• Arles sur Tech

     
     

     

    Arles  sur Tech 
    L'abbaye Sainte-Marie
     

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    L'abbaye bénédictine Sainte Marie d'Arles-sur-Tech se situe au pied du Canigou, au cœur du Vallespir qui est la vallée du Tech.
     
    L'abbaye a été fondée vers 778-782 par Castellan, un moine venu d'Espagne.

    Vers 858-859, le monastère fut la proie des Normands.
    Les Normands détruisirent le monastère.

    L'abbaye est reconstruite vers 881 par l'abbé Suniefred (Frère de Wilfred le Velu, fondateur de la maison de Catalogne).
     
    Deux églises se succèdent. La première est consacrée en 1046 et la seconde, l'abbatiale actuelle, en 1157. De nombreuses donations lui assurent un essor tout particulier, la plaçant au rang des grandes abbayes catalanes jusqu'au 15e siècle.

    La construction du cloître se réalise en 1260.

    A la révolution, les six derniers moines quittent le monastère et l'abbaye devient église paroissiale.

     

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    LE PLAN

    1 Le Cloître :Le cloître , construit sur les anciennes fortifications de l'abbaye, est l'œuvre de l'abbé Ramon Desbac (1261-1303). C'est le premier cloître gothique bâti en Catalogne Nord. Les matériaux utilisés sont le marbre blanc de Céret et la pierre de Gérone.

      

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    Le cloître

     

    2. La Creu del Gra : A l'origine, cette croix serait celle d'un calvaire à l'entrée du village. Elle est l'œuvre de forgerons catalans du XVIe siècle. Elle a été récemment déplacée dans le cloître pour la protéger.

    3. La nef : Charpentée à l'origine, la nef reçoit une voûte en arc brisé au XIIe siècle. Les piliers de support doublent le premier mur du XIe siècle. Comme dans toutes les églises de type basilical, des fenêtres hautes éclairent la nef centrale. A remarquer, la chaire du XVIIIe siècle et les panneaux sculptés du XVIIe, vestiges d'un retable du rosaire en partie détruit au XIXe témoignages de la maîtrise des sculpteurs et des doreurs catalans à l'époque baroque.

     

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    La nef

    4. Les armoires à reliques : Creusées dans les piliers de la deuxième travées avec un décor peint à diverses époques (XIIe et probablement XIVe siècle)

    5. L'absidiole Sud-Ouest : A l'origine dédiée à St Pierre, elle accueille aujourd'hui une partie du mobilier pieusement entretenu par la confrérie de la Sanch (du précieux sang du Christ). St Sépulcre, Vierge des douleurs, Croix de la passion (Creu dels impropris) et Christ aux outrages assis (Ecce Homo)

     

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    Absidiole ouest

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    Le Saint Sépulcre, Notre Dame des 7 douleurs

    6. Le retable du Christ : A la fin du XVIIIe siècle, l'art baroque que caractérisent le mouvement et la surcharge décorative s'assagit fait place au vide entre les colonnes et met l'accent sur la gloire du couronnement. Le crucifix central est utilisé depuis le XVIIIe pour la procession nocturne du Vendredi Saint.

     

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    7. L'ancienne chapelle du rosaire : (Les panneaux du retable d'origine sont répartis dans la nef centrale). Cette chapelle abrite maintenant le retable de St Pierre (XVIIIe siècle), conçu à l'origine pour l'absidiole Sud-ouest. Cuve baptismale du XIIe siècle.

    8. La chapelle des Sts Abdon et Sennen : Retable pré-baroque daté de 1647, œuvre de Lazare Trémullas, premier introducteur en Roussillon du grand retable à panneaux sculptés dorés et polychromés couvrant entièrement le mur du fond de chapelle. Les panneaux figurent la passion des deux martyrs (registre supérieur et prédelle) et la translation de leurs reliques à Arles (registre inférieur). Les titulaires occupent la niche centrale que surmonte un baldaquin avec galerie à balustres, tandis que les panneaux narratifs occupent la prédelle et les travées latérales. L'ascension de la Vierge et la crucifixion surmontent l'axe central. St Abdon et St Senne font l'objet d'une profonde vénération toujours vivante à Arles.

     

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    9. La Rodella : Disque de cire d'abeilles offert chaque 30 juillet, jour de la St Abdon et St Sennen, depuis 1465, à l'abbaye d'Arles par le village de Montbolo, afin d'abtenir la protection des Saintes Reliques.

    Les paroissiens de Montbolo s'acquittent d'un vœu qui fit un pâtre pour sauver son troupeau menacé par un violent orage. Les Saints ayant exaucé la prière du berger, celui-ci jura avec les habitants du village de porter, chaque année une offrande de cire pour la fête des Saints, à l'Abbaye voisine d'Arles.

    Depuis plus de 500 ans, les habitants de Montbolo n'ont jamais failli à leur promesse et ce rouleau de cire, renouvelé chaque année, est exposé dans l'église d'Arles sur tech.

