• Bienheureux Fra Angelico († 1455)

     

     

     

    Bienheureux Fra Angelico († 1455)

    Frère prêcheur italien et peintre

     

    Bienheureux Fra Angelico († 1455)

     

     

    Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni (connu postérieurement sous le nom de Fra Angelico pour les Français, quelquefois par l'Angelico et de Beato Angelico pour les Italiens) ou parfois « Le Peintre des anges » (Vicchio di Mugello (Toscane), vers 1400 – Rome (États pontificaux), 18 février 1455) est un peintre du Quattrocento de qui Vasari disait qu'il avait un « talent rare et parfait ».

    Il était connu de ses contemporains comme Fra Giovanni da Fiesole, dans les Vies écrites avant 1555, il était déjà connu comme Giovanni Fra Angelico (« Frère Giovanni l'angélique »).

    Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance — constructions en perspective et représentation de la figure humaine — avec les vieilles valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

    Biographie

    Guido di Pietro naît vers 1400 dans la petite ville de Vicchio di Mugello de parents inconnus et est baptisé Guido ou Guidolino.

    Peintre laïc sous le nom de Guido di Pietro à Florence, Fra Angelico entre, parrainé par Battista di Biagio Sanguigni, le 31 octobre 1417 à la confrérie San Niccolò di Bari, de l'ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme (l'« observance »), et qu'il suit de 1418 à 1423.

    À partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé « frère Jean des frères de Saint-Dominique de Fiesole », et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico (Bienheureux Angelico).

    C'est Giorgio Vasari, dans Le Vite qui ajoute à son nom l'adjectif Beato (et le nomme précisément Fra' Giovanni da Fiesole), utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino.

    Premières œuvres

     

    Le Christ en croix, (vers 1437)

     

    Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco et Gherardo Starnina.

    Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.

    En 1417, il est nommé dans des documents « Guido di Pietro, peintre de la paroisse San Michele Visdomoni ».

    En 1418, peu avant d'entrer chez les Dominicains au couvent Saint-Dominique à Fiesole, il réalise la décoration d'un autel pour la chapelle Gherardini de l'église Saint-Étienne à Florence.

    Le Triptyque de saint Pierre martyr, commandé par les sœurs de Saint-Pierre-Martyr est daté d'environ 1425.

    En 1427, il est ordonné prêtre.

    Entre 1428 et 1430 il peint la première des trois compositions pour le retable de l'autel de l'église Saint-Dominique à Fiesole : la Pala di Fiesole. Cette œuvre a été remaniée par Lorenzo di Credi. Sont de lui l'architecture, le baldaquin et l'agrandissement du sol.

    Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace.

    En 1430 il peint l'Annonciation (musée du Prado), avec cinq histoires de la Vie de la Vierge dans la prédelle (seconde table pour l'église Saint-Dominique à Fiesole).

    Une œuvre où apparaissent des nouvelles techniques inspirées par Masaccio.

    Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l'image.

    En juillet 1433, la corporation des Tisseurs de lin (Arte dei Linaioli e Rigattieri) de Florence confie à Fra Angelico la réalisation d'une peinture de la Vierge pour un tabernacle.

    Entre 1434 et 1435 il peint à tempera sur bois, L'imposition du nom à saint Jean-Baptiste, partie d'une prédelle non identifiée.

    La scène est placée dans une cour construite avec une perspective d'une extrême précision et à l'aide d'un portail utilisé comme entonnoir perspectif.

    À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines, travaux que dirige son ami Antonin de Florence, archevêque de la ville.

    À la séparation des couvents de Fiesole et de San Marco, en 1445, Fra Angelico retourne à Fiesole plus proche des principes de saint Dominique, car l'installation de la bibliothèque à San Marco en 1444 a troublé la quiétude du couvent. C'est cette même année 1445 que le pape Eugène IV le convoque à Rome.

    Quelques œuvres au couvent San Marco

     

    Cellule 1
    Noli me tangere ‬

     

    Cellule 2
    Lamentation du Christ‬

     

    Cellule 3
    Annonciation‬

     

    Cellule 5
    Nativité‬

     

    Cellule 6
    Transfiguration‬

     

    Parmi celles-ci, La Nativité représente la naissance du Christ (cellule 5). On peut y voir l'un des tableaux des débuts de la perspective, avec un essai « maladroit » concernant les anges sur le toit de l'étable. Le Christ est posé à terre, « devant » l'étable, et non dans la mangeoire, entouré de Marie et de Joseph, ainsi que de sainte Catherine d'Alexandrie et de saint Pierre martyr. Le bœuf et l'âne figurent au second plan, dans l'étable, devant la mangeoire. On peut voir d'après l'arrière-plan que la scène se situe dans une grotte ou, plus vraisemblablement, dans la montagne, ce qui est une idée courante de cette scène à l'époque de la Renaissance.

    Rome

    En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.

    Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III.

    En juin 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. Les fresques seront terminées par Luca Signorelli.

    Florence

    En juin 1450, retourné à Florence, Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco.

    La même année, il est nommé archiprêtre de Florence.

    Il y exécute la décoration des portes de l'Armoire des ex-voto d'argent de la Santissima Annunziata avec l'aide d'élèves.

    En 1452 il refuse la proposition de peindre l'abside de la cathédrale du Prato ; on le retrouve dans un document de Pérouse de décembre 1454.

     

     

    Sa tombe à l'église de la Minerve à Rome

     

    Il retourne ensuite à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V (Cappella Niccolina) et meurt dans cette même ville le 18 février 1455.

    Il est enterré à Rome dans l'Église de la Minerve.

    Il a intégré les innovations stylistiques introduites par les maîtres de la Renaissance florentine comme Masolino da Panicale et Paolo Uccello (intérieurs emboîtés grâce à la perspective artificielle), initiant le courant artistique appelé « peintres de la lumière » en jouant sur les ombres et la lumière pour donner de la profondeur à ses tableaux ou du modelé à ses personnages, abandonnant ainsi les aplats de la peinture gothique.

    Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II le 3 octobre 1982 et proclamé patron des artistes en 1984.

    Interprétation de son œuvre et héritage

    Au XIXe siècle, on se basait sur l'interprétation de Vasari, qui elle-même était inspirée de la Contre-Réforme, où l'on insistait sur le caractère dévot de sa peinture.

    Les commentateurs contemporains préfèrent resituer l'artiste dans la perspective de la première Renaissance, et souligner son effort novateur ainsi que l'influence initiale de Masaccio.

    Georges Didi-Huberman débute son livre Devant l'image par une analyse de L'Annonciation (cellule 3) du couvent San Marco.

    Le Musée Jacquemart-André est le premier musée privé à avoir consacré, fin 2011-début 2012 une exposition Fra Angelico en France.

    Cette exposition a montré notamment comment les œuvres du peintre ont influencé son élève Benozzo Gozzoli ou encore comment son traitement de la lumière se retrouve dans les peintures d'autres « maîtres de la lumière » telsFilippo Lippi, Melozzo da Forli, Piero della Francesca ou Benozzo Gozzoli.

    On n'y voit par contre aucune fresque même transférée sur toile ou des sinopie sur Masonite et même des éléments enluminés à l'origine de l'art du Beato.

    Patron des artistes et peintres.

    Source

     

     

    ← Retour (Les saints par ordre alphabétique) 

    ← Retour (Le calendrier des saints)