconnue d'utilité publique et d'éducation populaire.

    L'encadrement est assuré bénévolement.

    Une congrégation religieuse 

    Institut religieux séculier de droit pontifical, l'Institut de l'Œuvre de la Jeunesse Jean-Joseph Allemand a été créé à la suite de la fondation de l'Œuvre de la Jeunesse pour la poursuivre.

    Avec un nombre modeste de membres, l'Institut est tout entier tourné vers les Œuvres dont il a la charge.

    Ses constitutions (sa règle) mettent l'accent sur l'équilibre de la vie de ses membres entre la vie professionnelle "normale" et le service des jeunes, unifiant dans la foi les valeurs de labeur et de service. En plus des trois vœux "habituels" propres à la vie religieuse, les membres de l'Institut font également vœu de stabilité et de zèle. Si les membres de l'Institut, appelés "les Messieurs", sont religieux, certains sont également prêtres, au service des jeunes et du diocèse de Marseille.

    L'abréviation signalétique du nom de l'Institut est "ojja".

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Joseph_Allemand

    Le site internet : http://www.ojja.com/

     

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