• Birlingen, Notre-Dame de Birlingen

     
     

     

    Birlingen

    Notre-Dame de Birlingen

     

     

    Source photo : https://fr.wikipedia.org/wiki/Birlingen

     

    Une chapelle consacrée à la très-sainte Vierge existait de temps immémorial en cet endroit et était un lieu de pèlerinage assez fréquenté.

    Dans une des guerres du moyen âge, dit la légende, les habitante du village voisin de Wittelsheim, craignant que la chapelle de Birlingen ne fût profanée, emportèrent processionnellement l'image miraculeuse et la mirent dans leur église ; mais, dès le jour suivant, elle se retrouvait en son ancienne place, sans que l'on pût savoir comment elle y avait été transportée.

    Ce prodige se renouvela trois fois.

    La chapelle fut épargnée ; la population de Wittelsheim s'engagea alors à se rendre tous les ans au pèlerinage de Birlingen, croix et bannières en tête, le 14 septembre, fête de l'Exaltation de la Croix.

    En ce même jour, les fidèles du vieux Thann y venaient également en procession, et il y avait messe et sermon.

    Le vœu fut fidèlement observé jusqu'à la révolution française.

    En 1791, le prieuré et la chapelle de Birlingen ayant été vendus comme biens nationaux, avec les terres qui en dépendaient, les habitants de Wittelsheim allèrent encore chercher l'image vénérée et la déposèrent dans leur église.

    Elle y resta jusqu'en 1793 ; à cette époque, on convertit en fenil le temple du Seigneur. On le dépouilla de ses autels, de ses tableaux et de ses ornements, ils furent réunis sur la place de la commune pour y être brûlés.

    Deux courageux enfants réussirent à enlever la statue de Marie pendant la nuit qui précéda l'exécution du sacrilège ; ils la célèrent dans la maison d'un brave catholique du village ; elle y resta jusqu'en 1799.

    Alors l'église fut rendue au culte ; l'image de Notre-Dame s'y trouve maintenant sur l'autel latéral de droite, et elle est toujours en haute vénération.

    La chapelle de Birlingen a été démolie en 1803.

    Ancienne prière composée en l'honneur de Notre-Dame de Birlingen

    Prosterné en esprit devant votre image miraculeuse de Birlingen, o glorieuse Vierge et très-digne Mère de Dieu, pour vous y honorer, en adorant par vous la très-sainte Trinité, en louant vos bontés et en vous remerciant pour toutes les grâces singulières que vous y accordez à ceux qui ont confiance et recours à votre miséricorde, ayez, s'il vous plaît, pour agréable que j'implore pour moi et pour tous ceux qui viendront vous y rendre leurs hommages votre puissant secours dans tous nos maux ; particulièrement pour qu'il vous plaise de nous obtenir, comme vous le pouvez, de Jésus votre cher Fils, le pardon de tous nos péchés, la grâce que nos âmes soient préservées de la damnation éternelle, et nos biens, du feu, de la grêle et du tonnerre.

    Pourriez-vous bien nous rebuter et n'avoir pas égard à notre confiance, après nous avoir fait connaître par tant de signes miraculeux que vous voulez être honorée et invoquée dans ce saint lieu ! Vous dont l'humilité n'a jamais méprisé personne, et dont le crédit n'a jamais craint de refus !

    Souvenez-vous, o glorieuse et miraculeuse Vierge, que tout ce que vous avez de grâce et de gloire, et le privilège même de votre maternité, sont autant de faveurs dont vous êtes redevable aux pécheurs, puisque sans le péché il n'y aurait point eu de Rédempteur, et que, sans le Rédempteur, il n'y aurait pas eu de mère du Rédempteur. Que cette considération vous porte, ô glorieuse Vierge, à nous ouvrir votre cœur, et à nous recevoir entre vos bras, à nous réconcilier avec Jésus votre cher Fils, et à nous procurer les secours nécessaires pour lui être agréables. Quelque pure et innocente que vous soyez, ne dédaignez pas nos misères et nos faiblesses, mais priez pour nous afin que nous en soyons délivrés, et que, par votre puissante assistance, nous puissions participer un jour à la joie et aux délices dont les bienheureux jouiront éternellement. Ainsi soit-il.

    Source : Livre "Culte et pèlerinages de la Très Sainte Vierge en Alsace" de Marie Théodore de Bussierre