Jean Costis est né en 1556 en Valachie, une province de la Roumanie actuelle, et y a grandi jusqu'à l'âge de 18 ans.

Sa famille fait partie de la petite mais fervente minorité catholique, restée fidèle à Rome, malgré les efforts des orthodoxes, puis des luthériens et calvinistes.

C'est auprès de ses parents, Stoïka et Marguerite, que le jeune Jean va s'approprier les belles vérités de la Foi catholique et apprendre la très haute exigence de la vie chrétienne.

Vers ses dix-huit ans, il partage à sa mère son désir de se donner à Dieu et de se faire moine.

Cette dernière lui déconseille alors vivement d'entrer dans les monastères de la région, victimes selon elle d'un grand relâchement.

Elle lui indique en revanche une région où des moines vivent encore avec un très grand esprit religieux et dans une radicalité toute évangélique. « C'est vers le Midi, au-delà des monts, en Italie, où réside le Pape ». lui dit-elle.

Sur les routes de l'Europe !

Après avoir rencontré au marché un vieillard inconnu qui lui prédit qu'il sera serviteur d'un très grand Seigneur en Italie, il se décide à quitter les siens, pour se lancer sur les routes.

Après un voyage de plus de deux ans, durant lequel il connut la faim, l'isolement, failli tomber entre les mains des brigands et des Turcs, il arrive en Italie, à Bari d'abord, puis à Naples pour le Carême de 1578.

Très rapidement, il rencontra les capucins, et se dit que ce devaient être eux les saints religieux dont parlait sa maman.

Fin avril 1578, il était accueilli dans l'Ordre, par le frère Pacifique de Salerne, qui deviendra son meilleur ami et un des témoins les plus autorisés du procès de béatification.

Un peu plus d'un an plus tard, il prononçait ses voeux perpétuels dans la famille de saint François.

« Le frère du peuple »

Durant toute sa vie religieuse, le frère Jérémie (nom qu'il reçut à son entrée) s'appliqua à devenir le frère et le serviteur de tous.

Acceptant tous les emplois, même les plus humbles, il se montra d'une fidélité exemplaire dans l'obéissance à ses supérieurs et la pratique de la charité chrétienne.

Ses frères étaient les premiers bénéficiaires de ses services, mais non les seuls.

Toute la population de Naples, conquise par sa simplicité et son humilité, accourait au devant du frère.

Les témoins nous le présentent passant des taudis les plus miséreux aux palais les plus somptueux, avec la même aisance et le même amour.

Tous, riches et pauvres, le considéraient comme leur frère. Sa popularité auprès du peuple et des notables remonta jusqu'au Vice-Roi de Naples, Pierre Giron, réputé pour son impiété et ses conduites immorales.

Le bon frère ne refusa jamais les invitations de ce dernier, oeuvrant jusqu'au bout pour sa conversion.

Le domaine où la charité de frère Jérémie se manifesta avec le plus d'éclat fut l'infirmerie du couvent de St Ephrem-le-Neuf.

Pendant 40 ans, il se dévoua autant que le pouvait sa faiblesse, au service des malades très nombreux qui peuplaient l'infirmerie.

Dans cet univers difficile, il ne connut pas d'autres privilèges que celui de se réserver les malades les plus repoussants.

De nuit comme de jour, il les soignait avec la tendresse et la patience d'une mère.

La prière, toujours la prière !

L'étonnante charité du frère Jérémie jaillissait de la prière comme d'une source intarissable. Volontiers, il encourageait ses confrères : « Quand tu auras du temps, retire-toi et fais oraison ».

C'est en elle qu'il recevait les forces nécessaires pour s'oublier lui-même en tout et se donner sans réserve à tous.

Comme saint Paul, il sut toujours se faire « tout à tous ».

Désirant grandir toujours plus dans la sainteté, il proposa même à quelques frères de revenir aux colloques des anciens moines.

Les frères les plus fervents acceptèrent le projet et prièrent frère Jérémie d'accepter d'être leur maître à tous !

L'humble frère fut aussi gratifié de nombreux charismes, qu'il recevait du Ciel pour le bien des âmes qui venaient à lui.

Il recevait notamment la visite d'âmes du purgatoire, qui descendaient d'en-haut pour lui mendier quelques prières et quelques sacrifices pour entrer plus rapidement dans la lumière des Cieux.

La Vierge Marie elle-même vint encourager le pauvre frère.

Naples en deuil...

Frère Jérémie est mort à 69 ans, le 5 mars 1625, vers 16 heures, épuisé par un dernier voyage que sa charité lui avait recommandé.

