• Catéchisme : L'Eucharistie

     
     

    L'Eucharistie

     

     

     

    C'est la veille même de sa mort, le soir du jeudi, que Notre Seigneur institua l'Eucharistie dans cette grande salle qu'on appelait le Cénacle.

    Il avait chargé ses Apôtres d'aller y préparer un dernier repas, probablement le banquet de la Pâque juive. Et à la fin de cette cène ou repas du soir, il leur dit tristement et courageusement : Je ne boirai plus du jus de la vigne jusqu'à ce que j'en boive un tout nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.

    Et c'est alors qu'il prit d'abord le pain, puis du vin, en disant sur le premier : Ceci est mon corps. Sur le second : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle religion, qui va être répandu pour vous et pour la multitude des hommes en rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi.

    Le plus grand de tous les sacrements est l'Eucharistie.

    L'Eucharistie est un sacrement qui contient véritablement, réellement et substantiellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de Jésus Christ, sous les apparences du pain et du vin.

    Jésus Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie, le jeudi saint, la veille de sa mort.

    Pour instituer le sacrement de l'Eucharistie, Jésus Christ prit du pain, le bénit, et le donna à ses Apôtres, en disant : "Prenez et mangez, car ceci est mon corps". Il prit le vin, le bénit de même et dit : "Prenez et buvez, car ceci est mon sang. Faites ceci en mémoire de moi".

    En prononçant ces paroles : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang", Jésus Christ changea le pain en son corps et le vin en son sang.

    Les paroles "Faites ceci en mémoire de moi" signifiaient que Jésus Christ donnait à ses Apôtres et à tous les prêtres le pouvoir de changer comme lui le pain en son corps et le vin en son sang.

    Jésus-Christ a institué l'Eucharistie :

    - Pour continuer à offrir le sacrifice de son corps et de son sang ;

    - Pour être la nourriture de nos âmes dans la sainte communion ;

    - Pour demeurer avec nous au tabernacle jusqu'à la fin du monde.

    Pensée à retenir :

    "Le calice de bénédiction que nous bénissons, n'est-il pas une communion au sang du Christ ? Et le pain que nous partageons n'est-il pas une communion au corps du Christ ?" (I Cor, X, 16)

    L'institution de la sainte Eucharistie : Matth, XXVI, 26-29 ; Marc, XIV, 22-25 ; Luc XXII, 14-20 ; I Cor, XI, 23-26

     

    L'Eucharistie sacrifice : le saint sacrifice de la messe.

    Il y a eu, et il y a encore des sacrifices sur toute la surface de la terre.

    Pour les célébrer, les hommes s'assemblent autour de leurs prêtres et d'un autel, où ils offrent une hostie ou une victime immolée et consacrée, qui désormais les représentera devant Dieu. A cette victime, ils communient à la fin de la cérémonie pour s'unir à Dieu à travers cet intermédiaire.

    Ainsi faisaient les juifs avec les animaux de leurs troupeaux. Mais notre intermédaire auprès de Dieu, notre victime, à nous, chrétiens, c'est le Christ lui-même qui s'est offert à son Père sur l'autel de la croix où nos péchés l'avaient conduit.

    A la messe, nous retrouvons cette victime unique sur l'autel que nous avons dressé, où le prêtre change notre pain et notre vin au corps et au sang de Jésus Christ immolé. Nous y retrouvons aussi toutes les grâces de la Rédemption ; et communiant à cette victime pure, nous sommes plus que jamais réconciliés avec Dieu et unis à Lui dans la plus sainte des religions.

    Un sacrifice est l'offrande ou l'immolation faite à Dieu d'une victime, pour reconnaître qu'il est le souverain Maître du ciel et de la terre.

    Le sacrifice de la croix est le sacrifice de Jésus Christ s'offrant à Dieu son Père et mourant sur la croix sur la croix pour nous sauver.

    Le sacrifice de la messe est le sacrifice du corps et du sang de Jésus Christ offert à Dieu sur l'autel, par le ministère des prêtres, pour représenter, renouveler et appliquer le sacrifice de la croix.

    Le prêtre change le pain et le vin au corps et au sang de Notre Seigneur Jésus Christ au moment de la consécration, lorsqu'il prononce les paroles mêmes de Jésus Christ : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang".

    Avant la consécration, il n'y a sur l'autel que du pain et du vin.

