• Elphège de Canterburry

     
     

    Elphège de Canterburry 

     

    Elphège de Canterburry

     

    Alphège (954 — 19 avril 1012) ou Ælfhēah en vieil anglais, également appelé ElphègeAlfège ou Godwine, est un ecclésiastique anglo-saxon.

     

    Moine anachorète à l'abbaye de Bath, sa piété lui vaut d'être promu évêque de Winchester en 984, puis archevêque de Cantorbéryen 1006.

    Capturé par des maraudeurs vikings en 1011, il est tué par eux l'année suivante, après avoir refusé d'être échangé contre une rançon.

     

    Alphège est canonisé en 1078.

    Un siècle plus tard, c'est à lui que remet son âme Thomas Becket, son lointain successeur, avant d'être assassiné.

    Biographie

    Alphège serait né à Weston, non loin de Bath.

    Il devient moine très jeune et entre au monastère de Deerhurst, avant d'être transféré à celui de Bath, où il se fait anachorète.

    Remarqué pour sa piété et sa rigueur, il en devient l'abbé.

    C'est probablement grâce à l'appui de l'archevêque de Cantorbéry Dunstan qu'il est élu évêque de Winchester en 984 ; il est sacré le 19 octobre de cette année.

    Durant son épiscopat, il est à l'origine de la construction d'un grand orgue dans la cathédrale. Cet orgue s'entend à un mille à la ronde, et il faut plus de vingt-quatre hommes pour l'actionner.

    Alphège construit des églises et en agrandit d'autres dans la ville, et il promeut le culte de ses prédécesseurs Swithun et Æthelwold.

    Après une attaque viking en 994, un traité de paix est signé avec Olaf Tryggvason.

    Celui-ci reçoit un tribut (ou danegeld), mais il se convertit au christianisme et jure de ne plus jamais être l'ennemi des Anglo-Saxons.

    Il est possible qu'Alphège ait joué un rôle dans les négociations de paix, et il est certain qu'il a confirmé Olaf dans sa foi nouvelle.

    En 1006, Alphège succède à Ælfric comme archevêque de Cantorbéry, et amène avec lui une relique : la tête de Swithun.

    Il se rend à Rome en 1007 pour recevoir le pallium, symbole de son statut, des mains du pape Jean XVIII, mais il est victime d'un vol durant son voyage.

    Durant son archiépiscopat, il promeut le culte de Dunstan en commandant une deuxième Vie de Dunstan, rédigée par Adélard entre 1006 et 1011.

    Il introduit également de nouvelles pratiques liturgiques, et joue un rôle essentiel dans la reconnaissance de Wulfsige de Sherborne comme saint par le Witenagemot, vers 1012.

    Alphège envoie Ælfric d'Eynsham diriger l'école monastique de l'abbaye de Cerne.

    En mai 1008, il est présent au concile durant lequel l'archevêque d'York Wulfstan prononce sonSermo Lupi ad Anglos (« le Sermon du Loup aux Anglais »), fustigeant les Anglais pour leurs carences morales et les rendant responsables des calamités qui affligent le pays.

    En 1011, les Danois s'attaquent de nouveau à l'Angleterre, et du 8 au 29 septembre, ils assiègent Cantorbéry.

    La trahison d'un certain Ælfmaer, dont Alphège avait sauvé la vie auparavant, permet aux assaillants de piller la ville.

    Alphège est capturé et retenu prisonnier pendant sept mois.

    La cathédrale de Cantorbéry est pillée et incendiée par les Danois après la capture d'Alphège.

    Mort

    Alphège refuse qu'une rançon soit versée pour sa libération. En conséquence, il est tué le 19 avril 1012 à Greenwich, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Alfège selon la coutume.

    Elphège de Canterburry

     

    La mort d'Alphège est relatée dans le manuscrit E de la Chronique anglo-saxonne : l'armée danoise, rendue furieuse par son refus d'être rançonné, se saisit de lui et le lynche.

    Alphège est le premier archevêque de Cantorbéry à connaître une mort violente.

    Un récit contemporain affirme que Thorkell le Grand aurait essayé de sauver Alphège de la foule en colère en leur offrant tout ce qu'il possède, hormis son navire, en échange de la vie de l'archevêque ; toutefois, la Chronique anglo-saxonne ne mentionne pas la présence de Thorkell.

    Selon certaines sources, le coup fatal aurait été porté par un converti du nom de « Thrum » pour abréger les souffrances de la victime.