En mourant, il disait aux frères qui l'entouraient : « Je veux aller dans ma Patrie, je vais aller retrouver mes estropiés et mes boiteux ».

La nouvelle de sa mort se répandit avec une rapidité incroyable dans toute la ville : tous accouraient au couvent : grands et petits, riches et pauvres, tous voulaient saluer une dernière fois « le frère de tous ».

Le couvent fut complètement pris d'assaut : le corps dut être changé de lieu un certain nombre de fois.

Même la clôture ne suffit pas à retenir l'ardeur dévote de la foule : elle fit sauter les grilles et gagna le réfectoire des frères où l'on avait réfugié le corps.

En un jour et demi, on dut changer 6 fois l'habit du saint, qui était découpé par les gens désireux de garder un souvenir du défunt.

Son procès de béatification, ouvert juste après sa mort s'est arrêté pendant plusieurs siècles et ne fut rouvert qu'au XX° siècle, lorsque des intellectuels roumains découvrirent par hasard l'existence de leur glorieux compatriote !

C'est Jean-Paul II qui béatifia finalement l'héroïque infirmier du couvent de Naples.

Source : 

http://www.blog-catholique.com/post/Bienheureux-J%C3%A9r%C3%A9mie-de-Valachie

 

Image illustrative de l’article Jérémie de Valachie

 

 

Jérémie de Valachie (Tzazo, 29 juin 1556 - Naples, 5 mars 1625) est un religieux capucin italien d'origine roumaine reconnu bienheureux par l'Église catholique.

Biographie

Né en Roumanie le 29 juin 1556, il rêve de se rendre en Italie, car pour lui, c'est là que se trouve les meilleurs chrétiens.

Ses parents le laissent partir quand il a 19 ans. Après un long séjour à Alba Iulia (Roumanie), il arrive à Bari alors qu'il a déjà 22 ans et se met au service d'un médecin mais constate qu'il ne trouve pas ce qu'il cherche et se résout à rentrer dans son pays, pourtant, alors qu'il se dirige vers le navire pour retourner chez lui, il rencontre un vieil homme qui le presse de rester en Italie et de se rendre à Naples.

Il arrive dans la cité parthénopéenne, alors sous couronne d'Aragon, lors du carême 1578.

Il fait la rencontre des frères mineurs capucins et décide de postuler pour rejoindre l'ordre mais sa demande est rejetée à deux reprises par le ministre provincial, c'est seulement à sa troisième demande qu'il est accepté.

Le 8 mai 1579, il est admis au noviciat des frères capucins de Naples où il reçoit le nom de Jérémie.

Après avoir émit ses vœux religieux un an plus tard, il est nommé dans un certain nombre de couvents de la province entre 1579 et 1584.

En 1585, Jérémie est affecté à l'infirmerie du monastère de Sant'Eframo Nuovo (it) de Naples où il passe le reste de sa vie.

Là, il s'occupe des frères malades de la communauté, ainsi que des pauvres et des malades de la ville.

Il semble né pour cette tâche et un nombre croissant de personnes font appel à son extraordinaire compassion.

Quand il n'est pas auprès des pauvres, il est dans les cellules et les chambres des malades, il soigne les lépreux, pour qui il confectionne une préparation à base de plantes pour couvrir la puanteur de leur chair en décomposition. Il s’occupe aussi des aliénés.

Il collecte de la nourriture et des vêtements, et personne ne sait ce qu'il mange, car sa ration de pain et de légumes nourrit toujours quelqu'un d'autre.

Il accompagne tout cela de longues prières, particulièrement le Pater Noster et le Salve Regina. Des guérisons miraculeuses commencent à être associées à ses soins et à ses prières.

Le 14 août 1608, il confie à un frère avoir eu une vision de la sainte Vierge, c'est pourquoi l'iconographie le représente souvent accompagné d'une image de Marie.

Il contracte une pleuropneumonie et en meurt le 5 mars 1625. Après sa mort, on lui change son habit à six reprises, car les fidèles en coupe des parties pour en faire des reliques.

Le 14 octobre 1947, il est déclaré serviteur de Dieu par le pape Pie XII, reconnu vénérable par Jean XXIII le 18 décembre 1959 et béatifié par Jean-Paul II le 30 octobre 1983.

Le corps de Jérémie se trouvaient auparavant dans l'église de l'Immaculée Conception de Naples mais après la chute du communisme, les capucins de Naples ouvre une maison en Roumanie dotée de nombreuses vocations ; les restes de Jérémie de Valachie reposent maintenant dans la chapelle de la ville roumaine d'Onesti.

Source :

https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%A9mie_de_Valachie