• Boëge : Prieuré Notre-Dame des Voirons

     
     

     

    Boëge 

    Prieuré Notre-Dame des Voirons

     

     

    Boëge : Prieuré Notre-Dame des Voirons

    A dix minutes de marche du monastère, par un sentier forestier, on trouve la vieille chapelle de Notre-Dame des Voirons, dont l’intérieur a été récemment restauré.

    Il y a un monastère pour les Sœurs de Bethléem , un monastère pour hommes, et une chapelle ancienne distante de quelques centaines de mètres, fondée en 1451 à l'initiative du seigneur Louis de Langin. Ce dernier installera des ermites en ce lieu en 1456, et s'y retirera lui-même à la fin de sa vie.

     

    Boëge : Prieuré Notre-Dame des Voirons

     

    Il court une légende surnaturelle au sujet de ce sire de Langin, un peu comme dans les histoires sur la lignée des Dagoberts, dans les Ardennes.

    Sur les Voirons, il y avait un énorme sanglier et au pied des Voirons il y avait un grand chasseur, un certain Louis, sire de Langin. Le bonhomme ne s'occupait bientôt plus que de chasse. Il abandonnait sa femme, ses enfants, il oubliait même tous ces devoirs. C'était comme s'il était lié à vie au sanglier1 qu'il pourchassait dans toute la montagne. Il faut dire que ce sanglier-là était monstrueux. Et voilà qu'un jour, notre sire de Langin rencontre "son" sanglier. La bête fonce, plante ses défenses (les sangliers ont de grosses canines pointues qui sortent des deux côtés du groin) dans le ventre du cheval et le laboure jusqu'aux tripes. Louis de Langin n'a que le temps de sauter de sa monture avant qu'elle ne s'effondre. Le monstrueux sanglier disparaît et notre beau sire, penaud, redescend à pied, de nuit, vers son château.

    A quelques jours de là, voilà notre Louis qui repart, à pied cette fois, mais armé de pied en cap : deux coutelas, un épieu, un arc solide, de grosses flèches capables de traverser une planche de chêne. Le sire de Langin gravit la montagne tout droit. Il va exactement là où il a été désarçonné la première fois et il attend. La journée se passe sans incident. Dans les arbres, les oiseaux chantent. Notre sire étanche sa soif à une source. Il rompt son pain, mange son fromage et attend. Mais voilà que le soir descend. Il ne faut tout de même pas rester seul au milieu des bois avec la possibilité qu'un gibier si redoutable vous assaille. Le ciel devient mauve puis violacé. Louis de Langin se lève et c'est l'instant où, un peu plus haut, dans un bruit de broussailles cassées et de grognements, le cochon sauvage surgit, terrible. Louis n'y voit plus beaucoup, surtout qu'en plus de la nuit qui vient, la forêt est bien profonde.

    Les oiseaux se sont tus. Il n'y a plus que le sanglier et son chasseur. Les yeux de l'animal, pourtant petits, flamboient comme s'ils étaient devenus des braises. Et le voilà qui fonce. Louis brandit son épieu. Diaboliquement, la bête esquive l'arme et jette le chasseur à terre. Le bois ferré glisse sur la pente. On ne le voit plus. Louis de Langin se défait de son arc qui l'encombre et il sort ses deux coutelas, répliquant ainsi du geste aux quatre défenses de l'animal qui l'assaille. Rien n'y fait : la bête le jette à terre, s'écarte puis fonce à nouveau sur lui pour en finir. Et voilà que notre chevalier lance une prière à la Vierge. La bête s'arrête, mais reste menaçante. Alors Louis assortit sa prière d'une promesse : «Si je m'en tire, ô Marie, je te ferai construire une chapelle sur le repaire même de cet horrible sanglier.»

    Cette prière aussitôt pensée, la bête détale et notre sire parvient à s'enfuir, la croyant pourtant toujours à ses trousses. Mais une semaine plus tard, il revient là où les broussailles s'étaient mises à bouger, là d'où il avait entendu les grognements. Il n'est plus seul : des maçons et des charpentiers l'accompagnent. On commence à construire la chapelle. Elle existe toujours et, depuis, même si on trouve toujours des sangliers aux Voirons, il ont peur des hommes. Le gros, l'énorme, le redoutable sanglier a, quant à lui, définitivement disparu.
     

    Des mégalithes, des légendes et des dieux
    Jean-François Kister, Ed. Cabédita, Coll. Archives vivantes. 1998

    Source : http://ora-et-labora.frenchboard.com/t60-chapelle-notre-dame-des-voirons

     

     

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