    Après la consécration, il y a sur l'autel Jésus Christ lui-même tout entier sous les apparences du pain et tout entier sous les apparences du vin.

    Jésus Christ est aussi réellement vivant dans l'Eucharistie que dans le ciel.

    Quand le prêtre partage la sainte Hostie, il ne partage pas le corps de Jésus Christ : Jésus Christ est tout entier dans chaque parcelle d'hostie.

    On offre à Dieu le sacrifice de la messe : pour l'adorer, le remercier de ses bienfaits, lui demander pardon, obtenir ses grâces. C'est ce qu'on appelle les quatre fins du sacrifice.

    On offre le sacrifice de la messe en l'honneur de la Sainte Vierge et des saints pour remercier Dieu des grâces qu'il leur a accordées et pour obtenir leur intercession.

    Le prêtre offre le sacrifice de la messe pour tous les fidèles, vivants ou morts, et en particulier pour ceux à l'intention desquels la messe est dite.

    Pensée à retenir :

    "Le Christ, notre agneau pascal, a été immolé... Toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez ce calice, vous célébrez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il revienne". (I Cor, V, 7 et XI, 26)

    La mort de Notre Seigneur sur la croix : Luc, XXIII, 33-46

    Le Christ prêtre : Jean, XVII, I, 19 ; Hébr, X, 10-18

    Le sacrifice de la messe : I Cor, X, 16-20

    Les premières messes : Luc, XXIV, 30-35 ; Act, II, 42

     

    La sainte communion

    La meilleure manière de prendre part au saint sacrifice de la messe est de communier à la victime, c'est-à-dire au corps et au sang de Notre Seigneur dans l'Eucharistie. Jésus l'avait dit un jour après le miracle de la multiplication des pains : "Vos pères, disait-il aux Juifs, ont mangé la manne au désert, et ils sont morts quand même. Mais celui qui mangera du pain que je lui donnerai, vivra éternellement. Je suis le pain de vie. Si vous ne mangez pas ma chair, et ne buvez pas mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous".

    L'institution de l'Eucharistie devait expliquer ces paroles fortes et étranges, qui avaient laissé les Juifs hésitants ou incrédules, mais auxquelles un chrétien répond en disant : Je crois tout ce qu'a dit le Fils de Dieu, Seigneur, à qui irons-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle.

    Communier, c'est recevoir Jésus Christ dans le sacrement de l'Eucharistie.

    Pour communier, il suffit de recevoir Jésus Christ sous l'apparence du pain c'est-à-dire dans la sainte Hostie.

    Nous sommes obligés de communier sous peine de péché mortel, au moins une fois l'an, au temps de Pâques. Il y a aussi obligation grave de le faire, quand on est dangereusement malade.

    Il est nécessaire de communier plus souvent pour vivre chrétiennement, car Jésus-Christ a dit : "Si vous ne mangez ma chair, vous n'aurez pas la vie en vous".

    Il est bon de communier fréquemment et même chaque jour selon le désir de l'Église, pourvu qu'on le fasse avec les dispositions suffisantes.

    Les enfants doivent communier à Pâques dès qu'ils ont l'âge de raison et qu'ils sont suffisamment préparés.

    Les enfants peuvent communier aussi fréquemment que les grandes personnes, même tous les jours, s'ils le font pour plaire à Dieu et devenir meilleurs : Jésus et l'Église le désirent.

    La grâce spéciale de la communion produit en nous quatre effets :

    - Elle nous unit plus intimement à Jésus Christ et à son corps mystique.

    - Elle augmente en nous la vie de la grâce.

    - Elle affaiblit nos mauvais penchants.

    - Elle est pour nous le gage de la vie éternelle et de la résurrection glorieuse.

    La communion produit ces heureux effets dans tous ceux qui la reçoivent avec les dispositions nécessaires.

    Pensée à retenir :

    "Si quelqu'un mange de ce pain, dit Jésus, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde". (Jean, VI, 52)

    Les figures de la communion : la manne : Jean, VI, 31-33 ; la multiplication des pains : Jean, VI, 1-14 ; Matth, XV, 32-38

    Les effets de la communion : Jean, VI, 48-58

    La grâce de l'unité et de la charité : Jean, XIII, 1-15 ; I Cor, X, 17

     

    Les dispositions pour bien communier

    Notre Seigneur, avant de célébrer l'Eucharistie et de présenter la communion à ses Apôtres, avait préparé ceux-ci à recevoir le don de Dieu.