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    La rodella

    10. La chapelle St Joseph : Retable du XVIIIe siècle, dans la niche centrale St Joseph entouré de St Côme et St Damien, les deux Saints guérisseurs souvent présents dans nos églises, à mettre en relation avec la fréquence des épidémies. St Georges terrassant le dragon occupe la niche du couronnement. La dévotion à St Georges est assez rare au XVIIIe siècle alors qu'à l'époque médiévales elle est plus fréquente, le St guerrier étant le protecteur des chevaliers.
    Il est aussi le Saint Patron de la Catalogne.

    11. L'orgue : L'instrument actuel a remplacé au XVIIIe siècle un orgue de facture catalane. Jamais transformé malgré de nombreuses restaurations, il garde la sonorité des isntruments du XVIIIe. Rare témoin de son époque, il enthousiasme les organistes qui viennent du monde entier donner des concerts. C'est un orgue "huit pieds en montre" avec positif de dos.

     

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    12. La contre abside : Intérieurement, le mur de façade reçoit trois absides. Il s'agit d'un mode architectural carolingien, plus fréquent en pays Mosan et Rhénan, miraculeusement parvenu intact jusqu'à nous. Un escalier à double volets menait à la chapelle haute (St Michel) lors des célébrations processionnelles. Décor à fresques datables du XIIe siècle, avec deux figures d'anges (séraphins aux ailes décorées d'yeux) et, au dessus, le Christ en majesté entouré des quatre évangélistes.

    13. Le Parvis : Témoignage du premier art roman apparu en Europe. Le décor sculpté au-dessus du portail consacré en 1046 montre au tympan le Christ de gloire entouré des quatre évangélistes : un aigle (St Jean), un lion (St Marc), un taureau (St Luc), un ange (St Matthieu). Au-dessus, sur la façade, remarquer la série d'arcatures caractéristique de l'architecture lombarde. Le linteau de granit avec les inscriptions A et "Oméga" surmonte la porte d'origine de l'abbaye (IXe siècle)

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    14. La Sainte Tombe : Sarcophage paléochrétien, daté du IVe siècle, a protégé il y a mille ans, à leur arrivée, les reliques des Sts Abdon et Sennen. Depuis ce sarcophage se remplit d'eau. La permanence de l'eau est le signe de la présence toujours vivante des reliques des Saintes Patrons, auxquelles les arlésiens vouent une profonde dévotion. Au-dessus, encastrée dans le mur, la pierre tombale de Guillem Gaucelm, Seigneur de Tellet, enterré le 10 avril 1211. Cette sculpture est l'œuvre de Ramon de Bianya.

    15. Tours de défense : Au XIe siècle, l'abbaye se dote de solides fortifications, encadrées par quatre tours.

    Le mobilier de l'église se compose de nombreux éléments : une cuve baptismale romane, des inscriptions funéraires datées de 1317 et 1355, une inscription concernant une fondation de messe au XIVe siècle, une grille d'autel du XVIIIe, un orgue du même siècle, une chaire également du XVIIIe, une console en bois doré toujours du XVIIIe siècle, un retable faite par Lazare Tremullas datant de 1646, deux retables du XVIIIe, six panneaux du retable du Rosaire (1670), des bustes-reliquaires de 1425 et 1440, un lustre en fer forgé du XVIIIe, un chemin de Croix également du XVIIIe. Le cloître possède les restes de la salle capitulaire, une table d'autel du XIe siècle en marbre (classé aux Monuments Historiques), ainsi qu'une croix de fer du XVIe (également classé). 

     

    LA SAINTE TOMBE 

     

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    La sainte tombe (derrière la grille)

     

    Située sur le parvis de l'Eglise abbatiale et protégée derrière une haute grille, la Sainte Tombe est un sarcophage en marbre du IVème siècle, vestige d'un premier centre chrétien fondé en Vallespir.

     Isolé à la fois du sol et des murs, fermé d'un couvercle qui ne laisse pénétrer aucune goutte de pluie, le sarcophage renferme une eau pure se renouvelant par suintements des parois intérieures.

     

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    Tous les ans, on en extrait plusieurs centaines de litres d'eau.

    On ne se souvient pas de l'avoir jamais vu tarir sur une longue période, si ce n'est pendant les jours de la Révolution, à la suite d'une profanation dont la Sainte Tombe fut l'objet au mois de Mai 1794, mais pour reparaître au mois d'octobre de l'année suivante, après qu'elle eût été de nouveau purifiée des immondices dont l'impiété sacrilège de quelques énergumènes l'avait remplie.

    On peut puiser l'eau par un petit trou situé sur l'un des petits côtés, à la jointure du sarcophage et de son couvercle, trou par lequel une petite pompe à siphon est introduite.
    Il arrive même que "le sarcophage déborde..."
    La production aurait même atteint quelquefois 800 litres par an...

    L'eau ferait des miracles : des aveugles ont recouvré la vue, des malades ont été inopinément guéris, des plaies vives se sont cicatrisées, des douleurs se sont calmées instantanément rien qu'en se frictionnant d'eau.

    La source d'Arles sur Tech serait donc, comme celle de la Salette et celle de Lourdes, une source miraculeuse.

     

     

    Les sources miraculeuses : Arles sur Tech

     

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