    Alphège est inhumé dans la cathédrale Saint-Paul.

    En 1023, le roi Knud le Grand envoie son corps à Cantorbéry en grande pompe.

    Thorkell est révolté par la brutalité de ses compatriotes, et il passe dans le camp du roi Æthelred après la mort d'Alphège.

    Vénération

    Alphège est canonisé en 1078 par le pape Grégoire VII, avec une fête fixée au 19 avril. 

    Lanfranc, le premier archevêque élu après la conquête normande de l'Angleterre, met en doute certains saints vénérés à Cantorbéry ; il ne remet pas en question la canonisation d'Alphège, mais celui-ci est le seul archevêque anglo-saxon, avec Augustin de Cantorbéry, à conserver sa place dans le calendrier des saints de Cantorbéry.

    Le tombeau d'Alphège, quelque peu négligé, est reconstruit et agrandi par Anselme de Cantorbéry au début du XIIe siècle ; le même Anselme obtient que le nom d'Alphège ne disparaisse pas du calendrier de l'Église.

    Après l'incendie qui ravage la cathédrale de Cantorbéry en 1174, les restes d'Alphège sont placés, avec ceux de Dunstan, autour de l'autel principal, au pied duquel Thomas Becketaurait remis sa vie entre les mains d'Alphège peu avant son assassinat.

    Ce nouveau tombeau est scellé avec du plomb ; les restes d'Alphège sont au nord de l'autel, tandis que ceux de Dunstan sont au sud.

    À la demande de Lanfranc, un moine de Cantorbéry, Osbern, rédige une Vie de saint Ælfheah dont subsiste une version en prose. Cette œuvrehagiographique, dont plusieurs passages sont des parallèles évidents de la Bible, est douteuse en tant que source historique.

    À la fin du Moyen Âge, la fête d'Alphège est célébrée en Scandinavie, peut-être en raison du lien entre ce saint et Knut.

    À Bath, une église inaugurée en 1929 est dédiée à saint Alphège.

    Saint patron : Greenwich, Solihull, les victimes d'enlèvements.

    Attributs : une hache.

    Source

     

    Elphège de Canterburry

     

     

    Saint Elphège sortait d'une famille distinguée d'Angleterre.

    Il reçut une excellente éducation et ne tarda pas, malgré la voix de la chair et du sang, à quitter le monde pour la solitude, puis ensuite pour le cloître, à la demande de bons religieux qui voulurent se mettre sous sa direction.

    Le saint abbé exigea que la règle fût observée à la lettre, et Dieu vint à son aide par un miracle, pour soumettre à la ferme conduite plusieurs moines d'abord récalcitrants.

     

    Son mérite le fit placer bientôt, malgré les réclamations de son humilité, sur le siège épiscopal de Winchester, et plus tard sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry, où il succéda à saint Dunstan.

     

    Sa vie resta celle d'un moine. Il se levait régulièrement à minuit et priait longtemps pieds nus.

    Ses grandes austérités n'enlevaient rien à la douceur de son caractère; ses aumônes étaient abondantes, sa charité sans bornes.

     

    Elphège, pendant une irruption des Danois en Angleterre, se dévoua pour le salut de son peuple.

    Il alla trouver les barbares, et, après avoir traité avec eux du rachat des captifs, il leur annonça l'Évangile.

    Un bon nombre se convertirent à sa parole ; mais les autres, plus furieux, s'avancèrent jusqu'à Cantorbéry pour l'assiéger.

     

    Le saint Pontife voulut être à son poste. Durant le siège, il ne cessa d'exhorter ses brebis à s'armer de courage contre tous les événements et à défendre leur foi jusqu'à la mort.

    Dieu permit que la ville cédât à la force ; les assiégés furent passés en masse au fil de l'épée.

    Elphège courut sur le théâtre du massacre, espérant apaiser les vainqueurs : 
    "Épargnez ces innocents, s'écria-t-il. Quelle gloire y a-t-il à répandre leur sang ? Tournez contre moi toute votre indignation ; je me la suis méritée en rachetant vos prisonniers."

     

    Les Danois farouches, irrités de cette sainte liberté, se saisissent de lui, l'accablent de mauvais traitements, incendient devant lui sa cathédrale, égorgent ses moines et le jettent en prison. Frappé à coups de hache et lapidé, pendant son supplice, il priait pour ses bourreaux.

     

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

    Source

     

     

    ← Retour (Les saints par ordre alphabétique) 

     

    ← Retour (Le calendrier des saints)