    Il leur avait parlé de l'amour qu'ils devaient avoir au cœur les uns pour les autres ; et afin de leur donner un exemple de cette charité, il leur avait très humblement lavé les pieds, comme on le faisait dans ces pays-là avant de manger. Il essaya ensuite d'écarter Judas.

    Après la communion, il leur parla de l'amour que Dieu leur portait et qu'ils devaient avoir pour Lui en retour ; et donnant une dernière fois l'exemple, il adressa lui-même à Dieu son Père sa prière de Fils. Saint Jean nous a conservé cette page, l'une des plus belles de l'Évangile.

    C'est ainsi que les Apôtres furent préparés à leur première communion et qu'ils firent leur action de grâces.

    Il y a deux sortes de dispositions nécessaires pour communier dignement : les dispositions de l'âme et les dispositions du corps.

    Les dispositions de l'âme sont d'être en état de grâce et d'avoir l'intention droite, c'est-à-dire le désir de plaire à Dieu et de devenir meilleur.

    Ce serait un grand péché de communier sans être en état de grâce, ce serait commettre un sacrilège en profanant le corps de Jésus Christ.

    Celui qui se sent coupable d'un péché mortel doit, avant de communier, se confesser et recevoir l'absolution.

    Les dispositions du corps sont :

    - D'être à jeun, c'est-à-dire de n'avoir rien bu ni mangé depuis minuit.

    - D'être vêtu proprement et modestement.

    - De se tenir respectueusement.

    Il est permis de communier sans être à jeun :

    - Quand on est gravement malade ou, à plus forte raison, en danger de mort et qu'on communie en viatique.

    - Une ou deux fois par semaine, quand on est malade depuis plus d'un mois et sans espoir d'un rétablissement prochain.

    On doit se préparer à la communion en excitant dans son cœur une foi vive en la présence de Notre Seigneur, un grand amour pour lui et un grand désir de s'unir à lui.

    Après avoir communié, il faut faire son action de grâces, c'est-à-dire s'entretenir quelque temps avec Notre Seigneur, l'adorer, le remercier, lui demander ses grâces et lui promettre de vivre plus chrétiennement.

    Pensée à retenir :

    "Le royaume des cieux est semblable à un roi qui faisait les noces de son fils... Voilà que j'ai préparé mon festin..., tout est prêt, venez aux noces". (Matth, XXII, 2, 4)

    Comment Notre Seigneur prépare ses Apôtres à la communion : Jean, XIII

    Comment il inspire l'action de grâces de ses Apôtres : Jean, XIV

    Les sentiments de saint Jean-Baptiste à la venue de Jésus : Jean, I, 29

    Les sentiments du centurion : Matth, VIII, 8

     

    La présence réelle

    D'une messe à l'autre, les premiers chrétiens conservèrent le corps du Seigneur présent dans l'Eucharistie, afin de pouvoir le porter aux malades, aux prisonniers, aux fidèles éloignés.

    Mais comment l'Église, en possession d'un si grand trésor, aurait-elle pu le négliger ? Elle voulut au contraire en profiter le plus possible, et en l'entourant d'honneur et de respect, utiliser la présence du Seigneur pour en remplir ses églises. C'est là que nous allons adorer le Seigneur, silencieusement quand nous voulons, et à d'autres moments, avec plus de solennité et tous ensemble, dans les saluts, les expositions et les processions du très Saint Sacrement.

    De là est venue la richesse de nos églises, la splendeur de notre culte, et l'intimité de notre religion, et nous savons le Christ partout et toujours présent.

    Jésus-Christ reste présent dans l'Eucharistie tant que durent les apparences du pain et du vin.

    Jésus Christ, avec son corps, son sang, son âme, et sa divinité, est en même temps au ciel et dans l'Eucharistie.

    Nos devoirs à l'égard de Jésus Christ présent dans l'Eucharistie, sont de :

    - L'adorer.

    - Respecter les lieux où il réside.

    - Lui rendre visite dans son tabernacle.

    Le témoignage de saint Paul : I Cor, XI, 27-29

    Le témoignage de saint Jean : Jean, VI, 54-58

    Le témoignage de saint Pierre : Jean, VI, 67-72

     

    Source : Livre "Catéchisme des diocèses de France à l'usage du diocèse de Lille"

     

     

     

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