• Bourg d'Oueil, menhir

     
     
    Bourg d'Oueil
     menhir


    - Bourg d'Oueil, menhir


    Les femmes en mal d'enfant venaient embrasser la pierre.


    Le menhir de Peyra-hita (E peyra dé peyra-Hita)

     

    Dans le territoire de Bourg d'Oueil, au milieu d' une pelouse qui s' étend sur la montagne, se dresse une pierre solidement fichée dans le sol, appelée peyra dépeyra-Hita. Sa hauteur est de 1m52, sa largeur moyenne de 45 centimètres. C'est ce que l'on appelle un menhir. Elle est entouré d'un cercle de petites pierres en cromlech ayant 4 mètres de diamètre, dans lequel est circonscrit un second cercle n'ayant que 2 mètres de diamètre.

     
     

    A 13 mètres au nord, dans la direction du Montné, gil un autre bloc de rocher ayant 1 mètre de longueur et 50 centimètres de hauteur. Celui-ci est conché. An 4 mètres à l'ouest du menhir sont dispersées quelques autres pierres sur un autre tertre très-effacé.

     

    Vue de loin, la peyra-hita semble affecter la forme humaine. S'il faut en croire la légende, ces pierres seraient un berger, son chien et ses moutons pétrifiés, il y a bien des siècles, en punition du mauvais accueil que la pâtre aurait fait à jésus-Christ, lors de son passage en ces lieux.

     
     

    A une petite distance du menhir, est la grotte dite de hité, jadis habitée par des fées (hadés, hédetés), qui venaient parfois, la nuit, danser autour de la pierre-fite en chantant de paroles mystérieuses.

     
     

    Cette pierre debout est du même âge que le cromleh qui l'entoure. Elle signale sans doute des sépultures. Mais les menhirs n'étaient pas seulement des insignes destinés à éveiller l'attention; il étaient, comme les cromlechs et les alignements sinueux, des symboles de la divinité; ils représentaient la puissance créatrice et fécondante. Les superstitions dont ils sont encore l'objet ne peuvent pas laisser aucun doute à cet égard. Dans tous les pays où la tradition s'est conservée, les femmes stériles vont les embrasser pour avoir des enfants. S'ils n'avaient été que des insignes de libertinage, on ne les eût pas mis sur les sépultures comme on l'a fait si souvent. Peut-être, dressés sur la cendre des morts, étaient-ils l'indice de la croyance à une autre vie.

     
     

    Encore aujourd'hui, au temps des fraises (aragués), lorsque les habitants de Bourg d'Oueil vont de ce côté, plus d'une femme va baiser (puna) le menhir en cachette; quand des bandes joyeuses traversent la pelouse où se dresse la peyra-hita, les hommes obligent les femmes à embrasser la pierre, malgré elles; et celles qui ne veulent pas l'embrasser, nous disait le maire de Bourg, s'enfuient en se moquant (Es dé qui nou la ron puna, que hugén, é qué s'én truféa). Diverses personnes de la localité et des villages voisins nous ont confirmé ces détails.

     
     

    M.C...nous a dit avoir plus d'une fois surpris des jeunes femmes et des jeunes filles embrassant, touchant d'une certaine manière la peyra-hita.

     
     

    Une jeune fille, Melle F.S., à qui nous demandions pourquoi on embrassait ainsi cette pierre, nous répondit en rougissant : " A moi, on n'a pas voulu en expliquer encore le motif, mais j'ai remarqué que lorsque les hommes et les femmes passent à côté de la pierre, ils rient et font des mystères..."